Les Sherman français après 1945
En 1945 le Sherman est le char moyen standard allié et il restera en ligne dans l'Armée Française pendant près de 15 ans en attendant son remplacement progressif par des matériels plus modernes ou de fabrication nationale. Les difficultés économiques de l’immédiat après-guerre obligeront à maintenir le Sherman dans les unités blindées et plusieurs solutions de modernisation seront étudiées ou appliquées.
Le Sherman sera employé en Indochine, en Algérie et en Allemagne.
Sur le territoire français, le Sherman sera présent au Groupe Blindé de la Gendarmerie jusqu’en 1965.
A noter l’existence d’un Sherman BARV (Engin de récupération pour les plages de débarquement) déployé lors de l'opération Mousquetaire à Suez en 1956 (information J-M Boniface).
Motorisation
Une large partie du parc français est composé de M 4 A4 équipé du Chrysler Multibank. Ce moteur, cauchemar de mécanicien, est remplacé par le moteur Continental. Les chars sont modifiés en 1952 par l’Arsenal de Rueil et sont alors désignés M 4 A4T. La remise à niveau comprend aussi le changement du tourelleau de chef de char par un modèle doté d’épiscopes.
1945 ARL 44
Les études clandestines ont été entreprises et poursuivies sous l'occupation allemande pour la fabrication d'un char de bataille. En novembre 1944, alors que la totalité du territoire national n'est pas encore libérée, une commande de chars est lancée. Armé d'un canon de 75mm SA 32, d'un poids total de 35 tonnes et ayant une protection équivalente à celle du Sherman, le nouveau char dit "de transition" doit être mis en production sans délai, sans expérimentation ni prototype. La commande s'élève à 500 chars à produire à une cadence mensuelle de 50 à 70 exemplaires,
Les ingénieurs français, tenus à l'écart des évolutions techniques réalisées pendant le conflit et invités à produire dans l'urgence vont se baser sur les éléments à leur disposition. Le train de roulement est inspiré de celui du B1 bis, bien maîtrisé mais qui n'autorisera qu'une vitesse limitée.
Début 1945, l'armée française se rend rapidement compte qu'un tel engin n'apportera aucun progrès face au Sherman disponible immédiatement et en quantité.
Le développement de l'ARL 44 est toutefois poursuivi en intégrant quelques améliorations.
Le blindage frontal, glacis et tourelle, est porté à 120mm, un armement plus puissant est envisagé mais aucun canon puissant n'est disponible en France.
La fin des hostilités en Europe rend caduque le projet. Il est néanmoins décidé de poursuivre les travaux afin de maintenir le savoir faire national tout en limitant la production à 60 exemplaires,
Le premier prototype sort en mars 1946, Il est équipé d'une tourelle ACL1 (Ateliers de la Loire), armée d’un canon américain de 76mm.
Cette puissance de feu est jugée insuffisante et un canon de DCA navale de 90mm est monté dans une nouvelle tourelle produite par Schneider.
Aucun des moteurs français (Panhard ou Talbot) pressentis n’étant au point, force est de se rabattre sur des moteurs de prise, des Maybach HL230 allemands de 600 cv.
L’Inspection de l’Arme Blindée et de la Cavalerie estime le char très inférieur aux engins construits par les belligérants en 1944. L’ARL 44 est déclassé et dénommé chasseur de char de 48 t.
La fabrication se poursuit néanmoins avec des retards considérables provoqués par les nombreuses restrictions qui paralysent l’industrie.
Le premier matériel de tête de série sort au printemps 1947 et débute une longue période d’expérimentation qui constate de nombreuses déficiences. Les essais se poursuivent jusqu’à la fin de 1950 sans que tous les problèmes aient pu être résolus.
Les premiers chars sont réceptionnés avec difficulté à partir de janvier 1951, le matériel n’est toujours pas au point.
10 matériels participent au défilé du 14 juillet 1951.
Les premiers chars sont mis en service en octobre 1951 au 503e RCC. Les incidents s’accumulent touchant principalement la boite de vitesse, l’embrayage, le bandage des poulies de tension, l’entraînement des ventilateurs. Le verrouillage de culasse n’est pas au point, le tir est interdit !
En conséquence, dès décembre 1951, l’ARL 44 est retiré provisoirement du service. Les coûts et délais qu’entraîneraient les améliorations nécessaires amènent finalement à l’abandon du char en 1952
Cinq exemplaires ont survécu jusqu’à nous. Un char en parfait état au Musée des Blindés de Saumur. Un char « pot de fleur » au 501/503e RCC de Mourmelon, Une carcasse à Fontevraud et deux épaves dans la collection de l’ASPHM de la Wantzenau (Bas-Rhin).
CARACTERISTIQUES TECHNIQUES
Constructeur A.R.L. Atelier de Construction de Rueil
Production : 60 Période de production : 1947 - 1950
Type : char lourd
Équipage : 5 hommes
Longueur (m) : 10,52 Largeur (m) : 3,40 Hauteur (m) : 3,20
Poids en ordre de Combat (t) : 50 Blindage : frontal : 120 mm Latéral :50/40 mm
Équipement radio : SCR 508 ou SCR 528
ARMEMENT
Armement principal : 1 canon de 90mm SA 45 V° 1000m/s
Munitions : 50 obus
Rotation (degrés) : 360°
Armement secondaire : 2 mitrailleuses de 7,5mm mod 31
Munitions : 5000
MOBILITE
Moteur : Maybach HL 230 Type & Cylindrée : 12 cyl 23.5 l
Puissance (max.) : 575 cv à 2 500 t/m Carburant : Essence
Autonomie (km) : 350 Vitesse moyenne sur route : 25 km/h
Largeur chenille : 0.60 67 patins Garde au sol (m) : 0.45 Pente (%) : 35
Obstacle Vertical (m) : 1.00 Passage à gué (m) : 1.30 Franchissement (m) : 2.50
1949 CHAR AMX 50 ou M 4
L'ARL 44 n'ayant été conçu que comme un engin de transition, dès 1945 les industriels sont consultés pour développer un char comparable au Stalin russe ou au Tiger II allemand.
En 1945, AMX présente un avant projet sous la dénomination de M 4
Dans sa configuration initiale, le M 4 est directement inspiré du Tiger II dont il utilise une partie des composants. L'armement est un 90 mm Schneider monté dans une tourelle à blindage laminé. Pour limiter le poids à 30 t le blindage est réduit, pour ne pas dire sacrifié : 30 mm maximum.
Trois systèmes de suspension ont été étudiés : à barre de torsion, à ressorts à lames, à ressorts à boudin (les systèmes à ressort permettent de réduire la hauteur du char de 10 cm).

premier projet 1945

Coupe le char ne comporte que 4 membres d'équipage
Vue artistique de l'AMX M 4
La protection sera revue et améliorée dans les projets suivants avec pour conséquence des augmentations successives de tonnage. Le poids grimpe de 30 à plus de 50 t.
Deux prototypes sont commandés. Le premier exemplaire sort en 1949 et pèse plus de 55 tonnes. Le second en 1951 équipé d'une tourelle oscillante.

Plusieurs moteurs sont envisagés : un Maybach essence HL 295 de 1 000 CV, un moteur diesel Saurer de 1000 CV
Les essais sont menés de 1950 à 1952.
Armement : 1 canon de 90 puis 100mm, 1 mitrailleuse
Longueur : 10,43 m. Largeur : 3,40 m. Hauteur : 3,41 m
Vitesse : 51 km/h. Poids 55 t.
Équipage : 5 hommes
Sources : Archives DGA Châtellerault
AMX 50 Canon de 90mm
AMX 50 Canon de 100mm
Le moteur est un Maybach HL 295.

AMX 50 surbaissé 1958
La hauteur de l'AMX 50 atteignait 3,58 m. Un prototype surbaissé est construit en 1956.

1 canon de 120 mm, 1 canon de 20 mm MG 151, 1 mitrailleuse.
Munitions : 46 obus de 120 mm
Longueur : 9,50 m Largeur : 3,10 m Hauteur : 3,58 m Vitesse : 65 km/h.
1944 CHAR M 24 CHAFFEE
En 1942, les premiers rapports des unités blindées de la 5e armée britannique en opération dans le désert occidental, démontrent que leurs chars Stuart M 3 et M 3 A1 sont sous-armés, et que leurs blindages sont tout à fait insuffisants face aux véhicules de combat allemands.
Le canon de 37 mm du M 3 est de plus en plus inefficace dans certains combats entre blindés. Son successeur, le M 5, bénéficie d'un blindage plus conséquent et d'une motorisation plus puissante, mais l'armement reste identique.
Un premier projet utilisant le char T 7 comme base de développement de ce nouveau blindé est donc commandé par l'US Army. L'engin est un support idéal pour l'installation d'un canon de 57 mm, alors demandé par les Britanniques. Avec le canon de 75 mm, le T 7, dont le blindage augmente aussi, se retrouve alourdi, passant ainsi dans la classe des chars moyens. Le projet est donc abandonné. L'Ordnance Corps se tourne alors en 1943 vers Cadillac, constructeur du M 5 et du M 5 A1. Les ingénieurs qui étudient les rapports sur le Stuart au combat, repensent totalement le design et le système de roulement du véhicule en s'inspirant du T 7. Ils décident d'y adapter la boîte de transmission Hydramatic et les deux V8 Cadillac jumelés du M 5 A1.
Sous la dénomination T 24, deux prototypes sont réalisés, et présentés en octobre 1943. Incroyablement maniable et mobile, il est mécaniquement très fiable et souple en tout terrain. Ceci est dû au système de suspensions à barres de torsions hérité du chasseur de char M18 Hellcat.
L'engin présente également, sous une silhouette des plus basses, une meilleure inclinaison de blindage et des angles à la fois fluides et cassants, ce qui le rend moins vulnérable. La tourelle, spacieuse, intègre parfaitement le canon allégé M 6 de 75 mm, dérivé du modèle utilisé sur les versions G et H du bombardier B-25 Mitchell. Le char reçoit aussi deux mitrailleuses de 7,62 mm, l'une en tourelle, près du canon, la seconde au niveau du glacis. Une mitrailleuse de 12,7 mm, peut être aussi disposée sur la tourelle, pour être utilisée comme arme antiaérienne ou contre l'infanterie. Rencontrant un franc succès auprès des tankistes chargés des essais, et des membres de l'Ordnance Department, le T 24 est immédiatement commandé à 1 000 exemplaires, avant d'être standardisé en 1944, sous la dénomination M 24 Light Tank. Entre temps, le T 24 donnera lieu à une autre version, le T 24 E1, qui aura la même apparence, mais qui utilisera le groupe moteur du M 18 Hellcat. Celui-ci restera à l'état de prototype.
Cadillac et Massey Harris qui assemblent le Stuart M 5 A1 sont naturellement chargés de la construction du M 24, dont le premier exemplaire sort d'usine en avril 1944. Construit à plus de 4 000 exemplaires, le M 24 connaît tardivement le baptême du feu. Il n'arrive qu'à la fin de l'année 1944 en Italie puis en Allemagne, où il prend une part active à la "course" des Alliés vers le Rhin et Berlin. En fait, malgré quelques coups d'éclats, l'engin passe inaperçu dans le dernier conflit mondial.
En revanche, il trouve rapidement sa place au sein de nombreuses armées du globe dès 1946. Il participe ainsi à la guerre de Corée, où il s'illustre en juillet 1950, en combattant les T 34 chinois qui déferlent sur le sud du pays.
Il est utilisé par l'armée française en Indochine et en Algérie.
Dix M 24 Chaffee seront déployés à Dien Bien Phu au sein de l'Escadron de Marche du 1er Régiment de Chasseurs à Cheval commandé par le Capitaine Hervouet. Transportés démontés par voie aérienne, les chars seront remontés sur place et seront engagés, malgré les pertes, jusque dans les phases ultimes de la bataille.
Cne Hervouet (char CONTI)
Peloton Carette :
MULHOUSE, BAZEILLES (détruit le 30 mars sur Elianne 2, DOUAUMONT (détruit le 29 avril 1954)
Peloton Guntz :
SMOLENSK, POSEN, ETTLINGEN (détruit le 15 avril)
Peloton Préaud :
RATISBONNE, NEUMACH, AUERSTADT
CARACTERISTIQUES
Equipage : 4-5 hommes Poids :18,4 tonnes
Moteur & Puissance : Moteur Cadillac 44T 24 essence de 100 CV refroidis par eau
DIMENSIONS
Longueur : 5,49 m. Largeur : 2,95 m Hauteur : 2,77 m
PERFORMANCES
Vitesse de route : 54 km/h Autonomie : 160 km
ARMEMENT
Canon principal de 75 mm 2 Mitrailleuses de 7,62 et une de 12,7 m
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