1935 CHAR LEGER LORRAINE
Le char léger proposé par la société Lorraine se présente comme un engin biplace d'environ 9 tonnes.
L'avant projet s'inspire des directives relatives au nouveau char léger mais s'en écartent très largement sur deux points essentiels, le tonnage et l'armement.
Le poids maximum d'un char léger a été fixé à 10 tonnes pour lui permettre d'utiliser tous les moyens de transport prévus pour cette classe d'engin. Le facteur économique entre aussi en ligne compte. Le projet Lorraine annonçant déjà 9 tonnes à vide, il sera amené à dépasser largement les 10 tonnes en ordre de combat. L'experience a par ailleurs toujours démontré une nette augmentation de poids par rapport à l'estimation initiale.
L'armement principal est constitué d'un canon de 47mm en caisse, à débattement latéral limité.
La tourelle abrite un jumelage de mitrailleuses.
Si le calibre choisi offre une puissance de feu nettement supérieure, l'emplacement de la pièce dans la caisse rend son service très malaisé. En outre que ce soit le pilote ou le chef d'engin, son utilisateur devra obligatoirement quitter son poste pour s'en servir.
La mission prioritaire du char léger étant l'accompagnement de l'infanterie, le choix d'un armement antichar puissant ne se justifie pas et particulièrement placé en caisse avec un débattement insuffisant pour suivre une cible mobile.
Sur le plan de la conception mécanique, le char Lorraine est intéressant à plusieurs titres :
Il dispose d'un système de protection contre l'oxyde de carbone et les gaz de combat,
un dispositif ayant pour but d'éliminer les bruits,
un système de blocage du différentiel permettant de maintenir une direction donnée,
un dispositif breveté permettant la communication de char à char,
un système de vision du pilote dont les organes se complètent.
Par contre le système de démarrage devrait être doublé,
les moyens de vision du chef de char sont insuffisants.
Le char apparait donc comme une sorte d'hybride entre un char léger et un char moyen. Trop lourd pour être utilisé dans le rôle de char d'accompagnement et sous équipé pour remplir le rôle d'un char moyen de par l'absence de radio. Mais cet équipement ne serait même pas envisageable dans un blindé dont l'équipage est déjà surchargé d'attributions.
Compte tenu des remarques faites, la Direction des Fabrications d'Armement propose au constructeur d'orienter son projet vers un char moyen de 18 tonnes de la classe du char D2
Longueur : 4.25 m largeur : 2.01 m hauteur : 2.41m