1974 AMX 10 C
Etudié parallèlement à l'AMX 10 RC, le modèle C reprenait le train de roulement à chenille de l'AMX 10 P.
L'engin n'a pas dépassé le stade du prototype.
Longueur : 6,24m largeur : 2,78 m hauteur : 2,71 m poids :14,5 t
Armement : 1 canon de 105 mm BK MECA L/48 (Vo 800 m/s) 40 coups
Cette nouvelle famille de véhicules blindés est basée sur un châssis blindé standard commun à tous les modèles et dont la partie supérieure de la section arrière peut être équipée de divers modules : il peut être configuré avec une grande variété d'armes et d'équipements pour s'adapter aux différentes missions du champ de bataille, en combat conventionnel ou dans un environnement NBC
Creusot-Loire a présenté deux véhicules initiaux (un VCI et un engin de combat armé d'un canon de 90 mm) qui auraient du être suivis par un certain nombre d'autres engins dont le développement aurait été décidé par les besoins du marché : le véhicule de commandement, le véhicule porte radar, le véhicule antichar, l'ambulance, le système antiaérien, le véhicule de dépannage, de combat du génie, de maintien de l'ordre, d'observation d'artillerie.
Le troisième prototype, prévu pour 1991 devait être un blindé armé d'un canon standard de 105 mm OTAN. Un obusier de 155 mm automouvant n'a pas dépassé le stade de la planche à dessin.
Conception
Afin de dégager au maximum l'espace intérieur et respecter le concept modulaire, les divers composants de la suspension oléopneumatique sont tous montés à l'extérieur du châssis.
La suspension développée particulièrement pour le MARS 15, a été conçue par la SAMM (Société d'Application des Usines Motrices).
Le moteur diesel surcompressé, monté de front et développant 400 CV, a été fourni par Baudouin.
La transmission automatique (six vitesses avant et trois marches arrière) vient de la société allemande Renk.
Valeo a fourni le système de refroidissement.
Ses poids et dimensions, avec une largeur inférieure à trois mètres, lui donnent une bonne mobilité tactique. Toutes les versions du MARS 15 sont aérotransportables.
La simplification des opérations de maintenance du MARS 15 a fait l'objet d'une étude spéciale.
La protection blindée du MARS 15 a bénéficié des dernières recherches de Creusot-Loire dans les domaines de l'acier à blindage renforcé, des composites et du design architectural. De face, le véhicule est protégé dans des 60° du cône frontal contre des tirs de munitions de 14.5 millimètres à plus de 100 mètres et des munitions de 7.62 millimètres à toutes les distances, même dans le cas d'attaque par le haut. Le compartiment d'équipage est à l'épreuve des munitions perforantes de 20 millimètres à 200 mètres de distance. La conception de coque facilite l'installation de blindages complémentaires et les tourelles adaptables qui ne disposent pas de la même protection blindée que la coque peuvent être surblindées par Creusot-Loire.
L'utilisation par Creusot-Loire Industrie de techniques laser pour l'usinage et le soudage de l'acier à blindage assure une protection balistique uniforme de la coque (en utilisant des techniques plus traditionnelles, dix pour cent de la surface auraient eu une résistance inférieure à la pénétration à cause de la faiblesse des cordons de soudure).
La survivabilité du MARS 15 est renforcée par un certain nombre de systèmes (dispositif anti-cocktail Molotov, détection d'incendie optique ultra-rapide et un système d'extinction, signatures infrarouges réduites, etc). Sur toutes les versions une écoutille de secours à l'arrière du châssis permet une évacuation à l'abri du véhicule.
Malgré une stratégie commerciale permettant la construction sous licence, aucun débouché n'a été trouvé pour cet engin. Ce nouvel engin s'adressait particulièrement aux pays utilisateurs d'engins de la famille AMX 13 à laquelle le MARS 15 pouvait succéder à un coût similaire.
Sources : Stéphane Ferrard,
Armada International Juin 1990
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| Le MARS 15 canon de 90 mm F4, tourelle TS 90 du GIAT. Cette version canon s'adresse aux pays dont le terrain compartimenté ne nécessite pas une hausse de combat supérieure à 1500 m. Pour amener la tourelle au niveau de la protection du châssis, celle-ci est surblindée (photo CLl). |
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| Le MARS 15, version véhicule de combat d'infanterie, ici avec la tourelle CLIT 25 biplace (photo CLI). Photos aimablement communiquées par M. Stéphane Ferrard. |
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1979 AMX 10 PAC 90
Ce véhicule est un AMX 10 P équipé de la tourelle GIAT TS 90 armée d’une nouvelle artillerie à hautes performances tirant un projectile antichars à haute vitesse initiale. Son artillerie puissante tirant un projectile à charge creuse à la vitesse initiale de 1000 m/s en fait un engin apte au combat anti-chars sous toutes ses formes.
Il peut également être employé comme véhicule de reconnaissance ou comme engin de support d'infanterie.
Quatre fantassins peuvent prendre place dans le compartiment arrière accessible par la large porte arrière.
Il est protégé N.B.C.
CARACTERISTIQUES TECHNIQUES
Constructeur : GIAT Période de production : 1979
Type : Engin de reconnaissance/combat
Équipage : 3 hommes + groupe de protection (4 hommes)
Longueur châssis (m) : 5,87 Largeur (m) : 2,83 Hauteur (m) : 2,73
Poids en ordre de Combat (kg) : 14 500
Capacité : 4 fantassins
ARMEMENT
Armement principal : Canon rayé de 90 mm Vo 950
Munitions : 30 coups dont 20 en tourelle voir tableau détaillé
Rotation (degrés) : 360° Élévation (degrés) : - 8° à + 15° 2°/ s. Rotation (360°) : 20 s
Viseur : lunette M563
Armement secondaire : 1 mitrailleuse co-axiale AA 7,62 NF1,
4 pots lance fumigènes sur la tourelle, 4 D.R.E.B. stockés dans la poche arrière
Munitions : 3200 cartouches de 7,62
MOBILITE caractéristiques identiques à l'AMX10P
Moteur : Hispano-Suiza Type & Cylindrée : HS 115 Puissance (max.) : 280 cv
Autonomie (km) : 600
Vitesse sur route : 65 km/h en tout-terrain : 30 à 40 km/h sur l'eau : 2,2 km/h
Garde au sol (m) : 0,45 Pente (degrés) : 60 %
MUNITIONS DE 90 mm
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TYPE D’OBUS |
POIDS DE L’OBUS KG |
VITESSE INITIALE m/s |
PORTEE UTILE DE COMBAT |
PORTEE MAXIMUM |
EFFICACITÉ
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FLECHE SOUS CALIBREE ANTI-CHARS |
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1300
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1500
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Perfore cible NATO char moyen à 2000 m. |
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OBUS ANTI-CHARS CHARGE CREUSE |
8,950 |
1000 |
1000 |
3000
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Perfore 320 mm de blindage à toute distance. |
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OBUS ANTI-CHARS D’EXERCICE |
8,950 |
1000 |
3000 |
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Même balistique que l’obus à charge creuse. |
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OBUS EXPLOSIF |
10,420 |
750 |
800 |
4000 |
Rayon d’efficacité anti-personnel : 40 m. |
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OBUS EXPLOSIF D’EXERCICE |
10,420 |
750 |
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4000 |
Même balistique que l’obus explosif. |
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OBUS DE DEFENSE RAPPROCHEE |
10,420 |
750 |
200 |
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Saturation d’un Cône de 6° avec balles de 8 mm. |
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OBUS FUMIGENE |
10,540 |
750 |
800 |
4000 |
Poids de phosphore: 0,8 kg écran de fumée de 50 m de large pendant 20 à 30s. |
1945 ARL 44
Les études clandestines ont été entreprises et poursuivies sous l'occupation allemande pour la fabrication d'un char de bataille. En novembre 1944, alors que la totalité du territoire national n'est pas encore libérée, une commande de chars est lancée. Armé d'un canon de 75mm SA 32, d'un poids total de 35 tonnes et ayant une protection équivalente à celle du Sherman, le nouveau char dit "de transition" doit être mis en production sans délai, sans expérimentation ni prototype. La commande s'élève à 500 chars à produire à une cadence mensuelle de 50 à 70 exemplaires,
Les ingénieurs français, tenus à l'écart des évolutions techniques réalisées pendant le conflit et invités à produire dans l'urgence vont se baser sur les éléments à leur disposition. Le train de roulement est inspiré de celui du B1 bis, bien maîtrisé mais qui n'autorisera qu'une vitesse limitée.
Début 1945, l'armée française se rend rapidement compte qu'un tel engin n'apportera aucun progrès face au Sherman disponible immédiatement et en quantité.
Le développement de l'ARL 44 est toutefois poursuivi en intégrant quelques améliorations.
Le blindage frontal, glacis et tourelle, est porté à 120mm, un armement plus puissant est envisagé mais aucun canon puissant n'est disponible en France.
La fin des hostilités en Europe rend caduque le projet. Il est néanmoins décidé de poursuivre les travaux afin de maintenir le savoir faire national tout en limitant la production à 60 exemplaires,
Le premier prototype sort en mars 1946, Il est équipé d'une tourelle ACL1 (Ateliers de la Loire), armée d’un canon américain de 76mm.
Cette puissance de feu est jugée insuffisante et un canon de DCA navale de 90mm est monté dans une nouvelle tourelle produite par Schneider.
Aucun des moteurs français (Panhard ou Talbot) pressentis n’étant au point, force est de se rabattre sur des moteurs de prise, des Maybach HL230 allemands de 600 cv.
L’Inspection de l’Arme Blindée et de la Cavalerie estime le char très inférieur aux engins construits par les belligérants en 1944. L’ARL 44 est déclassé et dénommé chasseur de char de 48 t.
La fabrication se poursuit néanmoins avec des retards considérables provoqués par les nombreuses restrictions qui paralysent l’industrie.
Le premier matériel de tête de série sort au printemps 1947 et débute une longue période d’expérimentation qui constate de nombreuses déficiences. Les essais se poursuivent jusqu’à la fin de 1950 sans que tous les problèmes aient pu être résolus.
Les premiers chars sont réceptionnés avec difficulté à partir de janvier 1951, le matériel n’est toujours pas au point.
10 matériels participent au défilé du 14 juillet 1951.
Les premiers chars sont mis en service en octobre 1951 au 503e RCC. Les incidents s’accumulent touchant principalement la boite de vitesse, l’embrayage, le bandage des poulies de tension, l’entraînement des ventilateurs. Le verrouillage de culasse n’est pas au point, le tir est interdit !
En conséquence, dès décembre 1951, l’ARL 44 est retiré provisoirement du service. Les coûts et délais qu’entraîneraient les améliorations nécessaires amènent finalement à l’abandon du char en 1952
Cinq exemplaires ont survécu jusqu’à nous. Un char en parfait état au Musée des Blindés de Saumur. Un char « pot de fleur » au 501/503e RCC de Mourmelon, Une carcasse à Fontevraud et deux épaves dans la collection de l’ASPHM de la Wantzenau (Bas-Rhin).
CARACTERISTIQUES TECHNIQUES
Constructeur A.R.L. Atelier de Construction de Rueil
Production : 60 Période de production : 1947 - 1950
Type : char lourd
Équipage : 5 hommes
Longueur (m) : 10,52 Largeur (m) : 3,40 Hauteur (m) : 3,20
Poids en ordre de Combat (t) : 50 Blindage : frontal : 120 mm Latéral :50/40 mm
Équipement radio : SCR 508 ou SCR 528
ARMEMENT
Armement principal : 1 canon de 90mm SA 45 V° 1000m/s
Munitions : 50 obus
Rotation (degrés) : 360°
Armement secondaire : 2 mitrailleuses de 7,5mm mod 31
Munitions : 5000
MOBILITE
Moteur : Maybach HL 230 Type & Cylindrée : 12 cyl 23.5 l
Puissance (max.) : 575 cv à 2 500 t/m Carburant : Essence
Autonomie (km) : 350 Vitesse moyenne sur route : 25 km/h
Largeur chenille : 0.60 67 patins Garde au sol (m) : 0.45 Pente (%) : 35
Obstacle Vertical (m) : 1.00 Passage à gué (m) : 1.30 Franchissement (m) : 2.50
Les Sherman français après 1945
En 1945 le Sherman est le char moyen standard allié et il restera en ligne dans l'Armée Française pendant près de 15 ans en attendant son remplacement progressif par des matériels plus modernes ou de fabrication nationale. Les difficultés économiques de l’immédiat après-guerre obligeront à maintenir le Sherman dans les unités blindées et plusieurs solutions de modernisation seront étudiées ou appliquées.
Le Sherman sera employé en Indochine, en Algérie et en Allemagne.
Sur le territoire français, le Sherman sera présent au Groupe Blindé de la Gendarmerie jusqu’en 1965.
A noter l’existence d’un Sherman BARV (Engin de récupération pour les plages de débarquement) déployé lors de l'opération Mousquetaire à Suez en 1956 (information J-M Boniface).
Motorisation
Une large partie du parc français est composé de M 4 A4 équipé du Chrysler Multibank. Ce moteur, cauchemar de mécanicien, est remplacé par le moteur Continental. Les chars sont modifiés en 1952 par l’Arsenal de Rueil et sont alors désignés M 4 A4T. La remise à niveau comprend aussi le changement du tourelleau de chef de char par un modèle doté d’épiscopes.

