PLUTON        64e RADB       33e Batterie

 

M 4  A2 ?  

Détruit près d'Eschau (Bas-Rhin) le 27 novembre 1944

pilote : André Chevalier

Récit du radio chargeur Gérard DELAMARE :

"Tout était bien réglé, à 5h45 les moteurs devaient être mis en marche tous ensemble du plus petit au plus grand, à moins 10 minutes les radios devaient prendre l'écoute et faire les prises de contact.
Tout alla bien jusqu'au départ, à 6h00 je démarrai, j'étais presque en queue de colonne, nous marchions à toute vitesse sur les routes inondées, à quelques kilomètre de Strasbourg, un char qui avait mal pris un virage alla s'enfoncer dans une rivière, mais nous ne nous attardions pas. Notre avance était coupée de fréquents arrêts et 15 kilomètres avaient déjà été parcourus, puis tout à coup à un carrefour, un nom sur une pancarte, Eschau 2 km, très étonné je regarde sur la carte, et je m'aperçois que nous étions presque revenu au point de départ. Qu'est ce que ça voulait dire, et nous voici encore arrêtés.
Des colonnes nous dépassaient puis revenaient sur leur pas. Des éléments de reconnaissance passaient et s’arrêtaient pour demander si l'on n'avait pas vu leur unité.
Et le temps passait aussi, rapidement 2h après midi et ................(illisible). La mitrailleuse crachait hargneuse, les obus éclataient dans un sourd grondement, les ambulances montaient sur Strasbourg distant de 6 km.
A 2h30 je reçois l'ordre par radio de doubler à toute vitesse, pour occuper un observatoire en avant d'Eschau.
Dès ce moment je sentais qu'il allait se passer quelque chose mais quoi ?
Hélas ce ne fut pas long, 10 minutes plus tard, c'était le choc, foudroyant, imprévisible, nous étions entrain de doubler les chars rangés sur le côté droit de la route.
Un T.D. mal placé m'obligea à monter sur le talus et ... sur une mine...
Un craquement formidable, une chaleur étouffante, plutôt une brûlure, et je retombais au fond de la tourelle, aveuglé, sentant confusément les flammes me lécher la figure, à demi inconscient je me relevais, m’attachant à tout ce que je trouvais sous ma main, à un moment donné, je touchais un obus explosif que j'avais préparé, et je pensais avec frayeur que j'en avais 111 et des grenades en quantité industrielle, alors dans un suprême effort je me devais gagner l'ouverture resté ouverte par les ....... (illisible) et sautais à terre. Tout cela s'était passé moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire.
Je fis une cinquantaine de pas sur la route et puis plus rien. Je tombais avant de m’évanouir, j'entendais une terrible explosion ... Pluton était mort et moi je ne valais guère mieux. "

 



Source Forum 2e DB

  

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