HISTORIQUE DU 3e RÉGIMENT DE CUIRASSIERS

                                               1940


 

 

 

 

H. AZEMA

 

Le 10 mai 19401 les troupes allemandes lancent leur grande offensive sur la Belgique et la France. Le commandement Français rassemble en hâte tout le personnel et le matériel disponible et c'est dans ces conditions qu'est reconstitué le 16 mai, dans la région de Fontevrault-Saumur le troisième régiment de cuirassiers. Il est commandé par le lieutenant-colonel François. Composé d'un groupe d`escadrons de chars Somua, et d'un groupe d'escadron de chars H39 et doit entrer dans la composition de la quatrième division cuirassée aux ordres du colonel de Gaulle.

Composition du 3e régiment de cuirassiers (Type D.L.M.)

- commandement   - 2 S35 et 1 H39

-Escadron hors rang   - 2 S35 et 2 H39


- 2 escadrons de chars légers

- 1 H39 de commandement, 3 tracteurs de ravitaillement Lorraine 37 L

- 4 pelotons de 5 H39

- 2 escadrons de chars moyens

- 1 S35 de commandement. 3 tracteurs de ravitaillement Lorraine 37L

- 4 pelotons de 5 S35

 

Le 17 mai après avoir mis le régiment sur pied, l’état-major du régiment et le groupe d'escadrons Somua font mouvement en direction de Soissons où ils arrivent en fin de soirée. Le 3e cuirassiers sera au complet le lendemain 18 mai avec l’arrivée des derniers éléments.
Il est intégré à la 4e division cuirassée du colonel de Gaulle et est en compte à la 8e demi-brigade du lieutenant-colonel Simoni composée des :

- 2 /24e bataillon de chars de combat

- 44e bataillon de combat

- 3e Régiment de Cuirassiers. Lt colonel François

- 10e Régiment de Cuirassiers. Lt colonel Jacqueminot de Ham

 

Le 19 mai le groupe blindé du chef d'escadrons Huguet mène, à 4 heures, une action offensive en direction de Crécy-sur-Serre par Besny et Loisy et Pouilly entre Laon et La Fère. Ce n'est qu'à 21h45 que 1'affaire est stoppée pour effectuer un mouvement sur Soissons le lendemain.

Du 20 mai au 23, le régiment, basé à Broullet, s'oppose dans cette région à la poussée allemande. Mais il y subit des pertes et la 7e Armée met à la disposition de la 4e DCr un escadron d'entretien et de réparations pour compléter le 3e cuirassiers.

Le 25 mai le 2e groupe d'escadrons est détaché à la 5e division légère de cavalerie qu'il rejoint à Saint-Romain dans la nuit. Le 26 le 1er groupe Somua du régiment mis également sous les ordres du lieutenant-colonel Simonin, prêté également à la 5e D.L.C, se porte sur Picquigny pour y réduire la tête de pont que les allemands ont constitués dans ce bourg.
Tous ces éléments rejoindront leur formation initiale le 28 mai 1940.

Le 28 mai, le 3e cuirassiers débarque dans la région sud d'Abbeville, il est immédiatement engagé mais n'ayant pu se ravitailler en carburant il attaque avec une heure de retard pour les 13 H39 et deux heures pour 10 Somua. Après la perte de plusieurs Somua, Mareuil-Caubert est conquis. Des éléments du 22ème RIC occupent alors le village et ramènent vers l'arrière de nombreux prisonniers.
Les cavaliers poussent jusqu'aux lisières nord du bois de Fréchencourt, puis se replient à la nuit jusqu’à Bailleul qui est en dehors de la poche allemande, alors que des éléments du 22e RIC occupent le bois à la place du 3e cuirassiers et s'y installent.

Le 29 mai , le 3e cuirassiers participe au nettoyage du bois de Fréchencourt. Mais les combats de ces derniers jours ont causé de lourdes pertes en blindés. 10 Somua sont égarés et 13 H39 sont endommagés ou en panne.

Le 30 mai 1940 les allemands, notablement renforcés, vont contre-attaquer jusqu'à Mesnil et le bois de Villers. Nouvel effort pour réduire définitivement les éléments ennemis qui tiennent encore au sud de la Somme. Le 10e cuirassiers renforcé du 2ème bataillon du 7e R.D.P. et des 2 groupes d'escadrons du 3e cuirassiers attaque de Moyenneville sur Cambrons.

Le lendemain, la 4e D.C.r sera définitivement retirée du champ de bataille, ne disposant plus que de 34 chars. Le régiment, pour sa part, ne dispose plus que de 2 chars Somua et 11 chars H39.

Placé en réserve derrière la ligne des combats, le 3e cuirassiers stationne le 31 mai 1940 à Grémault-Menil ; jusqu'au 5 juin le 3e régiment de cuirassiers reste dans la région d'Abbeville-Amiens.

Malheureusement la jonction n'ayant pu être opérée avec les unités françaises anglaises et belges du réduit de Dunkerque, les allemands reprennent le 5 juin leur poussée vers le sud avec une supériorité en hommes et matériels. Alors commence le repli.

Du 5 au 6 juin, la 4e division cuirassée se déplace dans la nuit et va s'installer au château de Troussure, le 3e régiment de cuirassiers reste en place avant d'aller s'installer autour de Berthecourt où il a pour mission d’assurer. Dans cette région. la couverture de la 5e Armée jusqu'au 7 juin.

Le 6 juin le général de Gaulle nommé sous-secrétaire d'état au Ministère de la Guerre, laisse la responsabilité de la division au colonel Chaudessolle. Le 7 juin le général de la Font prend le commandement de la 4e DCr. Le régiment qui s'est déplacé à Naílles et dans le bois de Mouchu assure en plus de la 5e Armée, la couverture du 25e Corps d'Armée.

Le 8 juin 1940, le 7e régiment de dragons portés, les restes du 3e régiment de cuirassiers entrent dans la composition d'un nouveau groupement aux ordres du colonel Sudre qui prend le nom de "6e 1/2 brigade de chars".

Le régiment jusqu'au 12 juin, couvre l'Armée de Paris dans son repli en direction de Blois et Poitiers.

Pour le 3e cuirassiers cette retraite est jalonnée par des combats retardateurs, Chartres le 13/14 juin où aux lisières sud de la ville le 1er escadron constitue un barrage antichars efficace, tandis que l'escadron de marche participe à la défense nord-ouest de la ville. Le 16 juin avec le s/groupement Sudre il s'établit dans la région de Sanchecille avant de se placer en bouchon le 17 juin au pont de Vallières. Le 18 juin dans la région Blois il barre les directions venant de Beaugency et de Nueug.
Ce sera ensuite la retraite de la Loire à la Charente du 19 au 25 juin par Cheverny Courdemain, il passe le Cher à Montrichard, l'Indre le 20 juin par le pont de Perrusson, le 20 juin il s’installe dans la région de Saint-Flovier. Le 22 ses restes sont engagés pour dégager avec succès des éléments du 10e cuirassiers en difficulté à Preuilly.

Le 25 juin 1940 les hostilités sont suspendues. L'ordre de cessez le feu est donné à toutes les unités.

Le 26 juin 1940, tous les éléments du 3e régiment de cuirassiers sont regroupés autour du PC dans la région de Brantôme.

Le 11 juillet 1940 le 3e régiment de cuirassiers est dissous ses éléments répartis entre le 2e cuirassiers et le 7e dragons porté.
Son étendard est versé au dépôt du 1er régiment de chasseurs à Vienne, où il restera jusqu’à la dissolution de l’armée d'armistice.