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1944 7e REGIMENT DE CHASSEURS D'AFRIQUE - JMO

 
JOURNAL DE MARCHE DU
 
7e REGIMENT DE CHASSEURS D'AFRIQUE

 

BATAILLE DES VOSGES ET D'ALSACE

Le 1er Novembre l’Escadron GUTH est mis à la disposition du Général commandant l’l.D. de la 3ème D.I.A. (P.C. à BAMONT). Jusqu’au 16, les T.D. seront employés en montagne dans des conditions climatiques très pénibles, froid. boue, neige. Ce sont chaque fois de véritables acrobaties et dans plusieurs cas, de longues journées de travail seront nécessaires, pour désembourber nos engins. Des résultats très satisfaisants seront obtenus, l’ennemi abandonnant toutes les maisons prises sous le feu des T.D.

Le 16 Novembre 1944, l’Escadron fait mouvement sur DOMMARTIN-LES-REMIREMONT. 3 jours de repos, et le 20 mouvement sur RUPT-SUR-MOSELLE. Il relève le 4ème Escadron du 5ème R.C.A. et est mis à la disposition du Colonel AGOSTINI Commandant le 3ème R.T.A.

21-26 Novembre : actions ayant pour but de prendre CHATEAU-LAMBERT et le THILLOT.

Le peloton RENÉ est aux ordres du corps Franc POMMIES, à RAMONCHAMP. Le T.D. “DOMPTEUR” saute sur une mine, personnel intact. Le 22 et les jours suivants, ce peloton effectue des patrouilles sur la route RAMONCHAMP-l’ETAT-LE THILLOT. Le 22 le Maréchal des Logis AMBROSINI est tué par éclats d’obus ; le 24 le Cavalier BOUALLEG est blessé par balle.

Le peloton SIGWALT mis à la disposition du 11/3e R.T.A. évolue sur la route de CHATEAU-LAMBERT, fortement minée. Les Panzerfaust apparaissent ; réactions de minen aussi. Le 23, le fort de CHATEAU-LAMBERT et le col des CROIX sont atteints dans la matinée. Le 24 et le 25 des patrouilles blindées (T.D. M 5) appuient la progression d’infanterie sur le village de CHATEAU-LAMBERT. Réaction ennemie des plus vives. Le 25 après midi, cependant, CHATEAU-LAMBERT est pris ; la route s’écroule sous le T.D. “DUGUESCLIN“.

Le peloton DE ROCHAMBEAU, jusqu’au 23 Novembre, est la disposition du III/3e R.T.A. à RAMONCHAMP.

Le 22 Novembre les T.D. tirent sur le clocher du THILLOT ainsi que sur des mitrailleuses situées sur les pentes-sud de 547 ;

2 coups au but. Le peloton passe ensuite jusqu’au 26, en réserve à RUPT-SUR-MOSELLE.

A L’ASSAUT DES COLS ET DE LA TERRE D’ALSACE

26 NOVEMBRE — 1er DÉCEMBRE

a) Le peloton DE ROCHAMBEAU (4e Escadron) premier élément de la 3ème D.I.A. a foulé la terre d’Alsace.

Le 26, à 4 heures, départ de RUPT-SUR-MOSELLE, prise de contact avec le I/3e R.S.A.R. et le G.T.M. Midi : halte à SEWEN. 13 heures : un élément blindé aux ordres de l’Aspirant GENEVRIER (2 M 5, 1 T.D.) attaque RIMBACH. Le village est enlevé. Les goumiers n’arrivent que lorsque les blindés s’installent en bouchon pour la nuit. L’après midi, attaque des goumiers. Le 28 patrouille blindée (2 M. 5 et 1 T.D.) en direction de MOLLAU. Occupation de la ferme de LANGERMATTEN. Les goumiers aidés par le tir efficace des T.D., prennent la cote 1057 (Aspirant GENEVRIER, 3 M 5, 1 T.D.). A 16 heures entrée dans MOLLAU. Le 2/12/1944: un élément blindé (S/Lieutenant de ROCHAMBEAU, 2 M 5 et 1 T.D.) pousse vers SAINT-AMARIN par la route nationale. Une patrouille identique, aux ordres de l’aspirant PIRIOU (3e RSAR) nettoie la sortie-Est du village. A 12 heures. le S/Lt DE ROCHAMBEAU est blessé par éclat. 14 heures: un M 5 détruit par Panzerfaust aux lisières-Est du village. A 16 heures un second M 5 hors de combat : mêmes éléments, mêmes conditions. Le 4/12/1944 même position. De nuit, harcèlement ennemi sur nos positions de repos. Le 5/12/1944 relevé par le peloton RENE. Le Peloton GENEVRIER reste aux ordres du Capitaine JOURNAUX et fait mouvement sur VAGNEY.

b) Le Col de BUSSANG est atteint le 1er Décembre par le 4e Escadron.

Le 26 Novembre, un élément blindé composé de 2 T.D. et 5 M 5 pousse en direction, de BUSSANG, mais de grosses destructions obstruent la route et l’obligent à emprunter un itinéraire acrobatique dans la montagne ; seuls un T.D. et un M. 5 parviendront vers 17h. à BUSSANG. Les jours suivants, les T.D. pousseront des patrouilles avec l’infanterie effectuant des tirs (canon et mitrailleuse) sur des lisières de bois. Le 1er Décembre, le col est atteint par la compagnie ALLAN. Les T.D. du S/Lt SIGWALT et les M 5 du 3ème R.S.A.R. participent à l’action et en dépit de grosses destructions arrivent à URBES à 19 heures.

La Terre d’ALSACE est atteinte.

FELLERING, ODEREN et KRUTH sont occupés en liaison avec le 5ème R.T.A. et le Corps franc POMMIES.

c) Le 2ème Escadron force les défenses du Col d’ODEREN (du 26 au 30).

Le 27 Novembre 1944 : Le peloton DAUREL pousse sur le Col d’ODEREN. Précédés d’un char léger du 3ème R.S.A.R., les T.D. prennent le contact 200 mètres après des destructions, sous un tir précis d’artillerie et d’automoteur. Le char léger est atteint d’un coup de Panzerfaust et flambe. Les T.D. réduisent au silence les mitrailleuses qui arrêtent toute progression amie et qui cherchent à décimer le reste de l’équipage du “petit char”. L’ordre de repli pour les blindés arrive à la nuit.

Le peloton VIRIOT plus au nord, partant de CORNIMONT par XOULCE monte à la Chapelle du BRABANT. Un bataillon F.F.I. attaque le bois de la Roche des Bouchaux. La pénétration est dure et lente. T.D. engagés sur la route prêts à intervenir.

A la tombée de la nuit l’ennemi déclenche une violente contre attaque. Le T.D. de tête BIZERTE ouvre le feu à 1000 mètres sur les départs de balles traceuses : tous les explosifs du char y passent mais les armes automatiques se taisent et l’ennemi ne débouche pas du bois.

Le 28 Novembre 1944 : Les T.D. de la Chapelle du BRABANT arrosent copieusement les lisières de bois, tirent sur la ferme de MOYENMONT au N.E. de la BRESSE.

Le 29 Novembre 1944 : Le peloton DAUREL participe à l’attaque du Grand Ventron. Destruction d’abris en rondins. 5 allemands tués (et homologués).

Le 30 Novembre 1944 : Reprise de l’attaque du col d’ODEREN en appui d’infanterie par les T.D. DAUREL et LEMAIGNAN. Mission : destruction des casemates qui flanquent le barrage antichar. Un sous-officier du 7ème R.T.A. accompagne les T.D. et désigne les objectifs. Casemates et nids de mitrailleuses sautent les uns après les autres malgré une vive réaction qui progressivement faiblit, et les blindés franchissent le col le 30. La terre d’ALSACE, est à leurs pieds. Mais d’énormes destructions au delà du Col empêcheront toute progression avant quelques jours.

d) Les tentatives pour atteindre le col de BRAMONT au nord, demeurent infructueuses (26 au 29)

Un groupement aux ordres du colonel VAN HECKE comprenant 2 pelotons de reconnaissance du 1er Escadron, 1 section du génie, un peloton de T.D. (VIRIOT), un bataillon du 51e R.I. (Colonel TRIOCTIE) s’engage, fractionnée en 2 éléments en direction du col ; le commandant LE CANNELIER commande une colonne, qui dès le début, ne peut franchir le Chajoux débordé. Des dispositions nouvelles sont prises.

Le 27 Novembre 1944 : La compagnie de tête du bataillon DUCHENE monte à la Chapelle du BRABANT par la piste de LANSAUCHAMPS. Elle s’abrite aux environs du col en attendant la progression de la colonne TRIOCHE. Une équipe du génie, pénétrant dans une ferme proche de la Chapelle provoque l’explosion d’un piège : 2 tués, 5 blessés. En fin d’après-midi, des éléments de patrouille de la compagnie Sud de la colonne TRIOCHE sont vus, entre les lisières sud du bois de la Roche des Bouchaux et la piste de la Chauderie. Un T.D. du peloton VIRIOT ouvre le feu sur les armes automatiques qui se sont révélées, et protège la retraite des éléments.

Le 28 Novembre 1944 : Le 5ème compagnie (Capitaine HALLONET) du 2ème Bataillon du Régiment de Franche-Comté (Capitaine DUCHENE) reste en position dans la Région des HUTTES-LA LOUVIERE, avec mission de protéger la BRESSE et de couvrir le débouché de la veillée de la VOLOGNE. La 7e Compagnie (Lieutenant GUILLAUME) et la 6e Cie (Lieutenant MONNET), déployées pour la progression se portent en avant àpartir de 10 heures, en collant aussi près que possible aux tirs systématiques déclenchés à l’horaire par la batterie du 2/67 (Capitaine MOLINIER).

Le P.C. de la colonne est assis au Col de la ChapeIle du BRABANT. Faute d’autres moyens, la liaison avec les éléments de tête est faite par coureurs.

Le groupe Franc (Lieutenant ROBBE), demeure en réserve à la disposition du Commandant sur les pentes Sud-Ouest du Signal 1.063.

Les deux compagnies ont mission de progresser sur les lisières et à l’intérieur du bois de la poche des Bouchaux. La section de droite de la 6e Compagnie qui suit la lisière sud du bois de la Roche des Bouchaux et manœuvre en pleine vue de l’observatoire du P.C. porte un fanion, qui permet de suivre la progression et de redemander à l’artillerie d’appui direct, les tirs prévus en conservant la marge de sécurité nécessaire.

Vers midi, le bois de la Roche des Bouchaux est aux mains du 2/R.F.C. Sur le terrain le centre du dispositif est un piton abrupt et tout le bois est obstrué d’abatis dus aux tirs de l'artillerie. Sur la ligne atteinte, l’infanterie se heurte à une position allemande organisée.

A partir de 12 heures 30, l’ennemi réagit par des tirs de mortiers qui s’appliquent sur le bois, sur le glacis au Sud du bois, sur le Signal 1.063, et dans la région du col de la Chapelle du Brabant. A 14 heures, un T.D. du peloton VIRIOT franchit la crête à l’ouest du signal 1.063, et détruit un observatoire ennemi dans une ferme sur les pentes Sud de Moyen-Mont. A la tombée du jour, les 6e et 7e compagnies, à qui ont été apportés des outils de parc, s’organisent en P.A. dans le bois sur les positions conquises. La compagnie du Capitaine ROUCHE, du 1/51 tient Ie Signal de la Roche des Bouchaux et contrôle les pistes Nord de l’Eperon.

La C.A. du 1/51 tient une position sur la poste Sud de la Chapelle du Brabant et est en mesure de couvrir de ses feux tout le dispositif. La protection du versant Nord est assurée par Ia compagnie HALLONET.

Le 29 Novembre 1944 : Le dispositif entier se maintient dans une situation étatique offensive. A l'initiative du capitaine de la JONQUIERE, adjoint au commandant de la Colonne Nord, une patrouille armée d’un Bazooka prend le contact sur la droite du dispositif en provoquant une violente réaction de grenades à fusil : l’ennemi qu’on a entendu procéder à des abatis pendant la nuit et qui s’était manifesté par des tirs d’artillerie et de mortier jusqu’au lever du jour révèle ainsi qu'il demeure sur ses positions. A midi, un ordre du Sous-Groupement dissout la colonne Nord et d’autres dispositions entrent en vigueur.

Pertes : 5 tués. 19 blessés.

Les pionniers du 1er Escadron ont effectué un travail considérable. Plus de 400 mines “S” sont enlevées en moins d'une heure malgré les violentes réactions d’artillerie et de mortiers. Le peloton CIVET entre dans XOULCE, le 26. Une patrouille du 2ème peloton le 29, effectue une reconnaissance à pied dans la vallée du Mur des Granges, atteint la maison forestière et rapporte des renseignements importants.

e) L’activité du 3ème Escadron sur GERARDMER – (2 Nov. 5 Janv.)

Durant toute cette longue période, le 3ème Escadron, dispersé morcelé, fait tous les métiers : artillerie, appui d’infanterie, soutien moral, quelquefois anti-char et même génie, le T.D. pouvant l’occasion faire le bulldozer.

Il ouvre d’abord la route de GERARDMER, en participant la prise du THOLY et de GERARDMER. Le 2 Novembre, réserve de Division, cantonné à ST AME il est mis à la disposition du G.T. 4, pour être employé sur l’axe ST AME-LE THOLY.

Le 5, le char “CHAMBORD” saute sur mine aux abords du THOLY ; aucun blessé. (Après la prise du village, on récupérera le matériel de pêche du S/Lt. MAGNE.)

Le 15 le THOLY est pris (peloton FRACHON). La neige et le gel sont là (rappelant ACQUAFONDATA et TERELLE), et aussi les abattis et les mines, les tirs (les anti-chars et des auto­moteurs.

Le 18 Novembre : Une lueur dans le ciel, c’est GERARDMER en flammes.

Le 19 Novembre : Offensive sur GERARDMER. Les éléments avancés s’en trouvent à 3 kms ; une reconnaissance rapporte que la ville semble abandonnée entourée de champs de mines et d’abatis

Le 19 dans la soirée, le groupe de chars de l’Adjudant MAIGROT (Peloton MAGNE) entre dans GERARDMER, appuyant le peloton du 2ème R.S.A.R. (du Lt. DE MERGSON).

Le P.C. SOUDIEUX s'y installe ; la progression continue. GERARDMER : amas de ruines fumantes, de pierres calcinées, de décombres où s’entassent encore dix mille personnes. il fait froid ; il pleut ; le charbon manque.

A la date du 21 Novembre le groupement nord de la 3ème D.I.A. passe aux ordres du Colonel HOGARD qui dispose des éléments suivants : 2e R.S.A.R., 1er groupe d’Escadron de Franche ­Comté, 5ème Escadron du 7ème R.C.A., III/67 R.A.A., 1 Cie du génie.

La situation générale est la suivante:

En Haute Alsace, l’ennemi paraît complètement désorganisé.

Entre la Suisse et Belfort, la phase d’exploitation est commencée :

(les éléments du 1er C.A. ont atteint le pont de HUNINGUE ; BELFORT a été pris ce matin ; la 5e D.B. pousse sur l’axe Fontaine-Cernay ; un groupement de la 1e D.M.I. fait effort sur l’axe CIRAURAGUY-CERNAY, en vue d’appuyer l’action de la 5ème D.B. et de prendre à son compte, en direction de CERNAY et de découvrir les débouchés des vallées descendant des Vosges.

Il ne peut plus être question de tenir un front, mais d’agir sur des axes. Le 3ème Escadron reçoit pour mission de reprendre progressivement le contact sur les axes GERARDMER-XONRUPT-LA SCHLUCHT. Du 20 au 25 le peloton FRACHON François tire sur divers objectifs : maisons, abris, bois.

Le 25 “on s’aperçoit” que l’ennemi a décroché. Progression. Le 9 Décembre le même peloton se trouve à Retournemer, avec le peloton MAGNE et des éléments du 2ème R.S.A.R. Divers essais de colonnes blindées sur la route de la SCHLUCHT puis sur les pistes restent sans fruits appréciables. (Col et route des Crêtes.)

Du 12 au 14 Tirs sur le col du LOUCHBACH assaut sérieux au Pré-Carré ou le Capitaine OSTEN (2ème R.S.A.R.) est tué.

L’ATTAQUE DU COL DU BONHOMME (12 Décembre)

Brillamment menée par un escadron de Spahis et des F.F.I. l’action réussit et le col est enlevé à 12 heures 30. Le Colonel LECOQ donne aussitôt l’ordre aux T.D. de s’y porter ; c’est le S/Lieutenant MAGNE qui en est chargé. Ce dernier pousse ses T.D. jusqu’à PLAINFAING et part en jeep avec son adjoint, l’Adjudant MAIGROT, reconnaître la “vieille route” du Col, ils poursuivent à pied, le chemin étant embouteillé par les spahis. A cent mètres du col deux obus tombent, l'Adjudant MAIGROT est blessé mortellement : déchiqueté, méconnaissable. MAGNE est grièvement blessé à l'abdomen, il perd son sang en abondance. Relevé aussitôt,. il ne perd nullement connaissance et se rend parfaitement compte de ses blessures ; il s'occupe de sa jeep, demande qu’on prévienne le Lieutenant SOUDIEUX, et a cette suprême parole : “J’ai vu l’Alsace, j’aurais bien voulu y aller, le col est pris, je mourrai tranquille”. Malgré la rapidité des soins (évacuations, transfusions de sang), MAGNE succombe à ses blessures, le 13 dans la nuit à l'hôpital de REMIREMONT. Il avait 26 ans. Ses obsèques ont lieu le 13 après-midi. Il est enterré au cimetière de RUPT-SUR-MOSELLE ; MAIGROT l’est auprès de lui le 14.

Le 17, vers 14 heures l'Escadron RENAULT débouche du Col du BONHOMME. Frachon tire sur des casemates situées l’Est du LOUCHBACH et route du Lac Blanc. Le Maréchal des Logis SAUZEDE saute sur une mine : sans dommage. Le 18 le carrefour du Lac Blanc est atteint, et le contact est pris après avoir dépassé la Ferme du Gazon-du-Faing. Le 20 “train blindé“ sur le Gazon ; mais la progression est aussitôt stoppée : mines abattis et tirs d’automoteurs. Le 21 : second essai sans résultats et cette situation demeure jusqu’au 29.

Le 30, un groupe de chars de l’Aspirant DURVICQ part à ORBEY avec le 4ème R.T.T. Beaux résultats, belle conduite des chefs de char FEVREUR et GIACCOBI ; le 5, le groupe rejoint FRAIZE où le Régiment se regroupe pour voler à la défense de STRASBOURG : Après 85 jours de ligne... Dans la neige... Le froid. . . La glace.

LA VALLÉE DE LA THUR (1er Décembre - 15 Décembre)

Pendant que le 3ème Escadron, “en morceaux” lutte de la SCHLUCHT au BONHOMME, le 4ème Escadron, le 2ème et le 1er participent avec Tirailleurs, Goumiers et F.F.I. aux opérations dans cette vallée triste, brumeuse, encaissée, qu’est la vallée de la THUR.

OU L’ON MULTIPLIE LES EFFORTS POUR S’EMPARER DE LA “ROUTE DES CRETES” ET AUSSI DU RAINKOPF ET DU HOHNECK :

 Après ODEREN, le 2ème Escadron se distingue à RUNSCHE et à la ferme SCHAFFERT :

Le 1er Décembre 1944 : Le peloton VIRIOT rejoint l’escadron, mais d’énormes destructions au-delà du Col d’ODEREN, empêchent toute progression de blindés avant plusieurs jours.

Le peloton DAUREL est en position sur le Grand Ventron.

2 T.D. dissimulés dans les bois surveillent une portion de la route des Crêtes. Une pièce d’artillerie de campagne allemande est signalée ; un premier T.D. ouvre le feu sur les chevaux, qui, affolés quittent la route et dévalent à travers champs ; la pièce est stoppée, et trois chevaux restent étendus sur place. Les artilleurs s'éparpillent et se réfugient dans une maison. Le 2ème T.D. ouvre le feu sur la maison (un prisonnier allemand fait quelques jours après par le 10ème Tabor donnera le bilan : 1 canon détruit, 1 sous officier et 2 hommes tués).

Le 2 Décembre 1944 : Le peloton VIRIOT en position d’artillerie (1 km avant le col d’ODEREN et ayant son observatoire au Grand-Ventron), arrose la route des Crêtes où la circulation se fait de plus en plus rare. Dans l’après-midi, l’escadron rassemblé se déplace sur l’itinéraire: VENTRON-TRAVEXIN-LE THILLOT-BUSSANG-COL DE BUSSANG-URBES-ODEREN (la dernière partie du trajet est faite dans la nuit).

Le 3 Décembre 1944 : Le peloton VIRIOT pousse sur WILDENSTEIN (à la disposition du 3ème G.T.M.). Les coupures de la route du col de BRAMONT et au delà empêchent toute action blindée jusqu’au 9 Décembre. Mission d’artillerie : en attendant.

Du 3 au 7 Décembre 1944 : Le peloton LEMAIGNAN appuie l’infanterie dans la progression vers la route des Crêtes.

Le 5 Décembre 1944 : Le peloton DAUREL effectue de ses posi­tions un barrage sur les lisières du RUNSCHE. Mais la circulation des véhicules légers est impossible, principalement à certain carrefour obligatoire que les mitrailleuses ennemies battent au moindre mouvement Les T.D. s’avancent : réactions de minen et les armes automatiques se dévoilent. Nos canons les réduisent une à une. 4 boches s’engouffrent dans une casemate : quelques explosifs pas un seul n’en réchappe. Mais les mitrailleuses crachent lisières de bois : celles-ci sont copieusement arrosées et les T.D. rentrent, les soutes vides.

Le Décembre 1944 : Nos engins surveillent la route des Crêtes et ouvrent le feu à 2 reprises sur des convois hippo. Gros dégâts. Le peloton LEMAIGNAN participe à l’attaque de la ferme SCHAFFERT dont il permet la prise par les tirailleurs. Et du 6 au 7 Décembre ce peloton de même que celui de DAUREL forme des bouchons anti-chars, exécute des tirs de harcèlement, des tirs contre casemates. Le Cavalier GARCIA Georges, du peloton VIRIOT, revenant en jeep de liaison est pris à ODEREN sous bombardement. Il est tué au volant de sa voiture par un éclat à la base du crâne.

Le 9 Décembre 1944 : Le peloton VIRIOT qui assiste 1 compagnie de tirailleurs et 1 goum, a pour mission de prendre ROTTENBACH auberge, et d’appuyer l’attaque du RAINKOPF. Progression des T.D. 50 cm de neige jusqu’à 100 mètres l’auberge. Visibilité nulle. Les fantassins ennemis bien camouflés arrêtent toute progression de front et sur la gauche, et contre attaquent sur la droite. Les balles sifflent de 3 côtés à la fois faut progresser à plat ventre pour aller d’un T.D. à l’autre. L’ordre de décrochage parvient à 16h. Le char “BATAILLEUR” en position près du lac de BLANCHEMER (en appui de l’attaque) se transforme en obusier au premier coup de canon par rupture tube à 1 mètre de la culasse. Le T.D. qui le remplace vide ses soutes sur le RAINKOPF et la route des crêtes.

Le 12 Décembre 1944 : A RUNSCHE le Sous-Lieutenant LEMAIGNAN est en observation. Un obus de mortier tombe proximité et le renverse par son effet de souffle. Un éclat troue son manteau, son blouson et sa chemise ; aucune blessure.

Jusqu’au 16 Décembre 1944 : Nombreux tirs des T.D. 3 pelotons sur des chalets et sur l’activité ennemie de la route des crêtes.

Le 17 Décembre 1944 : Le P.C. de l’Escadron se porte à SAULXURES avec le peloton LEMAIGNAN. Car tous les engins ont besoin de révisions urgentes. Les pelotons DAUREL et VIRIOT restent à FELLERING et WESSERLING avec 3 T.D. par peloton “C’est le maximum qu’on puisse faire“.

Le 18 Décembre 1944 : Le peloton de WESSERLING envoyé à GERARDMER à la disposition du Colonel HOGART. Le peloton DAUREL à FELLERING est à la disposition du Général CHEVILLON.

Le 20 Décembre 1944 : Le P.C. de I’escadron se porte à DOMMARTIN-LES-REMIREMONT.

Jusqu’au 31 Décembre 1944 : Les 2 pelotons engagés effectuent des tirs directs sur maisons, observatoires ennemis, casemates, etc. Mais il n’y a plus à proprement parler de “peloton”, car aussitôt un char remis en état, un autre revient pour se faire réparer. Le matériel est à bout de souffle : il faut faire des acrobaties pour assurer 3 T.D. sur chaque axe.

Du 4 au 16 Décembre tous les pelotons du 1er Escadron se sont multipliés le plus souvent, à pied sur tous les axes pour renseigner, éclairer l’infanterie et dégager la route des nombreuses mines et abatis qui ne se comptent plus.

Le 6 la liaison s’établit au col de BRAMONT. Le même jour la route des Américains est reconnue et les éléments rejoignant la route des Crêtes à l’auberge de ROTTENBACH s’approchent jusqu’à 500 mètres des crêtes.

Le 8, le “chemin des Italiens” est reconnu : il conduit au refuge de RAINKOPF par le lac de BLANCHEMER. Le 9, le 1er peloton participe à l’attaque menée contre la route des crêtes. Le 10, reconnaissance à pied jusqu’au pont de BLANCHEMER, en direction du col des FEIGNES-SOUS-VOLOGNE. Du 11 au 15 des patrouilles de sécurité sont effectuées aux environs immédiats de WILDENSTEIN.

A bout de souffle, lui aussi, puisque engagé à pied depuis 45 jours, l’escadron DE CHAMPEAUX est ramené à ZAINVILLERS, heureux d’aller sécher son personnel et réparer ses véhicules.

LES OPERATIONS DU COL DE BUSSANG ET DE SAINT-AMARIN NE SUFFISENT PAS AU 4ème ESCADRON :

IL LUI FAUT D’AUTRES COLS

Du 6 au 23 Décembre c’est le BONHOMME, le LAC BLANC, le LAC NOIR, le COL DE WETSTEIN.

Le 7/12/1944 au soir l’escadron, au complet, est en place à Ste MARIE AUX MINES. Le peloton GENEVRIER pousse jusqu’à FRELAND, aux ordres du Capitaine JOURNAUX, où il s’installe en surveillance.

Le 8/12/44 le P.C. Avant de l'escadron s’installe à AUBURE. Les pelotons RENE et GENEVRIER sont à FRELAND prêts à intervenir. Le peloton SIGWALT est en position sur la route d’URSPRUNG et effectue des tirs sur la région de KAYSERSBERG.

Le 9/12/1944 les pelotons RENE et SIGWALT s’installent en point d’appui à URSPRUNG avec un peloton d'A.M. du R.F.C. et une section de Goumiers.

Le 10/12/1944 le peloton SIGWALT est mis à la disposition de l’Escadron DE QUENETIN qui opère en direction du BONHOMME. Les T.D. effectuent des tirs sur des lisières de forêt et des fermes occupées par l’ennemi. Le peloton GENEVRIER opère au profit des tabors du Colonel HEDON. il est en position au col de la PERTHE et effectue des tirs d’appui directs. Le peloton RENE quitte le point d’appui d’URSPRUNG et s’installe en réserve à FRELAND.

Le 11/12/1944, le peloton GENEVRIER effectue des tirs sur les objectifs repérés, sur les pentes Ouest du Grand-Faude (773) ; le peloton SIGWALT opère toujours à la sortie Ouest du village du BONHOMME. Le Lieutenant RENE fait reconnaître les positions de tir dans la région du col des BAGENELLES.

Le 12/12/1944 le peloton RENE effectue des tirs sur la riante vallée de la BECHINE et progresse en direction de la maison forestière du Général Bataille. Le peloton SIGWALT continue la progression en direction du Col du BONHOMME et effectue des tirs sur des maisons occupées par l'ennemi. Résultats au but. Le peloton GENEVRIER effectue des tirs sur la vallée et la rocade du secteur du Lac Blanc, il prend à partie des patrouilles à pied et des batteries hippomobiles en déplacement.

Le 13/12/44 le peloton SIGWALT appuie de ses feux la progression de l’escadron DE LESTRANGES dans la vallée de la BECHINE. Le peloton RENE effectue la liaison au col du BONHOMME avec les éléments du 2ème R.S.A.R.

Le 14/12/1944 le peloton SIGWALT travaille toujours au profit de l’Escadron DE LESTRANGES. Le peloton GENEVRIER effectue des tirs sur la route du col de LOUCHSBACH. Le peloton RENE passe la journée au village du BONHOMME et en profite pour revoir son matériel.

Le 15/12/1944 le peloton GENEVRIER effectue des tirs sur la route de LOUCHSBACH, et prend à partie les groupes ennemis en mouvement. Le peloton SIGWALT travaille au profit de l'Escadron De QUENETIN en direction du col du BONHOMME. Des tirs ajustés de minen et d'armes automatiques entravent la pro­gression. Le Lieutenant RENE prend le commandement d’un groupement blindé (un peloton T.D., un peloton SHERMAN du 1er Cuir, un escadron F.F.I.. une équipe de démineurs, un peloton de M 5 du 3ème R.S.A.R.). L’objectif de ce groupement est l’hôtel du Lac Blanc. Le 16/12/1944 ces éléments progressent en direction du col du Lac Blanc. A deux reprises le T.D. “DEBROUILLARD” saute sur mines. (Il sera réparé sur place par l'équipage.) Quelques réactions d’éléments isolés. Le peloton SIGWALT appuie de ses feux la progression de l’Escadron de QUENETIN en direction de la Grande-Ferme. Le peloton GENEVRIER est en attente au BONHOMME.

Le 17/12/1944 les éléments RENÉ attaquent le Col du Lac Blanc, débouchent sur l’hôtel et progressent jusqu’à l'épingle à cheveux. Deux SHERMAN un M 5 et le T.D. “DEBROUILLARD” sautent sur mines. Le Brigadier BORGNIET, Chef du T.D. “DANTESQUE” est blessé par éclat au bras. Le peloton SIGWALT demeure en surveillance sur le haut de la vallée de la BECHINE. le peloton GENEVRIER, avec l’Escadron du Capitaine DE LESTRANGES s’installe au carrefour du Lac Blanc.

b) Période du 17 Décembre au 3 Janvier :

Toujours à la disposition du Colonel BONJOUR. Axe de marche : Lac Blanc. Lac Noir. Col de Wettstein.

Le 18/12/1944 les éléments de RENE descendent du Lac Blanc et progressent en direction de NOIRRUPT. Le T.D. “DANTESQUE” est atteint par un coup d’une arme antichar. Le radio BONOMO est tué. Le conducteur LEMOINE, grièvement blessé. succombe le lendemain. Au 3ème B.M. Le tireur ANDRÉ est blessé. La progression est stoppée. Les éléments blindés sont soumis à un violent tir d’artillerie ennemie. Le matin les T.D. avaient effectué des tirs sur des fantassins et véhicules en déplacement (route du col de WETTSTEIN), ainsi que sur des emplacements d’armes automatiques. Le peloton GENEVRIER appuie l’attaque des goumiers sur le Lac Noir. Les éléments blindés sont ralentis dans leur progression par mines et abattis. Intervention du Génie qui ne termine son travail qu’à la nuit. Pendant ce temps les T.D. effectuent des tirs sur des mouvements de troupe au col du WETTSTEIN. Le peloton SIGWALT descend au repos à SAINTE MARIE AUX MINES.

Le 19/12/1944, le peloton RENE réduit au seul T.D. “DlABOLIQUE” est renforcé par les T.D. “DIPLODOCUS” et “DINOSAURE” (peloton GENEVRIER). Ces éléments progressent et au cours de cette progression malgré les champs de mines qui sont “systématiquement négligés” mais qui feront sauter un M. 5, le T.D. “DIPLODOCUS” détruit un MARK IV (à 30 mètres). Mort du cavalier PHALIP. Installation sur la route du Col de WETTSTEIN, au carrefour 45/27-1457, avec un peloton d’A.M. du R.F.C. Le peloton GENEVRIER poursuit son action sur le Lac Noir. Les T.D. “DIB” et “DRAGON’ effectuent des tirs sur des éléments ennemis en retraite. Le Capitaine GUTH installe son P.C. au Lac Noir et écrit sa “BATAILLE DE CHARS DANS LES HAUTES VOSGES”.

BATAILLE DE CHARS DANS LES HAUTES VOSGES

Sous la poussée brutale des blindés, le col du Lac Blanc est forcé, le Sanatorium atteint. Deux chars moyens, un char léger, un T.D. sautent sur des mines, traîtreusement enfoncées dans la neige. Qu’importe ! L’ennemi fuit, accompagné par nos explosifs et le feu nourri des goumiers. La ruée se poursuit. L’ennemi n’a pas le temps de réagir. Les blindés protégés par les goumiers déferlent. Des mines en verre sont abandonnées sur les bas-côtés de la route sans que l’ennemi ait eu le temps de les poser. Le Lac Noir est atteint.

Le lendemain on se remet en route pour le carrefour WEYERMATT. Les blindés progressent à découvert, lentement, par bonds. Bientôt le boche se révèle : un sifflement, un coup au but, un T.D. est atteint. La nuit tombe. Il faut le venger. Le lendemain, de la position atteinte la veille, un T.D. et un char léger foncent. A toute vitesse le “DIPLODOCUS” charge et vient se camoufler derrière la ferme d’où la veille un char allemand a arrêté notre avance. Moins heureux le char léger saute sur une mine. L’équi­page du T.D. est aux aguets ; où est le boche ? On a signalé la ferme comme étant évacuée. Le Chef du T.D. un chasseur de 2e classe, surnommé : “PICO” observe autour de lui. Soudain il entend marcher avec précaution autour du T.D. Un goumier ? Non. Un SS qui vide sur l’équipage à découvert uni chargeur de mitrail­lette. D’une fenêtre une grenade est lancée sur le T.D. et l’atteint heureusement sur la plage arrière. “DIPLODOCUS” quitte cette maison inhospitalière et lentement se glisse à travers champs, tournant sa tourelle vers la ferme. Tout à coup l’arrière d’un MARK IV se profile de l’autre côté de la maison. C’est le char boche d’hier. Vite un perforant. Le MARK IV touché, mouché, flambe. L’équipage se sauve dans l’épouvante.

Capturé par les nôtres. il ne dira qu’une phrase : “Seuls les français sont capables d’une telle audace”.

Le 20/12/1944 : Même position pour le peloton RENE qui effec­tue des tirs sur des objectifs signalés. Le peloton GENEVRIER tente de progresser sur la piste sud du Lac Noir. Dès sa sortie du bois le T.D. “DIB” exposé au soleil est pris à partie par un char ennemi. Un perforant dans le hublot du pilote, et de nombreux explosifs.

Le 21/12/1944 : R.A.S. Le brouillard empêche toute action. L’artillerie ennemie manifeste sa présence.

Le 22/12/1944 : Aucun changement dans le dispositif. Dans l’après-midi, par leurs tirs ajustés les T.D. des pelotons RENE et GENEVRIER contribuent pour une bonne part à l’arrêt brutal d’une contre-attaque.

“NOEL - JOUR DE L’AN”

Les T.D. sont dans la neige, le Capitaine GUTH part en Permission. Le Lieutenant RENE prend le commandement de l’Escadron qui, à trois reprises, au carrefour de WEYERMATT, contribue largement à stopper brutalement de fortes contre-attaques ennemies. La montagne a fait payer un lourd tribut à cette unité (qui ne compte plus, en ce début d’année 1945, que 5 T.D.). La campagne des Vosges est terminée. Le Régiment “doit” se regrouper aux abords de REMIREMONT pour revoir, réparer soir matériel faire reposer son personnel, épuisés l’un et l’autre par près de trois mois d’engagements ininterrompus. Mais le boche contrecarre ces projets; il espère reprendre STRASBOURG.

Et c’est à la 3ème D.l.A. et au 7ème Chasseurs que l’on fait appel une fois de plus, pour sauver la situation. Le 4 Janvier à FRAIZE. le Colonel réunit ses Officiers et constitue un “escadron de marche” avec ce qui reste, soit 16 chars. et faisant appel au cœur de chacun, il lance l’ordre du jour suivant:

“Le Régiment est appelé à l’honneur de foncer au cœur de l’ALSACE pour prendre part à la défense de sa capitale STRASBOURG. Quoique notre belle unité ne dispose pas de tous ses moyens, le Colonel a la certitude que notre splendide Régiment sera comme toujours égal à lui même. Souvenons nous de toutes nos prouesses d’ITALIE et de France ; accomplissons-en d’autres, oublions nos fatigues ; il n’y aura plus de place que pour notre enthousiasme et les manifestations de notre patriotisme. Le 7ème R.C.A. va écrire les plus belles pages de son livre de gloire pourtant déjà très riche en beaux faits d’armes. L’Armée et le pays ont le regard sur nous, soyons dignes de leur confiance.”

Début Janvier 1945 : “Les allemands ont traversé le Rhin et établi une forte tête de pont sur la rive droite ; ils occupent à 16 kilomètres de STRASBOURG, les villages de KILSTETT, GAMBSHEIM et OFFENDORF...

Le 6 Janvier 1945: Le Régiment formé de deux colonnes :

détachement léger aux ordres du Capitaine DE CHAMPEAUX, détachement lourd commandé par le Lieutenant SOUDIEUX comprenant 12 T.D. fait mouvement sur TRUCHTERSHEIM. Dès leur arrivée les chars sont disposés en bouchon anti-chars. Un peloton de T.D. (2ème escadron) est mis à la disposition du 3ème R.T.A. et se rend à SOUFFELWEYERSHEIM.

Le 7 Janvier 1945 : Un peloton de T.D. du Lieutenant SOUDIEUX est mis à la disposition du 3ème R.S.A.R. pour être dirigé sur ERTZHEIM (entre STRASBOURG et MOLSHEIM) afin de reconnaître la route STRASBOURG-KRAFFT et détruire les détachements ennemis pour leur interdire l’accès de cette route.

L’ATTAQUE de GAMBSHEIM

Une fraction de l’Escadron de marche composée du peloton COIRRE (3 T.D.) et du peloton SIGWALT (3 T.D.) est en position d’attente vers 10 heures à HOENHEIM (Nord de STRASBOURG). Liaison est prise à la WANTZENAU avec le Commandant DAIGNY (Légion) qui conduit la première phase de l’attaque sur GAMBSHEIM. L’heure H est 13 heures 30. Le peloton FRACHON (4 T.D.) mis primitivement à la disposition du Colonel AGOSTINI vient se mettre à la disposition du Commandant DAIGNY. Celui-ci le charge d’appuyer le Bataillon de Tirailleurs qui prend à son compte la seconde phase de l’attaque : nettoyage de GAMBSHEIM et du STEINWALD.

Moyens Blindés : 2 pelotons de chars légers, 1 peloton de Médiums, 3 pelotons de T.D.

A 13 heures 25 les chars traversent la WANTZENAU pour se rendre à la base de départ (village de KILSTETT) ; le T.D. “BORDEAUX” qui cisaille ses chenilles avec les rebords des galets dépourvus de caoutchouc et qui a une poulie folle fendue reste à la WANTZENAU. Le peloton SIGWALT se met en position aux sorties Sud et Sud Est de KILSTETT pour surveiller la digue et les lisières du bois qui bordent le RHIN. Le peloton COIRRE d’abord axé sur la sortie Nord-Est du village pour soutenir les blindés qui progressent de part et d’autre de la voie ferrée voit ceux-ci atteints les uns après les autres par des “Panzerfaust” embusqués dans une tranchée bordant le village au Nord-Ouest. Le char “BIZERTE” démolit avec 8 explosifs le clocher de BETTENHOFEN signalé comme observatoire ennemi. Ne pouvant rien faire contre les tireurs de Panzerfaust et les chars ennemis se déplaçant sur la droite, le peloton de T.D. prend position à la sortie Est de KILSTETT.

Les chars légers et les Sherman ont été stoppés et atteints par un anti-chars sous casemate et par 3 chars ennemis en embuscade à contre-pente. Vers 13 heures un char léger revient, ce qui contraint un char ennemi à se découvrir. Le T.D. “BIZERTE” envoie 2 perforants qui ricochent sur le char, le 3ème perforant pénètre et le char ennemi “fume la pipe”. Une dizaine d’autres coups tirés par “BIZERTE” et “BOUSILLEUR” le mettent en feu. “BIZERTE” quitte sa position mais en reculant heurte un poteau téléphonique avec son canon; le volant de pointage en direction est casse. Un groupe de chars du S/Lieutenant FRACHON (Charles) est demandé en renfort. Vers 16 heures un deuxième char ennemi se révèle et s’embosse auprès de la carcasse du premier. Le T.D. “BOUSILLEUR” qui a changé de position ouvre le feu. 8 coups partent avant que le char ne flambe (4 coups observés : 1 sur la tourelle, 3 sur le côté). Mais le 3ème char ennemi prend BOUSILLEUR comme cible et l’atteint d’un tir perforant dans les moteurs et les réservoirs à mazout. Des débris de métal atteignent le Lieutenant COIRRE aux jambes (fractures ouvertes). le souffle projette à terre son adjoint (Maréchal des Logis BOHIC). mais sans autre dommage. ”BOUSILLEUR” flambe ; l’équipage au complet a eu le temps de sortir.

Le T.D. CLERY. du peloton FRACHON. prend à partie le 3ème char ennemi, des coups au but sont observés (Aspirant DURVICQ) le char ennemi ne flambe pas mais est néanmoins rendu inutilisable. Il ne bougera plus, ni ne tirera. Un quatrième char se dévoile : et tire sur “CLERY” qui reçoit un perforant sur la plage arrière et se retire, le T.D. est pris à partie par une mitrailleuse lourde (tirant à balles traceuses). Le T.D. “CHATEAU-CHINON” tire ce quatrième char et au 8ème perforant atteint la tourelle. Le char ennemi “crame”. A ce moment “CHATEAU-CHINON” reçoit sur sa tourelle un perforant de 75 qui arrache “du métal” sur le contrepoids. enlève un paquetage et un rouleau de couvertures. Le T.D. recule, mais dans cette manœuvre accroche un piquet de fer et crève un radiateur.

L’ordre de repli est donné aux fantassins. Les T.D. restants : 6 sur 10, montent la garde jusqu’à la nuit. Ils se regroupent alors 50 mètres en arrière de la ligne des fantassins qui défend la périphérie du village. L’ordre de repli pour la Légion et les blindés n’arrive que vers 20 heures : décrochage dans une nuit noire, trouée par les fusées parachute ennemies, sur la WANTZENAU et HOENHEIM. La mort du Lieutenant COIRRE survient dans la nuit, à l’hôpital de STRASBOURG.

Le 6 Janvier 1945 : Obsèques du Lieutenant COIRRE au cimetière de CRONENBOURG. Détachement à la disposition du Sous-secteur Nord : 3 T.D. restant engagés après l’attaque du 5 janvier sur GAMBSHEIM et articulés en 2 pelotons (3-2).

Détachement mis à la disposition du Sous-secteur Sud : 3 T.D. engagés sans incident durant la journée.

Par ordre de la D.I. des patrouilles sont effectuées en raison de l’activité aérienne ennemie et du risque de parachutage au­dessus de notre secteur. Le 7ème R.C.A. patrouille entre TRUCHTERSHEIM-KLEIN-FRANKENHEIM et SCHNERSHEIM.

Le 9 Janvier 1945 : Le Régiment fait mouvement sur une nouvelle zone de stationnement. Départ de TRUCHTERSHEIM à 14 heures.

E.M.R. HANGENBITEN

1er Escadron ENTZHEIM
Escadron SOUDIEUX DUPPIGHEIM
Escadron VIRIOT ALTORE

1 peloton T.D. à la disposition du secteur Nord (3 T.D.) engages vers HOENHEIM. Aucun incident au cours de la journée.

2 pelotons de T.D. sont mis à la disposition du secteur Sud :

1 peloton engagé vers PLOBSHEIM (3 T.D.)

1 peloton engagé vers NORDHOUSE (2 T.D.)

Le 10 Janvier 1945 : R.A.S.

Le 11 Janvier 1945 : Le peloton de pionniers du 1er Escadron occupe et met en état de défense le village de LlPSHEIM et le bois au Sud-Est, en liaison avec le 3ème Escadron du 3ème R.S.A.R.

Le 12 Janvier 1945 : Le 1er Escadron relève à NORDHOUSE le 3ème R.S.A.R. il passe sous le commandement du commandant MAUCHE, et a pour mission le barrage de la coulée comprise entre l’ILL et la zone boisée Ouest et Sud-Ouest d’HINDlSHElM.

Le 13 Janvier 1945 : T.D. du Régiment disponibles.

2ème Escadron — 3 en réserve à ALTORF

3ème Escadron — 6 à la disposition Secteur Sud

4ème Escadron — 3 à la disposition Secteur Nord

Le 14 Janvier 1945 : La base arrière du Régiment fait mouve­ment (à l’exception de l’E.H.R. et P.C. 2).

Au point de vue opérations : R.A.S.

Le 1er Escadron a sa base à HINDISHEIM. Il est en Position à NORDHOUSE

Le 2ème Escadron a sa base à ALTORF et un peloton engagé au Nord de STRASBOURG (secteur CHEVILLON).

Le 3ème Escadron a sa base à DUPPIGHEIM ; tous T.D. disponibles.

Le 4ème Escadron: base à DUTTLENHEIM.

Le 15 Janvier 1945 : Le 2ème Escadron détache uni groupe de T.D. à LIMERSHEIM et un T.D. du 3ème Escadron rejoint son peloton à NORDHOUSE. R.A.S.

Le 16 Janvier 1945 :

1 groupe de T.D. à NORDHOUSE 

1 groupe de T.D. à PLOBSHEIM 2ème Escadron

2 pelotons en réserve de secteur à HINDISHEIM.

Le 3ème Escadron laisse sa base à DUPPIGHEIM.

Le Commandant de l’Escadron se porte de sa personne à HINDISHEIM.

Le III/3e R.T.A. doit attaquer BETTENHOFEN et GAMBS­HEIM tandis que les U.S. attaqueront OFFENDORF et HERLISHEIM. La mission des T.D. est la même que le 7 janvier et ils s’en acquitteront fort bien.

Le 17 Janvier 1945 : R.A.S.

Le 20 Janvier 1945 P.C. avancé, à PFETTISHEIM. Echelon de combat du 2ème Escadron à LAMPERTHEIM renforcé par 1 peloton de reconnaissance du 1er Escadron. Echelon de combat du 3ème Escadron (8 T.D.) et escadron de reconnaissance (1 peloton) à VENDENHEIM. Les 4 chars du 4ème Escadron restent à la WANTZENAU. Le groupement VAN HECKE comporte de plus 3 escadrons du 3ème R.S.A.R.

Missions :

1/ S’installer en point d’appui fermé avec surveillance principale vers le nord, l’Est et le Sud.

2/ Établir la liaison (motorisée) entre les différents points d’appui.

Faire d’urgence toutes les reconnaissances de terrain afin de pouvoir intervenir en masse en direction de MITTELSCHAFFOLSHEIM, de HOERDT, de la WANTZENAU et des faubourgs Nord de STRASBOURG..

“A KILSTETT le 23 Janvier 1945 s’est livrée la dernière bataille pour STRASBOURG”

“Je mets en vous toute ma confiance et tous mes espoirs pour que dans quelques jours je puisse annoncer au Führer que la croix gammée flotte de nouveau sur la cathédrale de STRASBOURG.” VON MAUR.

Le 23 dans la nuit, deux des meilleurs éléments du Régiment MARBACH (vieille connaissance) contre-attaquent sur KILSTETT, débordent par l’ouest le village où résistait un bataillon du 3ème R.T.A., se déploient dans la plaine et poussent jusqu’aux abords de la WANTZENAU. Préparation de l’artillerie allemande et un roulement ininterrompu. A minuit l’ennemi se trouve à 10 kilomètres de STRASBOURG.

L’Aspirant GENEVRIER et son peloton se distinguent. Le 23 Janvier 1945 à 1 heure du matin le peloton est alerté, sa mission est de se rendre à KILSTETT menacé par une attaque. Les T.D. “DINAUSAURE” et “DEMON” (aux ordres du chef de peloton) réussissent à gagner KILSTETT malgré un tir très violent d’artillerie ennemie. Les T.D. “DUGUESCLIN” et DAMOCLES sont en réserve (sortie Nord de la WANTZENAU) et aux ordres du Maréchal des Logis Chef ADRIEN.

A KILSTETT l’ennemi progresse de maisons en maisons dans le secteur de la gare, le T.D. “DINAUSAURE” effectue des tirs à la lueur des fusées éclairantes. Un résultat non observé. Après un incident de tir il est remplacé par le T.D. “DEMON” qui casse sa vis de pointage. Ordre lui est donné de rejoindre la WANTZENAU. En cours de route il est attaqué par panzerfaust. Touché au moteur gauche il parviendra à rejoindre sur le seul moteur droit.

A la WANTZENAU, l’infanterie ennemie s’est infiltrée le long de l’ILL jusqu’aux premières maisons. Les T.D. “DUGUESCLIN” et “DAMOCLES” participent à une contre attaque.

KILSTETT est largement débordé vers 3 heures, puis encerclé. Aucun champ de tir dans le village ; le T.D. “DINAUSAURE” est réduit à l’inaction. A 7 heures malgré la promesse d’une forte contre-attaque, l’étreinte allemande se resserre. A 8 heures le Chef de bataillon commandant le III/3e R.T.A. autorise le T.D. “DINAUSAURE” à tenter de rejoindre la WANTZENAU : sa présence à KILSTETT n’est même plus un appui moral étant donné la situation désespérée du village. A 35 miles “DINAUSAURE” franchira les postes ennemis faisant feu de toutes ses armes. A KILSTETT où reste l’Aspirant GENEVRIER, le Brigadier LUQUE et un poste radio, la situation s’aggrave ; les tirailleurs n’occupent plus que quelques maisons, au P.C. tous les documents sont brûlés. Le boche réussira-t-il sa manœuvre d’encerclement de STRASBOURG ? A la WANTZENAU, alertés dans la nuit, bérets verts et calots rouges une fois de plus sont là, ensemble, renforcés par ceux-là même qui ont pris PARIS : le Combat Command de la 2ème D.B. (Général DE LANGLADE).

L’opération de dégagement est prévue pour les premières heures de la matinée et se composera de deux actions simultanées :

— l’une par la route et le long de la voie ferrée attaquera à 9 heures le carrefour cote 139 (éléments de reconnaissance, T.D., infanterie portée).

— l’autre, après préparation d’artillerie, attaquera KILSTETT par la plaine : 1 bataillon d’infanterie appuyé par 6 T.D.).

Toutes deux seront soutenues par des éléments du corps aérien français.

Le 3ème Escadron de T.D. est chargé de l’affaire. Le terrain est magnifique, coupé de buttes ; les marécages sont gelés. De position en position les T.D. progressent, appuyant le bataillon DESTREMAU ; des boches sont tirés à explosifs presque à bout portant. Aviation, piqués, descentes en vrille.

A 11 heures après une brillante et commune action, KILSTETT est dégagé. L’Aspirant GENEVRIER qui a passé la nuit, maintenant la liaison avec son poste radio, éprouve quelque soulagement. Le bataillon de RAINIES, aussi.

La journée se termine par la destruction de casemates sur la route de GAMBSHEIM (S/Lieutenant DURVICQ). De son côté, le S/Lieutenant SALAUD “neutralise” à bout portant les derniers “salopards” qui le long de la digue stoppaient la progression de la Compagnie ALBERTINI. Celle-ci rejoint KILSTETT. Nettoyage terminé. Le peloton SALAUD s’y installe pour la nuit.

Bonne journée pour le 3ème Escadron qui inscrit à son actif : 3 chars lourds, de nombreuses armes automatiques (et leurs servants), et fait près de 50 prisonniers.

La bataille de France dépassée, classée, la bataille d’ALSACE était définitivement perdue pour les nazis. Au sud leur manœuvre ne réussissait pas mieux : ERSTEIN n’était pas repris et nos troupes entraient dans COLMAR. Le communiqué de la 1ère Armée Française pouvait brièvement dire :

“La menace qui hier, pesait encore sur STRASBOURG ; est aujourd’hui complètement écartée.”

Le 26 Janvier 1945 : Mouvement du P.C.A. sur LAMPERTHEIM. La 12ème D.B.U.S. a réalisé dans la journée son nouveau stationnement dans la zone arrière de la 3ème D.I.A., au nord de la BRUCHE, et est en mesure d’intervenir en contre-attaque sur le front de la Division.

Le 27 Janvier 1945 : Front de la Division : R.A.S. Au sud de SÉLESTAT, nos éléments ont occupé HOLTZWIHR, WIECKERSWIHR. Le bois d’ELSENHEIM est entièrement nettoyé. Le 1er G.T.M., réserve de Division, effectue des reconnaissances en vue de préparer son intervention éventuelle au profit des secteurs Nord et Sud.

Le 28 Janvier 1945 : Tirs de harcèlement ennemis (mortiers et artillerie) sur KILSTETT. Sur le front russe, les armées du Maréchal STALINE ont foncé en direction de DANTZIG. L’ODER est franchi en différents points. Les Russes sont à 160 km, de BERLIN.

 
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