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Page 1 sur 3 5e REGIMENT DE CHASSEURS D'AFRIQUE 1er au 4 Juillet 1944 : Le Régiment est stationné à la Zone d'Attente N° 1 (Assi ben Okba - Aréa 31).
5 Juillet 1944 : Par message N' 4792/1 en date du 5 juillet 1944 de Monsieur le Général commandant l'Armée "B", le Lieutenant Maroger Gilbert, du 5e R.C.A. est affecté à l'Etat-Major de l'Armée "B"
8 Juillet 1944 : Sur le rapport du Commissaire à la Guerre, le Gouvernement provisoire de la République Française décrète : Article premier Sont promus à titre temporaire pour prendre rang du 25 juin 1944 : Active - Troupes Métropolitaines Cavalerie : au grade de Chef d'Escadrons : Monsieur le Capitaine Arnoux de Maison Rouge Marie-Gilbert ; au grade de Capitaine: Monsieur le Lieutenant Dumesnil Robert, Charles Adolphe ; au grade de Lieutenant indigène : Monsieur le Sous-Lieutenant indigène Soukehal Tahar ; au grade de Sous-Lieutenant : Messieurs l'Aspirant Prévost Bernard -Marie, l'Adjudant-Chef Mauclert Aimé. Réserve - Cavalerie : au grade de Sous-Lieutenant : Monsieur l'Aspirant Chazot Guy-Marie. Article 2 Le Commissaire à la Guerre est chargé de l'exécution du présent décret qui sera enregistré et communiqué partout où besoin sera. Fait à Alger, le 27 juin 1944. signé : Charles de Gaulle. Le Capitaine Dumesnil Robert prend la date de ce jour le commandement du 4e Escadron. A l'occasion du passage de consignes du Chef d'Escadrons de Maison Rouge au Capitaine Dumesnil, une prise d'armes s'est déroulée au bivouac du 4e Escadron en présence du Colonel Kientz, Commandant le Régiment. A l'issue de cette prise d'armes, sous une toile de tente dressée entre deux chars, le Chef d'Escadrons de Maison Rouge et le Capitaine Dumesnil ont offert aux Officiers et Aspirants du Régiment un apéritif.
10 Juillet 1944 : Suivant avis de Mutation N° 4873/I en date du 7 juillet 1944 de Monsieur le Général, Commandant la 1ère D.B., le Chef d'Escadrons Arnoux de Maison Rouge Marie, du 5e R.C.A. est affecté au 2e Régiment de Cuirassiers.
14 Juillet 1944 Le Régiment a pris les armes, à l'occasion de la Fête Nationale. La présence de Monsieur le Général de Lattre de Tassigny, Commandant l'Armée, rehaussait l'éclat de cette cérémonie. Les quatre escadrons de combat, aux ordres de leurs Capitaines ont pris part a cette manifestation, qui groupait les C.C. 2 (Général Le Couteulx de Gaumont) et C.C. 3 (Colonel Caldairou). Le C.C. a pris part aux manifestations qui se sont déroulées à Oran. L'Etendard était porté par le Lieutenant Pinoteau du 4e Escadron. L'Etat-Major assurait sa garde ainsi que celle du fanion personnel du Colonel. L'Aréa où stationne la Division (Région d'Assi ben Okba) a été le théâtre de cette manifestation à laquelle assistaient en outre le Général du Vigier, Commandant la 1ère D.B. et le Colonel Rousset, Commandant l'Artillerie Divisionnaire.
1er Août 1944 : Le Régiment a été articulé pour l'embarquement en cinq fractions (quatre de matériel et personnel, une de personnel), correspondant sensiblement aux quatre Escadrons de combat. Les éléments de l'Etat-Major et de l'E.H.R. ayant été répartis avec les Escadrons de combat. Le 1er août au soir, tout le matériel est embarqué. Le personnel s'installe de nouveau sous les guitounes de l'Aréa 31. Le Régiment vit grâce aux véhicules mis à sa disposition par le 2e R.C.A., le 38e F.T.A. et la Compagnie de transport de la Division. Les Officiers de l'Etat-Major du Régiment sont embarqués comme suit : Le Colonel et le Lieutenant Richter : sur le bateau N° 1 avec l'Escadron Moreau. Le Commandant de Beaufort, le Capitaine de Mas Latrie et le Lieutenant Lugan : sur le bateau N° 5 avec l'Escadron Pazzis. Le Commandant Rouvillois et le Sous-Lieutenant, Hervouet : sur le bateau N° 7 avec l'Escadron Chéry. Le Commandant de Menditte : sur le bateau N° 8 avec l'Escadron Dumesnil.
4 Août 1944 : ORDRE N° 151 Le Colonel Kientz exerçant provisoirement le commandement du C.C. 2, le Chef d'Escadrons de Beaufort assurera pendant son absence le commandement du Régiment. Le Colonel Kientz remplace le Général Le Couteulx de Gaumont qui vient d'être nommé Gouverneur de Rome.
6 Août 1944 : Le Colonel Désazars de Montgailhard revenant de l'Ile d'Elbe et d'Italie, récemment affecté au C.C. 1 fait une courte apparition au bivouac.
8 Août 1944 : A 6 heures 30, l'embarquement du Régiment commence. Des véhicules de la Base d'Oran transportent le personnel soit au Quai d'Oran soit à Mers-el-Kébir.
9 Août 1944 : A midi, le Régiment est entièrement embarqué. Les bateaux restent à quai. La vie s'organise à bord d'où il est interdit de descendre.
10 Août 1944 : A 18 heures 30, le convoi quitte la rade de Mers-el-Kébir pour une destination inconnue. Le R.C.A., pour la première fois de son histoire, quitte la terre d'Afrique en corps constitué.
11 Août 1944 : Le convoi longe les Côtes d'Afrique à quelques 5 ou 6 milles et se dirige vers l'Est.
12 Août 1944 : Le convoi arrive au large d'Alger.
13 Août 1944 : Le convoi quitte les côtes à hauteur du Cap de Fer dans la Région de Philippeville et se dirige vers le Nord-Est.
14 Août 1944 : Le convoi longe les côtes ouest de la Sardaigne et de la Corse.
15 Août 1944 : Le convoi arrive au large des côtes de France dans la Région de Saint-Tropez. Le canon tonne. Une messe est célébrée sur le pont du " Godkin ".
LE 5e R.C.A. EN FRANCE ORDRE DE BATAILLE Chef d'Escadrons de Grout de Beaufort, Commandant le Régiment Etat-Major : Chef d'Escadrons de Berterèche de Menditte, Adjoint et Commandant en second. Chef d'Escadrons Rouvillois, Réserve de Cadres. Capitaine de Mas Latrie, Chef du Service Auto. Médecin : Capitaine Aubert. Lieutenant Lugan, Officier de Transmissions. Lieutenant Richter, Officier de Renseignements et Commandant du P.C. Sous-Lieutenant de Montalembert, Officier de Liaison. Aspirant Petiet, Officier de Liaison. Sous-Lieutenant Hervouet, Commandant le Peloton de 57. Escadron hors rang : Capitaine Vincent, Commandant l'Escadron. Capitaine Liautaud, Commandant l'Echelon régimentaire. Capitaine Peix, Commandant le Peloton d'approvisionnement en essence et en munitions. Lieutenant Réau, Commandant le Peloton d'approvisionnement en vivres. Sous-Lieutenant Soukéhal, Officier indigène. Sous-Lieutenant Chevalier, 0fficiér des Détails. Aspirant Vives, Commandant le Groupe de Canons A.C. Médecin auxiliaire : Nenna. 1er Escadron : Capitaine Moreau, Commandant l'Escadron. Lieutenant Rouland. Sous-Lieutenant Destremau. Sous-Lieutenant de CabroL Adjudant-Chef Girard, Commandant le Peloton d'Echelon. 2e Escadron : Capitaine de Séguins-Pazzis, Commandant l'Escadron. Lieutenant Croizé-Pourcelet, Officier d'Echelon. Lieutenant Sauve grain. Sous-Lieutenant Schreiber. Aspirant Le Corre. 3e Escadron : Capitaine Chéry, Commandant l'Escadron. Lieutenant d'Aram. Lieutenant Foerst. Sous-Lieutenant de Boisgelin. Lieutenant Loustau, Officier d'Echelon. 4e Escadron : Capitaine Dumesnil, Commandant l'Escadron. Lieutenant Pinoteau. Sous-Lieutenant Dory. Aspirant Goumand. Adjudant-chef Finot, Officier d'Echelon. Les navires du convoi jettent l'ancre dans la baie de la Nartelle le 15 août 1944 à 19 heures. Les opérations de débarquement commencent le 16 août pour les bateaux des 1er et 2e Escadrons. Débarquement terminé le 19 août. Ces éléments seront engagés dans des conditions qui font l'objet d'un chapitre particulier. Les opérations de débarquement commencées le 19 août au soir pour le bateau du Escadron sont terminées le 21 août à midi. Le " Dalton " est débarqué à partir du 20 août. Les opérations sont terminées le 23 août. La Zone de regroupement du Régiment est le Hameau de la Fourre, trois kilomètres Ouest de Grimaud. Au bord Ouest : Zone de stationnement du 1er Zouaves. Au Sud-Est bivouac du III/68.
21 Août 1944 : Les éléments débarqués aux ordres du Chef d'Escadrons de Menditte font mouvement dans l'après-midi sur les Hervattes par l'itinéraire : Carrefour N.-O. de Grimaud (p. i.), La Garde Freinet, Gonfaron, Flaissans, Brignoles, Tourvès, Rougiers, Sainte-Zacharie, Auriol. Départ du bivouac : 14 heures 45 dans l'ordre : E.M., 4e Escadron, Peloton Boisgelin (3e Escadron), E.H.R. Le Capitaine Vincent, Commandant l'E.H.R., reste sur place pour regrouper le reliquat du 3e Escadron et les éléments de l'E.H.R., qui n'ont pas encore débarqué. Arrivée à Hervattes à 20 heures 30. Installation en halte gardée : P.C., 4e Escadron,, à l'Ouest de la station d'Auriol ; Peloton Boisgelin, 57 de I'E.H.R., bloquage du carrefour Auriol-Roquevaire. Peloton de 81, Contrôle de la circulation à 400 mètres Nord du P.C. sur la route de la Destrousse. A la Destrousse, le 1er Zouaves. A la station d'Auriol, la Compagnie du Génie. A Roquevaire, une reconnaissance du 1/3e R.C.A.
22 Août 1944 : Le 4e Escadron, des Eléments légers du P.C., le Peloton de 81, participent aux opérations de nettoyage dans la Région de Peypin, dans les conditions suivantes : Le Général Commandant la 1ère D.B. qui veut avoir sa liberté de mouvement sur les axes d'Aix ou de Marseille, charge le Commandant du C.C. 2 (Colonel Kientz) de faire tomber la position de Peypin dans la journée du 22 août. Le Chef d'Escadrons de Menditte reçoit le commandement de l'opération et dispose - de la 3e Compagnie de Zouaves, - d'une Section du Génie, - des feux de trois Pelotons du 5e R.C.A., - de la 9e Batterie du III/68e R.A., - des canons M. 8 et des mortiers du 3e R.C.A., - des mortiers du 5e R.C.A. L'infanterie a pour mission de s'infiltrer par la crête boisée S.-E. , N.-O., reliant Destrousse à Peypin ; en fin d'action, elle doit occuper Peypin et pousser une reconnaissance sur le mamelon 1 kilomètre Ouest. En cas de réaction ennemie sérieuse, elle se contentera de resserrer le contact, sans pousser à fond le nettoyage envisagé. Cette reconnaissance offensive sera appuyée par les feux du Groupe d'artillerie des chars du 5e R.C.A. (ceux-ci agissant uniquement comme base de feux mobile) l'ensemble aux ordres. du Chef d'Escadrons, Commandant le III/68e R.A. Des tirs sont préparés sur les objectifs repérés la veille au soir et sur les zones pouvant être tenues par l'ennemi. Des tirs éventuels d'Artillerie et de T.D. sont demandés au Groupement La Pradé (C.C. 1) en particulier contre une batterie signalée à un kilomètre Sud de Condoline. Le Génie est chargé du déminage le long de la route La Destrousse - Peypin et aux lisières de Peypin. Le Groupement La Pradé agira sur l'axe Condoline - Mamelon, un kilomètre Ouest de Peypin. A 1 heures 45, apprenant que la 1ère Compagnie de Zouaves venant de Saint-Tropez est sur le point d'atteindre La Rescousse, le Colonel, Commandant le C.C. 2 prescrit qu'elle devra être en mesure d'appuyer l'attaque par ses feux et de recueillir la 3e Compagnie en cas d'échec. Entamée à 15 heures la progression évolue normalement puis est ralentie par les tirs d'arrêt ennemis et un terrain difficile. Vers 18 heures l'attaque est arrêtée aux lisières Est de Peypin-le-Vieux et Peypin-le-Neuf par une résistance sérieuse non repérée. Il semble qu'il va falloir arrêter l'attaque. Le Commandant de Menditte se porte sur la ligne avant pour se rendre compte de la situation et dirige personnellement les feux du 5e R.C.A. sur les lisières Nord de Peypin-le-Vieux, les ruines du Château de Peypin et le clocher de Peypin, dans lesquels des mitrailleurs ennemis ont été repérés. A 20 heures 30 la 1ère Compagnie occupe Peypin et les clochers de l'église carillonnent. Le 23, 7 heures 30, la progression aux ordres du Chef de Bataillon, Commandant le 1er Zouaves, reprend jusqu'au mamelon, un kilomètre Ouest de Peypin. Le nettoyage se fait sans difficulté. L'ennemi se rend sans résistance. Les prises de matériel sont importantes : canons anti-chars, mortiers, armes automatiques, voitures automobiles. Le nombre des prisonniers faits le 21 août s'élève à 32. Le 23 août ce chiffre s'élève à environ. D'après les renseignements recueillis auprès d'eux, l'effectif occupant Peypin se monterait à 600. Le Service de Santé du C.C. 2 a assuré les soins de 50 blessés allemands. Les pertes du C.C. 2 s'élèvent à 2 tués et 15 blessés. En fin de journée, les éléments, ayant participé à l'action, stationnent sur place en halte gardée. Le 3e Escadron rejoint dans la nuit et bivouaque entre Auriol et le carrefour de la route de Roquevaire.
23 Août 1944 : Le C.C. 2 se regroupe dans la Région de Gardanne par l'itinéraire : La Bouilladisse, La Valentine, Saint-Savaren, Simiane, La Salle, Bouc-bel-Air. Le détachement du Régiment fait mouvement dans l'ordre : 3e Escadron, P.C., 4e Escadron, T.C., T.R. Installation en halte gardée aux lisières Est du village Bouc-bel-Air. P.C. à la mairie. Le 1er Zouaves est Luynes (6 kilomètres Nord). Le III/68e est à Simiane.
24 Août 1944 : Le Capitaine Vincent, Commandant l'E.H.R., rejoint avec les derniers éléments débarqués. A 17 heures 15, le détachement du Régiment fait mouvement dans l'ordre : 3e Escadron, P.C., 4e Escadron, T.C., T.R., sur Eyguières par l'itinéraire : Calas, Aqueduc de Roquevafour, Moulin-du-Pont, Les Guiches, Lançon, Salon. Le pont sur le Canal du Congrès, 3 kilomètres Sud d'Eyguières étant détruit, le Régiment bivouaque en halte gardée immédiatement au Sud du canal. 1er Zouaves (une Compagnie). Une Compagnie Zouaves + III/68 vers carrefour Bel-Air, 3 kilomètres Ouest de Salon.
25 Août 1944 : La I/88 rétablit un pont sur le canal. Le détachement commence à passer a partir de 10 heures 40. Le Régiment est installé aux lisières du village d'Eyguières : 4e Escadron - Nord. 3e Escadron - Ouest. T.C. et T.R. - Ouest, P.C. à la station. Stationnement des Unités voisines sans changement. Une messe en l'honneur de Saint Louis, patron de la 1ère D.B., est dite à la mémoire des Aspirants, gradés et chasseurs tués devant Toulon.
26 Août 1944 : Le Commandant de Beaufort arrive à Eyguières avec les éléments du P.C., les 1er et 2e Escadrons, les éléments du T.C. et dépannage qui ont participé aux opérations devant Sollies-Pont, La Farlède, La Valette et Toulon. JOURNAL DE MARCHE du Groupement du Chef d'Escadrons de Beaufort (1er et 2e Escadrons du 5e R.C.A. devant Toulon) ORDRE DE BATAILLE Chef d'Escadrons de Beaufort, Commandant provisoirement le 5e R.C.A. Capitaine de Mas Latrie, Chef du Service Auto-Adjoint.. Lieutenant Lugan, Officier de Transmissions. Lieutenant Richter, Officier de Renseignements. Sous-Lieutenant de Montalembert, Officier de Liaison. Capitaine Aubert, Médecin-chef du 5e R.C.A. Médecin auxiliaire Nenna. 1er Escadron : Capitaine Moreau. Lieutenant Rouland, Chef de Peloton. Sous-Lieutenant Destremau, Chef de Peloton. Aspirant Scaramangas, Chef de Peloton. 2e Escadron : Capitaine de Pazzis. Lieutenant Croizé, Chef de Peloton. Lieutenant Sauvegrain, Chef de Peloton. Sous-Lieutenant Schreiber, Chef de Peloton. Aspirant Le Corre, Chef de Peloton. 19 Août 1944 : 11 heures - Le Chef d'Escadrons arrive au bivouac à Grimaud, rentrant du P.C. de l'Armée, le Général du Vigier était venu le chercher à 7 heures 30. Un détachement composé de : 1) des Eléments du P.C. : 2 chars de Commandement, Observateurs, Transmissions et 6 pompiers, 2) le 1er Escadron réduit à 1 peloton (Destremau), les autres n'ayant pas encore débarqué, 3) le 2e Escadron complet moins l'Aspirant Le Corre, Officier T.Q.M., 4) des Eléments de ravitaillement très légers, doit être prêt à démarrer à 12 heures. A 12 heures 30. - Le Lieutenant Richter part avec les Orienteurs vers le P.C. du Général de Montsabert (Les Vidaux), Région de Pierrefeu. A 14 heures. - Le Détachement part pour Pierrefeu. A 19 heures. - Le Capitaine de Mas Latrie rejoint Pierrefeu venant de Sainte-Maxime. Le P.C. s'installe à l'hôpital de Pierrefeu. Les Unités au bivouac à l'entrée Est. Les Eléments suivants arrivent à Pierrefeu pour se mettre aux ordres du Chef d'Escadrons : a) Peloton de Reconnaissance Tréhu du 3e R.C.A., Compagnie Guidicelli du 6e R.T.S., b) 2e Compagnie du 101e Régiment de Génie, d) Peloton spécial Lieutenant Lamaze du 3e R.C.A. e) Section Somson du 71e Régiment de Génie, 3e Compagnie. Tous ces éléments s'installent au bivouac à l'Est du village. Les véhicules du Régiment sont ravitaillés en carburant vers 20 heures. Le Chef d'Escadrons se présente au Général Magnan, dont le P.C. est installé à côté de l'hôpital. La mission du Groupement est de s'emparer par surprise de l'Arsenal de Toulon. Le Groupement doit entreprendre son action aussitôt que l'infanterie de la 9e D.I.C. lui aura établi un passage sur le Gapeau. 20 Août 1944 : A 2 heures. - L'ordre particulier N° 3 prélève sur le Groupement, l'Escadron Pazzis pour le mettre à la disposition du Colonel Salan, Commandant le 6e R.T.S. Cet Escadron a pour mission d'appuyer la progression de l'infanterie dans un terrain difficile de la Cote 188, 2 kilomètres Est de Guers, en direction de Sollies-Pont. A 4 heures. - Ordre N° 1 du Chef d'Escadrons. A 4 heures 45. - Départ de l'Escadron Pazzis et du char Bossut qui doit servir de liaison entre les chars et l'infanterie. A 6 heures Départ en Jeep du Chef d'Escadrons et du Capitaine de Mas Latrie. Le reste du Groupement restera au bivouac aux ordres du Capitaine Guidicelli prêt à faire mouvement sur ordre. Pendant toute la matinée et le début de l'après-midi l'Escadron Pazzis progresse au milieu de l'Infanterie dans un terrain difficile entre la côte 188, 2 kilomètres 500 Sud-Est de Cuers, et les hauteurs qui dominent Sollies-Pont, immédiatement à l'Est. L'Escadron engage un duel d'artillerie violent avec les batteries allemandes situées aux environs de Sollies-Ville. Pertes : 1 tué : Chasseur Clouet, du 2e Escadron. 2 blessés : Maréchal des Logis-Chef Boyer. A 15 heures. - Arrivée de l'ordre de relève du 2e Escadron par l'Escadron T.D. du R.C.C.C. (Ordres particuliers N° 4 et 6). En réalité par suite de la lenteur des T.D. l'opération n'est réalisée qu'à 20 heures. L'Escadron rejoint la zone de ralliement du Groupement, Ferme Afrique, 2 kilomètres Est de Cuers, à 21 heures. Au début de l'après-midi, le Peloton Trehu avait été porté à Cuers et a poussé des reconnaissances sur Sollies-Pont, Sollies-Touka, et n'ayant pu progresser en raison des réactions ennemis, il reste en surveillance sur Sollies-Pont, à 2 kilomètres 500 Nord-Est de ce village. Ce Peloton a été relevé par l'Escadron de Reconnaissance du R.I.C.M. à 15 heures 15. Il rejoint le C.C. 2 en fin de mission. A 15 heures. - Le Chef d'Escadrons donne l'ordre au Capitaine Moreau de rejoindre le P.C. avec le reliquat de son Escadron. Opération terminée à 19 heures. Au cours d'une reconnaissance, le char de Commandement du Chef d'Escadrons se retourne dans un passage difficile. Le Maréchal des Logis Tison, Chef de char, est tué. Le char est relevé et rejoint le P.C. dans la soirée. Le P.C. et les deux Escadrons passent la nuit aux environs de la Ferme Afrique à proximité du P.C. du Général, Commandant la 9e D.I.C. A 22 heures. - Le Chef d'Escadrons revient du P.C. du Général, où il a reçu des ordres verbaux et donne ses ordres pour les opérations du lendemain.
21 Août 1944 : Réception de l'ordre particulier N° 9, du Général, Commandant la 9e D.I.C., qui confirme les ordres verbaux donnés la veille. Il est constitué aux ordres du Chef d'Escadrons, un détachement comprenant : - les deux Escadrons du 5e R.C.A., - un Escadron T.D. du R.C.C.C., - un Escadron de reconnaissance du R.I.C.M., - une Compagnie d'Infanterie, - une Section du Génie, - une Batterie d'Artillerie. Trois Détachements de reconnaissance (Chars légers du 5e R.C.A.) sont axés respectivement sur les Senès, Sollies-Pont, Le-Pont-Neuf. Les résultats de ces reconnaissances indiquent que la Région du Pont-Neuf est minée, les champs de mines sont battus par des blockhaus. Le pont de chemin de fer de Sollies-Pont est intact, mais miné et la voie ferrée minée également sur une grande longueur. Vers 10 heures, les premiers chars légers peuvent déboucher de les Senès en direction de Sollies-Pont. Ils doivent, pour déboucher, mitrailler des résistances situées sur les pentes qui dominent la route. Les patrouilles poussées sur Sollies-Ville rencontrent des difficultés de terrain et des résistances ennemies et sont obligées de faire demi-tour. Le peloton Destremau pousse sur l'axe de la Farlède, détruit un canon de 75 P.A.K. au Logis-Neuf, enlève une barricade battue par le feu et malgré un violent barrage d'artillerie pénètre dans la Farlède à 11 heures 30. Patrouillant dans le village, il engage un combat à la mitrailleuse avec des éléments ennemis tirant des fenêtres et lançant des grenades et des mines sur les chars. Les chars continuent à patrouiller dans les rues jusqu'au moment où un obus de gros calibre tombe sur un char léger. Le Chef de char est tué. Le char démoli interrompt toute circulation. Les Allemands profitent du répit qui leur est ainsi laissé pour abattre deux énormes platanes en travers de la route et poser des mines piégées pour en interdire l'accès. Le terrain n'étant pas déminé aux abords du village, les Eléments du Peloton Destremau, qui l'ont dépassé sont pratiquement coupés du reste du détache. ment. Malgré toutes ses réclamations, le Commandant du Groupement blindé ne peut obtenir la Compagnie d'Infanterie qui a été théoriquement mise à sa disposition. Pour dégager la Farlède, il décide : 1) de mettre le Peloton Lamaze à la disposition du Capitaine de Mas Latrie pour déloger les tirailleurs ennemis qui, embusqués de part et d'autre de la route entre le Logis-Neuf et la Farlède, interdisent l'accès de la barricade, 2) d'attaquer avec l'Escadron Pazzis au Sud de la Farlède le long de la voie ferrée pour dégager largement la localité. L'attaque des chars moyens débouche à 13 heures 55 et après avoir écrasé la ligne fortifiée ennemie, atteint son objectif Jérusalem, Station de la Farlède, La Garrejade. Pertes : 8 chars moyens, dont 2 ou 3 peuvent être récupérés rapidement. L'attaque du 2e Escadron a été couverte sur sa gauche et appuyée par l'Escadron de T.D. du R.C.C.C. qui avait enfin rejoint. A 15 heures. - Pendant ce temps le Peloton Lamaze commençait le travail de nettoyage des abords de la route Logis-Neuf, La Farlède, puis de la Farlède. En raison de son faible effectif et des bombardements intenses, le nettoyage et le déminage de la route ne put être terminé que vers 20 heures. Entre temps par de nombreux messages, le Commandant du Groupement blindé continue à demander l'Infanterie toujours promise, jamais donnée. A 17 heures 25, le Commandant du Groupement blindé rend compte qu'il ne pourra plus progresser tant que l'Infanterie n'aura pas nettoyé La Farlède. Peu après un 0fficier d'E.M. de la 9e D.I.C. vient en liaison et fait remarquer que l'objectif fixé pour le soir est La Valette et qu'il doit être atteint sauf impossibilité. L'ordre est donné au Capitaine de Pazzis de prendre sous son commandement le Peloton Destremau et pousser des reconnaissances en direction de Pierreronde - La Valette. Quelques instants plus tard le Capitaine de Pazzis rend compte qu'il est arrêté par des armes anti-chars à Pierreronde. L'Infanterie ayant promis d'occuper La Farlède sans délai, le Capitaine de Pazzis reçoit l'ordre d'attaquer et de continuer sa mission avec une grande prudence. Vers 19 heures le Capitaine de Pazzis rend compte qu'il est installé à La Valette. Des patrouilles, sous les ordres du Sous-Lieutenant Destremeau ont été poussées jusqu'au Fort d'Artiguès. Le détachement s'est replié pour la nuit sur La Valette. Comme il a été dit plus haut, l'Infanterie promise n'est toujours pas arrivée et le passage de La Farlède est toujours coupé. Le Peloton Rouland reçoit alors mission de rechercher un passage à l'Est de La Farlède pour permettre de rétablir une liaison avec La Valette. Il rencontre des régions minées et ne peut passer. Vers 20 heures 30 le Peloton Rouland et le Commandant de Groupement blindé dans son char essaient de forcer le passage par la route, mais, seul un char léger arrive à passer et à traverser La Farlède, le Comandant du Groupement arrive à passer d'abord en Jeep, puis à pied dans La Farlède et constate : 1) que La Farlède est évacuée par les Allemands et que la barricade peut être enlevée, 2) que l'occupation du village par l'Infanterie est faite seulement par un Aspirant et quatre Sénégalais réfugiés au fond d'une grange. Le village et ses abords sont soumis à un bombardement très violent, 3) en utilisant le char léger qui a réussi à passer, une tentative de liaison faite pour reprendre liaison avec le détachement Pazzis reste sans résultat. Cette journée de combat est caractérisée par l'impossibilité pour un Groupement blindé d'opérer dans des conditions acceptables s'il n'est appuyé par une Infanterie suffisamment mobile et suffisamment nombreuse pour assurer sur ses arrières le nettoyage de quelques points essentiels et la garde de ses communications. Il faut noter également qu'aux défenses ennemies, comprenant des champs de mines défendus par les feux d'une Infanterie ardente et décidée, des armes anti-chars des organisations bétonnées ou enterrées, s'ajoutait une artillerie nombreuse de tous calibres disposant d'observatoires, lui permettront d'effectuer des tirs extrêmement denses et précis. Cette artillerie s'est toujours attaquée particulièrement aux chars dès qu'ils apparaissaient sur un point du champ de bataille : Seules les qualités manœuvrières des unités et la prudence de leurs chefs ont limité à peu de chose, les effets de ces tirs d'une violence vraiment exceptionnelle. En fin de soirée le Groupement blindé était ainsi articulé : Un Elément de tête occupant La Valette avec 8 chars moyens et 2 légers, le reste du détachement est avec le Commandant du Groupement dans la région de La Farlède avec 6 chars légers et 2 chars moyens, récupérés après la première attaque de l'escadron Pazzis sur La Farlède. L'Escadron de tanks-destroyers est échelonné entre Logis-Neuf et Sollies-Pont. A la nuit, pour faire le ravitaillement, le Détachement est replié aux abords de Sollies-Pont. L'infanterie passe la nuit à la hauteur de Logis-Neuf, pendant que le Détachement de La Valette aux ordres du Capitaine de Pazzis se battra dans les rues de La Valette et aux alentours, au canon ou à la mitraillette, infligeant à l'ennemi des pertes considérables en hommes et en matériel. Pertes du 21 août : 1er Escadron : Personnel : Blessés : Sous-Lieutenant Destremeau, Maréchal des Logis-Chef Gouraud, Maréchal des Logis de Lavarenne, Chasseurs Serrecourt, Grizaut, Guédj. Tués : Maréchal des Logis-Chef Chambon, Brigadier-Chef Gouin, Chasseur Valbros. Matériel : 1 char léger endommagé : Aunis, 2 chars légers détruits : Aquitaine et Artois. 2e Escadron : Personnel : Blessés : Lieutenant Sauvegrain, Brigadier-Chef Kast, Chasseur Dubois, Lieutenant Croizé, Sous-Lieutenant Schreiber. Tués : Chasseurs Froment, Messina, Bonnet, Maréchal des Logis Berthon, Chasseur Gillot. Matériel : 5 chars endommagés : Paris, Poitiers, Soissons, Rocroi, Saumur ; 3 chars moyens détruits : Strasbourg (par 88), Reims (par grenade A.C.), Rennes (par 88).
22 Août 1944 : L'ordre d'opération N° 10 fixe les missions des 9e D.I.C. et Groupements blindés. A 10 heures 30 ; les Eléments de Groupements blindés se portent sur la Pierreronde en mitraillant au passage de nombreux éléments ennemis et parvient rapidement sur les hauteurs à 2 kilomètres Ouest de La Valette où le Commandant du Groupement blindé installe son P.C. Les chars échelonnés de part et d'autre de la route mitraillent les nombreux éléments ennemis entre la Pierreronde et ce point en attendant l'arrivée de l'Infanterie. A hauteur de la Pierreronde le char de Commandement du Capitaine Moreau a été, percé par une arme anti-char. Pendant tout l'après-midi, les chars et le P.C. sont soumis aux tirs de l'artillerie adverse. Le Sous-Lieutenant Mauclert, Chef de Char de Commandement du Chef d'Escadrons, est blessé. Le Détachement blindé a été renforcé par l'Escadron de chars légers du R.I.C.M., mais cette unité arrivant à la tombée de la nuit ne peut être employée. A 19 heures 30, deux chars légers aux ordres du Lieutenant Rouland forcent le passage en direction de La Valette et prennent liaison avec le Détachement de Pazzis. Vers 20 heures l'Infanterie renonçant à débloquer le passage de La Valette le soir même, le Commandant du Groupement s'y porte lui-même avec un char de Commandement pour y établir son P.C. Pendant la journée du 22 août le Détachement de Pazzis a effectué plusieurs sorties pour détruire des batteries ennemie ou des nids de résistance. Pertes du 22 août : Personnel : Blessés : Sous-Lieutenant Mauclert, de l'Etat-Major, Chasseur Penicaud, du 1er Escadron, Chasseur Bady, du 1er Escadron, Sous-Lieutenant Destremau, du 1er Escadron, Chasseur Nanta, du 1er Escadron, Chasseur Ausina, Chasseur Kuflig, du 1er Escadron. Matériel : 2 chars légers endommagés : Anjou, Bretagne.
23 Août 1944 : Le 23 au matin l'Infanterie de la 9e D.I.C. fait une nouvelle tentative pour forcer le passage vers La Valette appuyée par 1) des Eléments de chars légers et moyens aux ordres du Capitaine Moreau, (cinq ou six chars légers, deux chars moyens) 2) un Escadron de chars légers du R.I.C.M. (Escadron non encore engagé), 3) un Escadron de Chasseurs de chars du R.C.C.C. Cette attaque est appuyée par une sortie des Eléments encerclés dans La Valette. Vers 8 heures du matin les Allemands attaquent violemment La Valette avec de l'Infanterie et des Equipes de chasseurs de chars. Ils sont repoussés après un violent combat de rue, mais le char "Verdun" est détruit et deux autres chars endommagés. Une partie des Eléments blindés se porte au devant de l'Infanterie pour aider Sa progression. Le reste des chars, posté aux lisières Nord et Sud de La Valette, mitraille les colonnes ennemies en retraite, tuant au moins 200 Allemands. Deux chars moyens attaquent à 7 heures 50 la fameuse batterie allemande du Touar et la neutralisent. Au milieu de l'après-midi l'Infanterie fait enfin son entrée dans La Valette défendue depuis deux jours et demi par les chars seuls. Il était temps, toutes les munitions étant épuisées. Le Détachement blindé se porte au repos, sur Château-Redon pour effectuer la révision et l'entretien de son matériel. Pertes de la journée du 23 août : 1er Escadron : Personnel : Tués : Aspirant Gorini. Blessés : Chasseur Charlet. 2e Escadron : Tués : Maréchal des Logis Mairesse-Lebrun, Chasseurs Pollet, Barrey, Gaabus. Blessés : Chasseurs Lathiène, Bartholo, Brigadier Faucombret. Matériel : 1 char moyen détruit "Verdun", 2 chars moyens endommagés "Rouen", "Rochefort".
24 Août 1944 : Vers 14 heures 30 le Groupement blindé est placé aux ordres du Colonel Le Puloch, Commandant le R.I.C.M., pour participer au nettoyage de Toulon. Vers 15 heures le Chef d'Escadrons part au P.C. du Colonel Le Puloch, Commandant le R.I.C.M. Vers 15 heures 30, le Capitaine de Mas Latrie le rejoint avec l'Escadron léger réduit à dix chars, l'Escadron moyen réduit à cinq chars. Vers 16 heures le Groupement reçoit l'ordre de faire la liaison entre le Groupement-Bonjour, encerclé dans Toulon depuis 48 heures et les Eléments de la 9e D.I.C. installés à l'Ouest de Toulon. Le Détachement blindé, par la Gare et les Quatre-Chemins gagne Ollioules. Il rentre à Château-Redon vers 10 heures du soir. Mission accomplie sans incidents.
25 Août 1944 : Le Groupement blindé a passé la nuit à Château-Redon. Vers 10 heures le Général Magnan vient faire ses adieux au Groupement et remet au Chef d'Escadrons l'ordre particulier N° 13 ; le Groupement est mis à la disposition du Général, Commandant le Sous-Secteur Ouest, P.C. Ollioules, dans la presqu'île du Cap Sicie, Cette mission terminée le Groupement rejoindra la 1ère D.B. Le départ a lieu à 12 heures 30 dans l'ordre : L'Escadron de Chars moyens, P.C., Trains. Itinéraire : La Valette, route touristique Sud du Faron, Val Bourdin, les Quatre-Chemins, Ollioules. A hauteur du Fort d'Artigues, sur lequel nos tirs d'artillerie avaient cesse vers midi, le Commandant fait échelonner les chars moyens prêts à tirer. Le Fort étant encore aux mains de l'ennemi, celui-ci réagit faiblement. Une cinquantaine, d'Allemands essaient de gagner leurs emplacements de combat, mais sont arrêtés par les tirs de mitrailleuses des chars. Tout le détachement passe sans incident à 20 mètres du Fort et gagne Ollioules où se trouve le P.C. du Général Morlière. Il est d'abord envisagé de monter une opération d'Infanterie appuyée par les chars pour s'emparer du Fort et des Six-Fours. Les pourparlers de reddition du Fort étant en cours, le Groupement est libéré. Il gagne à la tombée de la nuit Palante, 2 kilomètres Est d'Aix-en-Provence. Pertes de la Journée du 25 août : néant
26 Août 1944 : A 9 heures le Groupement se porte à Eyguières où il rejoint le reste du Régiment à 11 heures.
1er Escadron Comment l'équipage du " Bretagne " (char léger) effectue la reconnaissance de La Valette Le 22 août 1944 20 heures, le Lieutenant Rouland, Commandant un Peloton de chars légers du 5e Chasseurs d'Afrique, recevait l'ordre de reconnaître l'axe La Valette - La Farlède sur lequel devait opérer le groupement tactique auquel il appartenait. L'objectif final était Toulon, kilomètres de La Valette. Abondamment fortifié, bien pourvu en canons anti-chars de tous calibres, en abris bétonnés, ce secteur, dans lequel plusieurs routes étaient minées, était encore défendu par les batteries côtières de Toulon, que l'ennemi avait retournées vers l'intérieur. Un Escadron de chars moyens précédé par un autre peloton de chars légers, avait réussi le 21 août 1944 par une audacieuse manœuvre à se frayer un chemin jusqu'à La Valette, première porte de Toulon. Enfermés depuis au cœur de l'agglomération, dont les issues avaient été barrées après leur passage, les chars constituaient un îlot de résistance puissant sans doute, mais aussi fortement handicapé par les munitions qui s'épuisaient, et par le terrain lui-même, les rues d'une petite ville étant par définition le contraire d'un champ de manœuvre. Tels étaient les renseignements que le Lieutenant Rouland avait pu donner à ses Chefs de chars au moment du départ. Telle était l'ambiance dans laquelle il allait travailler. Le décor à la mesure du reste, était essentiellement constitue à droite et à gauche de son axe qui se prolongeait sur dix kilomètres par des lignes de hauteurs fortifiées, coupées de vignes, tous terrains impraticables aux chars, qui se trouvaient de ce fait condamnés à ne pas quitter la route. Quoiqu'il en soit, et grâce à l'appui des feux de trois chars moyens, les cinq chars de la patrouille allaient réussir à gagner après quelques efforts la dernière crête dominant les issues de son objectif. Un bon observatoire à 1 000 mètres des premières maisons permettait d'effectuer le tour d'horizon indispensable, mais il n'était guère possible de mettre pied à terre. Chaque tentative du Chef de peloton avait immédiatement déclenché des tirs nourris de mitraillettes servies par les Allemands dissimulés dans les vignes et si bien camouflés par les feuillages que ce n'est qu'au jugé que nos tireurs -pouvaient leur répondre de leurs tourelles. Pour obtenir le renseignement cherché, une première incursion vers le village était donc nécessaire. Le Lieutenant Rouland décidait de tenter la chose et sur son propre char, le " Béarn ", appuyé par le " Bretagne ", il se portait en avant jusqu'à cinq ou six cents mètres de la petite ville, dans laquelle rien ne paraissait bouger, mais ou chaque fenêtre semblait voir. L'Officier et son Adjoint arrivaient à déceler la présence de deux canons anti-chars de 88, dont les servants soigneusement camouflés sans doute, ne donnaient signe de vie. A quelques mètres du " Béarn ", la carcasse de l'"Aquitaine ", un des chars qui avaient tenté la veille de forcer le passage, témoignait cependant de l'excellence du tir de ceux qui se montraient aussi prudents pour l'heure. Leur observation terminée, les deux véhicules regagnaient donc en hâte le défilement de la dernière crête et chacun dûment renseigné, une descente violente sur le village était décidée. Elle devait être précédée d'une part, de la destruction des canons repérés par un tir ajusté, des trois chars moyens qui venaient d'arriver, et d'autre part, d'un tir nourri et systématique de ces mêmes chars, sur toutes les lisières se trouvant dans le champ de leurs 75. En quelques minutes une cinquantaine d'explosifs s'abattaient donc sur tous les points suspects et les deux premiers chars légers de la patrouille, " Bretagne " en tête, dévalaient en trombe vers leur objectif suivant les consignes reçues. C'était sans doute là, l'occasion si patiemment attendue par la défense allemande. A peine les chars s'étaient-ils engagés, que, des maisons, des buissons, qui paraissaient endormis à la minute précédente, jaillissait un feu nourri de mitrailleuses lourdes et de canons légers. Dans le même temps une batterie allemande de gros calibre encadrait la route avec précision isolant le " Bretagne " du reste de la patrouille. La radio cependant allait jouer son rôle, et tandis qu'on pouvait voir la tourelle du " Bretagne " cracher tout azimut, la voix du Chef de char situait, très calme dans tout ce fracas, les objectifs précis que sa présence dévoilait. En quelques secondes le Commandant de la reconnaissance détenait les, renseignements grâce auxquels l'Infanterie et l'Artillerie allaient pouvoir jouer leur rôle. A l'expiration de ces précieux instants le Lieutenant Rouland apercevait de son char le " Bretagne " qui effectuait un fantastique virage et culbutait sur la droite de la route, tandis qu'une de ses chenilles volait en éclats. La radio s'était tue, mais la patrouille avait accompli la première partie de sa mission. Tous les chars, sauf le "Bretagne", rassemblés de nouveau derrière la crête, allaient attendre l'infanterie pour entamer la deuxième phase de son travail. Le 23 août 1944, La Valette étant définitivement conquis, les équipages du Peloton Rouland, n'avaient pu, que constater les blessures du "Bretagne", criblé d'impacts, un train de roulement fracassé, il gisait complètement retourné dans le fossé de la route à l'endroit même où on l'avait vu disparaître. A l'intérieur, parmi le désordre inextricable des obus et des casiers arrachés, rien ne permettait de fixer le sort des membres de l'équipage disparus ou prisonniers, que le Capitaine s'apprêtait à ajouter à la liste déjà longue de ses morts et de ses blessés. Cependant, la nouvelle incroyable fit le tour de l'Escadron au bivouac, comme une traînée de poudre, le Chef Raymond et les gars du "Bretagne" revenaient de la montagne avec 150 prisonniers. Le char renversé, les occupants s'étaient trouvés dans l'obscurité la plus complète, et tous, depuis Raymond, le Chef de bord, jusqu'à Nanta, le pilote, Deperne, le tireur, Ausina, l'aide-pilote, pensèrent, comme ils l'avouèrent par la suite, que leur dernière heure était arrivée. Le sable des sacs de protection emplissait la bouche des pilotes. D'une boîte de transfert éventrée, s'écoulait de l'huile brûlante, quant à ceux de la tourelle, coincés entre la culasse du canon, à demi assommés par les obus éjectés de leurs alvéoles, ils étaient incapables de se mouvoir. Ce fut Ausina, qui le premier retrouva ses esprits. Tâtonnant à la recherche d'une lampe électrique, il était parvenu à se redresser un peu lorsque son crâne heurta le verrou de la trappe d'évacuation qui se trouvait sur le fond du char. Saisir ce verrou, l'ouvrir, ne fut l'affaire que d'une seconde. La trappe était coincée, s'arc-boutant de la tête et des pieds, Ausina parvint en y laissant un peu de son cuir, à la faire sauter et se glissent par le trou d'homme, se retrouva à l'extérieur au milieu d'un cercle attentif d'Allemands armés de mitraillettes. Faire sortir Nanta gravement brûlé par les projections d'huile, fut l'affaire d'une seconde. Pendant ce temps Raymond et son tireur avaient pu aussi se reprendre, à la lueur du trou d'homme maintenant ouvert, leur situation leur apparut dans toute sa désespérance. Deperne, la tête en bas, avait les doigts d'une main coincés dans sa porte de tourelle. Faute de ne pouvoir se dégager, il ne pouvait faire place au Chef tassé en boule à côté de lui. Tous les deux très calmes envisagèrent toutes les solutions possibles. Ce fut Deperne, qui le premier pensa avoir trouvé et qui déclara " Prenez votre couteau, Chef, et coupez-moi les doigts ". Cela était dit d'une façon si simple, que Raymond, Chef de char depuis deux fois cités pour faits de guerre et qui depuis la campagne de Tunisie, est attaché à son tireur par les liens d'une affection solide en faillit connaître sa première défaillance, celle que provoquait une émotion profonde. Cependant énergique devant son refus, Deperne avait fouillé dans ses poches, y avait trouve son couteau et l'ayant ouvert entamait froidement la besogne que son co-équipier refusait de faire. Les seuls commentaires qu'il fit par la suite au médecin qui soignait ses graves entailles furent pour regretter d'avoir un couteau si mauvais qu'en arrivant à l'os, la lame ne pouvait mordre. Ausina à l'extérieur s'était d'abord évanoui. Pour très peu de temps d'ailleurs, car rassemblant ses forces et toujours sous l'œil des Allemands impassibles, qui se gardaient bien de bouger tant le bombardement était intense. il s'était muni de la barre à mine fixée sur le "Bretagne", et s'attaquait résolument aux ferrailles tordues qui bloquaient le Chef dans sa tourelle. Malgré de nombreuses défaillances physiques, il parvenait enfin à la dégager et Raymond émergeant à son tour du chaos se trouva entouré d'ennemis. Par gestes, il leur fit comprendre la situation du dernier membre de l'équipage. Un cric était nécessaire pour le dégager. Il convient de souligner ici en toute impartialité le geste de ce Sous-Officier allemand, qui sans se départir de sa surveillance donne l'ordre l'un de ses hommes d'aller chercher l'outil demandé. Ces Allemands étaient les servants d'une pièce de 77, et trois d'entre eux avaient été tués par le tir du "Bretagne". Lorsque Deperne sentit le char se soulever, il eut la conviction que cela signifiait la mise en place de la mine traditionnelle par laquelle la route allait se trouver déblayée de la carcasse du char. Il avait mit sa tête entre ses genoux, et se résignait à mourir lorsque un dernier espoir, un dernier désir de vivre encore lui fit appeler son Chef. Raymond entendit ce dernier appel ou perçait pour la première fois un intense désespoir "Chef ne me laisse pas !" Et la réponse vint, apaisante, magnifique de simplicité "T'as pas besoin de gueuler, je suis là". La conclusion est fournie par Deperne lui-même, elle est aussi laconique que tout le reste "Ça m'a quand même fait plaisir, dit-il, lorsqu'il raconte la fin de l'histoire". Les tirs d'artillerie s'étaient calmés. Encadrés par une douzaine d'Allemands, dont plusieurs blessés, les hommes du "Bretagne" furent conduits dans des grottes souterraines qui dominent La Valette. Près de 150 Allemands s'y trouvaient, beaucoup étaient blessés, tous paraissaient avoir fourni de gros efforts. Le Chef Raymond et ses hommes devaient passer 36 heures dans ce refuge. Au matin du 24 août un Officier allemand vint à lui, et lui exposa brièvement la situation générale. Les Français victorieux arrivaient de toutes parts. Etait-il possible pour éviter un massacre, que Raymond et ses hommes assurent la reddition de toute la garnison des souterrains. Une heure après les premiers tirailleurs s'entendaient interpeller par un Sous-Officier français qui leur livrait sans coup férir ses 150 gardiens de la veille. 26 Août 1944 : Le Régiment regroupé va stationner entre les villages de Maillane et Graveson. P.C. à la ferme Juillau. III/68e à Maillane. 5e Chasseurs à Graveson.
27 et 28 Août 1944 : Entretien du matériel sur place. Reconnaissance en vue des passages du Rhône. Le Régiment franchira le Rhône en deux points. 1) Dans la Région de Vallabrèques par portières de péniches, les chars et véhicules de plus de 9 tonnes. 2) Au Sud d'Avignon par ponts de bateaux de circonstance les véhicules à roues et à chenilles pesant moins de 9 tonnes.
29 Août 1944 : Les opérations de franchissement commencent dans la Région de Vallabrèques dans l'après-midi : Etat-Major à 7 heures. 1er Escadron à 9 heures. 4e Escadron à 13 heures. 2e Escadron à 19 heures. 3e Escadron le 30 août, à 1 heure du matin. Après franchissement les Eléments se rendent par Remoulins à Saint-Filaire d'Ozilhon. P.C., C.C. à La Bégude avec le III/68. La 1ère Brigade de la D.M.I. est à Remoulins. Les derniers Eléments lourds du Régiment rejoignent le cantonnement dans la nuit du 30 août à 4 heures du matin.
30 Août 1944 : Le C.C. 2 se porte dans la Région Villefort - La Bastide par Uzès, Alès, Villefort. Les Eléments lourds font mouvement à partir de 17 heures dans l'ordre : 1er Escadron, P.C., 2e Escadron, 3e Escadron, 4e Escadron, La tête du Régiment atteint Villefort à 23 heures.
31 Août 1944 : Les Eléments légers du Régiment qui ont commencé le franchissement du Rhône à 7 heures du matin, rejoignent Villefort à 15 heures 30. Départ 17 heures. Brèche importante au Sud de Prévenchères, une déviation permet de la con tourner sans incident notable. L'Aspirant Ribeyron est blessé accidentellement par la chute d'un arbre au cours des opérations d'aménagement. Le Régiment atteint Langogne à 20 heures 30 : 1er Escadron, 2e Escadron, E.H.R., lisières Nord du village. 3e et 4e Escadron terrain de sport. P.C. et C.C. 2 Pradelle. III/68e lisières Sud de Langogne.
1er Septembre 1944 : Le Régiment se porte dans la Région de Saint-Genest - Planfoy par Le Monastier, Yssingeaux, Tence, Montfaucon, Riotard, Marlhès. Départ à 4 heures 15. Arrivée à Saint-Genest 23 heures 30, P.C. à Saint-Genest. 1er et 2e Escadrons lisières Nord du village. 3e et 4e Escadrons à sec de gasoil, restent à 5 kilomètres à l'Ouest de Tence. Ils gagneront la lisière Nord de Mont faucon dans la journée du 2 septembre. P.C. et C.C. 2 sur la route du Col de la République à 1500 mètres Sud-Est de Planfoy. III/68e à Saint-Genest.
2 Septembre 1944 : Le Régiment au complet est regroupé à Saint-Genest. Révision et entretien du matériel dans l'attente du carburant.
3 Septembre 1944 : Le Chef d'Escadrons Rouvillois prend le Commandement d'un détachement composé d'un Elément du PC., du 1er Escadron, d'une section de 81 et de 57. Le détachement se porte sur Chessy, à 5 kilomètres Nord de l'Arbresie, par Saint-Etienne, Montrond, Sainte-Foy. Il quitte Saint-Genest à 16 heures 30, arrive à Chessy vers 21 heures sans incidents. Le reste du P.C. et le 3e Escadron font mouvement à partir de 22 heures par le même itinéraire, arrivée à Chessy à 0 heure. Le 4e Escadron et le 2e Escadron font mouvement dans la matinée. Les T.C. et T.R. restent sur place à Saint-Genest.
4 Septembre 1944 : Villefranche a été libérée la veille après une action menée par les Zouaves, l'Escadron Giraud du 9e R.C.A. et le III/68e. La 1ère D.B. a pour mission de s'emparer de Mâcon. Effort principal par le C.C. 1 sur Nationale 6 - flangardé à l'Ouest par le C.C 2. Le Régiment entre dans la composition de deux Groupements de marche : Groupement A aux ordres du Commandant Rouvillois, comprenant des Eléments du P.C. Les 1er et 2e Escadrons reçoivent une mission de reconnaissance et d'éclairage. Groupement C aux ordres du Commandant de Beaufort comprenant des Eléments du P.C., le 3e et le 4e Escadrons et une Batterie du III/68e. Est en réserve de Division à Belleville où il arrive vers 16 heures. Les T.C. et T.R. s'installent à Saint-Georges-de-Reneins. Mâcon est tombé au début de l'après-midi. La 1ère D.B. poursuit son mouvement vers le Nord dans le même dispositif. Le Groupement "A", renforcé de deux pelotons A.M. du 3e R.C.A. se porte sur Cluny. Le Groupement "C" se porte sur Saint-Albain où il arrive vers 22 heures 30.
5 Septembre 1944 : A 15 heures le Commandant du Régiment est convoqué par le Général, Commandant la 1ère D.B. à son P.C. de Villars. Il reçoit pour mission de se porter en direction de Buxy par Tournus, Sennce au grand carrefour de la Coudre, pour renforcer le Groupement Rouvillois, qui mène une opération devant Givry, dont le détail figure d'autre part (voir fin du 5 septembre). Un Peloton du 2e Escadron participe à 21 heures 30 aux opérations de nettoyage de Givry. A 23 heures 15 le stationnement du Régiment, qui s'est regroupé, est le suivant : P.C. : Château de Saint-Désert. Le 2e Escadron : carrefour 218 Sud de Givry. Le 4e Escadron à Saint-Désert. Le 1er Escadron à Moroges. Le 3e Escadron reste stationné à Germolles qu'il tient fortement, mitraillant de nombreux éléments ennemis qui remontent vers le Nord. Dans la nuit une Compagnie de Zouaves est poussée sur cette localité pour renforcer le 3e Escadron. 1/3 R.C.A. : Lisières Ouest de Saint-Désert. Son Génie : Givry. Le 5 septembre, à 16 heures 30, le Commandant Rouvillois est convoqué par le Colonel Lecoq, dont les Eléments sont bloqués devant Givry, il reçoit comme mission : 1) de faire tomber Givry avec l'Escadron Chéry en le débordant par Jambles et en s'emparant du carrefour de Germolles ; 2) Lorsque l'opération menée par l'Escadron Chéry sera déclenchée, d'effectuer avec le reste du Détachement (Escadron Moreau, Escadron de reconnaissance du 3e R.C.A.) un large mouvement débordant par Bariset et Bourgneuf - Val-d'Or pour se rabattre par Mercurey sur le carrefour de Germolles ; 3) de mettre la Section du Génie à la disposition du Colonel Lecoq pour déminer les entrées de Givry. Le mouvement est déclenché de Buxy à 17 heures 30. Malgré une forte résistance et des barrages de mines l'Escadron Chéry parvient à la nuit à Germolles après avoir détruit plusieurs pièces d'artillerie et causé de fortes pertes à l'ennemi. Le reste du détachement, ralenti par des tirs des minen arrive aux abords immédiats de Bourgneuf où à court de carburant, et la nuit étant venue, le Commandant du C.C. 2 lui donne l'ordre de se reporter dans Moroges. Pertes : 1er Escadron : Lieutenant Rouland et deux hommes de son char blessés par des mines ; 1 char léger détruit. 3e Escadron : Lieutenant Foerst blessé dans son char, Lieutenant d'Aram blessé dans le nettoyage de Germolles, trois chasseurs tués ; 1 char incendié par bazooka, 1 char détruit par un canon de 88. Pertes ennemies : Nombreux tués, une soixantaine de prisonniers, plusieurs pièces d'artillerie détruites ou neutralisées.
6-7-8-9 Septembre 1944 : Le 6 septembre à 17 heures, le Groupement A du C.C. 2 déclenche une opération pour dégager Chagny et les abords de la route Chagny - Meursault. Le 2e Escadron et la Compagnie de Zouaves arrivent à Puligny à temps pour mitrailler les véhicules des derniers défenseurs qui s'enfuient à l'arrivée des chars. Plusieurs Allemands sont tués, un prisonnier est fait, un camion de munitions est détruit. Le 3e Escadron, à bout de carburant, occupe sans incident le village de Corpeau, évacué par l'ennemi.. Le 4e Escadron, chargé de reconnaître et éventuellement d'occuper Meursault, aborde le village vers 19 heures, malgré une assez violente réaction de l'ennemi, tirs nourris d'armes automatiques et de canons de petit calibre. Le char de tête, le "Murat" est atteint par deux obus de 88 et immobilisé. Les chars en appui de feu détruisent aussitôt le canon ennemi. Un Peloton du 4e Escadron déborde Meursault par le Nord. Devant le mouvement, l'ennemi évacue le village en toute hâte, canonne et mitraillé par tous les chars. La nuit tombe et aucune Infanterie n'est disponible pour nettoyer le village. Dans ces conditions, le Commandant du Groupement A donne l'ordre au 4e Escadron de se replier pour la nuit aux abords de Puligny. Dans la nuit, l'ennemi réagit par de violents tirs d'artillerie aux abords de Puligny. Le 4e Escadron, pris sous une concentration est obligé de changer d'emplacement. Le 7 septembre, à 10 heures 30, l'opération sur Meursault est reprise. Le 4e Escadron reconnaîtra le village. S'il est occupé, le 2e Escadron le débordera par le Nord (point de direction Monthelie) pendant que le 4e Escadron et l'Infanterie attaqueront de front. Meursault est libre, mais une colonne ennemie, qui emprunte la route de Pommard est prise à partie par le 4e Escadron et détruite. Un canon de 105 en batterie sur les hauteurs de Volnay est détruit par les Chars de Commandement. Le 2e Escadron est aussitôt poussé sur Auxey et Petit-Auxey avec la Compagnie d'Infanterie du Lieutenant Puig. Vers 14 heures 30, le Capitaine de Pazzis pousse avec le Peloton Mauclert sur le carrefour de Saint-Romain, détruisant en cours de route un nouveau convoi allemand, s'emparant de deux canons de D.C.A., d'un groupe de minen et d'un canon de 105. L'ennemi, venant de Melin, essaie alors de reprendre Petit-Auxey. Avec une audace extraordinaire il met en batterie à moins de 300 mètres de nous trois canons de 105, qui ouvrent le feu. A chaque salve, on entend distinctement le commandement "Feuer". Des pièces de D.C.A. de 20 ouvrent également le feu sur nous, des hauteurs avoisinantes. 300 à 400 fantassins ennemis progressent de part et d'autre de la route de Melin vers Petit-Auxey. Le Commandant du Groupement A qui est à Petit-Auxey ordonne une contre-attaque immédiate avec les Eléments disponibles Le Peloton de chars moyens de l'Aspirant Le Corre, accompagné d'une Section d'infanterie, la Compagnie Puig, attaquera de front les éléments allemands sur l'axe Petit-Auxey - Melin. Le Peloton Schreiber, posté sur la route Petit-Auxey - Saint-Romain appuiera la contre-attaque. En quelques minutes les trois canons de 105, placés en D.C.B. le long de la route Petit-Auxey - Melin sont détruits par les canons de l'Aspirant Le Corre. Les fantassins ennemis s'arrêtent, hésitent, puis commencent à fuir. Les fuyards sont poursuivis jusqu'à Melin par l'infanterie et les chars, et laissent entre nos mains plus de 100 prisonniers, de nombreux morts et trois canons. Faute de carburant, les opérations ne peuvent être poussées plus avant. Le Groupement A stationne le soir dans les conditions suivantes Le Groupement Rouvillois tient Meursault et Monthelie. Le Groupement Pazzis tient Saint-Romain et Petit-Auxey (2e Escadron, Compagnie Puig). Dans la nuit du 7 au 8, vers 4 heures du matin, l'ennemi tente un coup de main sur le point d'appui de Petit-Auxey, commandé par le Lieutenant Puig. Mais la défense, remarquablement préparée, triomphe aisément. Les Allemands s'enfuient bientôt en abandonnant sur le terrain 20 morts, 4 canons et laissant entre nos mains 14 prisonniers. Dans la journée du 8 septembre, le 1er Escadron ravitaillé avec de l'essence allemande, a rejoint Meursault. Le Commandant du Groupement A obtient l'autorisation de l'utiliser pour faire un coup de main sur les convois ennemis signalés sur la route Nolay - Ivry-en-Montagne. L'ennemi sera attaqué : Sur la route à proximité d'Ivry par un Peloton de chars légers (Sous-lieutenant Destremau). A hauteur de Corabeuf par deux Pelotons de chars légers avec le Capitaine Moreau. Enfin le Peloton de chars moyens du Sous-Lieutenant Schreiber interdira par ses feux (distance de tir 5.500 mètres) la route d'Ivry à la sortie de Nolay. L'opération réussit parfaitement. Le Peloton Destremau arrête et disperse une Compagnie d'infanterie et de nombreux véhicules à l'entrée d'Ivry. L'ennemi laisse entre nos mains un butin considérable ; de nombreux morts et 20 prisonniers. Le Capitaine Moreau, après avoir coupé le convoi à hauteur de Corabeuf remonte la route nationale N° 6 jusqu'à Ivry, tuant de nombreux ennemis, ramenant dix prisonniers et détruisant un nombre important de véhicules, dont un canon et deux canons de D.C.A. L'opération n'a pas été aussi payante qu'elle aurait pu l'être, l'autorisation d'amener de l'Infanterie pour le nettoyage du terrain ayant été refusée. L'ensemble de ces opérations a permis de prendre ou de détruire un canon de 88, huit canons de 20 ou une dizaine de canons de D.C.A., plus de 100 véhicules divers. Au moins cinq cent Allemands ont été tués, blessés ou faits prisonniers. Nos pertes ont été seulement d'une dizaine de blessés.
10 Septembre 1944 : Repos et entretien du matériel. A 20 heures 50 le Régiment reçoit l'ordre suivant : Mission du C.C. 2: se porter le 11 au matin sur le Canal de Bourgogne vers Aiseray - Longecourt, franchir le canal, l'Ouche et atteindre Arc-sur-Tille pour investir Dijon par le Nord-Est.
11 Septembre 1944 : Le mouvement s'exécute à partir de 7 heures 30. Le Régiment fait partie du Groupement A aux ordres du Commandant de Beaufort composé de : une Compagnie de Zouaves, une Batterie du III/68, une Section du Génie. Itinéraire : Beaune, sortie Nord-Est, Givry, Varenne, Longuay, Argilly, la forêt de Cîteaux, vers le Nord-Est, Bessay-les-Citeaux, Aiseray, Chigey, Fartle-Haut, Fart-le-Bas, Longeault, Beire-le-Fort, Labergement, Cessay-sur-Tille, Remilly-sur-Tille et Arc-sur-Tille. En fin de journée, qui n'a été marquée par aucun contact avec l'ennemi, le Groupement a stationné dans le dispositif suivant : P.C., 3e Escadron : Magny - Saint-Médard. 2e Escadron : Sovolles. 3e et 4e Escadrons et Zouaves, aux ordres du Commandant Rouvillois, à Mirebeau. Artillerie et Génie, à Arc-sur-Tille.
12 Septembre 1944 : Repos et entretien du matériel. En fin de journée le stationnement est modifié comme suit : le Groupement Rouvillois, moins le 1er Escadron occupe Bézé. Le P.C. et le 3e Escadron s'installent avec le 1er Escadron à Mirebeau. Les T.C. et T.R. serrent sur Magny et Saint-Médard.
13-14 Septembre 1944 : Le 13 septembre, à 15 heures 45, le Groupement A du C.C. 2 stationné dans la Région de Mirebeau (5e R.C.A., Batterie d'Artillerie Honssel du III/68e, Compagnie Puig du 1er Zouaves, Section du Génie du Sous-Lieutenant Sborgi) reçoit l'ordre : 1) de détacher un Escadron moyen à la disposition du Groupement B. Escadron rendu pour 16 heures à Jacquenay. Le 2e Escadron du 5e R.C.A., est désigné. Etant donné la distance, il ne peut matériellement rejoindre avant 17 heures 30, au plus tôt.2) de pousser sur l'axe : Fontaine-Française, Frettes, Genevrières, Poison, La Folie, avec le reste du Groupement. Eventuellement, occuper Vitrey et Cintrey. Le Groupement A doit pouvoir appuyer le Groupement B. Le Groupement est articulé de la façon suivante : Aux ordres du Commandant Rouvillois : L'Escadron de chars légers et un Escadron moyen chargé d'éclairer et de faire tomber les résistances légères entre les routes D. 17 et N. 460 incluses. Des Eléments réservés : le 3e Escadron du 5e R.C.A., la Batterie d'Artillerie, la Section du Génie, la Compagnie Puig du 1er Zouaves. Les Eléments réservés sont prêts à intervenir en faveur du Groupement B ou du Groupement Rouvillois suivant les circonstances. Les bonds fixés au Groupement Rouvillois sont : Les Frettes - Argelières. Genevrieres. - Farincourt - R.N. N° 19. A 18 heures, le Commandant Rouvillois rend compte qu'il est parvenu sur la ligne Frettes - Argelières - R.A.S. Il reçoit l'ordre de se porter au bond suivant. A 19 heures 30, il rend compte que le nouveau bond est atteint et signale des colonnes ennemies vers Belmont - Bussières. Des reconnaissances poussées vers ces points donnent les renseignements suivants : - Bussières est libre. - Belmont est tenu. L'heure tardive et la pluie rendent impossible toute action. Pendant ce temps, le Commandant du Groupement A a reçu à 18 heures l'ordre du C.C. 2 d'aider le Groupement B. Mais il est impossible de déclencher une action sans connaître la situation de ce Groupement. A 19 heures le Commandant du Groupement A décide d'attaquer avec les éléments réservés, un point d'appui ennemi établi à Seuchey. Action menée par le 3e Escadron avec l'appui de l'Artillerie, L'action est déclenchée à 20 heures, mais étant donné le mauvais temps et l'heure tardive, l'action doit être interrompue. Le Groupement passe la nuit sur place. P.C., Compagnie de Zouaves et Génie à Frettes. Détachement Rouvillois, Peloton de 57 à Genevrières. 3e Escadron à la Ferme de la Voisine. Artillerie en bivouac cercle de 1500 au Sud-Ouest du 3e Escadron. Le Commandant du Groupement reçoit 20 heures 45 l'ordre de 19 heures 30 du C.C. 2. En conséquence le Commandant Rouvillois reçoit l'ordre de pousser dès l'aube des reconnaissances sur Bussières, Belmont, Poinsont (Ordre N° 53). Les Eléments réservés seront poussés en même temps sur Genevrières pour appuyer son action : Le P.C. du Groupement A arrive vers 8 heures à Genevrières. Le Commandant Rouvillois a donné les ordres suivants pour le nettoyage de Belmont : un Peloton de chars légers se portera à Poinsont ; un Peloton moyen à Bussières, pour intercepter les convois ennemis retraitant vers le Nord ; un Peloton de chars moyens est placé en base de feux au Sud-Est de Belmont ; un Peloton léger (Destremau) et un Peloton moyen (Dory) attaqueront le village, accompagnés par le personnel du peloton de 57 (Hervouet) et de quelques F.F.I. L'opération se déroule rapidement : les convois sont attaqués dans le village même et sont massacrés. Nombreux tués, plus de 200 prisonniers, quatre pièces d'artillerie, dont deux canons de 88, butin considérable. A 8 heures voyant le déroulement favorable du nettoyage de Belmont, le Commandant du Groupement A décide de nettoyer la lisière Sud de Fayl-Billot où quelques groupes ennemis sont signalés. L'opération est menée par le 3e Escadron et la Compagnie Puig. Quelques Allemands sont tués, une Batterie d'artillerie avec attelage et caisson et une centaine de prisonniers sont capturés. A 10 heures le Détachement du Commandant Rouvillois rejoint le carrefour de la Folie après avoir nettoyé des bois au Sud de la Route Nationale 9 et fait 70 nouveaux prisonniers. Le Commandant du Groupement A demande à 10 heures, mais ne peut obtenir, un crédit de 20 kilomètres pour réaliser une opération de nettoyage dans la Région de Vitrey. En fin de journée le Groupement A est stationné de la manière suivante : P.C. et 2e Escadron : Pressigny. Escadron : Broncourt. 3e Escadron : Cintrey. 4e Escadron et Peloton 57 : Vitrey. T.C. : Pressigny. Bilan : Les pertes pour les journées du 13 et 14 septembre ont été les suivantes : Tué : Maréchal des Logis-Chef Dallé (1er Escadron). Blessé : Sous-Lieutenant Hervouet, deux Chasseurs brûlés., trois F.F.I. blessés, dont le Chef des F.F.I. Un char percé. Du côte ennemi : Sept canons pris, un matériel considérable. 600 Allemands tués, blessés ou prisonniers. Rapport de Monsieur le Capitaine PEIX, Commandant le T.C., au sujet de l'affaire de PRESSIGNY
15 Septembre 1944 : J'ai l'honneur de vous rendre compte de ce que vers 13 heures, j'ai été avisé par un habitant de Pressigny que deux sentinelles allemandes armées se trouvaient dans une baraque située sur la route de Pressigny à Poinsont, à deux kilomètres environ de cette dernière localité. J'ai décidé d'effectuer une reconnaissance avec deux patrouilles avec mission de s'emparer de ces deux sentinelles pour obtenir des renseignements. Une patrouille aux ordres du Lieutenant Soukehal avec six Gradés ou Chasseurs. Une autre aux ordres de l'Adjudant-Chef Constans avec cinq Gradés ou Chasseurs. Un camion avec mitrailleuse de 20, montée sur la cabine avec conducteur et tireur. J'ai fait transporter ces Eléments à hauteur du C. de I.C. 25. Une patrouille progressait à droite et l'autre à gauche du ruisseau, défilées aux vues. Moi-même, je plaçais le camion avec mitrailleuse de 20 dans un champ dominant le thalweg et pouvant arroser de ses feux les lisières du bois pour appuyer les patrouilles et éventuellement leur permettre de se replier si elles étaient fortement accrochées. La patrouille de l'Adjudant-Chef Constans arrivée à la lisière du bois, prend la liaison avec un Half-Track du 1er Escadron (Aspirant Scaramangas) qui venait de traverser le bois sans rien voir, ni essuyer un coup de feu. Constans engage alors sa patrouille dans le bois, où, suivant les renseignements donnés par Scaramangas, il pourrait trouver quelques Allemands. La Patrouille Soukehal oblique à droite et longeant la lisière du bois se dirige vers la baraque. Scaramangas me dit avoir terminé sa mission qui était de traverser le bois et se rendre à Poinsont. Quelques minutes plus tard, la patrouille Constans voit des Allemands sur lesquels elle ouvre le feu. La riposte est immédiate. Les patrouilleurs tirent sur d'autres Allemands qui, en hurlant, descendent la pente du bois. Sentant leurs munitions s'épuiser, Constans amorce un mouvement de repli pour regagner le fond du thalweg, mais à chaque mouvement de ses hommes une gerbe de balles les entoure. Je me faufile derrière une haie et vais donner l'ordre au camion d'ouvrir le feu avec sa mitrailleuse de 20 dans le bois à mi-hauteur de la pente pour appuyer le décrochage de Constans. Le repli de Constans n'a pu s'effectuer, car d'un boqueteau situé à une centaine de mètres sa patrouille a été prise sous le feu de mitrailleuses allemandes et tous son monde, munitions épuisées, a été capturé. La patrouille Soukehal progressant le long de la lisière du bois vers la baraque est tombée sur des ennemis couchés dans un petit fossé qui longe le bois et a été tirée à bout portant.. Voyant que mes patrouilles avaient eu à faire à un fort parti, je me suis rendu auprès de ma Jeep laissée au bord de la route pour aller rendre compte de la situation. Le long de la haie que je suivais, je vois couchés trois Allemands sur lesquels je tire avec mon colt. Ces Allemands lèvent les bras et se rendent. Je les conduis à ma Jeep et je les amène à l'Etat-Major du C.C. 2 à Poinsont ou je rends compte de l'engagement au Chef d'Escadrons Schneider, Chef d'Etat-Major. L'interrogatoire des trois prisonniers confirme mon impression d'avoir à faire à un fort parti. D'après leurs déclarations 400 Allemands avec un P.C. de Bataillon disposant de nombreuses mitrailleuses et de mortiers se trouvent dans ce bois. Le Commandant Duvernois est chargé de diriger l'opération de nettoyage de ce bois avec des moyens (T.D. - F.F.I.) mis à sa disposition par le C.C. 2. Je me rends nouveau auprès du camion avec mitrailleuse de 20 que j'avais toujours en surveillance auprès de l'endroit où. avait eu lieu le premier accrochage, je prends un Half-Track du 9e R.C.A. et je patrouille aux lisières du bois en tirant. Le Chasseur Niar de la patrouille de l'Adjudant-Chef Constans sort du ruisseau qui longe le bois. Je le recueille ; il me fait le récit de son évasion et me précise de nombreux points très intéressants. Je repars porter à la connaissance du Commandant Duvernois ces nouveaux renseignements. Le Chasseur Tarfa, blessé dans l'action, à l'épaule, se traîne jusqu'à nous. Patrouillant du côté où avait été accrochée la patrouille Soukehal, l'Aspirant Petiet entend des râles et découvre le Brigadier-Chef Nekbil, grièvement blessé, ainsi qu'un Allemand sérieusement atteint. Un peu plus loin le corps du Lieutenant Soukehal, déjà mort, et le corps du Chasseur Ziane mort aussi. Le bilan de cette affaire est le suivant : Lieutenant Soukehal mort, Chasseur Ziane mort, Brigadier-Chef Negbil Naas grièvement blessé, Chasseur Tarfa, blessé à l'épaule, Adjudant-Chef Constans prisonnier, Chasseur Muschiato prisonnier, Chasseur Gauchet prisonnier, Chasseur Gonzalès prisonnier, Chasseur ind. Ben Seba, prisonnier, Chasseur Niar évadé, Chasseur Nacal évadé, Brigadier Marque évadé, Chasseur Amour Arkat évadé. J'ai l'honneur de signaler la conduite extrêmement courageuse : du Brigadier Marque, du Chasseur Niar et du Chasseur Nacal, qui, après avoir été fait prisonniers, après épuisement de leurs munitions, se sont évadés, après avoir pansé leurs camarades blessés, fournissant des renseignements précieux pour le Commandement. En outre le Brigadier Marque et le Chasseur Nacal ont permis la capture de quinze prisonniers. Le Lieutenant Soukehal et le Chasseur Ziane ont été enterrés au cimetière de Pressigny le 16 septembre 1944. Le Brigadier-Chef Negbil et le Chasseur Tarf a ont été évacués par l'ambulance du C.C. 2.
16 Septembre 1944 : Le P.C. du Régiment s'installe à Port-sur-Saône avec les 2e et 4e Escadrons. Le 3e Escadron est à Scey-sur-Saône. Le 1er Escadron demeure à Broncourt. Les Trains à Pressigny.
17 Septembre 1944 : Sans changement.
18 Septembre 1944 : Le P.C. avec les quatre Escadrons de combat se portent à Borey.
19 Septembre 1944 : Le Régiment se porte en entier à Arpenans. Les Trains s'installent à Mollans.
20 Septembre 1944 : Sans changement.
21 Septembre 1944 : Sans changement.
22 Septembre 1944 : Le P.C. du Régiment avec le 3e Escadron se porte â Magny-Vernois. Les 2e et 4e Escadrons s'installent à Vouhenans. Le 1er Escadron s'installe aux Aynans avec les Pelotons de 57 et 81 de l'Etat-Major.
23 Septembre 1944 : Le 1er Escadron s'installe à Vy-les-Lure auprès du PC. du C.C. 2. Le secteur des Aylans étant devenu celui de la D.M.I.
24 Septembre 1944 : Sans changement.
25 Septembre 1944 : A 7 heures les quatre Escadrons de combat se portent à Frotey. COMPTE-RENDU DES OPERATIONS I) Le 24 Septembre 1944, le Commandant de Beaufort, Commandant provisoirement le 5e R.C.A. reçoit le Commandement d'un Groupement, comprenant le Régiment, la Compagnie Puig du 1er Zouaves et la Section du Génie du Lieutenant Sué et l'appui de deux Batteries du III/68e. Ce Groupement reçoit la mission suivante : 1) Après l'occupation de Lyoffans par la 1ère D.M.I., s'emparer de Magny-d'Anigon en vue de couvrir l'action de cette Division sur Palante et Claire-Goutte. 2) Gagner les lisières Sud des Bois de la Nannue (Côte 365). 3) Si possible, pousser des Eléments aux lisières Nord de ce bois en vue d'interdire la route Ronchamp - Recologne. II) Le Chef de Corps, accompagné de ses Chefs d'Escadrons et des Capitaines Commandants, effectue immédiatement une reconnaissance de terrain. cette reconnaissance fait ressortir que la prise de Palante est indispensable au développement de l'opération en direction de Magny. Le Commandant de Beaufort demande et obtient que Palante soit inclus dans sa zone d'action. III) Les ordres verbaux donnés à vue sur le terrain, sont confirmés à 18 heures 45 par l'ordre suivant : a) Axe d'attaque : Frotey-les-Lure - Palante - Magny - Cote 365 - Sortie Ouest Recologne. Base de départ : Lisières Nord-Est des bois Ouest de Frotey-les-Lure. b) Exécution : 1er temps : Occupation et nettoyage de Palante par l'Escadron de Pazzis, accompagné par le personnel à pied du Peloton de 57 Hervouet chargé du nettoyage du village. Simultanément l'Escadron Dumesnil se portera dans un premier bond à hauteur de la route Palante - La Côte, soutenu par l'Escadron Chéry, et sans marquer d'arrêt sur cet objectif gagnera immédiatement les crêtes dominant Magny. 2e temps : Occupation et nettoyage de Magny par la Compagnie Puig et l'Escadron de chars légers Moreau. 3e temps : Sur ordre, reprise de l'attaque sur les lisières Sud du bois de la Nannue. etc.... c) La Section du Génie déblaiera et déminera l'itinéraire Frotey - Palante - Magny Cote 365, au fur et à mesure de la progression. d) Artillerie : Trois tirs à priori sont demandés à l'Artillerie sur les zones suivantes : - Sortie du bois de part et d'autre route Recologne - Magny. - Puits et usine de Magny. - Clairière Est Magny. Le Chef d'Escadrons Rouvillois est chargé de coordonner l'action de l'Artillerie au cours de l'attaque. IV) Des reconnaissances effectuées à la nuit par le Lieutenant Richter, Officier de renseignements, assurent au Groupement un itinéraire défilé aux observatoires ennemis, de la Chapelle de Ronchamp et autres. En raison de la pluie persistante, occasionnant la crue du Rahin, les gués reconnus ne peuvent être utilisés le 25 septembre au matin et tout le Groupement doit passer la rivière à hauteur du pont de Roye sur un radier à moitié enlevé par la crue, et en utilisant le gué en amont du pont détruit. Des tirs de fumigènes sont effectués pour masquer le passage difficile et lent. V) Le Général Brosset vient en personne à Frotey prévenir le Commandant du Groupement de la prise de Lyoffans. L'attaque est déclenchée à 11 heures 15. Dès le franchissement du carrefour de la Tuilerie vive réaction de l'Artillerie ennemie, appliquée à hauteur de la route Palante - Roye et aux lisières Est du village de Frotey ; néanmoins la progression se poursuit malgré le terrain très détrempé qui immobilisera sous le feu deux chars. VI) Palante est attaqué vigoureusement par l'Escadron de Pazzis qui est soumis à une forte réaction ennemie. Sa progression est considérablement ralentie par de très nombreux abattis, dont certains sont minés. Les opérations de nettoyage sont poursuivies méthodiquement. Aux dernières maisons du village, la résistance se raidit. Le Peloton de chars de l'Aspirant Le Corre et l'Equipe de nettoyage du Peloton Hervouet sont soumis à un violent tir très ajusté d'armes d'infanterie et de minen. Obligés de manœuvrer, les chars se déploient. Le terrain spongieux ne supporté pas le poids des chars ; deux d'entre eux s'embourbent à 200 mètres des lisières d'Andornay. L'Aspirant Le Corre est mortellement blessé, plusieurs Sous-Officiers et Chasseurs du Peloton de 57 sont tués ou blessés. Laissant un Peloton sur la crête dominant le cimetière de Magny - Jobert pour appuyer éventuellement la progression de la 1ère D.M.I., le Capitaine de Pazzis concentre ses moyens très réduits pour empêcher la capture et la destruction par l'ennemi de ses deux chars immobilisés. L'escadron est renforcé du Peloton de Mortiers de l'Adjudant-Chef Jacquot et livrera toute la journée et toute la nuit un combat avec un ennemi agressif et solidement accroché aux lisières d'Andornay. Une tentative de dépannage, effectuée à la chute du jour, coûte la vie au Maréchal des Logis Cati, de l'Equipe de dépannage de l'Escadron. Une seconde tentative permet de récupérer le char "Vouziers". L'Equipe du char Vendôme", qui est restée à son poste de combat, est à bout de munitions ; il est ravitaillé au cours de la nuit, qui est coupée d'alertes continuelles ; fusées éclairantes, tirs de minen et mitraillage du char. Le char "Vendôme" ne sera récupéré que le 26 en fin de journée après la prise d'Andornay par 1ère D.M.I. VII) Cependant l'Escadron Dumesnil, après avoir atteint la crête de Palante, se porte sur les hauteurs dominant Magny. L'Escadron Moreau et la Compagnie Puig longent les lisières Sud-Est des bois de la Noie - Jeannin, abordent le village de Magny par sa face Ouest, tandis que le Peloton de chars moyens du Lieutenant Pinoteau fait face à l'Est pour contrôler les lisières du bois qui sont à courte distance. Il est immédiatement pris à partie par les tirs d'artillerie et des bazooka qui transpercent le char "Montluc" et blessent grièvement les deux pilotes. Vive réaction du Peloton qui en quelques minutes détruit cinq bazookas. A 13 heures 30, l'Escadron Moreau arrive aux premières maisons du village. après avoir perdu en cours de route le char " Lyonnais " incendié par bazooka. Le nettoyage du village s'avère très difficile car ses défenseurs sont enterrés et armés de nombreux bazookas. Néanmoins les opérations se poursuivent maison par maison malgré la réaction de l'ennemi, qui occupe encore aux 3/4 le cirque, au fond duquel se trouve le village de Magny. Au cours de ces opérations le char "Auvergne", déjà touché par bazooka reçoit sur la tourelle un coup direct de minen. L'Aspirant Scaramangas, Chef de char, et le tireur André Bonnifacy y sont déchiquetés. Les deux pilotes sont blessés. Le Sous-Lieutenant Destremau est blessé pour la troisième fois depuis le 15 août. VIII) L'Escadron Chéry et le reste de l'Escadron Dumesnil assurent avec l'Artillerie, la couverture de l'opération, pilonnant l'usine, le puits et les lisières encadrant la côte 365. Ces tirs provoquent une vigoureuse réaction de l'Artillerie ennemie qui concentre ses feux sur ces Escadrons. A 15 heures 45 une première salve blesse le Chef d'Escadron Rouvillois, la seconde atteint le Chef d'Escadrons de Beaufort, le Chef d'Escadrons de Menditte et un Major anglais détaché auprès du Bataillon du Charolais. Le Commandant de Beaufort, blessé à la cuisse, doit être évacué. Avant son départ, il remet le Commandement du Groupement au Commandant de Menditte. IX) A 16 heures 25 la situation est la suivante : Le nettoyage de Magny est en bonne voie. Il sera terminé à 16 heures 40. A Palante l'action relatée plus haut bat son plein. La pluie redouble et la visibilité est très mauvaise. A droite la 1ère D.M.I. n'a pu déboucher de Lyoffans. A gauche le Groupement A est coupé du Groupement B par un bois. Devant cette situation et étant donné l'heure, le Commandant de Menditte décide et rend compte qu'il ne poussera pas au-delà de Magny. Il prend pour la nuit les dispositions suivantes : a) Point d'appui de Magny aux ordres du Capitaine Moreau : Compagnie Puig, deux Sections du Charolais, Escadron léger, Peloton Pinoteau. Mission : S'enfermer dans le village, organiser la défense, surveiller les lisières qui l'entourent et signaler tout objectif justiciable de l'artillerie. b) Poste de surveillance de la croupe Sud-Est de Magny aux ordres de l'officier de Zouaves : deux Sections du Charolais, une Section Mitrailleuses du 1er Zouaves. Mission : Contrôler la route Magny - Palante pour permettre au cours de la nuit les évacuations et le ravitaillement en munitions. c) Point d'appui de Palante, aux ordres du Capitaine de Pazzis : un Escadron de chars. Peloton de 57, Peloton de mortiers. Mission : Défendre Palante et empêcher la destruction des chars immobilisés au gué. Ce P.A. recevra à 4 heures du matin le renfort d'une Compagnie de la 1ère D.M.I. d) Réserves : Escadron Chéry et Escadron Dumesnil, moins un Peloton, aux lisières Sud-Ouest et Nord de Palante. e) P.C. : Carrefour Ouest de Palante. f) Un encagement de tirs d'arrêt autour du P.A. de Magny est préparé par le Chef d'Escadrons Elliet, dont les trois Batteries sont mises à la disposition du Groupement. Entre le P.A. de Palante et Audornay un tir de mortiers appliqué à la lisière d'Audornay est préparé. X) La nuit se passe sans incident notable devant Magny ; elle est plus agitée devant Palante ainsi qu'il a été relaté plus haut. A 23 heures, l'Escadron de reconnaissance du 9e R.C.A., envoyé en renfort auprès du Groupement A arrive à Palante et stationne sur place. XI) La Compagnie Puig a confirmé au cours de ces opérations de nettoyage ses qualités d'allant et d'agressivité dont elle avait déjà fait preuve au cours des opérations de Bourgogne. C'est une unité solide, commandée par un Chef vigoureux, méthodique et courageux.. XII) L'appui de l'Artillerie a été particulièrement efficace. Ces résultats ont été acquis grâce à une liaison intime et directe entre le Commandant du Groupe et le Commandant du Groupement. Les tirs ont été d'une précision et d'une rapidité de déclenchement remarquables. Je signale tout particulièrement l'activité et l'action personnelle du Capitaine Honssel, Observateur avancé du Groupe, qui s'est tenu constamment aux côtés du Commandant du Groupement. XIII) La Section du Génie aux ordres du Lieutenant Sué à permis tout d'abord par son travail ingrat sous la pluie et les pieds dans l'eau, le passage du Rahin en améliorant le radier en partie enlevé par le courant. Il a effectué ensuite le déminage sous les obus de la route Frotey - Palante, puis le déblaiement et le déminage de Palante; enfin le 26, il a effectué le même travail sur l'axe Palante - Magny, malgré un tir d'artillerie nettement dirigé contre ses Equipes de travailleurs. Toutes ces opérations ont été menées avec rapidité et beaucoup d'entrain. XIV) Les Eléments du Bataillon du Charolais devaient selon l'ordre du Commandant du C.C. 2, relever à Magny, la Compagnie Puig pour lui permettre de continuer sa mission plus au Nord. Ces Eléments ont progressé dans le sillage des Unités d'attaque. Ils sont entrés dans la composition des garnisons du P.A. et ont été d'une aide très efficace pour le Groupement. XV) Les pertes du Régiment au 25 au soir ont été les suivantes : Personnel : Deux Aspirants tués ; sept Sous-Officiers et Chasseurs tués ; 24 0fficiers, Sous-Officiers et Chasseurs blessés. Matériel : Deux chars légers incendiés (1 récupérable) ; 1 char moyen traversé, mais récupérable ; huit chars embourbés ou en panne de terrain, dont sept ont été récupérés, le dernier (char "Montcalm ") sera dépanné dès que la situation permettra d'envoyer des wreckers 10 t. à la sortie Nord de Magny. Du côté ennemi : De nombreux tués et blessés qui ont été laissés sur le terrain ; une cinquantaine de prisonniers, dans l'ensemble très jeunes, se battant avec acharnement, qui ont été remis au Bataillon du Charolais. Rapport du Capitaine, Commandant le 2e Escadron sur l'action du char " Vendôme " à Andornay Le 25 septembre, l'Escadron appuyé par le 57 et une Section du Génie s'était emparé du village de Palante ; le Peloton de 57 commandé par le Sous-Lieutenant Hervouet, fut chargé de terminer le nettoyage du village. Ce peloton fut pris dans la partie basse du village sous le feu des armes des Allemands retranchés dans Andornay. Le Sous-Lieutenant Hervouet, voulant nettoyer aussi les lisières de ce village, situé à proximité immédiate de celui de Palante, demanda l'appui d'un Groupe de chars. L'Aspirant Le Corre fut désigné et partit vers 14 heures avec son char " Vendôme " et le char "Versailles ". Arrivé aux lisières de Palante, prenant sous son feu Andornay, l'Aspirant Le Corre voulut faire mieux, et d'accord avec le Sous-Lieutenant Hervouet, entrer dans Andornay, pour y écraser la résistance allemande. Le pont sur la petite rivière qui sépare les deux villages était détruit. Le Corre veut passer quand même et dans un terrain détrempé par là pluie s'engage à droite du pont pour passer la rivière à gué ; le terrain s'effondre et le "Vendôme" reste enlisé au milieu de la rivière. Alors commence un furieux tir d'artillerie, de mortiers, de toutes les armes d'infanterie sur le " Vendôme ", vu de toutes parts et que le " Versailles " et le Peloton de 57 appuient de leurs feux. Pendant plusieurs heures l'ennemi est tenu en respect durement malmené par nos canons et nos mitrailleuses que d'autres chars viennent renforcer. Le " Vendôme ", où tout le monde reste calme comme à la manœuvre, tire de près d'une façon très précise et ferme la bouche aux armes automatiques, mais l'artillerie se déchaîne toujours sur lui. L'Aspirant Le Corre, toujours insouciant danger, reste la tête en dehors de sa tourelle pour, mieux voir ; il n'a mis que son casque de char, faible protection contre les éclats. Vers 16 heures un éclat d'un des nombreux obus qui tombent autour du char atteint Le Corre à la tête. Il perd connaissance. Très calme le tireur Rossich annonce que l'Aspirant est blessé et que le tir continue. Le Chasseur Lebeau, aide-pilote du "Vendôme", et le Maréchal des Logis Raoul Duval, Chef de char du "Versailles ", arrivent à sortir de son char l'Aspirant Le Corre et à le porter un peu en arrière. Le Médecin auxiliaire Nenna et son équipe de brancardiers se précipitent pour évacuer l'Aspirant qui mourra peu de temps après. Toute cette opération se fait sous une grêle de balles. Pendant ce temps le Peloton d'échelon a été demandé pour voir s'il est possible de faire remorquer le "Vendôme". L'Adjudant Gazel, le Maréchal des Logis Cau, les Chasseurs Reboulleau et Drevet se dirigent vers le char ainsi que le Sous-Lieutenant Schreiber, qui a pris le commandement du peloton en remplacement de l'Aspirant et vient de mettre pied à terre de son char. Tous ceux qui approchent du char sont pris sous le feu de tireurs ennemis que nous n'arrivons pas à repérer. Le Maréchal des Logis Cau est tué d'une balle au cœur tirée de très près. Devant l'impossibilité pour l'échelon de travailler ainsi sous le feu, je renonce à récupérer le " Vendôme " ce soir là. Par contre, le char " Vouziers ", embourbé derrière le " Vendôme " peut être récupéré sous le feu par les équipes de dépannage régimentaire. Les quatre membres de l'équipage continuent la garde et le tir ; nous restons reliés à eux par radio. Pendant la nuit quelques indigènes nord-africains de l'Escadron et deux groupes du Peloton de 57 se relaieront auprès du "Vendôme " pour aider à le protéger. L'équipage reste au char et commence à aménager le terrain pour le dégager. Nous ravitaillons le char en munitions. - Fréquentes alertes. - Les Allemands qui semblent avoir en partie évacué le village à la tombée de la nuit, y reviennent et nous tâtent avec une mitrailleuse légère et une mitrailleuse de 20 min. Nous répondons copieusement au canon, à la mitrailleuse et par des tirs de mortiers qui ont été préparés dans la soirée par l'Adjudant-Chef Jacquot. Avant le lever du jour la garde du "Vendôme" doit être relevée, car elle est trop exposée, à deux pas des Allemands. Seuls les quatre membres d'équipage restent à leur poste appuyés par les canons de cinq chars, par le Peloton de 57, et une Compagnie d'Infanterie arrivée pendant la nuit et qui doit attaquer au jour. Le "Vendôme" subit encore les feux de l'Artillerie allemande et une partie de la préparation d'Artillerie française sur Andornay. L'attaque de l'Infanterie se déclenche à 9 heures, mais les derniers Allemands sont délogés des positions de tir qu'ils ont pris au Nord du village seulement dans l'après-midi. La liaison ne peut être rétablie entre l'Escadron et le " Vendôme "que dans la soirée et c'est vers minuit qu'une Equipe de l'Escadron de réparation aidée par le " Versailles " ramène le char à Palante. L'équipage qui n'a pas cessé de réaliser des tirs excellents peut enfin sortir de sa prison et se reposer. Aux Armées, le 3 octobre 1944. Le Capitaine Commandant. signé : de Pazzis.
Opérations menées par le Groupement " A " pour la période du 26 Septembre au 1er Octobre
26 Septembre 1944 : Mission : Le Groupement A assurera l'intégrité des positions acquises, libèrera la route Palante - La Côte, et entamera le nettoyage du bois de la Noie-Jannin, appuiera de ses feux l'action offensive menée sur sa droite par la D.M.I. (Ordre N° 63 du 252350 A). Exécution : 1) La garnison du P.A. de Magny se bornera jusqu'à nouvel ordre à se maintenir dans le village et à signaler par une observation minutieuse des lisières qui l'entourent, tout mouvement suspect. 2) Les 3e et 4e Escadrons reprendront au lever du jour leur position qu'ils occupaient la veille. Le 4e en mesure de fournir des feux sur les lisières boisées dominant Magny Jusqu'à l'usine incluse. Le 3e Escadron : même mission à partir de l'usine, en mesure en outre d'appuyer la progression de la D.M.I. en direction de Claire-Goutte. 3) Le 2e Escadron posté aux lisières Est de Palante, contrôlera les lisières d'Andornay prêt à appuyer de ses feux l'action offensive de la D.M.I. sur Andornay 4) La liaison avec le Groupement B sera recherchée dans un premier temps sur la route Palante - La Côte par une Compagnie du Charolais, qui disposera d'un Groupe de la Section du Génie et de l'Escadron de reconnaissance du 9e R.C.A., Détachement aux ordres du Capitaine Claude. Cette route libérée, la Compagnie du Charolais remontera sur le Nord-Est en. nettoyant le bois : objectif final la route La Côte - Magny.. 5) Artillerie : Tirs d'arrêt devant Magny sans changement. A la demande du Capitaine Claude, Tir 305 appliqué sur le bois au Nord de la route Magny - La Côte. La journée est marquée par de violents bombardements sur le P.A. de Magny qui maintient ses positions malgré une tentative ennemie débouchant des lisières Sud du bois et qui est clouée sur place vers 9 heures 30 par les feux de la défense. Tout mouvement suspect est immédiatement pris à partie par les deux batteries du III/68e et les canons des 3e et 4e Escadrons. Le point d'appui de Palante est bombardé toute la journée par l'artillerie et les minen qui causent quelques pertes. Le Peloton Mauclert du 2e Escadron, bien placé, participe efficacement par ses feux à la prise du cimetière de Magny-Jobert vers midi par la D.M.I. L'opération en direction de la Côte débute favorablement à 8 heures 55 la route est libérée. Les opérations de nettoyage du bois commencent à 9 heures 30, mais, après une progression difficile, la Compagnie est arrêtée aux abords de la route Magny - La Côte par deux P.A. ennemis : l'un à la lisière Sud-Est, l'autre en plein bois sur la route. Quelques pertes, La Compagnie décroche, laissant en fin de journée, un Elément de surveillance aux environs de la Cote 321. L'attaque menée par la D.M.I. au cours de la journée, a libéré Andornay. Enfin de journée les Eléments avancés de cette Division sont en liaison avec la garnison de Magny au carrefour 1000 mètres Sud-Est du village. Le 3e Escadron, suivant à vue la progression, a exécuté des tirs de flanc très efficaces sur l'ennemi, qui se replie. Dispositif pour la nuit : Aucune modification au stationnement du 25 au soir.
27 Septembre 1944 : a) Les missions de protection du point d'appui de Magny et d'appui de l'action offensive menée par la D.M.I. dans la Région Frédéric-Fontaine - Claire-Goutte continuent à être assurées par les mêmes Eléments avec la même efficacité. Détente dans les points d'appui de Magny et de Palante, qui ne sont plus soumis aux violents bombardements de la veille. b) Un détachement du 9e R.C.A. reprend le nettoyage des bois jusqu'à la route Magny - La Côte. Le Commandant du 5e R.C.A. reçoit l'ordre de flanc-garder cette opération par des feux d'un Escadron de chars appliqués de 10 heures à 15 heures sur le P.A. repéré la veille à la lisière du bois. L'opération menée par l'Escadron du Capitaine Dumesnil renforcé de deux Sections du Charolais : Le P.A. est bombardé et la progression réalisée le lendemain permettra de constater l'efficacité de ce bombardement : plusieurs cadavres ; membres et têtes épars. Malheureusement le détachement du 9e R.C.A. ne vient pas prendre liaison avec le détachement Dumesnil et ces heureux résultats ne peuvent être exploités immédiatement. c) En fin de journée la garnison du P.A. de Magny est renforcée : - du Peloton de mortiers de 81 dans le village ; - de l'Escadron Dumesnil, installé aux lisières Ouest et Nord-Ouest du village ; - d'une Compagnie du Charolais ; d) En réserve : 2e Escadron, 3e Escadron, Peloton à Palante. e) P.C. sans changement à Palante.
28 Septembre 1944 : Le Groupement A a pour mission : - de maintenir le contact ; - garder la liaison avec la D.M.I. ; - se tenir prêt à pousser sur Recologne dans le cas où la résistance ennemie de la côte 365 diminuerait ; - mettre les feux du 2e Escadron à la disposition du Groupement B. Ordre N° 66272015 A : 1) Un Détachement aux ordres du Capitaine Dumesnil, composé du 4e Escadron, d'un Groupe du Génie et de deux Sections du Charolais, vérifiera l'évacuation des P.A. ennemis de la forêt de la Noie Jannin et dans l'affirmative déblaiera l'itinéraire Magny - La Côte et prendra liaison avec le Groupement B. 2) Lorsque le Détachement Simon (D.M.I.), opérant sur l'axe Claire-Goutte -Eboulet, aura atteint la route conduisant au puits de Magny, un Détachement d'exploitation aux ordres du Capitaine Chéry, comprenant son Escadron, la Section du Génie, moins un Groupe, et une Section de la Compagnie Puig, progressera sur l'axe 365 lisière Nord du bois de la Nannue en vue de fournir des feux sur les pentes Sud-Est et Sud du mamelon de la chapelle de Ronchamp. 3) Une reconnaissance offensive menée par une Compagnie du Charolais sera poussée sur le puits et l'entrée du tunnel. 4) Le P.A. de Magny sera occupé par la Compagnie Puig, moins une Section, et le reste des Eléments Charolais. L'opération sur l'axe Magny La Côte se déroule sans incidents. La route est dégagée de ses nombreux abatis et mines et la liaison est prise a xx heures 45 avec le Commandant du Groupement B par le Sous-Lieutenant Dory. L'usine, le puits et l'entrée du tunnel évacués par l'ennemi sont occupés, à la même heure, par le Détachement Charolais. Dès qu'il est informé de l'avance du Détachement Simon, le Commandant du Groupement A découple le Détachement Chéry : Progression lente, nombreux abatis, mines en bois, mines métalliques d'un modèle inconnu, que les sapeurs enlèvent avec habileté et un mépris complet du danger. Le carrefour 365 est atteint à 12 heures 15 ; les abatis et les mines accumulés jusqu'à la sortie des bois ne permettront pas d'atteindre en fin de journée la lisière Nord. Le déblaiement s'effectue avec ardeur, mais à partir de i heures le travail s'effectue en vue de la chapelle de Ronchamp et la réaction de l'Artillerie adverse est vigoureuse. Le détachement est renforcé de tous les Eléments de Zouaves restés à Magny. Utilisant une allée parallèle à la route, le Détachement Chéry est poussé jusqu'à la lisière Nord des bois de la Nannue où il déloge un adversaire remarquablement organisé et camouflé. Vigoureuse réaction de l'Artillerie adverse. En fin de journée le Détachement Chéry très isolé dans un bois infesté d'Allemands, les isolés étaient tirés à la mitraillette dans les layons, est ramené à 365 et l'installation pour la nuit est la suivante : a) P.A. du carrefour 365 aux ordres du Lieutenant Puig disposant de : - sa Compagnie ; - un Peloton de 57 ; - un Peloton de chars. Un engagement de tirs d'arrêt est prévu et réglé sur les bois qui entourent sur ses trois faces le P.A. de 365. b) Les 1er Escadron, 3e Escadron (moins un Peloton), 4e Escadron, Compagnie Charolais à Magny. c) La 7e Batterie, qui au cours de la journée a changé d'emplacement, est installe dans les lisières Sud-Est du bois de la Noie-Jannin. Cette Batterie est renforcée, pour la nuit, par le Peloton de 81 mm, chargé d'assurer sa sécurité avec le personnel dont il dispose. P.C. : Magny. La Compagnie Puig, éprouvée par ses pertes et par quatre journées de combat et de veille ininterrompus, aurait besoin de repos. L'insécurité du P.A. de 365 ne permet pas de la relever et d'assurer la défense de cette position par une Unité du Bataillon du Charolais, dont l'armement est faible et la valeur combattive médiocre.
29 Septembre 1944 : Ronchamp a été occupée la veille à 20 heures par le Groupement B. La mission du Groupement A est inchangée ; en conséquence (Ordre N° 67 282250 A) : 1) Couverte par un détachement léger d'infanterie la Section du Génie déblaiera pour 8 heures 15 la route jusqu'à la sortie des bois. 2) Le Capitaine Chéry portera aux lisières Nord du bois de la Nannue deux Pelotons de chars protégés par la Compagnie Puig (diminuée du Détachement léger). Mission : Etre en mesure de tirer à partir de 8 heures 30 sur les pentes Sud Est et Sud de la chapelle de Ronchamp. 3) Le 4e Escadron se tiendra prêt à pousser sur Recologne, accompagné par le Peloton de 57 à pied. 4) L'Artillerie poussera des observateurs à la lisière du bois pour être en mesure de participer par ses feux à la défense du P.A. de la chapelle de Ronchamp. Malgré sa nuit de veille la Compagnie Puig entraînée par son Chef, repart en avant à 7 heures 45 dans le brouillard qui laissait une visibilité de cent mètres à peine. L'ennemi surpris par l'arrivée des chars, tire et s'enfuit quatre prisonniers. La lisière est atteinte : la sécurité sur le flanc droit est organisée par le Lieutenant Puig. Lorsque le brouillard se lève, permettant une observation de flanc extrêmement favorable, tous les objectifs surgissant à l'Est de la ligne chapelle de Ronchamp Recologne sont violemment canonnés. Sur la route de Recologne, le Génie poursuit son travail à 8 heures t le pont sur le Rahin aux lisières du village est atteint. Les abords et les rues sont truffés de mines et de pièges qui sont repérés et enlevés avec une habileté et un sang-froid remarquables. Conformément aux ordres reçus, la Section du Génie démine la rue Ouest qui permettra de prendre à midi la liaison avec les Eléments du Groupement B, qui occupent la sortie Ouest du village sur la route nationale 19. Sur la rue secondaire (Sud) de Recologne, le travail du Génie est stoppé dans l'après-midi par des feux d'Infanterie tirés d'une barricade située à 50 mètres Sud de la sortie Est du village. Par ailleurs une contre-attaque ennemie oblige les Eléments avancés du Groupement B à se replier sur la sortie Ouest du village. Le nettoyage et l'occupation de la portion de bois située entre la sortie du tunnel et nos Eléments déjà en place à la lisière Nord du bois, sont confiés dans l'après-midi à la Compagnie Herouart des Charolais. Cette Compagnie surprend l'ennemi à la sortie du tunnel et capture quelques prisonniers. Inquiétée sur son flanc droit cette Compagnie décroche et se regroupe au carrefour 365. Les dispositions suivantes sont prises pour la nuit : 1) P.A. du Pont de Recologne aux ordres du Sous-Lieutenant Dory : - un Peloton de chars ; - un Peloton de 57 à pied ; - un Groupe du Génie. Mission : Assurer la garde du pont et maintenir la liaison avec le Groupement B. Tirs d'arrêt préparés par la 7e Batterie sur les sorties Est de Recologne de part et d'autre de la route nationale. Mines et pièges posés par le Génie autour du P.A. 2) P.A. de la lisière Nord du bois, aux ordres du Lieutenant Puig : - une Compagnie de Zouaves ; - un Peloton de chars. Mission : Maintenir l'intégrité de la position acquise à la lisière du bois. 3) P.A. du carrefour 365 : - une Compagnie du Charolais ; - un Peloton de 81 du Régiment. Mission : Assurer la sécurité de la ligne de communication Recologne - Magny. 4) A Magny en réserve : - 1er et 3e Escadrons (moins un Peloton) ; - 4e Escadron (moins un Peloton) ; - une Compagnie du Charolais ; - P.C.: Magny ; - Artillerie, sans changement ; Nuit calme sans réaction de l'ennemi.
MISSION DU GROUPEMENT A : Maintenir des Eléments de chars aux lisières des bois de la Nannue, garder la liaison avec le Groupement B dans Recologne. Exécution : (Ordre N° 68 292100 A) : - le 3e Escadron reprendra ses positions aux lisières du bois. Sécurité assurée par la Compagnie Puig. - le Capitaine Dumesnil vérifiera l'occupation par l'ennemi de la barricade de la rue secondaire. Dans la négative, le déminage de la rue sera entrepris sans délai. Durant toute la journée chars, artillerie, mortiers effectueront sur un itinéraire de ravitaillement repéré par nos observateurs sur les pentes Sud-Est de la chapelle de Ronchamp, des tirs de harcèlement. Certains résultats peuvent être observés dans la région du cimetière de Ronchamp. La barricade est toujours occupée. Elle est soumise dans la matinée à un bombardement d'artillerie. Le coup de main sur la barricade, monté avec précision par le Sous-Lieutenant Dory, réussit vers 15 heures, avec le minimum de pertes (un blessé). Ce coup de main avait été vigoureusement appuyé par les Pelotons de chars postés aux lisières des bois de la Nannue qui canonnèrent et mitraillèrent l'ennemi qui se repliait. Le déminage et le déblaiement sont entrepris immédiatement et à 17 heures 30 l'Equipe du Génie atteint le carrefour de la route nationale 19 et la sortie du village. Une opération de nettoyage des bois de la Nannue à l'Est de notre position est menée à partir de 15 heures par un Bataillon de la D.M.I. qui appuie sa gauche à la voie ferrée et sa droite à la route Claire-Goutte - Eboulet. Une Compagnie du Charolais est intercalée entre notre position et la Compagnie de gauche de ce Bataillon pour assurer la liaison. L'opération du Charolais est réalisée sans pertes. Les dispositions suivantes sont prises pour la nuit : 1) P.A. de Recologne, aux ordres du Capitaine Dumesnil, disposant de : - son Escadron, moins un peloton ; - le Peloton de 57 à pied ; - la pièce de 57 du 1er Escadron ; - le Peloton de 81 mm ; - un Groupe du Génie. Mission : Assurer la défense du village et la liaison avec le Groupement B. Tirs d'arrêt de l'artillerie inchangés. Tirs d'arrêt de mortiers réglés sur la sortie Est du village. 2) P.A. de la lisière du bois de la Nannue : une Compagnie du Charolais renforcée d'un Groupe de Zouaves. Mission : sans changement. 3) En réserve à Magny : - 1er Escadron, 3e Escadron, un Peloton du 4e Escadron ; - Compagnie de Zouaves (moins un groupe) ; - une Compagnie du Charolais. 4) P.C. : Magny : Artillerie sans changement. Nuit très calme.
1er Octobre 1944 : MISSION DU GROUPEMENT A : Maintenir les positions acquises en attendant d'être relevé et la mise en réserve de Division. Exécution : Ordre N° 69 302000 A. Dispositif sans changement. Après avoir recueilli un renseignement d'habitant, une patrouille à pied pousse à 9 heures jusqu'à l'église de Ronchamp qu'elle atteint sans rencontrer d'Allemands. En fin de journée, à 18 heures 15, une contre-attaque menée sur Recologne par une Compagnie est stoppée à 50 mètres de nos premiers éléments, par les feux ajustés de la défense et par les tirs d'arrêt des mortiers. En attendant la relève, les dispositions suivantes sont prises : 1) P.A. de Recologne : Mission et garnison sans changement. Commandement du P.A. assuré par le Chef d'Escadrons Rouvillois. 2) P.A. de la lisière du bois : deux Sections du Charolais. Mission sans changement. 3) En réserve à Magny : la Compagnie de Zouaves, P.C. léger : Magny. Les 1er, 2e et 3e Escadrons ont gagné en fin d'après-midi leurs emplacements de repos dans la Région Les Baraques - La Goulotte. Nuit calme.
2 Octobre 1944 : Le Commandant de la Brigade de la D.M.I. libère les derniers Eléments du Groupement A à 8 heures 30. La Garnison de Recologne regagne la zone de stationnement du Régiment à 11 heures 15. Pendant la période du 28 septembre. au 1er octobre le 2e Escadron a participé à la défense de la position de la chapelle de Ronchamp et de Recologne, en soutien du Groupement B. Les feux de ses canons sont appliqués sur les pentes Nord et Sud du mamelon. Un Peloton exécute des tirs d'interdiction à 6 000 mètres sur la route nationale 19 et un P.C. allemand aux quatre maisons, sortie Est du bas des côtes est violemment bombardé. Après huit jours de durs combats le Groupement A a libéré trois villages, nettoyé une forêt, progressé de 8 kilomètres et atteint les objectifs qui lui avaient été fixés. Par sa présence sur le flanc de l'ennemi et les tirs ajustés de l'artillerie et des chars, il a contribué efficacement à la défense du point d'appui de la chapelle de Ronchamp. Il a infligé des pertes sévères à l'ennemi, capturé une soixantaine de prisonniers, détruit ou capturé une dizaine de bazookas et deux mitrailleuses. Les pertes pour le 5e R.C.A. ont été les suivantes : Personnes tués : deux Aspirants, deux Sous-Officiers, cinq Troupe. blessés : six Officiers, cinq Sous-Officiers, dix-huit Troupe. Matériel : le char léger " Lyonnais " détruit, le char léger " Auvergne " endommagé, récupérable, les chars moyens " Montluc " et "Versailles " endommagés, récupérables, un Dodge sauté sur mine, irrécupérable. En fin de soirée le Régiment est regroupé dans la Région Nord de Lure : - P.C. : Château des Grands Bois à Bas-Dessus ; - Etat-Major : Bas-Dessus ; - 1er et 4e Escadrons La Goulotte ; - 2e et 3e Escadrons : Aux Barraques ; - T.C. et TR. : Lure. Le Régiment est en réserve de Division et consacre son activité a' la remise en ordre de son matériel.
3 Octobre 1944 : Sans changement.
4 Octobre 1944 : Par télégramme officiel du Général, Commandant la 1ère A.F., transmis par note de service N° 339/I en date du 29 septembre 1944 au Général, Commandant la 1ère D.B. 1) Le Général Sudre est affecté comme Général-Adjoint au Général, Commandant la D.B. 2) Le Colonel Désazars de Montgailhard est affecté au Commandement de la Brigade de Chars et du C.C. 1. 3) Le Colonel Désazars de Montgailhard prend son Commandement le 20 octobre 1944 à 0 heure. 5 Octobre 1944 : Ordre N° 164 : Le Chef d'Escadrons de Beaufort reprend à la date de ce jour le Commandement du Régiment.
6 Octobre 1944 : Est promu à titre temporaire et à titre exceptionnel pour prendre rang du septembre 1944 : Cavalerie : Au grade de Lieutenant-Colonel, le Chef d'Escadrons Grout de Beaufort Henri, Marie, Guy.
7 Octobre 1944 : Le Capitaine Méhu de Beaujeu est affecté à l'E.H.R.-Etat-Major, en réserve de Commandement. Le Lieutenant d'Active Brassard de Corbigny Antoine est affecté au 1er Escadron. Le Lieutenant d'active Ronsin du Châtelle Roland est affecté au 2e Escadron. L'Aspirant d'Active de Guillonnière Serge passe du 3e Escadron à l'E.H.R. Etat-Major (Peloton de 57).
10 Octobre 1944 : Par Ordre N° 10.2200 A du C.C. 2, un Escadron est mis à la disposition du Colonel Kientz, Commandant un Groupement, qui opère sur l'axe Bois-Le-Prince - Château-Lambert. Le reste du Régiment passe en réserve de Division dans la Région de Faucogney. L'Escadron Chéry est désigné par message n° 2.330 A. Il quitte son cantonnement le 11 octobre, à 7 heures, pour Coravillers, d'où il est aiguillé vers Bois-Le-Prince, face à Château-Lambert.
11 Octobre 1944 : A 13 heures 15, le reste du Régiment fait mouvement sur Faucogney. Le 1er Escadron est poussé sur Amont.
12 Octobre 1944 : Le Peloton de Mortiers de 81 de l'Etat-Major, est mis à la disposition du Groupement Kientz, ainsi que deux Groupes de 57.
13 Octobre 1944 : Le Q.G. de la 1ère D.B. venant s'installer à Faucogney, le Régiment est poussé sur la Longine. Moins le 1er Escadron, qui demeure à Amont. Par Avis de mutation N° 557/1 en date du 10 octobre 1944, de M. le Général, Commandant la 1ère D.B., le Capitaine de réserve Méhu de Beaujeu est muté à l'Etat-Major de la 1ère D.B. (5e bureau).
15 Octobre 1944 : Par Avis de mutation N° 33917/s en date du 28 septembre 1944 de M. le Général, Commandant la 1ère A.F., le Sous-Lieutenant de Cavalerie Tabuteau Michel, venant du B.C.R.A., est affecté au 5e R.C.A. Cet Officier est affecté au 2e Escadron. Le Sous-Lieutenant de Cabrol, évacué le 21 août sur le XVe Bataillon médical à Cuers, sortant de l'hôpital, rejoint son Unité, le 1er Escadron.
16 Octobre 1944 : Par Avis de mutation N° 25167/I C.N., en date du 11 octobre 1944, de M. le Général, Commandant la 1ère Armée Française, le Colonel Kientz André, Commandant le 5e R.C.A., est affecté à la 1ère D.B., et prend le Commandement du C.C.2 et de la Brigade de Soutien. Le Lieutenant-Colonel de Beaufort, Commandant en second, prend le Commandement du 5e R.C.A.
18 Octobre 1944 : L'Escadron Pazzis, relève l'Escadron Chéry de ses emplacements de Bois-Le-Prince, face à Château-Lambert. L'Escadron s'installe à la Longine.
19 Octobre 1944 : En exécution de la Note de Service N° 790/I, le Chef d'Escadrons Rouvillois, détaché à l'Etat-Major du C.C. 1, réintègre le 5e R.C.A.
20 Octobre 1944 : Par Note de service N° 115 bis/O.P .S., en date du 20 octobre, le 5e R.C.A quitte sa situation (réserve de Division) pour être remis à la disposition du C.C.2.
21 Octobre 1944 : En exécution de l'Ordre d'opération N° 27, en date du 19 octobre, l'Escadron Dumesnil relève l'Escadron du 2e Cuirassiers dans le sous-secteur Labarthe - Fédrupt. L'Escadron Pazzis et le Peloton 81 restent dans le sous-secteur Kientz.
25 Octobre 1944 : En exécution des prescriptions de l'Ordre 232000 A du C.C. 2, le Régiment passe en réserve du 2e C.A. dans la nuit du 24 au 25 octobre, dans la Région de Auterive-Meyvillers. Le P.C. et les Escadrons de combat (moins le 3e Escadron) font mouvement pour stationner dans cette Région par l'itinéraire : Coravillers, Col du Mont-de-la-Fourche, Rupt, Maxonchamp, Remiremont (par la route nationale 66), Saint-Etienne-de-Remiremont, Celles, où ils arrivent en fin de matinée. Le P.C. s'installe à Auterive (Filature Bielger) ; - le 1er Escadron à Meyvillers ; - le 2e Escadron à Celles ; - le 3e Escadron mis à la disposition de la D.M.I. demeure à la Longine, où il se tient prêt à intervenir sur ordre du Général, Commandant le 2e C.A. En exécution de l'Ordre N° 241901 de la D.B., cet Escadron en réserve à la Longine, détache un Peloton de Chars à la Côte, qui prend liaison en ce point, avec le Commandant du sous-secteur intéressé. Le Peloton Lousteau est chargé de l'exécution de cette mission. Le 4e Escadron, dont la relève s'effectuera le lendemain, après entente avec le Colonel, Commandant le 9e R.C.A., fait mouvement de Fedrupt sur Auterive le 26 dans la matinée. Les T.C. et T.R. se fixent à Raon-aux-Bois et la Racine, où ils se rendent par Luxeuil, Fougerolles, Plombières. Dans l'éventualité d'une intervention du C.C. 2 au profit de la 3e D.I.A., le Lieutenant-colonel, Commandant le 5e R.C.A., reçoit le Commandement d'un détachement comprenant : - un Escadron moyen du 5e R.C.A. ; - le 1er Bataillon de Zouaves ; - un Peloton du 3e R.C.A. ; - un Peloton du 9e R.C.A. Le reste du Régiment aux ordres du Chef d'Escadrons de Menditte, demeure à la disposition du Colonel, Commandant le C.C. 2. En exécution des prescriptions de l'Ordre particulier N° 1248/3 du C.C. 2 du 29 octobre 1944, le Détachement Beaufort devra être en mesure d'agir en, cas d'avance ennemie, et sur ordre du Colonel, Commandant le C.C. 2 : - soit au profit du G.T.4 (Colonel Bonjour) de la 3e D.I.A. à l'Est et au Nord de Vagney ; - soit au profit du G.T.3 (Colonel Guillebaud) en direction générale de La Bresse ; - soit au profit du G.T.1 (Général Duval) en direction générale de Saulxure, Cornimont, Saulxure, Ventron. En conséquence, des reconnaissances actives sont poussées par le Colonel et les Officiers de son Etat-Major dans tout le secteur où le Régiment aurait à intervenir. La liaison est prise avec les Commandants de Groupements.
27 Octobre 1944 : Le Lieutenant Foerst Edouard, blessé et évacué le 5 septembre 1944, rayé des contrôles du Corps le 17 septembre, a rejoint le Régiment à sa sortie de l'hôpital de Mâcon le 25 octobre 1944. Cet Officier est réaffecté à son Unité, le 3e Escadron.
28 Octobre 1944 : Le Lieutenant Rouland, du 2e Escadron, passe à l'E.H.R.- Etat-Major, à cette date.
31 Octobre 1944 : Au cours d'une reconnaissance dans la Région du Haut-du-Tot, le Lieutenant-Colonel de Beaufort, le Commandant de Menditte, le Commandant Rouvillois, le Lieutenant Rouland et le Lieutenant Richter, imprudemment guidés par le Lieutenant Maître de l'Etat-Major du 2e R.S.A.R., ont déclenché le tir d'un canon automoteur de gros calibre en abordant une crête en vue de l'ennemi ; Le Lieutenant Richter a été légèrement blessé par un éclat dans le cou. En exécution des prescriptions de l'Ordre de mouvement N° 0200 A du C.C. 2, le Régiment fait mouvement sur Vellexon et Charentenay par l'itinéraire : Rupt-sur-Moselle, Col de Fourche, Faucogney, Luxeuil, Vesoul, Grandvelle (18 kilomètres Ouest de Vesoul). Le P.C. s'installe à Vellexon avec le 2e et 3e Escadrons. Le 4e Escadron s'établit à Queutrey. Le 1er Escadron, les T.C. et T.R. s'installent à Charenteney. Les hommes se reposent et l'entretien du matériel est poussé activement.
4 Novembre 1944 : Le Sous-Lieutenant de Montalembert Henry de l'E.H.R.- Etat-Major, passe au 1er Escadron.
6 Novembre 1944 : Par Avis de mutation N° 1228/I en date du 4 novembre 1944, de M. le Général, Commandant la 1ère D.B., le Capitaine Berthet Henri, de l'Etat-Major de la 1ère D.B. est affecté au 5e R.C.A.
13 Novembre 1944 : A 7 heures, le Régiment fait mouvement sur le Camp du Val-Dahon par Frétigney, Oiseley, Mésizey, Besançon, où il arrive vers 10 heures pour une mission inconnue. Vers midi, on apprend que le Général de Gaulle, accompagné de hautes personnalités alliées passera en revue le Régiment ainsi que des Détachements de F.F.I. Il neige et le ciel est couvert. Dans l'Allée centrale du Camp, le Régiment est aligné sur un rang, les chars légèrement en oblique, le canon perpendiculaire au bâtiment. En face un Bataillon de la Légion avec musique et drapeau et quelques F.F.I. Après deux heures d'attente, vers 17 heures, le Général de Gaulle, accompagné de Monsieur Winston Churchill, Premier Britannique, du Général de Lattre, des Généraux Juin, du Vigier, de Vernejoul et Molle (F.F.I.), arrivent au camp, passent les Troupes en revue, assistent au défilé, spectacle impressionnant à la nuit tombante. Vers 21 heures, le Général de Lattre transmet téléphoniquement au Colonel de Beaufort, par l'intermédiaire du Commandant du Camp, l'expression de sa vive satisfaction.
14 Novembre 1944 : A 14 heures, le Régiment quitte le Val-Dahon pour par l'itinéraire : Avoudrey, Pierrefontaine. Le 1er Escadron et le T.C. cantonnent à Charmoille, les 3e et 4e Escadrons à l'Aviron. 16 Novembre 1944 : ORDRE N° 176 Officiers, Sous-Officiers, Brigadiers, Trompettes et Chasseurs, " J'ai la profonde douleur de vous faire part de la mort du Colonel Désazars de Montgailhard, tué à l'ennemi devant Héricourt le 15 novembre 1944. Conservez pieusement le souvenir de ce Chef de grande valeur, qui vous a formé et instruit. Et souvenez-vous pour l'exécution mieux encore, du dernier ordre qu'il vous a donné en vous quittant, le 7 mai 1944 " Quoi qu'il advienne, restez disciplinés et forts, grandissez-vous toujours, aidez-vous généreusement les uns les autres. " L'Ordre particulier du 16 novembre, 23 heures, du Colonel, Commandant le C.C. 2, donne au Colonel de Beaufort le Commandement d'un Groupement comprenant : - le 5e R.C.A., moins un Escadron ; - le 1er Bataillon du 1er Zouaves, moins une Compagnie ; - le III/68e d'Artillerie, moins une Batterie ; - l'Escadron de reconnaissance Ardant ; - l'Escadron de T.D. Giraud ; - la 1/88e Génie, moins une Section ; - un Escadron de reconnaissance du R.I.C.M.; - un Bataillon du 9e Zouaves sera mis ultérieurement à la disposition du Groupement pour assurer le nettoyage et l'occupation des positions conquises. La mission comporte : La mise à la disposition du 9e Zouaves, d'un Escadron de chars pour l'attaque de Thulay et d'Hérimoncourt. Une action d'exploitation ultérieure en direction de Morvillars, lorsque le pont d'Hérimoncourt aura été livré par l'infanterie. Le Groupement est ainsi articulé dès le départ : Sous-Groupement A aux ordres du Chef d'Escadrons de Menditte, comprenant : - le 1/3e R.C.A. ; - le 3/5e R.C.A. ; - la Compagnie Puig du 1er Zouaves ; - une Section du Génie. Un Sous-Groupement B aux ordres du Chef de Bataillon Barbier. - le 4/5e R.C.A.; - une Compagnie du I/1er Zouaves ; - un Escadron de reconnaissance du R.I.C.M. ; - une Section du Génie. Un Sous-Groupement C aux ordres du Capitaine Madon du 1er Zouaves, comprenant : - le 1/5e R.C.A. ; - le 3/9e R.C.A. ; - la Compagnie d'appui du 1er Zouaves ; - le III/68e, moins une Batterie.
17 Novembre 1944 OPERATIONS DU 17 NOVEMBRE 1944 Le Groupement A a pour mission de s'emparer de Vaudoncourt, puis de progresser sur l'axe Dasle, Méziré, Morvillars. Le Groupement B débouchera après la prise de Vaudoncourt et prendra pour objectif Montbouton, Fèsches-l'Eglise, puis, suivant la situation, portera son effort soit sur Grandvillars soit sur Delle. Vers 11 heures, les chars du 3e Escadron, qui accompagnent le 9e Zouaves, sont parvenus sur les hauteurs qui dominent Hérimoncourt. L'ordre est donné au Groupement A de se porter sur Hérimoncourt et de déboucher sur Vaudoncourt. L'embouteillage des routes, retarde la reconnaissance qui doit démarrer en tête. En définitive c'est le 3/5e R.C.A. qui, repassant par Thulay, s'assure du Pont d'Hérimoncourt. (Les détails de l'engagement du Groupement A sont donnés à la suite, dans le journal particulier de ce Groupement.) A 14 heures 30, la reconnaissance, qui a enfin rejoint, débouche. Elle est arrêtée à 14 heures devant Vaudoncourt par une défense solidement organisée. Le Commandant du Groupement A reçoit l'ordre d'attaquer, Le Groupe III/68e, qui doit l'appuyer signale qu'il est bloqué à Thulay par l'embouteillage de la route et qu'il n'a pas pu prendre les positions de tir prescrites. Il est fait appel à l'Artillerie de la 9e D.I.C., mais à 16 heures, les tirs ne sont pas encore déclenchés. Le Groupement Le Puloch qui devait progresser parallèlement par Saint-Dizier - Lebetain, est détourné et l'ordre est donné de lui donner un créneau derrière le Groupement A par Thulay, Hérimoncourt, d'où il se rabattra sur Abevillers, Croix, Saint-Dizier. L'embouteillage qui résulte de ce nouvel afflux de véhicules empêchera le passage du Groupement Barbier jusqu'à 16 heures. Le Groupement C ne pourra rejoindre que dans la nuit. Le Groupement A étant arrêté devant Vaudoncourt, le Groupement B reçoit dès son arrivée, l'ordre de pousser une reconnaissance sur Seloncourt, puis si Seloncourt est libre, sur Dasle. A 17 heures 15 le Groupement A signale qu'il occupe Vaudoncourt. Deux canons antichars de moyen calibre ont été pris. Une reconnaissance poussée sur Dasle rend compte que le village est occupé. L'heure tardive empêche de monter une attaque. Le Groupement B signale que Seloncourt est tenu. Il reçoit l'ordre de ne pas insister et de rejoindre le Groupement A à Vaudoncourt, prêt à déboucher le lendemain, dès l'aube, en direction de Grandvillars. Le Groupement C reçoit l'ordre de pousser sur Hérimoncourt, sortie Nord-Est. Le P.C. des Groupements A et B à Vaudoncourt. Le P.C. du Lieutenant-Colonel, Commandant le Groupement, sortie Nord-Est d'Hérimoncourt.
17 Novembre 1944 : RAPPORT D'OPERATIONS DU GROUPEMENT A En exécution de l'Ordre particulier du 162300 A du C.C.2, le Sous-Groupement A est constitué aux ordres du Chef d'Escadrons de Menditte et comprend les éléments suivants : - 1/3e R.C.A. ; - 3/5e R.C.A. ; - 1ère Compagnie du 1er Zouaves ; - la 2/1 du 83e Génie ; - ultérieurement la 7e Batterie du 3/68e. Le Sous-Groupement A se porte de la Région de Sancey, La Violette, Charmoille, dans la Région Noirefontaine, Pont-de-Roide, Roide, où la tête des Eléments arrive à 7 heures 30. Liaison avec le Colonel, Commandant le 9e Zouaves, à Haute-Chaux, à 8 heures. Le 3e Escadron reçoit mission d'appuyer l'attaque de l'objectif 02, menée par un Bataillon du 9e Zouaves en direction de Thulay, Hérimoncourt. L'attaque débouche 9 heures de Roches-les-Blamont. Thulay est pris à 10 heures. Vive réaction au débouché de Thulay - Hérimoncourt, attaqué par l'Ouest par l'Infanterie, et par le Sud par le 3e Escadron, renforcé de la 1ère Compagnie du 1er Zouaves, est libéré à 14 heures 30. Le Sous-Groupement A peut rentrer en action. La reconnaissance, découplée sur l'axe Hérimoncourt - Vaudoncourt, est arrêtée 14 heures 45 à 1000 mètres Ouest de Vaudoncourt par des résistances ennemies, renforcées d'armes antichars. La reconnaissance signale en outre une batterie 105 à la sortie Sud du village. Des tirs sont demandés à 14 heures 50 pour écraser ces résistances. L'Artillerie, qui appuie le Sous-Groupement A n'est pas l'Artillerie organique du C.C. 2. Il en résulte de longs retards et finalement à 16 heures 30 l'attaque de Vaudoncourt est déclenchée sans appui d'Artillerie. Un habile mouvement débordant du Peloton d'Aram, verrouille la ligne de retraite vers Dasle. L'ennemi abandonne le village qui est nettoyé et occupé à 17 heures 10. Un canon de 75 P.A.K. 40, un canon de 76,2. russe, quelques véhicules automobiles, tombent entre nos mains. La reconnaissance est poussée sur Dasle, dont elle atteint les premières maisons à 18 heures. Il fait nuit et devant la menace d'armes antichars, renforcées d'une quarantaine d'hommes, la reconnaissance se regroupe à Vaudoncourt. Installation en point d'appui fermé. Dans la soirée le Sous-Groupement A est renforcé du Sous-Groupement B. Pertes de la journée : néant. Nuit calme. Seul incident Une voiture allemande qui se présente à un de nos postes est incendiée, quatre prisonniers.
18 Novembre 1944 : L'Ordre d'opérations pour la journée du 18 novembre est donné en annexe. Le Groupement A a pour objectif Morvillars, le Groupement B a pour objectif Fèsches-l'Eglîse, puis, suivant les circonstances, Grandvillars ou Delle. Le Groupe III/68e qui a fait mouvement dans la nuit, est à 7 heures 30 en batterie au Sud de Vaudoncourt, prêt à appuyer notre avance. OPERATIONS DU GROUPEMENT A Journée du 18 novembre 1944. La progression reprend sur l'axe Dasle - Dampierre - Méziré - Morvillars. La reconnaissance du 1/3e R.C.A. est découplée à heures 15. Dasle évacué, est occupé à 8 heures. Des reconnaissances sont immédiatement poussées sur Dampierre, Seloncourt, Audincourt, Etupe. Dampierre est occupé à 9 heures 30. La reconnaissance aidée par un Groupe du Génie réussit à empêcher l'ennemi de faire sauter le pont, voie ferrée, sur la route Dampierre - Le Rondelot. Etupe est atteint par la reconnaissance à 9 heures 30. Quelques Eléments légers ennemis sont encore retranchés dans des maisons. Une Section de la Compagnie de Zouaves est envoyée pour nettoyer le village. Cette opération est terminée à 10 heures 30. Un important matériel auto et de dépannage a été récupéré. Seloncourt et Audincourt ont été reconnus libres par les reconnaissances du 3e R.C.A., qui avaient reçu pour mission de renseigner sur les flancs du Sous-Groupement. Sur l'axe principal la progression continue jusqu'aux lisières Sud du Rondelot. Les deux ponts sur la Feschotte sont coupés. Un passage est reconnu à travers l'Usine, 400 mètres Sud des ponts, mais en débouchant, les snipers font subir des pertes sérieuses au Groupe du Génie, qui suivait dans le sillage de la reconnaissance. Entre temps la reconnaissance signale que les ponts de Fèsches sont sautés. Ce renseignement est inexact. Les ponts sur Méziré étaient intacts et auraient permis d'atteindre les objectifs fixés sans livrer un combat pour forcer le passage au Rondelot. En possession de ces renseignements inexacts, le Commandant du Sous-Groupement A décide de forcer le passage du Rondelot. Se couvrant par le feu en direction des bois Nord-Est de l'usine, le nettoyage du village est conduit par deux Pelotons de chars et deux Sections de Zouaves, appuyés par les feux de la 7e Batterie. L'opération commence à 12 heures 15. Elle est conduite méthodiquement. Le Rondelot et Le Grand-Comptoir sont libérés et le nettoyage des bois à l'Est du Rondelot est entamé. Opération lente, car la réaction des tireurs ennemis et des minens est vive. A 14 heures 30 les localités sont nettoyées et les Zouaves sont installés en flanc-garde dans les bois de la lisière Est. Sur l'axe de marche, au lieu dit "Le gros chêne ", les chars se heurtent à un large fossé antichars. La décision est prise à 15 heures 15 de pousser sur Méziré par l'itinéraire Ouest. Cette opération est confiée au 1er Escadron, moins un Peloton, qui a mission de surveillance au Nord-Est de Dampierre. L'Escadron Moreau atteint Méziré à 16 heures et prend le village sans soutien d'Infanterie malgré une violente défense antichars armés de trois 75 P.A.K. A 16 heures 30, la progression au Nord de Méziré est arrêtée par un large et profond fossé antichars. Pendant que se déroulent les opérations du Rondelot, de Méziré, la population civile, sous l'impulsion du Médecin-Capitaine Aubert, a établi un passage sur la rivière permettant le passage de tous les véhicules, sauf les chars moyens, qui utilisent le passage de l'usine, toujours sous le feu ennemi. De son côté la Section du Génie du Sous-Lieutenant Sborgi a rétabli un passage sur le fossé du "Gros - Chêne", qui permet aux Eléments mixtes, chars moyens - Zouaves de gagner Méziré par l'itinéraire direct. Les dispositions suivantes sont prises pour la nuit : Point d'appui de Méziré (aux ordres du Capitaine, Commandant le 3/5e - 1ère Compagnie de Zouaves ; - 1er Escadron ; - 3e Escadron. Point d'appui du Rondelot (aux ordres du Capitaine, Commandant le 1/3e R.C.A. - Escadron de reconnaissance, qui sera renforcé dans la nuit par la 1ère Compagnie du 9e Zouaves). Point d'appui de l'usine aux ordres du Sous-Lieutenant Hervouet) : - Mission : Assurer la sûreté de la ligne de communication. Le Rondelot -Dampierre - Peloton de 57 ; - Peloton de 81 mm. Malgré les précautions prises, l'installation de la garnison de ce Point d'appui nous coûte quelques pertes. P.C. du Groupement : Méziré. Les pertes du Groupement A sont les suivantes : 1/3e R.C.A. : un Sous-Officier tué, un Sous-Officier blessé, un blessé, un blessé non évacué. 1/88e Génie : trois tués, trois blessés, deux blessés non évacués. 1/1er Zouaves : un tué, quatre blessés. 1/5e R.C.A. : trois tués, 1 blessé, un Sous-Officier blessé non évacué : Peloton de 57 (5e R.C.A.) : un Sous-Officier tué, deux tués, deux blessés. Deux chars légers touchés, dont un récupérable. Du côté ennemi : Nombreux cadavres, une quinzaine de prisonniers, trois P.A.K. 40 et quelques véhicules automobiles et de nombreux bazookas. Nuit calme. Le travail entrepris par les F.F.I. de Méziré pour combler le fossé antichar doit être interrompu, car il provoque une réaction de feux d'infanterie. OPERATIONS DU GROUPEMENT B : Le Groupement B progresse rapidement jusqu'à Fèsches-l'Eglise, où il est arrêté par des tirs de minen et d'A.A. Une attaque est montée. La C.A. du 1er Zouaves est remise à la disposition du Groupement B. L'Escadron du 3/5e R.C.A. prend position sur les hauteurs Nord de Beaucourt pour l'appuyer de ses feux. Le 3/68e se met en batterie dans la même région. L'ennemi ne résiste pas longtemps et se replie devant la menace des chars et de l'Infanterie. A 13 heures la nouvelle de la prise de Delle parvient. Le Groupement B reçoit l'ordre de pousser sur Grandvillars. Le débouché est retardé par le passage du fossé antichars, dont le passage doit être renforcé par le Génie pour être praticable aux chars. Le Groupement atteint et nettoie Grandvillars vers 16 heures et, renforcé par la C.A. du Zouaves, reçoit l'ordre : - de pousser des reconnaissances sur Morvillars, Froidefontaine et Vellescot ; - d'attaquer le cas échéant Morvillars par le Nord-Est pour aider le Groupement A ; - de laisser une garnison à Grandvillars. La reconnaissance est arrêtée devant Morvillars par des tirs de minens et d'armes automatiques et n'insiste pas. Les chars du 4e Escadron s'engagent sans appui. Un de ses pelotons parvient sur la piste de Méziré jusqu'au fossé antichars et prend à partie l'ennemi qui se replie, mais ne peut pousser plus loin. Le Peloton Dory arrive à pénétrer dans la partie Nord de Morvillars, détruit trois canons de 75 P.A.K. Le Sous-Lieutenant Dory est grièvement blessé. Le Peloton, au soir, reçoit l'ordre de se replier sur Grandvillars. La reconnaissance sur Froidefontaine et Vellescot n'a pas été envoyée par le Commandant du Groupement B. Le stationnement en fin de journée est le suivant : Groupement A : Méziré - Le Rondelot - Dampierre ; il est renforcé par une Compagne puis un Bataillon de Zouaves. Groupement B : Grandvillars. Groupement C : Fèsches-l'Eglise. Artillerie : Région Dampierre - Fèsches-l'Eglise. P.C. du Lieutenant-Colonel, Commandant le 5e R.C.A. : Beaucourt.
OPERATIONS DU 19 NOVEMBRE 1944 : L'articulation du Commandement est modifiée comme suit : Le Lieutenant-Colonel, Commandant le 5e R.C.A., prend sous son commandement un Groupement composé : - du 5e R.C.A., moins un Escadron moyen ; - de la 1ère Compagnie du 9e Zouaves ; - du Groupe d'Artillerie III/68e , moins une batterie ; d'un Bataillon du 9e Zouaves. La mission du Groupement est d'abord de prendre Morvillars à tout prix, ensuite de pousser vers le Nord, dans la mesure possible. Le Lieutenant-Colonel donne les ordres suivants : 1) Le 9e Zouaves relèvera le Groupement Menditte le 19 novembre à l'aube et attaquera Morvillars ; l'objectif du 9e Zouaves est la partie du village située au Sud de l'église. Heure H : 10 heures. 2) Le Groupement Menditte, composé du 3/5e R.C.A., de la 1ère Compagnie du 9e Zouaves, d'une Section du Génie et de la Batterie d'Artillerie Honsel, attaquera Morvillars en partant de Grandvillars. Objectif : Partie Nord du village. 3) Les Eléments disponibles : 1/5e R.C.A., 2/5e R.C.A., Peloton de 57, Peloton de Mortiers restent en réserve dans les bois au Sud de Grandvillars aux ordres du Capitaine de Pazzis. L'attaque du 9e Zouaves, partie très tard échoue. L'attaque du Groupement Menditte est rapportée plus loin dans le journal de marche du Groupement. Vers midi, le nettoyage de Morvillars étant amorcé favorablement, le Capitaine de Pazzis, disposant du 1/5e R.C.A. et du Peloton de 57, qui travaillera à pied comme Infanterie d'accompagnement, reçoit l'ordre de reconnaître et d'attaquer si nécessaire Froidefontaine, Brebotte et Recouvrance. Puis une fois ce premier objectif atteint, de prendre liaison à Grosnes avec le Groupement Barbier, qui a progressé sur Vellescot. Ce Groupement rencontre une vive résistance de l'ennemi qui dispose de plusieurs armes antichars, de mortiers et d'Artillerie. Trois chars légers sont détruits en essayant d'aborder Froidefontaine et l'attaque doit être stoppée en attendant l'intervention de notre Artillerie qui pilonne les lisières Est de Froidefontaine où des armes antichars sont signalées. Une nouvelle attaque de nos chars, accompagnés par les Equipes de 57, réussit ; deux canons antichars P.A.K. 40 et une dizaine de prisonniers sont capturés. L'avance se poursuit immédiatement sur Brebotte et Recouvrance. Ces deux villages sont pris malgré une vigoureuse défense ennemie, appuyée par des tirs très denses de mortiers et d'Artillerie. Un char moyen et deux légers sont touchés par les antichars. Le Capitaine Moreau, Commandant le 1/5e R.C.A. est très gravement blessé. Le nettoyage est terminé dans la nuit, à la lueur des incendies. Deux canons de 75 P.A.K. 40 sont encore pris, ainsi que deux mortiers de 120. Plusieurs prisonniers restent entre nos mains. Le 19 octobre, au soir, le Groupement stationne dans les conditions suivantes : - Sous-Groupement Menditte : partie Nord de Morvillars ; - Sous-Groupement Pazzis : Froidefontaine - Brebotte ; - P.C. du Groupement : Grandvillars. - Pertes du Groupement Pazzis pour la journée du 19 novembre : - 2e Escadron : un blessé. - 1er Escadron : cinq tués, 8 blessés. - Peloton de 57 : 3 tués, 1 blessé.
OPERATIONS DU GROUPEMENT A Journée du 19 novembre 1944. Le Xe Bataillon du 9e Zouaves, qui a été poussé sur le Rondelot, grâce aux camions du Peloton de 57, arrive à relever le Sous-Groupement A à 7 heures 30. Le 1/3e R.C.A. a été remis à la disposition du C.C. 2 dans la nuit. Le 1/5e R.C.A. reçoit une autre mission. A 8 heures le Sous-Groupement A se porte à la sortie Sud de Grandvillars. Mission : Attaquer Morvillars. Axe d'attaque : la grand'route. Nettoyer la portion de village au Nord de l'Allaine et faciliter par cette action l'attaque menée par le Bataillon du 9e Zouaves sur l'axe Méziré - Morvillars. Appui des feux de deux Batteries du 3/68e. L'attaque est déclenchée à 11 heures 25. Au Sud de la route, les prairies détrempées ne permettent pas le déploiement des chars. Au Nord la route s'appuie à la voie ferrée et à des bois. Le Peloton de chars de tête est soumis au tir d'un 75 P.A.K. 40 bien embossé, qui touche trois chars sur cinq. Le canon est détruit. Le nettoyage commence. Dans la partie Nord du village l'opération réussit malgré la présence d'un canon de 88, d'un canon de 75 P.A.K. 40 et de plusieurs canons de calibre inférieur. Le long de la voie ferrée et de la grand'route, deux Sections de Zouaves mènent une opération coûteuse, car elles sont soumises à des feux d'Infanterie extrêmement bien ajustés et meurtriers. Toute l'après-midi, la défense ennemie est soumise à des tirs extrêmement efficaces de l'Artillerie et des chars. Un tir fusant sur les positions à contre-pente au Sud du village est remarquablement ajusté par le Capitaine Honsel. Le Bataillon de Zouaves attaquant du Sud au Nord, ne progresse pas. A 17 heures les objectifs sont atteints et nettoyés. Le Sous-Groupement s'installe pour la nuit en deux Points d'appui fermés : - Un Point d'appui Sud (aux ordres du Lieutenant Foerst) : - un Peloton de chars ; - deux Sections de Zouaves ; au carrefour de la station de Morvillars. Un Point d'appui Nord (aux ordres du Capitaine Cléry) : - deux Pelotons de chars ; - une Section de Zouaves. P.C. du Sous-Groupement dans le Point d'appui Nord. Les pertes de la journée sont les suivantes : 1er Zouaves : un Officier (Lieutenant Riffel) blessé mortellement, cinq tués, huit blessés. 3e Escadron : un tué, un Sous-Officier blessé. Les trois chars touchés sont récupérables. Du côté ennemi : un canon de 88, deux canons de 75 P.A.K. 40, plusieurs canons de calibre inférieur, plusieurs véhicules, de nombreux cadavres sont identifiés sur le terrain, une dizaine de prisonniers. Nuit calme. Nombreux tirs d'Artillerie. En raison de l'insécurité de la route, il n'est pas fait de ravitaillement de nuit.
GROUPEMENT B OPERATIONS DU 20 NOVEMBRE 1944 Les Allemands ont évacué pendant la nuit la partie Sud de Morvillars. Le Groupement Menditte est relevé par le 9e Zouaves. Il rejoint Grandvillars pour faire ses pleins de carburant et de munitions, vers 10 heures. Le Groupement Pazzis est relevé par le Régiment de reconnaissance de la 5e D.B. et rejoint Grandvillars. A midi, le Groupement Beaufort reçoit l'ordre suivant : " La reconnaissance a atteint Chavannes-le-Grand. Poussez rapidement sur Romagny et Dannemarie. " L'opération est confiée au Détachement Menditte. Le Détachement Pazzis sera maintenu en réserve pour agir éventuellement en direction de Valdieu.
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