1935 CHAR RENAULT R 35
 
En 1933, pour assurer le remplacement des chars Renault FT de la Grande Guerre, l'autorité militaire mit à l'étude un char de six tonnes ayant les caractéristiques suivantes :
- Équipage de 2 hommes.
- Armement constitué par une mitrailleuse de 7,5 mm, ou un jumelage de même calibre, ou un canon de 37 mm CS.
- Masse : 6 tonnes dans le projet initial, portée à 8 tonnes le 22 mai 1934 avec l'adoption d'un blindage de 40 mm au lieu de 30 mm. Ce chiffre devait représenter la masse à pleine charge mais sans l'équipage ni les munitions.
- Vitesse maximale : 15 à 20 km/h.
- Autonomie minimale : 40 km.
- Pente maximale franchissable : 65 % .
- Possibilité de manœuvre sur des pentes de 40 %.
- Stabilité transversale sur des pentes de 60 %.
- Franchissement de gué de 1,20 m.
- Franchissement d'une tranchée de 1,70 m.
- Encombrement minimal.
- Chenilles entièrement métalliques.
- Pression unitaire sur sol dur : 4,5 kg/cm².
- Pression unitaire sur sol mou : 0,6 kg/cm².
- Garde au sol minimale : 35 cm.
- Moteur à essence ou gas-oil fonctionnant quelle que soit l'inclinaison.
- Autonomie de fonctionnement sans ravitaillement : 8 heures.
- Deux réservoirs de carburant capables chacun d'assurer au moins une heure de marche.
- Allumage par magnéto ou système mixte.
- Thermomètre d'eau.
- Rayon de virage : 4 m
- Freinage sur 3 m et permettant la manœuvre du char à 10 km/h sur une pente descendante de 40 %.
- Épaisseur maximale du blindage : 40 mm.
- Cloison pare-feu étanche.
- Facilité d'accès aux organes mécaniques.
- Deux issues pour l'équipage.
- Ventilation efficace.
- Surpression interne de plus de 20 mm d'eau par rapport à l'extérieur.
Quatre constructeurs participèrent à l'étude de ce nouveau matériel : Renault, les Forges et Chantiers de la Méditerranée (F.C.M.), Delaunay Belleville et la Compagnie Générale de Construction de Locomotives (Batignolles-Châtillon).
Le premier prototype présenté à la commission d'essais des matériels automobiles de Vincennes du char Renault ZM comportait un blindage de 30 mm comme prévu par le programme initial. Le général Velpry, inspecteur général de l'arme blindée, demanda presque immédiatement que ce blindage fut porté à 40mm.
Le train de roulement de cet engin était dérivé de celui de l'A.M.R. Renault ZT modèle 1934. La longueur du char était de 3,85 m, sa largeur de 1,78 m et sa hauteur de 1,92 m, avec une garde au sol de 34,5 cm. Sa masse, de 7 150 kg pour le prototype avec blindage de 30 mm, atteignit 10 tonnes avec le blindage de 40 mm.
Le moteur, un 4 cylindre 120 x 130 développait 85 CV à 2.200 tours/minute.
Le char fut expérimenté à Vincennes en janvier 1935 par le colonel Keller, futur inspecteur, général de l'arme blindée, puis au camp de Mourmelon, où, du 30 avril au 30 mai 1935, il fut passé au crible par la Commission expérimentale de l'infanterie. Selon un rapport en date du 21 mai 1935, le prototype fut considéré comme "efficace pour l'accompagnement de l'infanterie".
Seule la tourelle nécessitait quelque mise au point et les expérimentations nécessaires se poursuivirent.
Lors de sa réunion du 9 avril suivant, le Comité consultatif pour l'armement décida l'adoption immédiate du char Renault ZM à blindage de 40 mm et armement double nommé le "char léger modèle 1935 R".
Une première commande de 300 exemplaires fut passée le 2 mai 1935 à la direction des armements avec, pour objectif, de commencer au printemps 1936, le rajeunissement du parc des blindés légers. Cette décision se heurta à de nombreuses difficultés car le char Renault était bien loin d'être au point.
La technique
Le R 35 était un véhicule blindé chenillé dont la caisse comprenait 3 sections usinées par fusion et assemblées par boulons, avec un fond de protection en tôles.
L'équipage comprenait le pilote, assis à l'avant à gauche, et le chef de char-tireur, assis sur une sangle suspendue au centre de la caisse, à l'intérieur de la tourelle rotative.
Le moteur était monté à l'arrière du flanc droit, avec le radiateur sur sa gauche. L'embrayage et la boite de vitesses étaient incorporés au moteur. La force motrice était transmise de la boite de vitesses au différentiel logé à l'avant de la caisse par un arbre à joints de cardan.
Ce différentiel entraînait les barbotins par deux demi-axes et des couples réducteurs cylindriques contenus dans des boîtiers remplis de graisse lubrifiante.
Les organes de propulsion externes et la suspension comprenaient les deux barbotins. antérieurs, deux poulies de tension à l'arrière, 10 balanciers montés sur pivots fixés aux flancs du char, et portant cinq galets caoutchoutés de chaque côté. Six amortisseurs en caoutchouc maintenaient constamment la pression des galets contre les gorges des poulies. Ces dernières comprenaient deux chaînes à double rangée de dents qui couraient sur deux galets de soutien.
Comme armement, le R 35 avait donc un canon semi-automatique de 37/20 jumelé à une mitrailleuse de 7,5 mm, modèle 31, de la manufacture de Châtellerault, tous deux montés dans une casemate ménagée sur la paroi avant de la tourelle rotative.
L'emploi
Au début de la Campagne de France. l'armée disposait de 945 chars de ce type, plus 243 autres outre-mer. Le Renault 35 se caractérisait à son époque par un blindage sérieux mais aussi par une indiscutable lenteur. Son chef de char à la fois pointeur, tireur et chargeur de ses pièces, était surchargé de travail. Son optique, son habitabilité et son armement se révélèrent nettement insuffisants.
Longueur : 4,02 m. Largeur : 1,87 m. Hauteur : 2,13 m. Vitesse : 19 km/h. Poids : 10,6 t.
Équipage : 2 hommes
Bataillons équipés du Renault R 35 :
1er, 2e, 3e, 5e, 6e, 9e, 10e, 12e, 16e, 17e, 20e, 21e, 22e, 23e, 24e, 32e, 34e, 35e, 39e, 43e et 44e BCC