1938 CHAR HOTCHKISS H 39
 
 
Le HOTCHKISS H 39 est dérivé du H 35 et équipé d'un moteur plus puissant (120 CV au lieu de 75) ce qui lui donne une nouvelle silhouette. Le canon de 37mm long était monté prioritairement sur ce modèle.
Les essais du H 39 commencèrent en juillet 1938. Le moteur de 75 CV ayant été reconnu insuffisamment puissant pour donner une bonne vitesse aux 11 tonnes du H 35, il lui fut adapté un moteur, plus puissant développant 120 ch. Cette adaptation modifia légèrement la silhouette du blindé, dans son capotage arrière. Celui-ci était oblique sur le H 35, et il devint presque horizontal sur le nouveau modèle.
Sa dénomination constructeur était "Char Léger Hotchkiss 1938 Modèle H.".
La fabrication débuta semble-t-il dès octobre 1938. Il devait sortir à partir de février 1939 à raison de 75 tous les 45 jours. Il en fut encore produit 122 en mai 1940, ce qui aurait porté le total des H 39 à environ 700. Les derniers modèles, produits en catastrophe sont sortis d'usine sans garde-boues et sans pots d'échappement pour être jetés dans la bataille.
 
DESCRIPTION

Le pilote mécanicien était assis à l'avant et disposait d'un épiscope monté dans un volet oblique relevable complété par deux fentes de vision sur les côtés. Une porte transversale sur le capot et s'ouvrant vers l'avant servait d'accès au pilote.
Le chef de char disposait de la porte arrière de tourelle.
Dans le plancher un trou d'homme, pouvait servir d'issue de secours
L'outillage du lot de bord était disposé sur le pourtour de la caisse. Dénommé lot O-R c'est-à-dire Outils de Rechange, il se composait d'une bâche camouflée fixée par des courroies à l'arrière, d'une pelle, d'une hachette et d'une cisaille sur garde-boue gauche, d'une pioche sur étrier à gauche de la caisse, d'une masse, de 2 pinces monseigneur, d'un cric et sa manivelle sur le garde-boue droit, d'une curette de chenille sur le capot arrière, d'un câble de 10 t à l'arrière, de 2 chaînes de dépannage fixées aux manilles latérales et arrière gauche.
La tourelle APX R étudiée par l'Atelier de Puteaux était en acier spécial, moulée d'une pièce, d'une épaisseur de 40 mm sur les parois verticales et de 25 mm sur le toit. Elle était surmontée par un tourelleau monté sur roulement à billes, la partie supérieure pouvait se soulever pour l'aération. Un système optique (fente Estienne ou PPL RX 180 P) permettait au chef de char de voir à l'extérieur de cette coupole en se tenant debout. Comme autre système de vision il disposait outre de la lunette de visée,
Trois diascopes binoculaires (Diascopes Chrétien) sont positionnés à gauche du masque portant le canon et la mitrailleuse ainsi que sur chaque face latérale. Il seront rapidement remplacés par des fentes de vision PPL horizontales.
L'accès se fait par une porte rabattable à l'arrière de la tourelle.
Le chef de char disposait d'une sangle pour s'asseoir mais devait se tenir debout pour l'observation et le service des armes
La tourelle pesait 1 350 kg, armes comprises. Elle était montée sur un chemin de roulement de 875 mm de diamètre intérieur et actionnée manuellement.
L'armement se composait d'un canon de 37 mm SA 18 M 37 court pesant 87 kg avec à sa droite une mitrailleuse de 7,5 mm modèle 31 avec chargeur à droite. L'ensemble avait un champ latéral de 10° permettant d'affiner la visée sans bouger la tourelle.
Une partie des H 39 fut d'ailleurs doté d'un armement différent, puisque tout en conservant la tourelle APX R, le canon de 37 mm SA 18, c'est-à-dire court, fut remplacé par un canon de même calibre SA 38. c'est-à-dire long. Celui-ci fut monté en priorité sur le H 39.

LE MOTEUR

Moteur à essence 6 cylindres en ligne refroidi par eau de 120 ch à 2 800 t/minute et 5.976 l (105 x 115) de cylindrée. Consommation 28 l/h.
Vitesse maximum sur route à 2.800 t/mn de 36,5 km/h, vitesse à laquelle il développait un effort au crochet de 320 kg. Il était alors en 5e vitesse, mais il était recommandé de ne dépasser les 30-32 km/h qu'en cas de nécessité absolue. Un régulateur à dépression empêchait de dépasser les 2 800 t/mn. La vitesse en 1ère ne pouvait dépasser les 3,65 km/h mais permettait un effort au crochet de 8,5 t : elle passait à 7,30 km/h en 2e, 13 km/h en 3e, 24 km/h en 4e ; quant à la marche arrière elle plafonnait à 4,5 km/h pour un effort de 6,2 t.
Sur sol dur les vitesses permettaient de grimper environ les pentes suivantes : 75% en 1ère, 35% en 2e, 15% en 3e, 6% en 4e, 4% en 5e, enfin en marche AR 70%.
La pression au sol du H 39, qui pesait environ 12 t en ordre de marche, contre 11 t au H 35, était, sur sol très dur le char reposant sur les saillies de chenille, de 4 ,75 kg/cm² ; sur macadam empierré, portant sur les semelles, cette pression tombait à 900 gr/cm², et sur sol mou avec enfoncement de 250 cm à 800 gr/cm².
 
CARACTERISTIQUES TECHNIQUES

Constructeur : Hotchkiss
Production : env 700
Période de production : 1938 - 1940
Type : char léger
Équipage : 2 hommes
Longueur (m) : 4,22        Largeur (m) : 1,95       Hauteur (m) : 2,15
Poids en ordre de Combat (kg) : 12 100
Blindage : 40mm

ARMEMENT
Armement principal : 1 canon de 37mm SA 18 ou 1 canon de 37mm SA 38              Munitions : 100
Rotation (degrés) : 360°
Armement secondaire : 1 mitrailleuse de 7,5mm             Munitions : 2 400 coups

MOBILITE
Moteur : Hotchkiss Type & Cylindrée : 6 cyl 5,97 l
Puissance (max.) : 120cv à 2 800 t/m Rapport poids/puissance : 10 cv/t
Boite de vitesse : 5 avant, 1 arrière
Carburant : Essence             Autonomie (km) : 150                      Consommation (litres/100km) : 170
Capacité carburant (litres) : 207
Vitesse sur route : 36,5 km/h
Largeur chenille : 0,28                    Pression au sol : 0.9 kg/cm²
Garde au sol (m) : 0,40       Pente (degrés) : 40°           Obstacle Vertical (m) : 0,70
Passage à gué (m) : 0,85                 Franchissement (m) : 1,80
 
LES UNITÉS ÉQUIPÉES DE H 39

La Cavalerie :
- 3e D.L.M. : 11e Dragons Portés (H 35 et H 39), 1er et 2e Cuirassiers.
- 4e D.C.L. : 4e R.A.M. et E.R.D.
- 5e D.C.L. : 5e R.A.M. et E.R.D.

Les unités de Chars
- 25e et 26e B.C.C. issus du Centre Mobilisateur de Chars 509 de Maubeuge.
- 2e D.C.r. du général Bruche : 14e et 27e B.C.C. du Groupe de Bataillons 515 et 351e B.C.C., ce dernier incorporé le 20 mai 1940.
- 3e D.C.r. du général Brocard : 42e et 45e B.C.C.
Une unité armée de H 39, la 342e CACC fut aussi envoyée avec le Corps Expéditionnaire en Norvège. Seuls 12 purent être sauvés et furent utilisés par les Forces Françaises Libres de 1940 à 1942.
 
LES TRANSFORMATIONS ALLEMANDES ET AUTRES

Environ 200 chars légers Hotchkiss furent capturés par l'envahisseur. Les allemands en utilisèrent une partie en les transformant légèrement. Pour permettre au chef de char d'effectuer l'observation directe, ils arasèrent le tourelleau hémisphérique sur les 2/3 de sa hauteur. Ils y adaptèrent deux trappes articulées sur les côtés, permettant ainsi au chef de char de sortir la tête.
Egalement sur 72 H 39, ils supprimèrent complètement la tourelle, le toit ainsi qu'une partie des côtés, pour y adapter des casemates plus larges que le char. Celles-ci à flancs obliques et sans toit reçurent des canons de 75 mm ou 105 mm. Ces automoteurs à châssis H 39 construits à partir de 1942. furent surtout utilisés en Normandie en 1944.
Mais l'armée française continua à se servir du H 39, dans l'immédiat après-guerre au sein des forces d'occupation en Allemagne. Ils se distinguent par l'étoile blanche américaine peinte sur les côtés et le dessus.
La carrière du H 39 se prolongea en France dans la gendarmerie jusque vers 1950, époque à laquelle de nombreuses tourelles furent envoyées en Indochine pour y être montés sur des blockhaus.
Parmi les rescapés quelques-uns furent vendus à Israël où leur armement fut transformé par le montage de canons plus modernes modifiant ainsi le masque de tourelle. Ceux-ci furent engagés dans la campagne du Sinaï en 1956.