352e Compagnie Autonome

de Chars de Combat



Les origines :
La 352ème CACC a été constituée le 9 juin 1940 par transformation de la 3ème compagnie du 46ème B.C.C. (Bataillon de chars de B), complétée en personnel et en matériel. Le 46ème BCC était issu, quand à lui, en novembre 1939 du dépôt de chars 506 de Besançon et le bataillon de chars légers était devenu bataillon de chars B en janvier 1940. Il avait participé aux batailles de Laon, Montcornet et d’Abbeville.

La constitution de la compagnie :
Lundi 3 juin 1940
Ordre est donné au capitaine MENET commandant la 3ème Cie du 46ème BCC de remettre ses 3 derniers chars en état de combattre ou réparables par les moyens du bataillon, à la 1ère Cie et de partir avec 7 officiers ou assimilés, dont 6 chefs de chars, 15 sous officiers, dont 8 pilotes, et 74 caporaux et chasseurs dans la région de Versailles pour percevoir, à Satory, des chars neufs. Ordre donné à 17h00. Départ à 21h00 dans 4 camionnettes mises à la disposition de la Cie pour le déplacement avec une «roulante» qui a du mal à sortir du bois. 21h30 à Le Mesnil-Valran.

Mardi 4 juin
La colonne se regroupe à Marseille en Beauvaisis puis traverse Beauvais, Meru, Pontoise.
6h00, stationnement en forêt de St Germain. Le capitaine et le Lieutenant Forrer vont au dépôt 503 à Satory, prendre contact avec le colonel DATCHARY commandant du dépôt, qui n’a pas été prévenu. Les lieutenants LETOURNEUR et SARRAZ-BOURNET cherchent un couvert plus près de Versailles pour stationner en attendant qu’un cantonnement soit assigné.
A 10h00 le capitaine est convoqué au ministère de la guerre.
Un Capitaine du dépôt 503 indique un cantonnement à Villiers-St-Frédéeric qui vient d’être quitté par un escadron de chars Somua. La compagnie s’y installe à partir de 13h00.
Reçu immédiatement par le commandant LISCOAT, le Capitaine a un long entretien avec les généraux BROCARD et CHAUBES.
De retour au ministère à 16h00, le Cdt. LISCOAT lui donne des instructions pour la perception rapide, dans les jours qui suivent du matériel. Il est de retour à Villers-St-Frederic à 19h00.

Mercredi 5 juin
Pour le Capitaine : navettes entre Villiers, Paris et Satory, missions diverses pour les officiers, (fabrication de fanions de signalisation etc.…). Pour tous, remise en ordre des affaires personnelles, contacts discrets avec les familles.

Jeudi 6 juin
Le capitaine MENET rend compte au capitaine De CHALAIN commandant du 46ème de la promesse de perception, le lendemain de 10 chars et de 6 chenillettes, et, dans les 4 à 5 jours de divers matériels.

Vendredi 7 juin
De 9h00 à 20h00 perception à Satory du matériel chars et véhicules. Recomplètement de l’habillement. Quelques incidents entre les «administratifs» de Satory, dont la journée est terminée et les «combattants» qui ne veulent pas partir sans leurs lots de bords complets.
Ordre du colonel Datchary commandant le dépôt 503 : la 3ème compagnie du 46ème bataillon sera prête à faire mouvement en fin d’après midi du 8 juin.
La colonne des 10 chars arrive au cantonnement à 23h00.
Communiqué du colonel Datchary : «Attaque de Paris parait imminente, prendre toutes précautions utiles».

Samedi 8 juin
Essais des moteurs, vérifications et graissage des trains de roulement, équipement des tourelles. Des axes de patins refusent la graisse. Deux freins de canons de 47mm ne peuvent être parés. Deux «Naeder» fuient sérieusement.
Dans la soirée, le capitaine obtient l’envoi de spécialiste de l’armement et des mécaniciens avec des joints de «Naeder» pour remédier aux défauts et vérifier l’ensemble des «Naeder».
A la nuit : alerte aux parachutistes. Les patrouilles ne trouvent rien.

Dimanche 9 juin
Un détachement du 46ème commandé par le capitaine KIEFFER est arrivé à Neauphle-Le-Vieux, à 3 kilomètres de Villiers-St-Frédéric. Le complément de l’effectif de la 3/46 qui ne faisait pas partie du détachement chargé de toucher les chars, rejoint la compagnie.
Messe au village.
Le lieutenant GROS ne trouve personne à Satory pour la perception du matériel de section d’échelon. On donne des noms aux chars.
A 11h30 le capitaine est avisé officiellement, mais verbalement de la transformation de sa compagnie en Compagnie Autonome N° 352.
Des ordres de mutation de 2 sous officiers, un caporal et 51 chasseurs en provenance des 6ème et 9ème B.C.C., du bataillon 22/32 et du détachement de bataillon 15/35 sont émis au profit de la 352ème C.A.C.C.

COMPOSITION ET EFFECTIFS DE LA COMPAGNIE
D’après les tableaux d’effectifs, la compagnie autonome devait recevoir 11 chars, un groupe d’atelier et une remorque de dépannage.
Elle devait comprendre : 12 officiers, 21 sous officier, 41 caporaux et 126 chasseurs pour un total de 203 hommes. Alors qu’une compagnie en bataillon comprend normalement : 11 officiers, 19 sous officier, 31 caporaux et 78 chasseurs pour un total de 139 hommes.
En fait la compagnie n’a touché que 10 chars, pas de remorque de dépannage et l’atelier a été mis en place trop tard pour être d’une quelconque utilité.
Les mutations de personnel ordonnées n’ont pas toutes eu lieu, mais d’autres les ont remplacées.
La compagnie comptait 13 officiers ou assimilés car le lieutenant GROS était resté comme adjoint au capitaine. Pour remplacer le sous lieutenant MICHEL blessé et le lieutenant CLAVE muté à l’E.M. du 46ème, sont arrivés le lieutenant LEGRET et l’adjudant chef GOULLIER de la 2/46 et l’aspirant COGNET de la 1/46. Pour l’atelier c’est le lieutenant LOGOTHETIS chef d’atelier du 47ème qui est venu à la place de son adjoint le lieutenant RENAULT, et le lieutenant SARRAZ-BOURNET est resté à la 352ème. Deux pilotes : le sergent chef GRAND de la 1/46 et le sergent BESSON de la ?/46 ont remplacé les 2 blessés, le sergent ROLET et le capitaine DAVID. Un pilote : le caporal NOËL n’est pas sous officier.
Il n’y a qu’une vingtaine de chasseurs et aucun sous officier, figurant sur la liste de la 352ème, qui provienne d’unités autres que du 46ème. Par contre 3 sous-officiers (non compris l’adjudant chef), 7 caporaux et 20 chasseurs venaient du 46ème.
Au total, le cahier du capitaine comporte 218 noms au lieu des 203 prévus et il manquait une vingtaine de caporaux.

Les chars de la 352ème C.A.C.C.

Noms, équipage, personnel à terre et sort des chars :
N° 502 (FCM) MORVAN
Equipage : Chef de char : capitaine MENET, sergent chef ROBIC, et lieutenant SARRAZ-BOURNET le 11 juin. Pilote : Chasseur GUILLAUD Aide-pilote : Chasseur VEY Radio : Ch. VUITTENEZ, Ch. BLANC-PATIN, 1er mécanicien : Ch. CHEQUIN
à terre : 2ème mécanicien : Ch. BORNIBUS, 3ème mécanicien : Ch. RICHELOT, Motocyclistes, Ch. MOLTON, Ch. LACOSTE.
Ce char combat à : PACY / EURE le 11 juin. Sort du char : Panne moteur et de «Naeder».
Enlevé le 12 juin par Section Echelon du 46ème. Laissé à BESSINES, 38 km au nord de LIMOGES le 25 juin.

1ère Section
N° 540 (Renault) pas de nom
Equipage : Chef de char : lieutenant FORRER, Pilote : Sergent chef COMMEIHNES, Aide-pilote : Ch. GAUTHIER Radio : Ch. JOLY 1er mécanicien : Ch. VIALLET
à terre : S/Off de Section, Sergent HUGENSCHMITT 2ème mécanicien : Ch. LECOMTE, 3ème mécanicien : Ch.GUTH, Motocyclistes, Ch.LEJISTERE, Ch. LABRUYERE
Ce char combat à : PACY / EURE le 11 juin.
Sort du char : Tourelle bloquée, armement inutilisable, P.E.B. (9 ?) le 13 juin. Laissé à BOUGLAINVAL (?), région de CHARTRES le 17 juin.

N° 541 (Renault) BAYARD
Equipage : Chef de char : S/lieutenant VADON, Pilote : Sergent MANDEVILLE, Aide-pilote : Cap. chef MULLATIER, Radio : Ch. BIEVELEZ, 1er mécanicien : Ch. CASTAGNIET
à terre : 2ème mécanicien : Ch. BONNEYRAT, 3ème mécanicien : Ch. BILLOT
Ce char combat à PACY/EURE le 11 juin.
Sort du char : Panne coupleur, P.E.B. (9 ?) le 13 juin. Laissé au nord de MEUNG le 17 juin

N° 542 (Renault) AUVERGNE
Equipage : Chef de char : Aspt. DEHORNE, Pilote : Sergent chef DEFRANCE, Aide-pilote : Ch. GABIN, Radio : Ch. FRICHE, 1er mécanicien : Ch. SYLVESTRE
à terre : 2ème mécanicien : Ch. REY, 3ème mécanicien : Ch. HEIL   
Ce char combat à : PACY/EURE le 11 juin.
CHALONNES le 20 juin.
Sort du char : Casse entraînement de barbotin. Laissé à GENNETON le 21 juin.

2ème Section
N° 543 (Renault) St. GEORGES
Equipage : Chef de char : Lieutenant BRESSON, Pilote : Sergent QUENARDEL, Aide-pilote : Cap.-C. NERZIC et le Cap. NOEL les 20 et 22 juin. Radio : Ch. SALIN, 1er mécanicien : Ch. SABY
à terre : S/Off de Section : Sgt. GARESSUD 2ème mécanicien : Ch. FOREY, 3ème mécanicien : Ch. GREPET, Motocyclistes, Ch. ANDRE, Ch.VAUZELLE.
Ce char combat à : PACY / EURE le 11 juin.
CHALONNES le 20 juin.
LUCHE-THOUARSAIS le 22 juin
Sort du char : Coup au but et incendie à LUCHE-THOUARSAIS le 22 juin.

N° 544 (Renault) pas de nom
Equipage : Chef de char : S/Lt. LETOURNEUR, Pilote : Caporal NOEL, Aide-pilote : Cap. PAUTRAS, Radio : Ch. RONOT, 1er mécanicien : Ch. MERLET
à terre : 2ème mécanicien : Ch. MIGNOT, 3ème mécanicien : Ch. CHARPIN.
Ce char combat à  PACY/EURE le 11 juin.
Sort du char : Obus dans le barbotin. Laissé à MENILLES le 11 juin.

N° 857 (Schneider) CHASSEUR-CHICHERA
Equipage : Chef de char : S/Lt. SARRAZ-BOURNET, et S/Lt LETOURNEUR le 22 juin. Pilote : Sergent chef BILL, Aide-pilote : Ch. POINET, Radio : Ch. PARIS, 1er mécanicien : Ch. CHAREYRON
à terre : 2ème  mécanicien : Ch. CORDENOD, 3ème mécanicien : Ch. RENOIR
Ce char combat à : CHALONNES le 20 juin.
LUCHE-THOUARSAIS le 22 juin
Sort du char : Coup au but et explosion à LUCHE-THOUARSAIS le 22 juin.

3ème Section
N° 737 (AMX) CHARLEMAGNE
Equipage : Chef de char : Lieutenant LEGRET, Pilote : Sgt.-Chef HOCHART, Aide-pilote : Ch. STARCK, Ch. NIEDERGANG le 20 juin, Radio : Caporal MAZZOLINI, 1er mécanicien : Ch. DEMAILLY
à terre : S/Off de Section : Sgt. BESSE, 2ème mécanicien : Ch. CHARBOUILLOT, 3ème mécanicien : Ch. CACHARD, Motocyclistes, Ch. PERAUD, Ch, PICAUDOT
Ce char combat à : PACY / EURE le 11 juin.
CHALONNES le 20 juin.
Sort du char : Détruit par antichar à CHALONNES le 20 juin

N° 738 (AMX) ROLAND
Equipage : Chef de char : Aspirant COGNET, Pilote : Sergent BESSON, Aide-pilote : Caporal GUEYDON, Radio : Ch. LE GOFF, 1er mécanicien : Ch. LOHO
à terre : 2ème mécanicien : Ch. MIGNON, 3ème mécanicien : Ch. RAMET
Ce char combat à : PACY / EURE le 11 juin.
Sort du char : Ecrou de poulie de tension, pris par le P.E.B. (9 ?), BOUGLAINVAL (?) le 13, laissé au nord de MEUNG, à BACON (?) le 17 juin.

N° 740 (AMX) OLIVIER
Equipage : Chef de char : Adj.-Chef GOULLIER, Pilote : Sergent-chef GRAND, Aide-pilote : Ch. CATHERINE, Radio : Ch. STIQUEL, 1er mécanicien : Ch. NIEDERGANG
à terre : 2ème mécanicien : Ch. PAUTE, 3ème mécanicien : Ch. PAUBEL
Sort du char : Casse entraînement de barbotin. Laissé aux environs de CONNERE le 17 juin.

Semaine du 10 au 16 juin.
Lundi 10 juin
Daté de ce jour mais probablement donné la veille, ordre dactylographié du lieutenant colonel SUDRE commandant la 6ème ½ brigade prescrivant les mutations :
- Du lieutenant RENAULT du 47ème au 45ème pour être mis à la disposition de la 352ème compagnie autonome.
- De l’aspirant SERVAZ (en réalité du S/Lt SARRAZ-BOURNET) de la 352ème au 47ème B.C.C.
- D’un groupe d’atelier et d’une équipe de dépannage, au total 2 sous officier, 3 caporaux, 10 chasseurs et 1 infirmier du 46ème à la 352ème.
En contrepartie de 2 sous officier, 3 caporaux et 11 chasseurs de la 352ème au 46ème. Le capitaine MENET note l’arrivée, le 10 juin, de 56 gradés et chasseurs.
Ordre manuscrit du lieutenant colonel SUDRE au capitaine MENET, de se présenter à son P.C. de Neauphle le Vieux à 14h00.
Entretien du capitaine avec le colonel de BARISSE (?) qui l’informe que la compagnie est affectée au corps de cavalerie dont le P.C. est à Bonnelles.
Situation générale au 10 juin
Les allemands viennent de franchir la Seine à Vernon.
Le corps de cavalerie doit assurer la liaison entre, à l’ouest, la 10ème Armée à laquelle il est rattaché et, à l’est l’armée de Paris qui se replie vers la Loire. Front initial de Brionne à Pacy S/Eure à 60 km environ.

Mardi 11 juin
Le président du conseil décide de transformer la 3ème compagnie du 46ème bataillon de chars en compagnie autonome. Elle portera le N°352.
1h00, ordre du général LANGLOIS commandant le corps de cavalerie émis à 20h00 la veille : La compagnie de chars B, mise à la disposition du corps de cavalerie fera mouvement dès réception du présent ordre de Neauphle à Bois-Dubreuil (à 3 km au N.E. d’Ivry la Bataille). Itinéraire : Neauphle, Orgères, Berchères, P.C. du commandant de compagnie à Gilles. Liaison au P.C. du corps de cavalerie à St André de l’Eure à partir du 11 juin au petit jour.
Le lieutenant LETOURNEUR part pour St André de l’Eure où il est reçu par le général LACROIX commandant la 1ère D.L.M.
2h00 réveil, chargement des camions, mise en route des chars.
6h00 départ de la colonne de chars.
13h30 ordre de mouvement en direction de Pacy sur Eure. Le capitaine est à Plessis pour recevoir l’ordre d’attaque. Heure H primitivement fixé à 16h00. A partir de la forêt de Pacy, le colonel De BELLEFON doit, avec le 1er R.D.P. appuyé par les Somua du C.C. attaquer en direction de Vernon.
Sur sa gauche, la 352ème doit accompagner son attaque sur l’axe Ménilles, Boisset-Hennequin, St Vincent des Bois, St Marcel, soit un couloir de 2 km de large et 8 km de long, seule et sans appui d’aucune sorte.
Deux chars sont déjà en panne sur la route à Richebourg : le n°857, Chasseur-Chichera et le n°740 Olivier, un troisième tombe en panne en arrivant à Ménilles.
Deux sections de 3 chars mèneront l’attaque :
- à droite : lieutenant BRESSON dans le char n°543 (St Georges), le sous lieutenant SARRAZ-BOURNET avec le char du capitaine le n°502 (Morvan) et le lieutenant LETOURNEUR dans le n°544 (sans nom).
- à gauche : lieutenant FORRER dans le n°540 (sans nom), le sous lieutenant VADON dans le n°541 (Bayard) et l’aspirant DEHORNE dans le n°542 (Auvergne).
- Le n°737 (Charlemagne) du lieutenant LEGRET est en réserve.
Le capitaine qui n’a qu’une seule carte Michelin pour toute la compagnie, envoie BRESSON n°543 (St Georges) reconnaître le débouché. Il faut sortir de la vallée de l’Eure par un chemin particulièrement encaissé et courbe débouchant sur un plateau sur lequel sont disséminés villages et bois. Au fond, vers St Marcel une zone boisée plus continue ferme le compartiment de terrain.
Les chars arrivent à Ménilles à 16h30. A 16h40 l’heure H est reportée à 17h00.
A 17h00, les chars gravissent la pente et après le hameau des Fontenelles se déploient en bataille. Ils se perdent de vue. La consigne est : Pas de radio. Les postes n’ont pas été «calés» (pas d’ordre radio).
Devant Boisset-Nennequin, sur la droite, des troupes à pied sont en vue. Ce sont bien des allemands. Les chars les mitraillent, les rescapés se réfugient dans les couverts bordant le village qui est traversé sans résistance.
St Vincent du Bois par contre est défendu par des armes antichars de petit calibre dont les chars viennent à bout, non sans quelques dégâts.
A 18h45, BRESSON n°543 (St Georges) rend compte au capitaine que Boisset pourrait être occupé sans problème.
A 19h00, LEGRET n°737 (Charlemagne) est engagé sur la route de Vernon à la sortie de la forêt de Pacy au profit des cavaliers accrochés par une arme antichars.
Vers 20h00, BRESSON n°543 (St Georges), VADON n°541 (Bayard) et DEHORNE n°542 (Auvergne) viennent au ravitaillement en essence. Le char de DEHORNE n°542 (Auvergne) est en difficulté avec un obus dans le train de roulement.
Le capitaine renvoie BRESSON n°543 (St Georges), VADON n°541 (Bayard) et COGNET n°738 (Roland), dont le char a été dépanné, chercher FORRER n°540 (sans nom), SARRAZ-BOURNET n°502 (Morvan) et LETOURNEUR n°544 (sans nom)qui doivent être accrochés vers St Marcel.
Cette fois les antichars de St Vincent des Bois laissent passer les chars pour les tirer de flanc.
Un Somua est en panne de terrain dans un chemin creux. Le n°543 (St Georges) lui passe une chaîne et le sort de ce mauvais pas.
La nuit tombe. A 19h50 l’ordre de suspendre l’attaque avait été remis au lieutenant LEGRET n°737 (Charlemagne). Cet ordre parvient au capitaine à 21h10 alors que 3 chars sont encore sur le terrain de combat : n°502 (Morvan) (SARRAZ-BOURNET), n°543 (St Georges) (BRESSON) et n°544 (sans nom) (LETOURNEUR).
LETOURNEUR signale que son char n°544 (sans nom) est en panne à l’ouest de Ménilles avec un obus dans le barbotin, chenille bloquée.
SARRAZ-BOURNET a quitté son char n°502 (Morvan) avec le radio VUITTENEZ et l’aide pilote GUILLAUD, armés de la mitrailleuse de capot qu’ils ont démontée. Le pilote et le mécanicien sont restés à bord. Ils remettent aux dragons tenant la forêt de Pacy, trois prisonniers allemands dont un officier blessé. SARRAZ-BOURNET part en side-car demander de l’aide.
BRESSON n°543 (St Georges) qui craint la panne d’essence et veut s’assurer d’un retour sans incident, part avec son mécanicien SABY, reconnaître le chemin. Les dragons qui tiennent les lisières de la forêt et qui ont installé des obstacles, ne sont pas ravis d’ouvrir le passage et craignent les conséquences du remue ménage entraîné par le retour des chars.
Les membres restés à bord des 2 chars ont fait leur liaison et constaté que s’ils ne pouvaient pas dépanner le n°502 (Morvan), le n°543 (St Georges) pourrait le remorquer. BRESSON est revenu. L’un tirant l’autre, avec le minimum de bruit les 2 chars pénètrent dans la forêt par le passage ouvert par les dragons.
Entre temps, vers 22H30, le capitaine a envoyé VADON tenter, avec son char, le n°541 (Bayard) de remorquer le n°502 (Morvan). Dans la nuit le n°541 (Bayard) s’enlise dans un fossé du bord de la route dont la berge s’est effondrée. COGNET et son n°738 (Roland) est envoyé pour l’en sortir. Le n°543 (St Georges) étant arrivé entre temps, c’est lui qui a sorti le n°541 (Bayard) de son trou et c’est le n°738 (Roland) qui prend le n°502 (Morvan) en remorque. Les chicanes sont déplacées à l’entrée de Pacy/Eure.

Mercredi 12 juin
A 3h00, 7 chars sur 8 sont regroupés à Pacy/Eure. La compagnie a rempli sa mission, mais 5 chars ont subi des dégâts nécessitant l’intervention d’un atelier.
Le n°540 (sans nom) peut se déplacer normalement mais sa tourelle est bloquée et l’armement inutilisable. Le canon de 75 mm est bloqué.
Le n°541 (Bayard) a des problèmes de coupleur et le n°738 (Roland) à des problèmes avec un écrou de poulie de tension. Ces avaries ne sont pas nécessairement le fait de l’ennemi.
L’obus qui a pénétré dans le barbotin du n°544 (sans nom), a du causer des dégâts aux engrenages. Ils ne se sont pas bloqués immédiatement, ce qui a permis au char de revenir à Ménilles. Mais les morceaux ont fini par se bloquer, immobilisant ainsi la chenille. Le char n’est pas remorquable, il doit être enlevé. Le lieutenant GROS obtient l’aide de la remorque de dépannage du 4ème Cuirassiers (?). Celle-ci prévue pour les chars Somua de 20 tonnes est impuissante devant les 32 tonnes du char B1bis. Le char est donc désarmé et abandonné.
Enfin, le n°502 (Morvan) tombe en panne mécanique (coupleur ?) à la sortie de Pacy.
Le groupe d’atelier de la section d’échelon de la compagnie est encore à Châteaudun où il ne touchera, d’ailleurs, pas tout le matériel prévu (remorque de dépannage «Coder»)
Le lieutenant FOUR prend contact à Neauphle avec la compagnie d’échelon du 46ème.
Le lieutenant BUCHSENSCHUTZ qui la commande accepte d’envoyer le lieutenant SCHMIDT avec la remorque «CODER» du 46ème pour conduire le char n°502 (Morvan) à Dampierre où doit se trouver l’élément lourd du corps de cavalerie. Ce dernier étant déjà parti, SCHMIDT emmène alors le n°502 (Morvan) et son pilote le sergent chef ROBIC au 46ème.
L’ordre avait été donné, dans la nuit de regrouper la compagnie aux Essarts (à 12 km au S.S.E. de Pacy) où se trouvait la colonne sur roues de l’élément avant de la 352ème compagnie. Départ vers 5h00, arrivée avec 6 chars dont 3 en état de combattre.
A 14h00 le capitaine donne l’ordre au lieutenant FOUR de se porter, avec l’élément avant de la section d’échelon à St Ange et Torcay (à 8 km au N. de Châteauneuf en Thymerais).
A 14h40 sur ordre du C.C. le capitaine va au Plessis-Hebert prendre les ordres du général commandant la 1ère D.L.M.
Les 3 chars disponibles doivent être mis en surveillance aux issues du Plessis-Hebert. Une attaque est envisagée sur St Aquilin. Il y est renoncé.
Les équipages procèdent à des opérations d’entretien et de petites réparations : échange de patins de chenille.
L’échelon sur roues a été replié à La Couture Bossey. Ordre est donné aux chars de le rejoindre. Panne momentanée du char n°737 (Charlemagne).
Le capitaine est convoqué à Epieds au P.C. du général LACROIX pour recevoir l’ordre de mouvement pour Nonancourt.
Arrivée dans la nuit de l’ordre d’opération du C.C. du 12 juin, 22h00, Cie de chars B : point de 1ère destination : Nonancourt rive sud, itinéraire : Epied, La Couture, Ezy, Nonancourt par la rive sud de l’Avre. La compagnie passe aux ordres de la 2ème D.L.M. jusqu’à nouvel ordre.

Jeudi 13 juin
Regroupés à 2h00 à La Couture Boussay, les 6 chars dont 1 en remorque et l’élément sur roues partent vers Nonancourt où ils arrivent par des itinéraires différents à 9h00. La fatigue générale (3 nuits sans sommeil) est cause des erreurs d’itinéraire et d’incidents : avec le char en remorque : une V.T.O. (Voiture de Tourisme Ordinaire) est écrasée et un poteau est fauché dans un virage.
De 9h00 à 15h00, la compagnie stationne dans un bois à 3 km au sud de Nonancourt, 2 chars : le n°737 (Charlemagne) et le  n°543 (St Georges) étant placés en surveillance face au nord.
A 12h00 : ordre de gagner Garancières où se trouve le P.C. du général BOUGRAIN commandant la 3ème D.L.M.
Les 3 chars à réparer, dont un en remorque, gagnent St Ange et Torçay où se trouve la section d’échelon sans son groupe d’atelier, encore à Châteaudun. Faute de moyens de levage, les réparations ne peuvent être entreprises. Le lieutenant FOUR trouve au nord de Maintenon, à Bouglainval (?) un élément d’un P.E.B. (9 ou 10 ?) qui prend les 3 chars en charge avec l’aspirant COGNET, le sergent MANDEVILLE, 3 caporaux et 6 chasseurs. COGNET était le 15 juin à CHATEAUDUN avec le groupe atelier. Après l’armistice, il sera signalé comme prisonnier. Le groupe sera perdu avec le reste du groupe que l’on retrouvera avec une autre unité de chars à St Maurice La Souterraine au N.E. de LIMOGES après le 25 juin.
Vers 17h00, la compagnie qui n’a plus que 3 chars ; les n°542 (Auvergne), n°543 (St Georges) et n°737 (Charlemagne) ; arrive à Garancières où elle s’installe pour 24h00 dans une ferme abandonnée. Les 3 chars sont placés en surveillance aux issues du village, les équipages étant relevés périodiquement.

Vendredi 14 juin
Les chars n°740 (Olivier) et n°857 (Chasseur Chichera), en panne dès la première étape à Richebourg rejoignent la compagnie qui se retrouve ainsi à 5 chars.
Dragons et chasseurs fraternisent, traient les vaches, cuisinent lapins et volailles et lâchent le surplus dans la nature.
11h00 : le capitaine a un entretien avec le général BOUGRAIN au P.C. de celui-ci.
16h00 : visite du commandant des chars de la 10ème Armée qui ne peut mettre aucun moyen de dépannage (remorque «Coder» ou bigue de levage) ni citerne à notre disposition.
18h00 : ordre daté de 9h00 du Corps de Cavalerie, transmis par le 18ème dragons, porter la compagnie aux Chatelets au S.O. de Brezolles.
Vers minuit le capitaine s’entretient à Brezolles avec l’E.M. de la 1ère D.L.M. L’ordre de 22h15 du général BEAUCHESNE prévoit l’attaque du bois de Brouillets, au petit jour. Pendant l’entretien, arrive un officier de l’E.M. du C.C. donnant l’ordre de porter la compagnie à Freulemont.

Samedi 15 juin
L’ordre d’opérations de la 1ère D.L.M. prévoit un repli en 2 temps : Brezolles puis Freulemont. La halte aura été de courte durée, dès 1h00, la colonne part pour Freulemont, à 35 km environ vers le S.O. Elle arrive à 5h00 au château de Guillebeaux à 4 km au sud de Moutiers au Perche. La compagnie s’installe dans l’allée du château, occupé par le 6ème Cuirassiers qui ne tarde pas à s’en aller, laissant la place. Le char n°740 (Olivier) est placé seul en surveillance à l’entrée de l’allée.
Journée consacrée à l’entretien du matériel et au repos. Survol de bombardiers. L’artillerie gronde pas très loin.

Dimanche 16 juin
16h00 : ordre de mouvement vers Monceaux à 10 km O.N.O. en vue d’une attaque sur Longny. Arrivée à 20h00 à la maison forestière à l’ouest de Monceaux. Les chars n°542 (Auvergne), n°543 (St Georges) et n°857 (Chasseur Chichera) sont mis en surveillance aux issues nord.
Confirmation écrite du colonel DE SALVAGNAC commandant les chars de la 10ème Armée : Le P.E.B. 10 ne peut rien nous livrer.
Arrivée, daté de Bois-Landry (sud de Champrond-en Gâtine) à 10h30 du dernier compte-rendu du lieutenant FOUR commandant la section d’échelon.
Le lieutenant FOUR est à la tête de 6 camions et camionnettes, 1 V.T.O., 3 chenillettes, 1 moto et un side-car en panne. Le lieutenant LOGOTHETIS est encore à Châteaudun avec un camion (atelier ?), 1 V.T.O. et un side-car. Le Sous-Lieutenant VADON se dirige vers Les Châtelets avec une camionnette et le personnel des équipages des chars remis au parc sauf l’équipe du sergent MANDEVILLE. A partir de ce moment, le contact est rompu entre cet échelon et l’échelon arrière de la compagnie.
A 22h00 : ordre de départ apporté par agent de liaison pour rejoindre St Antoine de Rochefort à 2 km à l’ouest de La Ferté Bernard, en passant par Boissy-Maugis, Remalard, Verrieres, Le Theil. A l’arrivée prendre liaison au P.C. de la 3ème D.L.M. à St George du Rosay, à 8 km au N.E. de Bonnetable.

Semaine du 17 au 22 juin.
Lundi 17 juin
Trajet de 35 km vers le S.S.O. Arrivée vers 4h00 à St Antoine, banlieue de La Ferté Bernard. Entrevue tragi-comique avec le Maire de La Ferté Bernard qui nous refuse de réquisitionner des cartes dont nous sommes complètement démunis et du petit outillage qui nous manque… «Les allemands sont encore loin et les américains ne tarderont pas à venir à notre secours !» Nous passons outre, mais les cartes uniquement régionales ne nous serviront pas plus de 24h00.
De 4h00 à 13h00 les chars sont dans des granges ou des garages.
11h30 ordre de faire mouvement vers 15h00 en direction de Sablé.
14h10 ordre à la 352ème CACC de se rendre à La Suze sur Sarthe et d’y attendre le P.C. du Corps de Cavalerie.
15h00 la colonne sur roues et les chars n°542 (Auvergne), n°737 (Charlemagne) et n°857 (Chasseur Chichera) prennent la route. La transmission du char n°740 (Olivier) est cassée (démultiplicateur de barbotin) le lieutenant BRESSON et son char n°543 (St Georges) reste avec les 2 équipages et une équipe de dépanneurs. De 15h00 à 19h00, ils s’emploient avec des outils de forgeron à faire sauter la plaque de recouvrement du carter pour enlever les morceaux de pignons cassés pour rendre le char remorquable. Sur 24 km, le n°543 (St Georges) remorque le n°740 (Olivier).
Le capitaine passe à Change où trouve l’élément lourd du C.C. pour essayer de trouver une remorque «Coder». En vain !
Vers 18h00, arrivée de l’ordre du C.C. de 17h00 : la compagnie de chars B poussera, dès réception de cet ordre, un et si possible 2 chars aux sorties nord du Mans sur chacune des routes 831, 138 et 823. Mission de chaque détachement : empêcher tout engin blindé ennemi de pénétrer dans la ville.
Le capitaine envoie, par un motocycliste, aux 2 équipages, l’ordre d’abandonner le n°740 (Olivier) est désarmé et abandonné près de Connéré.
Le capitaine, informé que la ville est déclarée «ville ouverte» se rend auprès du commandant de gendarmerie qui commande alors la place. Echange de communications téléphoniques entre le commandant de gendarmerie, le préfet et l’E.M. du C.C. Ce dernier confirme la mission. Les 3 chars présents sont placés en surveillance aux emplacements indiqués. Le n°543 (St Georges) n’arrivera qu’à 2h00 du matin, réservoirs à sec. Le capitaine, son chauffeur et quelques motocyclistes passent la nuit place des Augustins. Il n’y a plus d’autres militaires dans la ville.

Mardi 18 juin.
7h30 le capitaine prend contact avec le général DE BELLEFON qui dit ne plus avoir besoin de nous.
9h00 l’ordre du C.C. du 18, 2h00 arrive. Le C.C. doit, tout en continuant à couvrir le repli, tenir les ponts de la Mayenne de Château-Gontier à Angers. La 352ème CACC doit se rendre à La Meignane, à 7 km au N.O. d’Angers en réserve du C.C.
8h00 : la population apporte le petit déjeuner, café et croissants aux équipages des 4 chars.
10h30 les chars prennent la route pour 90 km. Consigne formelle : ne pas tirer jusqu’à la sortie de l’agglomération. Des avions ennemis survolent très bas mais n’attaquent pas. Vers 18h00 arrêt à Durtal pour regroupement, pleins, casse-croûte, petite réparations.
Il y a des fumées noires au dessus d’Angers. Les réservoirs d’essence brûlent dans la banlieue.
20h00 arrivée au château de La Collecterie, à 10 km O.N.O. d’Angers, au sud de La Meignanne, précédemment siège du gouvernement Polonais en exil.
L’ordre d’opérations du C.C. nous laisse espérer pouvoir au moins y rester 24h00. Les équipages des 4 chars et les conducteurs vont dormir mais, par prudence les dépanneurs proposent au capitaine de travailler toute la nuit. Outre des petits dépannages (toujours les joints de «Naeder» et le réglage des moteurs, ils entreprennent le démontage du ventilateur du char n°737 (Charlemagne).

Mercredi 19 juin
10h00, le sergent BESSE, en liaison auprès du C.C. apporte l’ordre particulier du 19/06 8h00 ; (nous n’étions pas destinataires de l’ordre général pour la journée du 19 juin). La compagnie doit, dès réception faire mouvement vers Chanzeaux à 28 km au sud ouest d’Angers.
On se hâte, les dépanneurs de terminer le remontage, les conducteurs de charger les véhicules. Il faut traverser Angers «ville ouverte» où l’on attend les allemands pour 14h00 et il faut avoir passé les Ponts de Cé avant qu’ils ne sautent à 14h00.
Les véhicules sur roues et les chars n°542 (Auvergne) et n°857 (Chasseur Chichera) partent très rapidement, mais le ventilateur du n°737 (Charlemagne) n’est pas fini de remonter. BRESSON avec le n°543 (St Georges), un motocycliste et la camionnette des dépanneurs sont restés à l’attendre et éventuellement pour les ramener ou les couvrir.
Sur le pont de la Maine, dans Angers, le capitaine et le lieutenant FORRER sont pris à partie par la population. Trois fois au moins, les motocyclistes font la liaison entre le capitaine et le n°543 (St Georges), et entre celui-ci, qui prend un ou deux km d’avance et le n°737 (Charlemagne). Quand, enfin, vers 13h00, le capitaine donne l’ordre d’abandonner le char, la courroie du ventilateur a pris sa place. Traversée rapide d’Angers et enfin franchissement de la Maine au soulagement général.
Au sud d’Angers, la route est encombrée de réfugiés qui veulent passer la Loire. Sortant d’un fossé, un individu, en uniforme incertain avec un fusil, vise le n°543 (St Georges) et tire. Le sergent chef GRAND, qui remplace QUENARDEL au poste de pilotage dont le volet est ouvert et le chef de char, sur la porte de tourelle ont un mouvement de recul. Personne, dans la foule ne réagit, et l’individu disparaît.
A 13h40, le n°737 (Charlemagne) est le dernier à traverser les Ponts de Cé.
A 17h00 la compagnie est à Chanzeaux. Dans un moment de calme, le capitaine MENET donne l’ordre à ses officiers et à quelques sous officiers de n’accepter aucun ordre de repli, que ceux émanant de lui, ajoutant à l’intention des chefs de chars : «mais si on vous donne l’ordre d’attaquer, allez y !»
L’ordre général d’opérations du 19 juin pour le Corps de Cavalerie prescrit la constitution, sous les ordres du colonel de BRAUER, d’un groupement de défense de la Loire ayant à tenir un front de 36 km de Thoueil (en aval de Gennes) à Savennières (en aval des Ponts de Cé), comportant 3 ponts.
Une note de service du 14 juin (?) du général ALTMEYER commandant la 10ème Armée, transmise par la 1ère D.L.M. prescrivait le regroupement, l’encadrement et l’armement des isolés.
Peu avant 22h00 ; ordre du colonel de BRAUER, transmis par le commandant MARCHAL commandant le groupement Ouest : les chars B doivent se rendre, dès réception à Beaulieu, à 7 km au sud des Ponts de Cé.

Jeudi 20 juin
0h30 les 4 chars arrivent à St Lambert du Lattay, à 3 Km au sud ouest de Beaulieu où se trouve le commandant MARCHAL. Le char n°542 (Auvergne) est posté à Beaulieu, le n°737 (Charlemagne) et le n°857 (Chasseur Chichera) aux sorties nord-ouest et nord-est de St Lambert. Le n°543 (St Georges) est en réserve au carrefour central de St Lambert.
10h50 ordre est donné au char Auvergne de se replier à l’entrée nord de St Lambert.
Le premier pont à l’ouest de la zone du groupement de BRAUER, le pont de Chalonnes avait sauté mais n’était gardé par aucune troupe.
12h15 le commandant MARCHAL convoque le lieutenant BRESSON et lui remet l’ordre suivant :
«Avec vos 4 chars B portez vous sur Chalonnes par Le Breil pour y détruire, en liaison avec les chars S. et H. (Somua et Hotchkiss) du C.C., les éléments ennemis qui ont traversés la Loire et permettre la réoccupation de Chalonnes par l’escadron BABEY du 18ème dragons qui suit dans votre sillage. Exécution immédiate».
Le compte rendu est adressé au capitaine à 12h15, et le St Georges prend la tête de la colonne de 4 chars qui, par Le Breuil, Bellevue, St Aubin de Luigné, Chaudefonds débouche, au bout de 18 km sur la route qui descend à Chalonnes. Un temps d’arrêt est marqué au pont de chemin de fer. BRESSON et son motocycliste reconnaissent le débouché sur la route et voient, arrivant de la direction de Chalonnes (6 ?) chars Somua et 4 Hotchkiss du C.C., chefs de chars assis sur la porte de tourelle. Le lieutenant qui les commande, dit, à peu près ceci : «Il n’y a qu’un malheureux Crapouillot à l’entrée de Chalonnes, vous en viendrez facilement à bout !» et, sans plus, les chars S. et H. partent vers le sud.
Brève concertation des chefs de chars et la colonne prend, volets fermés, la direction de Chalonnes.
Au bout de 2 à 3 km, à 500m de la ville, dans un virage, un antichar de petit calibre se dévoile. Au canon de 47 et au 75, le n°543 (St Georges) réplique puis écrase le canon. Un peu plus loin une barricade est écrasée. Débouchant sur la place, les chars se heurtent à 3 pièces dont une à la terrasse d’un café. Les premiers chars les réduisent au silence. Le n°543 (St Georges) et le n°737 (Charlemagne) s’engagent dans la rue vers le pont sur la Loire. Des rues transversales, à droite et à gauche des canons tirent sur les chars, leur causant des dégâts sans gravité. Ils sont neutralisés à la mitrailleuse et au canon de 47.
Le n°542 (Auvergne) et le n°857 (Chasseur Chichera) sont partis à droite et à gauche. Un canon est encore écrasé près du pont. Au canon de 75, les 2 chars tirent sur les débris qui encombrent l’entrée du pont. Une arme de plus fort calibre, 88, d’après les déclarations d’un prisonnier, s’est mise en batterie de l’autre côté du pont. Le n°737 (Charlemagne) est atteint et commence à brûler. Le n°542 (St Georges), au jugé, arrose au 75 l’autre côté du pont, et tout à coup, c’est le silence. (Voir 1)
L’équipage du n°737 (Charlemagne) est sorti du char. Le lieutenant LEGRET est légèrement blessé aux jambes, le chasseur NIEDERGANG un peu plus sérieusement.
L’escadron BABEY du 18ème R.D.P. et les dépanneurs de la 352ème CACC sont descendus en ville où ils ont récupéré du matériel et ont fait des prisonniers. (Voir 2)
Les chars se replient à environ 1 km.
A 16h15, BRESSON rend compte au capitaine de l’état des chars. On procède à quelques réparations, on refait les pleins. L’aide pilote du n°543 (St Georges), le caporal chef NERZIC, malade est remplacé par le caporal NOËL.
Le lieutenant BABEY a rendu compte au commandant MARCHAL qui lui a donné ses ordres pour la nuit, avec copie au lieutenant BRESSON : Chalonnes doit être tenue jusqu’à la nuit avec l’appui des chars. A la nuit l’escadron BABEY s’installera aux lisières et les chars reculeront. Ils reviendront demain à 3h00 pour aider les dragons à décrocher.
Les 3 chars redescendent dans Chalonnes. Plus d’antichars sur la route ni sur la place. Mais une arme tire de l’autre côté du pont qu’il faut neutraliser. Les 3 chars se répandent plus en avant dans les rues. Le n°543 (St Georges) débouchant en aval du pont sur la rive de la Loire tire à la mitrailleuse sur une portière qui se disposait à traverser le fleuve. Il a épuisé ses munitions de 75 et la culasse du 47 est bloquée. Les chars se retirent alors à environ 3 km.
Une religieuse et une jeune fille d’un établissement voisin apportent quelque ravitaillement, du sucre et un cordial. Un médecin militaire, en permission, vient voir s’il peut être utile et compte les impacts sur les carcasses des chars.
21h00, le capitaine qui est près des chars reçoit l’ordre de les porter à Vihiers pour «couvrir la retraite». D’un pont haut de la route, le pilote du n°857 (Chasseur-Chichera) tire ses dernières munitions de 75 à la hausse maximale, au dessus de la ville vers la rive nord.
22h00, les chars rejoignent, vers Chaudefonds les éléments avancés de la colonne sur roues. Les équipages, relevés vont dormir dans les camionnettes. Avant que nous quittions les Coteaux du Layon, un vigneron, originaire de St George sur Loire qui a débouché quelques bouteilles tient à trinquer avec l’équipage du n°543 (St Georges). Direction : Chanzeaux, Gonnord, Vihiers.

Vendredi 21 juin
2h00, la colonne sur roues est à St Pierre à Champs où les équipages relevés se reposent pendant que les dépanneurs et les seconds servants procèdent aux opérations d’entretien et petites réparations.
10h00, les 3 chars sont prêts à reprendre la route avec des équipages partiellement remplacés.
L’ordre du 21 juin 9h00 du groupement de BRAUER pour «l’organisation de la position du Haut Layon» prévoit que les chars se porteront à Genneton, «prêts à partir en première urgence».
Au cours d’un déplacement, les caporaux GIRINON et HOSATTE sont gravement blessés dans un accident de moto, près de Cleré, Ils sont évacués sur Bressuire. Décès de GIRINON.
Les officiers sont envoyés en liaison avec les unités voisines. L’un d’eux arrive à Doué la Fontaine alors que les derniers éléments du groupement s’apprêtent à l’évacuer.
Arrivé vers 20h00, l’ordre d’opérations du groupement de BRAUER pour la nuit du 21 au 22 prévoit un repli de 20 Km sur la ligne : Voultegon, Coulonges, sud de Thouars. Organisation en points d’appui fermés, les chars se rendront à Moutiers, en évitant Argenton. La compagnie quitte le parc du château de Genneton vers 22h00. Au moment du départ, le char n°542 (Auvergne), coincé en terrain humide entre deux gros arbres, casse en manœuvrant, sa boite de mécanisme de barbotin. La compagnie n’a plus que 2 chars, car il est inutile de chercher à le remorquer, au risque d’en casser un autre. Il est désarmé.

Samedi 22 juin
2h00, arrivée à Moutiers. L’ordre d’opérations du groupement de BRAUER pour la journée du 22 juin prévoit l’embarquement sur 2 trains de 2000 et 2400 hommes à La Chapelle St Laurent des troupes non motorisées.
Le repli sera couvert à la Chapelle St Laurent par l’escadron FOLZ.
Le groupe du commandant ALBESSART doit tenir le plus longtemps possible à Bressuire. Les groupes du capitaine de SALINS vers Coulonges, celui du commandant MARCHAL vers Voultegon couvriront les transports vers la gare d’embarquement.
Les chars couvriront ces transports par Coulonges, Geay, Faye l’Abbesse, Parthenay. Mise en route à partir de 17h00 sans précipitation.
Pour toutes les unités, sauf les chars : exécution immédiate.
11h00, visite du capitaine de SALINS qui transmet les félicitations du colonel de BRAUER pour l’opération de Chalonnes et demande au capitaine MENET d’organiser Moutiers en point d’appui avec ses moyens propres : les 2 chars, les quelques 135 officiers, sous-officiers gradés et chasseurs, armés, pour la plupart de pistolets automatiques de 7,65, sauf quelques conducteurs armés de mousquetons, 4 mitrailleuses de 7,5 démontées des chars abandonnés pour lesquelles on improvise des supports…et un groupe de 30 cuirassiers sans armes automatiques, commandés par un adjudant-chef.
Les 2 chars n°543 (St Georges) et n°857 (Chasseur Chichera) restant au centre du village, les chefs de chars reconnaissent les débouchés possibles.
Des groupes mixtes, cuirassiers chasseurs sont installés aux issues.
15h00 : ordre de commencer le repli à 16h15.
A 16h15, part, sous les ordres du lieutenant FORRER et de l’adjudant PFISTER un groupe de 15 jalonneurs en side-cars. (Voir 3)
La colonne qui démarre à 16h30 comprend : la V.T.T. (Voiture Tout Terrain) avec les sous lieutenant VADON et SARRAZ-BOURNET, 5 camionnettes, 8 tracteurs chenillés, 4 camions, 1 camionnette, 4 V.T.O. (Voiture de Tourisme Ordinaire), 10 side-cars et motos, le camion ramenant avec le lieutenant GROS, les petits postes des issues du village, enfin, 1 camionnette et un side-car avec 5 dépanneurs précédant immédiatement les 2 chars n°543 (St Georges) et n°857 (Chasseur Chichera). Elle s’étire sur plus d’un kilomètre.
A bord du char n°543 (St Georges) : lieutenant BRESSON, pilote, sergent QUENARDEL, remplaçant aide-pilote, volontaire, caporal NOËL, radio, chasseur SALIN, le servant mécanicien étant absent, le chasseur OFFENSTADT insiste pour prendre sa place : «je ne suis jamais monté en char depuis le début de la campagne». Enfin, au moment de partir, le lieutenant GROS confie comme passager à l’équipage, un élève aspirant de (Saumur ?) (Voir 4).
A bord du n°857 (Chasseur-Chichera) le sous-lieutenant LETOURNEUR remplace le sous-lieutenant SARRAZ-BOURNET comme chef de char, pilote sergent-chef BILL, aide pilote chasseur POINET, radio chasseur PARIS, mécanicien chasseur CHAREYRON. Le moteur de ce char a déjà donné des signes de défaillance.
Les 2 chars restent un moment seuls dans le village. Le lieutenant LETOURNEUR ouvre la porte de l’église et improvise à l’harmonium.
Les jalonneurs ont passé Coulonges puis Geay sans encombre.
Entre Coulonges et Geay, l’ennemi, déjà présent, laisse passer la tête de colonne, mais lorsque les chenillettes (tracteur Unic) arrivent en vue du passage à niveau de Luché-Thouarsais, il ouvre le feu et en incendie immédiatement deux. Les conducteurs des autres chenillettes se planquent. Les camions qui suivent s’arrêtent. Le capitaine qui était en train de remonter la colonne pour la faire accélérer, fait faire demi tour, revient à Moutiers chercher les 2 chars, puis aiguille la queue de colonne sur un autre itinéraire. (Voir 5)
Le n°857 (Chasseur-Chichera) part immédiatement, vers 17h15. Le capitaine donne rapidement quelques instructions au lieutenant BRESSON, et le n°543 (St Georges) suit à 500 ou 600 m. Il y a environ 10 km jusqu’au passage à niveau. A Coulonges sur les signes des camarades, les volets sont fermés et les 2 chars à quelques 400 ou 500 m l’un de l’autre s’engagent sur cette petite route, tortueuse bordée de haies au milieu d’un pays de bocages.
Le n°857 (Chasseur-Chichera) franchit le passage à niveau, traverse rapidement la zone dangereuse, reçoit quelques coups dont un provoque un début d’incendie, éteint à l’extincteur, et fait demi-tour.
Lorsque le n°543 (St Georges) arrive au passage à niveau, il est immédiatement pris à partie par une arme proche (voir 6). Passant de l’autre côté, il s’engage à droite dans une prairie, dans la direction d’où les coups semblent provenir et riposte au jugé. L’épiscope du pilote est cassé, puis un coup sur le flanc droit provoque un début d’incendie, activé par le ventilateur, moteur arrêté, l’équipage en vient à bout à l’extincteur ; moteur de nouveau en route tout en continuant le tir, mais le feu reprend de plus belle. Le char est évacué. L’ennemi a cessé de tirer. Le n°857 (Chasseur-Chichera), arrivant alors prend à son bord NOËL, OFFENSTADT et SALIN tous trois légèrement blessés. Le char repasse le passage à niveau. BRESSON et QUENARDEL en profitent pour repasser de l’autre côté. Le combat reprend entre le n°857 (Chasseur-Chichera) et l’ennemi. Le char est d’abord atteint par l’arrière, moteur stoppé. NOËL et POINET sont tués, probablement à ce moment. LETOURNEUR tire encore. Un coup arrive sur l’avant gauche suivi, probablement d’une explosion, blessant LETOURNEUR, BILL et CHAREYRON et tuant OFFENSTADT. Les tirs cessent !
Le lieutenant BRESSON qui a été rejoint par le caporal dépanneur ROUSSELLE-GALL tente de s’approcher du char. Le sergent-chef BILL arrive à leur rencontre en boitant. Il est blessé aux cuisses et annonce : des tués et des blessés à bord, OFFENSTADT a eu la tête emportée. BILL a pu échapper à la patrouille allemande pendant que les 2 radios, PARIS, indemne et SALIN légèrement blessé aidaient le lieutenant LETOURNEUR et CHAREYRON à sortir par la porte de tourelle.
LETOURNEUR et CHAREYRON, sommairement pansés sont emmenés par les infirmiers allemands à l’hôpital de Thouars. PARIS et SALIN enterrent NOËL et POINET sur place, puis, sont emmenés prisonniers à Saumur.
Ce sont les habitants de Luché-Thouarsais qui, quelques jours plus tard sortiront et enterreront une partie des restes d’OFFENSTADT, alors non identifié (voir 7).
Un infirmier du 4ème Cuirassiers donne les premiers soins au sergent chef BILL qui est ensuite pris en charge par un habitant.
Le lieutenant BRESSON se trouve à la tête d’un groupe de 4 sous-officiers, 2 capitaines, 6 chasseurs et un infirmier du 232ème R.I. avec 1 camionnette, 1 V.T.O. et 2 side-cars.
A Coulonges, le brigadier chef d’ORMESSON devait tenir avec 11 hommes du 4ème Cuirassiers jusqu’à 17h00 (?) puis trouver un moyen de transport pour La Chapelle St Laurent ou …se perdre dans la nature. Il se présente au lieutenant qui les prend en charge. Arrive ensuite un détachement du 129ème G.R.D.I. commandé par l’aspirant MAUZ qui dispose de 3 camions, 2 canons de 25, 1 side-car, 2 motos et tient de son capitaine un itinéraire estimé libre pour gagner avec la vingtaine de sous officier et hommes qu’il commande : La Chapelle St Laurent, puis Niort. La colonne s’organise et par La Coudre, Voultegon, Bretignolle, Cirière, Courlay, Chanteloup, gagne La Chapelle St Laurent, où il n’y a plus personne. Il est près de minuit (voir 8).
La tête de colonne des sous-lieutenants VADON et SARRAZ-BOURNET était attendue à Geay où elle est prise sous le feu d’armes automatiques. Le caporal MAZZOLINI et les chasseurs FOREY et MICHEA sont tués. En queue, le sergent-chef BRIOT a pu faire demi tour avec son side-car et rejoindre Coulonges.
C’est un groupe de 2 officiers, 4 sous-officiers et 37 chasseurs qui est fait prisonnier et conduit à Saumur.
Après le départ des deux chars, la queue de colonne, sous les ordres des sergents-chefs GRAND et VUILLAUME comprenant 6 sous-officiers, 3 caporaux et 37 chasseurs avec 2 camions, la cuisine roulante, 6 side-cars et une moto, a été orientée par le capitaine sur Noirlieu, Bressuire et Parthenay. Avant d’arriver à Parthenay, déjà aux mains de l’ennemi, il est détourné par un élément de la 1ère D.L.M. qui l’invite à le suivre vers St Maixent.
Le capitaine est revenu à Moutiers regrouper les éléments des petits postes restés avec le lieutenant GROS. Le combat est terminé, la liaison ne s’est pas faite avec le groupe du lieutenant BRESSON. Il gagne Chiché par Coulonges, Noirlieu, Chambroutet, St Porchaire, St Sauveur. Aux abords de Chiché, occupé par l’ennemi, il retrouve le lieutenant FORRER et quelques jalonneurs. A La Denière de Chiché, le capitaine se trouve à la tête d’un groupe de : 2 officiers (outre lui-même), 2 sous-officiers, 1 caporal, 11 chasseurs et 1 E.A.R.

Au soir du 22 juin
La compagnie a perdu 6 tués, 3 blessés et 45 prisonniers. L’échelon avant est scindé en trois groupes, non compris celui des 45 prisonniers.
De son côté l’échelon arrière s’est trouvé scindé en trois éléments :
Le groupe COGNET, MANDEVILLE qui convoyait les 3 chars évacués.
Le groupe de ravitaillement du sergent-chef COMMEIHNES, fait prisonnier à Mayenne puis évadé.
Les lieutenants FOUR et LOGOTHETIS avec le groupe atelier.

(1) Un compte rendu allemand du 38ème Corps d’armée communiqué par le colonel de MOLLANS, relate 2 incursions des chars lourds dans CHALONNES, la première d’un seul char qui est incendié. Il ne peut s’agir d’un Somua, dont aucun n’a été perdu. Le Charlemagne, seul char perdu, était le deuxième de la colonne des 4 chars B de notre première incursion. Entre nos 2 descentes, les allemands auraient renforcé la position. Or, au contraire, notre deuxième incursion n’a rencontré de résistances qu’en face du pont. Un de nos obus de 75 aurait alors fait exploser un véhicule d’artillerie transportant des explosifs et des mines. LEGRET note : d’après la déclaration d’un prisonnier, il y aurait eu 150 blessés (?). Le compte rendu allemand parle : de pouvoir, enfin évacuer les blessés. Ne serait-ce pas en fin de première incursion ?

(2) Aux archives du 18ème R.D.P. on trouve : 12h00 ordre à l’escadron BABEY, appuyé par 4 chars B de reprendre CHALONNES...mission accomplie… l’ennemi est repassé sur la rive nord…pas de blessés au 18ème R.D.P., par contre le lieutenant LEGRET et le chasseur NIEDERGANG de la 352ème Compagnie de chars, blessés sont évacués sur Bressuire.

(3) Simultanément (?), le sergent chef MAHEY avec une camionnette et 1 conducteur, en mission de renseignement près du chef de gare de Parthenay capture 3 (?) cycliste allemand égarés qu’il confie à un peloton de cavaliers.

(4) SALIN pense que cet «aspirant» était à bord du n°543 (St Georges) lors de son évacuation. CHAREYRON ne le cite pas à bord du n°857 (Chasseur-Chichera)… Quand et comment a-t-il échappé aux patrouilles allemandes ? Dans la liste du personnel du groupe de capitaine MENET, après l’armistice figure un E.A.R. Claude GARNIER domicilié à Paris 7ème.

(5) Voir plus loin «l’odyssée» des différents groupes après le 22 juin.

(6) Probablement du 47 mm automoteur d’après une photographie allemande. Mais voir note (7).

(7) D’après le récit du capitaine DUNOYER de SEGONZAC du 4ème Cuirassiers qui évalue la durée du combat à une demi-heure à partir de 18h00 et qui estime que l’ennemi disposait d’une batterie de 105.

(8) Récit du capitaine de KERMADEC du 18ème R.D.P. : Un train brûle dans la gare de Niort, l’autre est aiguillé sur Poitiers occupé par les allemands.

 
L’échelon arrière du 13 au 22 juin.

Groupe COGNET, MANDEVILLE :
Le 13 juin, l’aspirant COGNET et le sergent MANDEVILLE avec 2 caporaux et 7 chasseurs, convoyant 3 chars endommagés dont 1 en remorque, ont rejoint un élément du P.E.B. (le 9 ou 10 ?) au nord de Maintenon. En faisant route vers Châteaudun, le char en remorque a été abandonné près de Chartres.
Le 15 juin, l’aspirant COGNET était à CHATEAUDUN auprès du lieutenant LOGOTHETIS. Les 2 chars et leurs équipages sont dirigés sur Meung sur Loire.
L’aspirant COGNET et le chasseur BAZIN, conducteur de véhicule ont disparu. Ils seront plus tard, signalés comme prisonniers.
Le 17 juin (?), à Meung sur Loire, le pont, miné, est interdit aux chars qui sont dirigés sur Beaugency. En panne d’essence, ils sont désarmés et camouflés, l’un d’eux le n°738 (Roland) à Bacon.
Sous le commandement du sergent MANDEVILLE, le groupe franchit la Loire à Beaugency, dans les camions d’un G.R.D.I. et rencontre une unité de chars B avec laquelle ils font mouvement vers St Maurice La Souterraine. (345ème C.A.C.C. ? dont les matériels portent la devise « MALGRE »).

Groupe FOUR, LOGOTHETIS
Le 15 juin, de Bois Landry où il se trouve, le lieutenant FOUR a rendu compte de la situation de sa section d’échelon. Le lieutenant LOGOTHETIS doit le rejoindre dans la journée avec le groupe atelier.
Le 16 juin, un ordre du C.C. prescrit à la section d’échelon de faire mouvement vers Villepail et de prendre liaison à Alençon avec le P.C. de la 10ème Armée. Le mouvement est effectué dans la nuit du 16 au 17 juin. Le P.C. de la 10ème Armée n’est plus à Alençon.
Le 17 juin, ordre du C.C., manuscrit et non daté : « Les chars B ont envoyé ce soir leurs éléments lourds à Villepail, à 30 km à l’ouest d’Alençon. Les dérouter vers Craon, à 30 km au sud-ouest de Laval. Le mouvement est entrepris à 16h00. A 1 km de Mayenne, sur la N12, le groupe de ravitaillement, sous les ordres du sergent-chef COMMEIHNES est dépassé par un élément ennemi et fait prisonnier. Le reste de la section d’échelon passe sans encombre et peut de ravitailler en essence à Laval. Le groupe arrive à Craon à 20h00. Il compte alors : 2 officiers et 24 caporaux et chasseurs.
Le 18 juin, sur renseignement de la Gendarmerie, le groupe fait mouvement sur Châteaubriant et tente de prendre liaison à Rennes avec la 10ème Armée. En vain.
Un officier de D.L.C. signale que Laval est occupé par l’ennemi et conseille de passer la Loire à Ancenis comme la D.L.C., ce qui est fait et le groupe cantonne à St Laurent des Autels.
Le 19 juin, sur renseignement de la place de Nantes où l’ennemi arrive, le groupe gagne La Roche Sur Yon.
Le 20 juin, le lieutenant FOUR téléphone au dépôt de chars N°502 à Angoulême qui lui conseille de rejoindre Bordeaux et Mont de Marsan. Le groupe fait mouvement le soir et cantonne, le 20 juin à Guîtres.
Sur renseignements de la place de Bordeaux, il gagne St Macaire, près de Langon, le 21 juin.
Le 22 juin, il est à Mont de Marsan.

Groupe COMMEIHNES
Ce groupe comprenant 2 sous-officiers, 4 caporaux et 12 chasseurs avec 3 tracteurs chenillés, 1 camionnette, 1 V.T.O., 1 side-car et 1 moto a été dépassé, le 17 juin sur la route de Mayenne par des motocyclistes allemands qui lui ont intimé l’ordre de se rendre à Mayenne. Un groupe suivant lui a confisqué 1 side-car et une moto. Un tracteur tombé en panne est rendu inutilisable et abandonné. A Mayenne, les allemands détruisent les 2 autres tracteurs et confisquent les 2 mitrailleuses Hotchkiss et les armes individuelles. Le groupe ne gagne pas le centre de regroupement mais cantonne dans un petit bois.
Le 18 juin, à 4h00 le sergent chef COMMEIHNES et le caporal chef PONCET vont en reconnaissance et se renseigner auprès de la population. A leur retour, le groupe avec la camionnette et la V.T.O. force le barrage à un point seulement défendu par des mitrailleuses de D.C.A., et prend la direction de Sablé par Durtal, Beaugé, Château Lavallière, le groupe franchit la Loire à Port Boulet et la Vienne à l’Ile Bouchard où se trouve le dépôt 501. Le commandant FAUQUET garde le groupe le 19 et la matinée du 20 juin. Le sergent-chef COMMEIHNES téléphone à la place de Poitiers. Le 2ème bureau lui dit de venir. Le 21 juin à Poitiers le groupe est dirigé sur Belabre, où se trouve un P.E.B. qui, faute de renseignement sur le 46ème, lui indique la position du 28ème B.C.C. qu’il rejoint le 22 juin. Le capitaine de GRANDSFONDS, ancien commandant de compagnie du 46ème prend le groupe en subsistance quelques jours. Le 22 juin au soir, le groupe est avec le 28ème B.C.C. entre La Souterraine et Solignac, près de Limoges.

Odyssée des groupes de la 352ème éclatée, après le 22 juin 1940.

Le groupe BRESSON
(Les rescapés des chars, des dépanneurs avec un détachement du 129ème G.R.D.I. et un groupe du 4ème Cuirassée.)
A la Chapelle St Laurent, vide de troupes, le lieutenant et l’aspirant apprennent par la population qu’une colonne allemande est arrivée à Parthenay. Ils décident de contourner Parthenay et de gagner Niort pour tenter d’y faire les pleins afin de gagner Bordeaux. Par Largeasse, Vernoux, Beceleuf, Faye sur Ardin, la colonne arrive à St Maxire, à 10 Km Nord de Niort, le 23 juin au petit jour. Sur la route nationale, à 5 Km, une colonne allemande file sur Niort. Par la radio, on sait qu’un armistice est conclu, mais pas encore en vigueur.
Le groupe s’installe en cantonnement, sous un couvert, un peu à l’écart de la route. A quelques Km, un groupe du 4ème R.D.P. commandé par le lieutenant SOLIGNAC, cantonne dans les mêmes conditions.
Renseignés par les civils, et profitant d’une voiture civile, les trois chefs de détachement se rendent à Niort, où les allemands, occupant certains points dont l’essentiel de la caserne, laissent les militaires français se déplacer librement. Au bureau de la place, un colonel, conseille de rester discrètement sur place, en attendant de connaître les conditions exactes de l’armistice qui doit entrer, incessamment en vigueur.
Le 24 juin, écoute de la radio. Les chefs de détachement confèrent avec le Maire et le secrétaire de mairie.
Le 25 juin, les détachements, accompagnant la municipalité de St Maxire au monument aux morts de 1914-1918, rendent les honneurs. Deux hommes en armes y restent jusque dans la soirée.
Le 26 juin, nouveau contact avec la place de Niort. Les grilles du quartier sont fermées et gardées par des sentinelles allemandes. Un capitaine conseille de démobiliser les hommes sur place avec un papier signé et muni d’un cachet. De retour à St Maxire, des ordres de démobilisation sont établis prescrivant à chacun de se présenter à la gendarmerie de son domicile. Ils sont signés par les 2 officiers et l’aspirant dont la signature est légalisée par le maire. Le lieutenant signe le sien lui-même, et fait disparaître les pages de son livret militaire faisant mention de grades, ?, mais évitera toute rencontre, pour ne pas avoir besoin de faire état de ce papier.
Les armes individuelles sont camouflées dans les murettes des champs. Le maire de St Maxire accepte en dépôt et donne un reçu pour le matériel automobile et d’un tube de canon de 47 mm. Quelques cartes d’almanachs des P.T.T. sont «renseignées» en ce qui concerne les limites des deux zones occupée et non occupée. Avec l’aide de la population, les démobilisés, en civil, partent par petits groupes.
Un sous officier et 2 chasseurs de la 352ème CACC qui avaient cru pouvoir passer la ligne de démarcation avec un side-car sont retenus prisonniers, l’un d’entre eux avait laissé apparaître sa plaque d’identité militaire. (Voir 9)
Deux sous-officiers, un caporal et un chasseur, qui ont retrouvé, en route, un isolé se sont présentés aux autorités militaires de Limoges et ont été renvoyés au 46ème B.C.C. à La Tour Blanche. A la limite de la ligne de démarcation, le lieutenant BRESSON, l’aspirant MAUZ et le brigadier-chef Olivier d’ORMESSON ont trouvé dans un château, (voir 10), appartenant à des personnes connues du brigadier chef, le capitaine médecin de la FUYE qui les ramène à Limoges où il se rendait lui-même. Le lieutenant BRESSON, incorporé au dépôt de cavalerie N°29, fait rapport aux commandants du dépôt, de la place et de la région. Il est démobilisé le 3 août sans avoir pu établir de contacts avec le capitaine MENET, ni avec le 46ème B.C.C.
Aucun des autres démobilisés n’a été, par la suite signalé comme prisonnier.

9 – par la suite et en raison de leur profession (employé de chemin de fer et autres ?) ils ont été rapidement libérés.

10- Famille de FREMOND, château de La Reau.

Le groupe GRAND-VUILLAUME, (et plus tard : LEGRET)
Après avoir rejoint la 1ère D.L.M. le groupe gagne, avec celle-ci, Melle puis Cognac, qu’ils atteignent le 23 juin.
Ils y sont rejoint par le lieutenant LEGRET qui, blessé le 20 juin à Chalonnes, soigné à l’hôpital de Bressuire, a rejoint, le 21 juin, le Corps de Cavalerie à Airvault où il s’est mis à la disposition du colonel de BRAUER. Avec l’autorisation de ce dernier, il prend le commandement du détachement.
Le groupe suit la 1ère D.L.M. jusqu’au 27 juin. A cette date, un ordre du général LANGLOIS commandant le Corps de Cavalerie prescrit :
« La 352ème de chars B rejoindra à La Tour Blanche le 46ème bataillon de chars et sera intégrée à la 4ème D.C.r. »
En exécution de cet ordre, le groupe rejoint le 46ème B.C.C à Javerlhac La Chapelle St Robert. Il y est rejoint le 3 juillet par le lieutenant FOUR et par quelques isolés.
Le capitaine MENET obtiendra, par la suite que le sergent-chef comptable VUILLAUME vienne à Buzançais régler, avec lui, les problèmes administratifs de la compagnie avant sa dissolution.

Le groupe MANDEVILLE (à l’origine COGNET)
Les membres non démobilisés, à St Maurice La Souterraine, rejoignent le 46ème B.C.C. à La Chapelle St Robert.
Groupe échelon arrière, atelier, lieutenants FOUR et LOGOTHETIS
Le 23 juin, à Mont de Marsan, le lieutenant FOUR rencontre le sous-lieutenant CHENE du P.E.B. 9 qui se joint au détachement. Le 24 juin il retrouve, dans la région (?) un élément du dépôt 511 qui prends, en subsistance le lieutenant LOGOTHETIS et 24 caporaux et chasseurs de l’atelier et , en dépôts les 5 camions, 2 V.T.O., 3 chenillettes, 3 side-cars et 1 moto.
Le lieutenant FOUR continue à chercher à joindre le 46ème B.C.C. ou la 4ème D.C.r. Le 2 juillet à Montauban, on lui indique le P.C. du général KELLER à La Française où il trouve la situation des points de stationnement de la 4ème D.C.r.
Le 3 juillet, il rejoint à Javerlhac La Chapelle St Robert le 46ème B.C.C. et le détachement de la 352ème C.A.C.C.

Groupe sergent-chef COMMEIHNES
Dans la nuit du 22 au 23 juin, il fait mouvement avec le 28ème B.C.C. jusqu’à Solignac, au sud de Limoges (?). Après 3 (?) jours, le groupe est dirigé sur La Meyze où il aurait du rejoindre un centre de regroupement et où il est pris en subsistance par le 141ème R.I.
Le 1er juillet, COMMEIHNES télégraphie au 46ème B.C.C., demandant des instructions pour rejoindre.
Le 4 juillet la camionnette du vaguemestre du 46ème vient chercher le groupe et le ramène à La Chapelle St Robert.

Groupe des prisonniers du 22 juin.
Parmi les 46 prisonniers à Saumur, 2 sous officiers et 10 chasseurs furent libérés, ou se libérèrent rapidement.
Le lieutenant LETOURNEUR et le chasseur CHAREYRON hospitalisés à l’hôpital de Thouars dans la section militaire et sous contrôle allemand, purent avec l’aide des infirmières, passer dans une section civile d’où ils sortirent à leur guérison, quelques semaines plus tard. Libéré le 28 septembre, CHAREYRON, fit de retour à son domicile à Grenoble rapport à l’autorité militaire, du combat du 22 juin.

Groupe rassemblé par le capitaine MENET
Dans la nuit du 22 au 23 juin, le groupe quittant Chiché où les allemands s’installent, gagne La Denière de Chiché.
Le 26 juin, informé par la radio de l’entrée en vigueur de l’armistice, le capitaine envoie le lieutenant FORRER, Alsacien, parlant allemand, prendre contact avec l’unité occupant Chiché. Il est reçu au P.C. de cette unité où il précise que le groupe qu’il représente comprend les rescapés de l’engagement du 22 juin à Luché-Thouarsais. Il revient avec 2 sous officiers allemands chercher le capitaine et le groupe.
Au bout d’une heure le groupe, en tenue aussi impeccable que possible est présenté par le capitaine MENET au lieutenant colonel BAADE d’un régiment de cavalerie accompagné de 2 officiers. Après une allocution, au cours de laquelle le colonel rend hommage au courage de ses adversaires, il déclare qu’il leur rend la liberté ; le capitaine demande alors de pouvoir se rendre avec sa voiture sur le lieu du dernier combat et voir les autorités civiles, ce qui lui est accordé.
Il y voit les tombes des 5 tués identifiés et de «l’inconnu». Les maires posent la question des frais d’obsèques !
Les carcasses des 2 chars incendiés sont toujours sur le terrain et ne livrent aucun renseignement.
Le colonel qui a demandé au capitaine son adresse civile («on ne sait jamais» ! ) confie à l’un de ses sous officiers la mission de reconduire le groupe en zone libre.
Mais dans cette région il y a un doute sur les limites des deux zones. Après un arrêt à Chenonceaux où un colonel (Prussien d’après le sous officier allemand) veut les diriger sur un camp de prisonnier, le sous officier déclarant qu’il tiendra la parole donnée à son colonel, dépose le groupe à Bourré où le Cher sert de limite de zone. Il remet au capitaine une note qu’il rédige, disant que d’ordre de son colonel, le détachement ne doit pas être considéré comme prisonnier et donne au capitaine, l’adresse de son colonel, puis repart à Chiché avec les véhicules.
A quelques minutes de marche, le groupe trouve la gare de Bourré où le chef de gare l’accueille. La nuit se passe dans la gare et, au matin, le groupe s’installe dans le local de la petite vitesse d’où il est délogé par un élément allemand qui vient occuper le pays, mais dont le lieutenant, chef du détachement accepte comme valable, le mot du sous officier.
Par un journal, le capitaine trouve la confirmation qu’à cet endroit la ligne de démarcation suit le cours du Cher qui n’est qu’à 1200 mètres.
Après reconnaissance et avec la complicité du chef de gare, un par un entre 17h00 et 19h30 chacun gagne la rive du Cher où des allemands se baignent, et, sans être dupes laissent faire les deux voyages de traversée à l’aide d’une barque.
Bien que de l’autre côté commence la zone libre, des convois allemands y circulent encore et il vaut mieux éviter les routes. Du 28 juin jusqu’au 3 juillet, le groupe accueilli, après deux refus, dans la ferme tenue par une femme dont le mari est mobilisé, (à La Pouvarderie) aide aux travaux les plus urgents.
Prenant, après reconnaissance, la direction de Châteauroux, le groupe cantonne le 5 juillet à Pellevoisin où il est bien accueilli et arrive le 6 juillet à Buzançais où il est arrêté et très mal reçu par le 344ème R.I. arrivant d’Afrique du nord.
Le capitaine MENET doit prendre le commandement d’une compagnie de 1200 hommes récupérés.

Liquidation de la compagnie
Dès le 7 juillet, le capitaine s’attache à recueillir le maximum de renseignements sur les éléments dispersés le 22 juin.
Il entre en relations téléphoniques et épistolaires avec le 46ème B.C.C. Il est donc fixé sur le sort des groupes : LEGRET – GRAND – VUILLAUME, FOUR – LOGOTHETIS, COMMEIHNES, puis MANDEVILLE. Par René THIEULIN, à La Chapelle St Robert avec le 46ème, il obtient des renseignements sur les prisonniers de Saumur dont son frère, le sergent pierre THIEULIN fait partie. Du groupe des équipages de chars et des dépanneurs, il n’a que, d’une part, l’avis de la présence à Limoges du petit groupe du sergent chef BRIOT : 2 sous officiers, 1 caporal et 1 chasseur, d’autre part les renseignements recueillis auprès des deux municipalités de Geay et Luché-Thouarsais. Par contre, bien que le lieutenant BRESSON ait fait son rapport aux autorités territoriales le 13 juillet, ce n’est que le 23 août qu’il a obtenu l’adresse du capitaine alors déjà démobilisé et rentré dans ses foyers en zone occupée.
L’ordre du 27 juin du général LANGLOIS (voir, groupe LEGRET-GRAND) prescrivait à la 352ème de rejoindre, à La Tour Blanche, le 46ème B.C.C. pour être incorporée à la 4ème D.C.r. En fait, le 46ème a incorporé les groupes qui l’avaient rejoint avec leur matériel, les deux petits groupes de la région de Limoges et deux ou trois isolés. Mais n’a pas cherché à récupérer le groupe atelier du lieutenant LOGOTHETIS resté avec son matériel au dépôt 511. Quant au groupe du capitaine, le colonel commandant la 6ème demi-brigade se serait opposé à l’envoyer chercher (note du capitaine MENET).
Le sergent chef comptable n’eut, tout d’abord, aucune autorisation ni aucun moyen de transport pour rejoindre le capitaine.
A des membres de la 352ème qui s’étonnaient que la compagnie ait totalement été oublié en matière de citations, on (?) répondit que la 352ème n’appartenait plus aux chars mais à la cavalerie qui semblait l’avoir oublié. L’écho de l’amertume de certains parvint au capitaine à qui l’on (?) fit savoir, par personne interposée, que l’on estimait que la compagnie n’était pas «en règle».
Dans sa lettre du 20 juillet au général LANGLOIS, le capitaine MENET lui rappelle les opérations des 20 et 21 juin auxquelles la 352ème a participé et lui rend compte du combat du 22 juin et du sort de la compagnie depuis cette date. Le 26 juillet, dans sa réponse, le général LANGLOIS, commandant alors la 13ème région :
- Indique comment obtenir confirmation officielle de la constitution officielle de la compagnie autonome.
- Renvoie à l’intendance départementale pour la dissolution administrative.
- Demande des propositions de citations.
Les démarches sont immédiatement entreprises.
Le 2 août, le ministère de la guerre adresse au capitaine la copie de la décision de constitution de la compagnie autonome avec le tableau des effectifs.
Le 2 août, nouvelle lettre au général LANGLOIS contenant des propositions de citations et lui demandant une attestation de présence de la compagnie dans les rangs du corps de cavalerie du 11 au 22 juin 1940.
Sur demande adressée au général PIQUENDAR, commandant la 9ème région, le capitaine obtient que le sergent chef comptable VUILLAUME vienne de La Chapelle St Robert pour passer une journée avec lui pour mettre au point la comptabilité et les documents nécessaires pour la liquidation de la 352ème.
Le 6 août, le général LANGLOIS écrit (voir 11) :
«Je vous envoie, ci-joint les citations que j’ai accordées aux officiers, sous-officiers et hommes de votre compagnie»
«J’ai proposé pour une citation à l’ordre de l’armée les lieutenants …. Et …. Et vos équipages glorieusement tombés au champ d’honneur…. » ; « votre compagnie qui, bien qu’autonome, s’est certainement aussi bien battue que les compagnies des divisions cuirassées.»
«Le nombre des citations qu’ont mérité vos officiers, vos sous-officiers et vos hommes prouve que je ne fais aucune différence, au point de la vaillance entre votre compagnie et les unités de chars de cavalerie placées sous mes ordres.»
Un bordereau du 7 août accompagne 68 citations.
Ce bordereau est transmis à l’officier des «détails» du 46ème B.C.C.
Passant outre à un refus d’autorisation, le capitaine rencontre vers le 10 août le général de BRAUER qui, alors colonel, commandait le groupement de défense de La Loire, de passage dans la région. Celui-ci lui renouvelle ses félicitations.
Le 16 août, le capitaine MENET refuse une nomination à la tête d’une autre compagnie d’isolés et demande à faire valoir ses droits à démobilisation. C’est le lieutenant FORRER, muté au 1er R.I. à Issoudun qui achèvera de régler les situations individuelles.
Le 27 décembre 1940, le général LANGLOIS (alors inspecteur de la cavalerie et de G.R.M.) annonce au lieutenant FORRER que les citations à l’ordre du corps de cavalerie sont accordées, ainsi que celles du lieutenant BRESSON et des «morts pour la France : caporal NOËL, chasseurs POINET, MAZZOLINI, FOREY, MICHEA et OFFENSTADT.»
Pour ce dernier, à la demande de sa veuve ; le lieutenant BRESSON a du témoigner et rapporter le témoignage du sergent chef BILL pour que les restes non identifiés dans le char Chasseur-Chichera lui soient attribués.

11 – Il n’existe au dossier, outre le bordereau d’envoi des citations, qu’un double de la lettre du général LANGLOIS sur lequel les noms sont laissés en blanc.

 

Rapport du chasseur Chareyron Louis 22 juin 1940

je faisais partie de l'équipage du char de combat n° 543 St GEORGES comprenant :
le Lieutenant Letourneur Pierre commandant le char
le sergent chef Bil pilote
le chasseur Paris radio
le chasseur Poinet Marcel
le chasseur Chareyron Louis.
Un deuxième char restait à la compagnie. Il comprenait l'équipage suivant :
Lieutenant Bresson commandant le char
Sergent Que
nardel pilote
Caporal Noël
chasseur Salin radio
un autre chasseur dont le nom m'est inconnu.
Depuis la veille, la 352e compagnie était en surveillance avec ses deux chars. Dans la matinée, notre capitaine donne l'ordre de nous tenir prêts à partir d'un instant à l'autre.
Dans l'après-midi arrive l'ordre de départ pour une destination inconnue pour moi.
Les voitures et chenillettes de ravitaillement partent à 15 heures. Nos deux chars devaient partir à 17 heures. Mais à seize heures arrive l'ordre de partir immédiatement pour dégager la compagnie qui était attaquée.
Le char dans lequel je me trouvais pas en tête suivi à quelques centaines de mètres par le char du lieutenant Bresson. Nous arrivons rapidement sur les lieux, plusieurs chenillettes sont en flammes. Un couvert composé d'arbres et de nombreuses haies, nous empêche de repérer les pièces antichars qui nous tirent dessus sans arrêt, et de voir ce qui se passe à droite et à gauche. Il nous est possible, toutefois, de tirer sur des groupes allemands. Un obus met le feu à notre char ; à l'aide d'un extincteur nous parvenons à l'éteindre et continueront d'avancer presque jusqu'à Geay (Deux-Sèvres) toujours sans pouvoir repérer les pièces de l'ennemi.
Nous faisons alors de huit jours et en revenant rencontrerons le char du Lieutenant Bresson en flammes. Nous avons recueilli trois hommes de l'équipage. Les deux autres, le Lieutenant Bresson et le sergent pilote Quenardel n'ont pas voulu monter dans notre char sous le prétexte du peu de place disponible, nous donnant ainsi un bel exemple d'abnégation et de courage.
Nous repartons en direction des chenillettes et presque aussitôt recevront un obus qui pénètre par les grilles des ventilateurs. Le moteur est touché et 150 m plus loin le char s'immobilise. Malgré tous nos efforts pour repartir et sauver notre char, nous ne parvenons pas à remettre le moteur en état de marche. Nous exécutons le plus de tirs possible, mais 7 obus pénètrent par l'arrière tuant le caporal Noël et le chasseur Poinet et blessant le Lieutenant Letourneur, le sergent chef Bil, et moi-même
Avec beaucoup de difficulté nous réussissons à sortir. Le Lieutenant Letourneur qui continue de tirer avec ses deux pièces et le sergent chef Bil toujours à son poste de pilotage, restent jusqu'à la fin ; mais le char étant en feu ils sont obligés de se sauver par la porte de tourelle, l'autre porte étant obstruée par les corps de nos camarades tués. Dix minutes après nous étions prisonniers. Avec le Lieutenant Letourneur nous avons été soignés sur place par les Allemands et transportés ensuite à l'hôpital de Touars. Avant mon transport à l'hôpital, mais camarades Paris et Salin prisonnier comme moi, sont venus avant d'être emmenés par les Allemands nous dire adieu. Ils ont déclaré avoir sorti avec beaucoup de difficultés les corps de nos camarades Poinet et Noël. Ils les auraient enterrés à une dizaine de mètres du char, au pied d'une croix. Environ un mois après, mes blessures étant en bonne voie de guérison et aidé par des civils qui m'ont prêté des effets d'habillement, je suis retourné à l'endroit où j'avais été blessé. J'ai pu prendre des photos des deux chars et des chenillettes.
Les corps du caporal Noël et du chasseur Poinet ont été exhumés et ensevelis au cimetière de Loche-Troussais (Deux-Sèvres). Je n'ai pu aller sur leurs tombes.

Rapport du Lieutenant Bresson B1 bis 857 CHASSEUR CHICHERA

Depuis le 19 juin la 352e compagnie de char rattaché au corps de cavalerie était à la disposition du groupement de défense de la Loire commandée par le colonel de Brauer.
Elle comprenait encore quatre chars B1bis, l'échelon sur chenilles et l'échelon léger sur roues.
L'échelon lourd sur roues commandées par le Lieutenant Four ? était considéré comme disparu depuis le 17 juin. Il devait alors se trouver dans la région de Laval.
De même un élément composé de trois chars en réparation commandée par l'aspirant Cognet, qui faisait mouvement à la même date, était considéré comme disparu. Des trois autres chars de la compagnie, un avait pu être évacué par les soins de la compagnie d'échelon du 46e bataillon à la suite des combats devant Pacy sur Eure. Deux chars avaient dû être abandonnés, un devant Menilles sur Eure (544), l'autre près de Connéré (OLIVIER) entre la Ferté Bernard et le Mans, faute de posséder la remorque nécessaire (obus antichar dans le barbotin entraînant rupture des dents d'engrenage du démultiplicateur, pour le premier ; roulement à billes de barbotin cassé, ayant entraîné la même avarie pour le second).
Le 20 juin au cours de l'attaque qui avait permis de réoccuper Chalonnes et de rejeter pendant quelques heures avec des pertes sérieuses les éléments ennemis au nord de la Loire, un char avait été détruit par des armes antichars ennemies. Le Lieutenant Legret fut blessé d'un éclat dans la jambe et le chasseur Niedergang de deux éclats dans l'épaule, aucune perte à l'escadron de dragons portés commandés par le Lieutenant Rabey qui occupait le terrain.
Le soir du 20 juin, la compagnie se repliait sur ordre, les trois chars au Treil à l'ouest de Saint Lambert.
Le 21 la compagnie se regrouperait au château de Maumusson. Le 21 au soir, recevait l'ordre de se replier sur Moutiers, un char dut être abandonné à Maumusson par suite d'avarie au barbotin (roulement à billes cassé entraînant rupture d'engrenages).
Dans la journée du 22 vint l'ordre de s'installer et sensiblement dans toutes les directions dans Moutiers avec l'appui d'un peloton du 6e cuirassiers (sans armes automatiques). Des supports furent improvisés pour les mitrailleuses provenant des chars abandonnés, celles-ci furent servies par des groupes mixtes de la 352e compagnie de char et du 6e cuirassiers. En même temps les chefs de chars procédèrent à des reconnaissances d'emploi éventuel dans le but de se dégager s'il y avait lieu les villages environnants tenus de la même façon par les éléments de la 7e D.L.M. Des infiltrations ennemies venues de Thouars étaient signalées.
Vers 14 h vint l'ordre de se replier, entre 16h15 (échelon sur chenilles et sur roues) et 17 heures (chars) suivant l'itinéraire : Moutiers - Coulonges - Geay - Faye l'Abesse - la Chapelle Saint-Laurent - Femery - Parthenay. Liaison à prendre à la Chapelle Saint-Laurent. À 16 heures arrive l'ordre de repli immédiat.
Après le départ de la tête de colonne le capitaine Monet ? revient vers 16h30 pour orienter les véhicules non encore partis sur l'itinéraire : Noirlieu - Noirterre - Faye l'Abbesse - la Chapelle Saint-Laurent - Femery - Parthenay, toute la tête de colonne ayant été incendiée par l'ennemi alors qu'elle allait franchir le passage à niveau entre Coulonges et Geay. Le sous-lieutenant Letourneur d'abord reçut l'ordre de se porter avec son char pour dégager la tête de colonne. Je reçus ensuite l'ordre d'aller avec mon char l'appuyer et de tenter de faire une percée vers le sud.
Lorsque j'arrivais, difficilement à cause des véhicules incendiés, en vue du passage à niveau, le char du sous-lieutenant Letourneur était immobilisé au-delà de celui-ci et paraissait touché ; aucun coup de feu n'était plus échangé.
Aussitôt que mon char eut franchi le passage à niveau se trouvant ainsi à la hauteur de l'autre char, il fut violemment pris à partie par une arme antichars (sans doute du 47 mm de fabrication française) très rapprochée. Dès que la manœuvre permettant d'utiliser le canon de 75 fut exécutée, l'épiscope du pilote fut brisé par un coup obus.
L'identification de l'arme s'avérant impossible, après avoir fait tirer quelques coups de 75 au jugé dans la direction d'où venaient les coups, je fis manœuvrer pour essayer de tourner l'arme antichar. Pendant cette manœuvre le feu reprit plus violent, le char fut immobilisé, un réservoir crevé et incendié, quatre blessés à bord sur les membres de l'équipage.
L'autre char s'étant remis en route, je fis monter les quatre blessés à bord de ce char et mon pilote (sergent Quénardel) et moi-même non blessés partîmes à pied traversant le passage à niveau sous la protection de ce char. Après avoir remonté la colonne de véhicules incendiés, nous l'entendîmes qui a deux reprises se mit en route et, pris à partie par l'arme antichar sans riposter, s'arrêta.
Le pilote de ce char (sergent chef Bill), nous rejoignit quelques que les instants après. Il avait deux éclats dans la ? est marchait difficilement. Il nous signala qu'il y avait des blessés graves et tués à bord dont le chasseur Offenstadt qui aurait eu, d'après lui, la tête emportée. Plusieurs dont le chef de char auraient pu sortir.
Accompagné du caporal-chef Rousselle Gall qui pilotait une voiture touriste, je me portais le plus loin possible à leur rencontre. Je pus m'approcher à quelques mètres du char sans trouver trace de personne, si ce n'est quelques appels dans la direction de l'ennemi semblant parvenir des membres des deux équipages qui s'étaient perdus. À ce moment une patrouille ennemie passait le long de la voie ferrée et quelques secondes après que je fus parti sans avoir pu aller jusqu'au char, des coup de feu partaient dans la direction du point que je venais de quitter. Une demi-heure après notre retour, personne n'était encore venu nous rejoindre.
Ont disparu dans cette opération :
D'une part : Le sous-lieutenant Letourneur chef de char
Les chasseurs Poinet aide-pilote
Chareyron 1er servant
Paris Radio
D'autre part : le caporal Noël aide-pilote de remplacement volontaire pour l'opération
le chasseur Offenstadt 1er servant volontaire
le chasseur Salin radio
en outre : un élève aspirant de Saumur isolé recueilli au départ comme passager.

Nous apprîmes plus tard par le sergent chef dépanneur Briot que le capitaine Menet avait aiguillé pendant ce temps ce qui restait de la colonne sur un autre itinéraire : La Chapelle Gaudin - Noirterre - Faye l'Abesse - La Chapelle Saint-Laurent - Fenery - Parthenay.

Le lieutenant Gros et l'adjudant Pfister, tous deux en side car étaient en tête lorsque la colonne fut subitement engagée dans un village (la Chapelle Gaudin probablement). Un groupe ennemi surgit baïonnette au canon pour arrêter les véhicules pendant que de toutes les maisons portaient un feu nourri d'armes automatiques. Les véhicules étaient surchargés de passagers, plusieurs véhicules ayant été détruits et les éléments du 6e cuirassiers étant transportés en surnombre. Le sergent chef Briot et son motocycliste le chasseur Molton affirment avoir vu des corps tomber par grappes du toit des camions. Ils étaient en queue et furent les seuls à pouvoir faire demi tour pour demander du secours. Un groupe de motocyclistes du 129e G.R.DI. se porta dans cette direction avec en outre l'intention de rechercher un passage. Nous n'avons pu savoir s'il avait réussi car nous n'eûmes plus de contacts avec lui par la suite.
De retour à Moutiers je pus rassembler les éléments suivants de la compagnie :
sergent chef Briot
sergent chef Bill, blessé
sergents Quénardel, Récanier, Eugenschmitt
caporal-chef Rousselle Gall
caporal Fautras
chasseur Crepet, Molton, Guilbert, Monteil, Jutard, Mignot
matériel : 1 cabinet Citroën
1 moto side René Gillet
1 moto Terrot
1 voiture Hotchkiss récupérée.
Ont probablement disparu au cours de ces tentatives de passage, prisonniers, blessés ou tués, outre les deux équipages de char désignés plus haut :
Capitaine Menet
Lieutenants : Four - Gros
Sous-lieutenants : Vadon - Sarras - Gournet
Aspirant Dehorne
Adjudant chef Goulier
Adjudant Pfister
et environ 20 sous-officiers et chasseurs dont j'ai pu retrouver les noms suivants :
sergent chefs : Mahey - Vuillaume - Garessus - Defrance
sergents : Thieulin - Lair - Besse
caporaux chefs : Marsin - Walter
caporaux : Cholley - Caset - Gerber - Bailly - Chatellais
chasseurs : Stark - Calot - Pauthier - Bornibus - Piot - Ritard - Buffet - Lacoste - Bergeron - Vey - Riédlé - Tatutin - Landwerlin - Trégare - Cropet - Rousselle - Corde - Abrevoir.
A Coulonges nous primes à bord de la camionnette de combat du 6e cuirassiers demander par le brigadier chef d'Ormesson qui était sans moyen de transport.
A Moutiers nous retrouvâmes un détachement du 129e G.R.D.I. commandé par l'aspirant Hans comprenant un effectif total de 73 avec le matériel suivant :
2 canons de 25
3 camions
2 motos
1 side car

Grâce aux renseignements émanant du Capitaine commandant le 129e G.R.D.I. ; sous la direction de l'Aspirant Haus nous pûmes par l'itinéraire : La Couère - Voultegeon - Brétignolle - Civière - Courlay - Chanteloup - gagner la Chapelle-Saint-Laurent où aucune liaison ne put être prise et où nous arriva le renseignement que l'ennemi était à Parthenay. Nous prîmes alors la direction de Niort. Le 23 juin à 8 heures , arrivant à St Maxire, 10 km nord de Niort nous parvint le renseignement que Niort était occupé. Nous n'avions plus à ce moment assez d'essence pour pouvoir espérer joindre Bordeaux et nous ne pûmes prendre aucune liaison vers des unités amies. Nous nous sommes alors organisés en cantonnement, aucun détachement ennemi ne découvrit notre présence et le 23 nous pûmes avec la municipalité de St Maxire, rendre les honneurs aux morts de la guerre 1914-1918 et laisser deux sentinelles en armes jusqu'à la tombée de la nuit.

Le 24 grâce à une voiture civile nous prîmes l'Aspirant Haus et moi liaison à Niort avec le commandant de la place qui nous dit de continuer à cantonner à St Maxire en attendant de connaître les conditions d'armistice. Le 26 nous nous rendîmes de nouveau à Niort en side-car, avec l'Aspirant Haus du 129e G.R.D.I. et le Lieutenant Solignac trouvé la veille à la tête d'un petit détachement du 4e R.D.P. Les officiers précédemment prisonniers sur parole étaient alors internés au quartier Duguesclin.

Sources : Archives du SHAT Vincennes.