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                               43ème Bataillon de Chars de Combat

 

 

 

 

Chars R 35 Canons de 37 mm.

Chef de Bataillon : Roger DELACOMMUNE (Réserve). En captivité du 22 Juin 1940 au 2 septembre 1941.
Devise "A fond et jusqu'au bout"
Le 43ème Bataillon de chars est effectivement formé le 11 Novembre 1339 au Centre Mobilisateur 503 (C.M. 503) à VERSAILLES-SATORY. Il est présenté à cette date au Lieutenant-Colonel SOULARD par le Commandant DELACOMMUNE.

Le 13 Novembre 1939 à 11 heures 26, il part pour ARGENT-SUR-SAULDRE (Cher), où se poursuivra sa formation.
 
Le 13 Novembre 1939 à ARGENT-SUR-SAULDRE, il perçoit son matériel, tant de GIEN que BOURGES -VINCENNES - VERSAILLES; il est équipé de chars R 35 ; le matériel est complètement neuf (chars et véhicules divers).
Non loin d'ARGENT, le 41ème BCC (Cdt. MALAGUTI) Chars B1 bis, est en formation à AUBIGNY-SUR-NERE (Cher) et sera affecté à la 3ème D.C.r., à sa formation.

Le 26 et 27 Janvier 1940 - Le 43e B.C.C. quitte ARGENT-SUR-SAULDRE, embarqué à GIEN sur 4 trains, il part pour une destination inconnue.
 
Le 28 Janvier 1940 il débarque à 0 heures 30 en gare de METZ. Il cantonne à 4 km de METZ, à MAGNY-SUR-SEILLE, le matériel est rassemblé à POUILLY.
Le Bataillon est mis à la disposition, en réserve, de la 3ème Armée, sous les ordres du Lt. Colonel GIRARD, commandant le 532ème Groupe de Bataillons de Chars (532ème GBC.)
Les chars de la 3ème Armée sont placée sous le commande­ment du Colonel BOIRON.

Le 10 Mai 1940 - L'alerte est donnée et le Bataillon se tient prêt à partir ; MAGNY est survolé par les stukas à 4 heures du matin. Des bombardements sont effectués sur METZ et le terrain d'aviation de FRESCATY...
Il y a, à ce moment là, une fausse manœuvre de la part de l'Etat-major. En effet, des Compagnies de transport de­vaient venir prendre les chars entre le 10 Mai et le 19 afin de les amener à pied d'œuvre et afin qu'elles soient engages avec le 41ème B.C.C.; ces compagnies ne se présenteront jamais.
POUILLY, où se trouve le matériel, est soumis le 13 Mai à un bombardement qui ne provoqua aucun dommage ; le bataillon reste toujours en attente.

Le 19 Mai 1940 les véhicules du 43ème B.C.C. quittent MAGNY par la route à 19 heures, tandis que les chars sont embarqué sur voie ferrée ; le Bataillon est poussé dans la région de STENAY, MONTMEDY, en vue d'une action destinée à couvrir la retraite des éléments du secteur fortifié de la ligne Maginot, à l'Ouest de la MEUSE.
Depuis le 17 Mai le G.B.C. a quitté la 3ème Armée pour la 2ème; le 43ème B.C.C. est mis à la disposition de la 2ème Armée (Général HUNTZIGER) pour agir entre la CHIERS et la MEUSE (Lt. Colonel GIRARD).

Le 20 Mai 1940 les véhicules du 43ème Bataillon parviennent à 2 heures du matin à l'Est de DAMVILLERS au bois des MERLES.
Les chars atteignent CONSENVOYE.
La 1ère compagnie s'installe au BUIS-BRULE en face de la cote 311, avec le 11ème Etrangers ; BROUENNES au Nord-Est de STENAY est bombardé après que le passage de la compagnie dans le village ait été repéré par l'ennemi.
La 2ème compagnie gagne CHAUVENCY, 10,5 km au Nord-Est de STENAY ; elle s'installe au BOIS ROBERT puis en dessous de MONTMEDY par les deux CHAUVENCY.
La 3ème compagnie gagne la route de CHARMOIS à MOUZAY, 3,5 km au Sud-Est de STENAY, près du château de CHARMOIS.
La C.E. stationne dans le BOIS DE MERLES et le P.C. du 43ème Bataillon s'installe au château de LOUPPY, à 10 km au Sud de MONTMEDY.

Le 6 Juin le Bataillon commence une retraite de près de 300 kilomètres, qui se poursuivra sur la rive Ouest de la MEUSE. Les 3 compagnies de combat du Bataillon, échelonnées sur un long front, avec comme axe général la MEUSE, vont rester en position d'attente de contre­ attaques éventuelles.

Le 9 Juin le 43ème B.C.C. se dirige vers BRIEULLES au Sud de DUN-sur-MEUSE ; il effectue la traversée de la MEUSE à SIVRY, après une reconnais­sance de ses motards et afin de ne pas prendre de retard, une partie du Bataillon traverse la MEUSE plus au Nord malgré les or­dres reçus et l'incertitude qui règne dans la zone de DUN-sur-MEUSE.
Le Bataillon s'installe à DOULCON.

Le 10 Juin le Bataillon y passe aux ordres du Colonel FLEURY, Cdt le G.B.C. 503 ; il est mis, ainsi que le 73ème G.R.D.I. (Chef d'Escadrons de SAINT-SERNIN), à la disposition du 14ème G.R.C.A. (Colonel J. GALLINI), afin que celui-ci l'utilise au mieux des circonstances.
Le XXIème C.A. (Général FLAVIGNY) lui a confié la mission de bar­rer le rentrant de BEAUFORT-EN-ARGONNE, dans la région de BARRICOURT.
Mais, le 11 Juin à 11 heures, l'ordre de la contre-attaque avec les chars est annulé et le Cdt. DELACOMMUNE, que ses appareils n'ont pas encore rejoint, quitte le P.C. du Colonel GALLINI afin de les retrouver.
Le Bataillon pendant ce temps, se déplace de DOULCON à NANTILLOIS, MONTFAUCON, CHEPPY, VARENNES-sur-ARGONNE.
Les liaisons et les reconnaissances restent constantes avec la Division d'Infanterie auxquelles le 43ème Bataillon est successivement affecté.

Le 14 Juin 1940 le 43ème B.C.C. contre-attaque.
La 1ère compagnie, qui disposait encore le 13 Juin de 12 chars, est engagée devant la cote 304 sous le commandement du Capitaine GENEVES, au Nord de VERDUN.
Elle appuie l'action des unités d'Infanterie chargées en particulier de la défense de la cote 304. En plusieurs contre-attaques successives, infligeant des pertes très sévères à l'ennemi et au prix de lourds sacrifices, elle soutient les fantassins pour le maintien de la position et l'exécution de sa mission. Elle se heurte sous un violent bombardement au tir très nourri de canons antichars ; deux chars sont incendiés, celui du Lieutenant Gilbert LARDANS, parti à l'attaque à la tête d'un groupe de sections malgré la défense antichar très meurtrière, est touché et prend feu immédiatement dans les lignes allemandes, il se dégage mortellement blessé et son mécanicien, le chasseur DUMONT est porté disparu.
Le char du Sergent LAFFONT, pris lui aussi à partie par des canons antichars, est atteint et incendié. Le chef de char sort de son appareil en feu et il réussit à rejoindre nos positions sous le feu ennemi avec son mécanicien, le chasseur TOURNET.
Le 3ème char de la section, celui du Caporal GASPARD se porte en avant, avec son mécanicien le Chasseur VIMWERE, malgré l'action des armes antichars qui ont incendié les deux autres chars de sa section. Il ramène à son bord un camarade blessé.
Le char du Sous-Lieutenant Antoine BAUD, qui appartient au même groupe de sections, réussit à se maintenir durant plus de deux heures sur la ligne de combat malgré un violent bombardement ; il soutient du feu de son char une compagnie d'Infanterie privée momentanément de munitions et qui peut ainsi conserver sa position.
Le Lieutenant Maurice JABART, à la tête de son groupe de sections, réussit à dégager deux sections d'Infanterie complètement encerclées : il ramène avec lui un Officier Allemand qu'il a fait prisonnier.
Le Sergent-Chef CHIARONI est blessé.
Pendant ce temps la 2ème compagnie, sous les ordres du Capitaine FRUHINSHOLZ et la 3ème compagnie, commandée par le Lieutenant GEORGES, sont engagées pour former bouchon à AUDREVILLE au Nord de CLERMONT-en-ARGONNE.
Les deux compagnies trouvent devant elles une violente défense antichars, bien organisée, qui s'oppose à leur progression.
A la 2ème compagnie, le char du Lieutenant Emile DENISE, chef de section est tombé en panne de terrain : il est renversé. Sous le feu intense de l'Artillerie et le tir des mitrailleuses, il le prend en remorque à l'aide des chaînes des deux autres chars de sa section, le dépanne et reprend peu après le combat.
A la 3ème compagnie le Sous-lieutenant Camille VEDEAU entraîne sa section malgré le tir intense et précis de canons antichars ; son appareil est touché de plein fouet et il est blessé mortellement. Au moment du repli, sur le plateau de RECOIS, le Lieutenant DENISE ira chercher son mécanicien entre les lignes, le chasseur LETINNIER, qui est blessé auprès de son char incendié et réussira à le ramener vivant à l'arrière, malgré le tir des mitrailleuses ; celui-ci aura vainement tenté de dégager son chef de char tué à l'intérieur.
Le char de l'Adjudant-Chef : MALLET chef de section à la 3ème Compagnie également, est pris à partie lui aussi par des canons antichars ; le chef de char est gravement atteint, il a toutefois le temps de terminer se mission, mais sortant de son char, il tombe blessé mortellement. Son mécanicien, le chasseur FAYAYBOST a continué à opérer avec la section et réussit à ramener dans nos lignes le char criblé de balles.
Le char du Caporal-Chef CHIRON détruit un canon antichar qui a incendié un char de sa section et le char du Sergent RICHE, de la 3ème Compagnie également est touché, par cinq fois, par des antichars qui n'arrêtent pas son action.
Les pertes sont lourdes : 2 chars incendiés pour la 1ère Cie, 3 chars pour la 2ème Cie, 7 chars pour la 3ème, et deux chefs de sections ont été tués.
Le Sergent NYSSEN, les chasseurs SERANS et POTIER de la 2ème Compagnie, qui se déplaçaient avec l'échelon sur roues, sur la camionnette 45217, sont portés disparus ainsi que le chasseur BRUMENT, de la 3ème Compagnie, qui, blessé une première fois, était resté à son poste.

15 Juin 1940 Le XXIème Corps d'Armée, face au Nord et fortement pressé devra peu à peu céder du terrain. La 35ème D.I. dont le 14ème G.R.C.A. protégeait le flanc gauche se replie entraînent le recul en combattant de ce dernier.
A 18 heures, les régiments de la division qui ont perdu chacun leur Colonel, s'engouffrent, sous les obus, dans BAUDREMONT au Sud-Est de PIERREFITTE, où le 29ème G.R.D.I. (Chef d'Escadrons de ROLLAND) venant de EVRES, BEAUZEE-sur-AIVRE se replie lui aussi.
Un extraordinaire embouteillage se produit dans le village :
Le regroupement du 43ème B.C.C. s'opère dans le Bois de PIERREFITTE ; la 1ère Cie. reçoit 4 chars de remplacement et un char indisponible. Le 43ème Bataillon appuie le 14ème G.R.C.A. à ERIZE-la-BRULEE à 7 kilomètres au Sud-Ouest de PIERREFITTE. Le bataillon a récupéré à SEIGNEULLES des éléments de la 1ère Compagnie du 67ème B.C.C., sous le commandement du Capitaine LAPICHE, avec 3 chars D 1 qui lui restent ; ils viennent de NETTANCOURT où il ont retrouvé la camionnette M 40225 armée d'une mitrailleuse Hotchkiss avec comme chef d'équipage le Sergent Roger VINCENT de la 2ème Compagnie et les chasseurs FLECK, CACHALOU, MUNEZ et GUILLEMINOT. Les éléments du 67ème Bataillon, qui ont perdu toute liaison avec leur Bataillon ont combattu durant la journée pour la défense de NETTANCOURT, avec le 76ème G.R.D.I. (Lt. Colonel DU PATY DE CLAM) du 14 Juin, avant d'être recueillis et pris en charge par le 43ème B.C.C.
Le chasseur PRAUD, mécanicien de la section LESCROART de la 2ème Compagnie du 43ème Bataillon qui a été évacué le 28 Mai dans le bois de LOUZY, pour abcès dentaire, est tué à VITTEL, le 15 Juin au cours d'un violent bombardement, alors qu'il recueillait des blessés.

Le 16 Juin 1940 le 43ème B.C.C. assure seul, avec les 25 chars qui lui restent, la défense de PIERREFITTE (entre SAINT-MIHIEL et CHAUMONT-sur-AIRE (Meuse) de 8 heures à 11 heures.
L'Infanterie, que les chars avaient la mission d'appuyer fait défaut. Le Bataillon se trouve en présence d'une colonne moto­risée au devant de laquelle les chars se portent à l'attaque.
Le char du Lieutenant Emile DENISE (2ème Cie.) entraînant sa section, s'offre en cible au tir d'un canon antichar qui est si­gnalé aux lisières du bois de RUMONT, afin de l'obliger à se dévoi­ler ; il le détruit, mais il est lui-même aussitôt pris à partie par un autre canon qui le blesse grièvement d'un éclat d'obus à la jam­be. Il est capturé après avoir incendié son char, avant de s'éva­nouir ; il sera plus tard amputé.
Le Lieutenant Hippolyte SICARDET (2ème Cie), à la tête de sa Section, détruit du matériel et du personnel de la colonne motorisée ennemie. Le Sergent COLIN, de la même Compagnie, incen­die une auto-mitrailleuse de la colonne blindée et neutralise des armes automatiques, tandis que les chefs de chars, le Caporal Lionel MAIRE et le Sergent Ernest MIEL, de la 2ème Cie. ralentis­sent, par leur tir précis, la progression des éléments motorisés.
Le Capitaine Roger FRUHINSHOLZ, qui dirigeait à pied les sections de sa 2ème Compagnie, est grièvement blessé ; il ne consent à être évacué qu'après le repli de ses chars et leur regroupement.
Le Lieutenant Jean CORNELY, qui précède sa section à pied, le remplacera à la tête de la 2ème Compagnie, après son évacuation.
A la 3ème Compagnie, le Lieutenant Georges réussit à dégager les chars de sa section, qui se heurte à une vigoureuse défense antichars ; il détruit une pièce qui venait d'atteindre un de ses appareils. Le Lieutenant Maurice JABART, malgré une bles­sure, refusant d'être évacué, continue à diriger le combat de sa sec­tion ; le char du Sergent Jean-Baptiste CHATEL est atteint par un obus antichar. Le Sergent Alain DELACOMMUNE blessé, continue pen­dant plusieurs heures à commander une section, privée de son chef, à la tête de laquelle il s'est placé.
Le Caporal Léon DUFAS réduit les pièces antichars qui menaçaient sa section, tandis que le sergent Gaston BRISSARD ainsi que des chars de la 1ère Compagnie neutralisent une pièce de 105 ennemie.
Pendant ce temps, un groupe à pied, formé du sous-officier de renseignements de la 1ère Compagnie, le Sergent-Chef Robert GIREAUD, et de chasseurs motocyclistes et agents de liaison de la compagnie, fait le coup de feu en participant en l'absence de l'In­fanterie à la défense du village que l'ennemi tente d'investir par infiltration.
A la fin de la journée, le Caporal-Chef Fernand SIMARD, chef de char de la 2ème Compagnie, est blessé au cours d'un violent bombardement. Il est évacué ainsi que le Sergent DE GOUZILLON, le Caporal HALLET et les chasseurs BURG et FERRIER de la 2ème Compagnie.
Le périple du 43ème B.C.C, se poursuit après la défense de PIERREFITTE et le Bataillon fait mouvement sur ERIZE-SAINT-DIDIER, GERY, SILMONT, BREMOIS, NANT-le-GRAND, LIGNY-en-BARROIS. La C.E. stationne dans la forêt de LIGNY, puis dans celle de COMMERCY.
Le 14ème G.R.C.A., qu'il continue à renforcer, protège du 16 au 18 Juin les flancs de la 35ème D.I. et de la 6ème DINA (Général de VERDILHAC) avec les 29ème et 96ème G.R.D.I. ; après avoir combattu le 15 Juin à PETIT-RUMONT, à ERIZE-BRULEE et à LIGNIERES où il est presque encerclé, il se regroupe dans le région de VAUCOULEURS avant d'être remis à la disposition du Général FLAVIGNY, commandant le XXIème C.A.

Le 17 Juin le 43ème B.C.C se regroupe en forêt de VAUCOULEURS près de MAUVAGES.
Le Sergent Pierre DELIGNIERE, de la 2ème compagnie est placé avec son char à la tête de pont de PAGNY-sur-MEUSE, entre TOUL et COMMERCY. Il y reste du 17 Juin à 22 heures 30 au 18 Juin à 5 heures, au carrefour de la route de VOID, en appui d'un petit groupe de G.R.D.I. (29ème, 73ème, 96ème G.R.D.I.). Son mécanicien est blessé au pied en tentant de porter secours à un blessé, gravement touché, laissé par un G.R.D.I. après son départ. Celui-ci est ramené dans nos lignes. Le char, sa mission terminée, se retire le dernier, tandis que le pont de PAGNY saute derrière lui.
Le Sergent WIEL et le Caporal BECKSICH, de la 3ème compagnie, blessés, sont évacués.

Le 18 Juin le 43ème Bataillon opère en action de soutien à VOID, puis à RIGNY-SAINT-MARTIN, au Nord-Est de VAUCOULEURS.
Il fait mouvement ensuite vers ROSIERES-en-BLOIS, BADONVILLERS, VOUTHON-HAUT, CREUX, DOMREMY, COUSSEY et NEUFCHATEAU.
Il participe alors aux combats de la 58ème D.I.
Il remonte vers le Nord par SOULOSSE, MARTIGNY-les-GERBONVEAUX, AUTREVILLE, SAULXURES-les-VANNES où s'installe la C.E., BARISEY-au-PLAIN, COLOMBEY-les-BELLES. Pendant 3 jours l'encerclement complet se précise et le Bataillon va tourner en rond de COLOMBEY, THUILLEY-aux-GROSEILLES, CREPEY, GOVILLER à VEZELISE et de VEZELISE à COLOMBEY par SELAINCOURT et FAVIERES (C.E.), plus au Sud, où il est cerné.
Le chasseur Marcel BARY, motocycliste agent de liaison de la 2ème Compagnie, porté manquant à la fin de la journée, le 18 Juin, rejoint la Compagnie en traversant les lignes ennemies.
Le chasseur Louis LEPINE, de la 2ème Compagnie, blessé à la jambe par une balle, continue à piloter son char malgré sa souffrance, ramenant des blessés à l'arrière sous un violent bom­bardement.

Le 19 Juin le 43ème B.C.C. participe aux combats de la 58ème D.I. (Général PERRAUD); il se place en position d'attente à GREZILLES (10 km au Sud de TOUL). Il est rattaché à un groupement de G.R., qui comprend le 14ème G.R.C.A., le 61ème G.R.D.I. (Chef d'Escadrons DE FURET), le 70ème G.R.D.I. (Chef d'Escadrons VIENNET) et le 29ème G.R.D.I. (Chef d'Escadrons ROLLAND), qui n'a pas rejoint. Ils sont placés sous le commandement du Colonel J. GALLINI, dont le 14ème G.R.C.A. est affecté le 19 Juin au Groupement DUBUISSON ; ils arrêtent l'ennemi les 19 et 20 Juin au bois de COLOMBEY-les-BELLES, à la lisière Ouest de la forêt.

Le 20 Juin le 43ème B.C.C. est en position de combat, en soutien direct de la 6ème DINA, du Général VERDILHAC, aux lisières Nord du Bois de OCHEY, où s'est également regroupé la 96ème G.R.D.I. (Lt. Colo­nel PAGES). La C.E. stationne dans le bois ; le Bataillon dispose encore de 21 chars et de deux jours de munitions et d'essence jusqu'à l'ordre du " cessez le feu ! ". L'ennemi occupe GERMINY, THE­LOT, MARTHEMONT, MAIZIERES.
Les bois environnants regorgent de véhicules d'artillerie, de chariots de parcs, de voitures d'infanterie, de cuisines roulan­tes, le tout dans un effroyable désordre.
Les pertes du 43ème B.C.C. sont de 50% environ, en personnel et en matériel de combat, mais la compagnie d'échelon est intac­te.
Tout est consommé le 21 Juin où le Bataillon fait partie des groupements DUBUISSON et RENAUDEAU, qui vont signer leur red­dition le 22 Juin à 1 heure.
Les chars ont été sabordés, la rage au cœur ; le fanion du 43ème B.C.C. est enterré, mais dès la libération du Cdt. DELACOMMUNE de son Oflag en septembre 1941, sa liberté d'action retrouvée, il sera récupéré et mis en lieu sûr.

REMARQUES
 
Le Bataillon, très souple, a rempli pleinement toutes les missions qui lui avaient été confiées, répondant ainsi à la confiance de son chef.
Il l'a fait sans succomber à quelques défaillance que ce soit, avec une grande cohésion et une discipline totale, dans un esprit de corps, digne des belles traditions des chars.
L'emploi des chars a été en contradiction avec toutes les doctrines, opérant de multiples actions d'éparpillement inefficace, nécessitées sans doute par les circonstances, mais déplorables.
Le matériel neuf a été parfait et les appareils ont eu peu d'ennuis mécaniques ; en ce qui concerne l'armement, la mitrail­leuse Reibel était excellente, mais le canon court de 37, modèle 1918 très insuffisant, son action antichars étant pratiquement nulle.
Après l'Armistice, la 17ème Division Militaire constituera l'organe liquidateur du 503ème R.C.C. d'où est issu le 43ème B.C.C.

 Sources : Archives du SHAT Vincennes.