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                                               LA 1ère DIVISION CUIRASSÉE

 

 

La 1ère division cuirassée est créée le 16 janvier 1940 au camp de Châlons, avec poste de commandement à Suippes. Elle comprend deux bataillons de chars B1 bis, deux bataillons de chars H 39, un bataillon de chasseurs portés, un régiment d'artillerie tractée tous terrains à trois groupes de 155 court, une batterie divisionnaire antichars de 47 mm, etc. Elle est commandée par le général Bruneau.

Le 10 mai 1940, la division, alertée, fait mouvement par voie de terre et voie ferrée vers la région Nord de Charleroi (Pironchamps, Fleurus en vue de soutenir l'action de la 1ère armée. Poste de commandement à Itancours puis à Lambusart. Le 14 mai, elle est dirigée sur le sud de la Sambre, mise à la disposition de la IXe armée, en fâcheuse posture le long de la Meuse, en vue de contre-attaquer dans la région nord de Dinant. l'ennemi ayant franchi la Meuse. Le poste de commandement est à La Chapelle-aux-Rats à 17 h, à Flavion à 19 h. Les éléments de la division parviennent à la nuit sur leur base de départ, à l'ouest de la route Flavion - Ermeton-sur-Biert.

Le 15 mai, les unités sont mises en place : 28e B.C.C. au nord-ouest de Flavion, 37e B.C.C au sud d'Ermeton. La demi-brigade de chars H 39 se place au sud des chars B1 bis, le 25e B.C.C, au nord-ouest de Flavion, le 26e, renforcé de la 2e compagnie du 6e B.C.C. en couverture au sud de Carenne. Le 5e bataillon de chasseurs au sud de Mettet, le 305e d'artillerie au bois sud d'Oret. Poste de commandement à Stave, (2 h), Oret (14 h), Walcourt (minuit). La bataille se livre à partir de 8h30. Plusieurs éléments de la division souffrent du manque de carburant. A 8h30, la première vague blindée ennemie est stoppée par le 37e B.C.C. Tandis que le 305e R.A. se replie sur Erpion, le bataillon de chasseurs est en couverture au sud de Florennes à 10 h. L'attaque ennemie reprend à midi 30. Le 28e B.C.C. est à peu prés complètement détruit, réduit à 7 chars. A 13h30, la 2e compagnie du 37e contre-attaque vers le sud, elle est anéantie, tous les chars détruits. Les 25e et 26e bataillons attaquent les chars allemands qui défilent sur la route Anthée - Philippeville, sous le feu de l'artillerie et des avions. A 14 h, le 25e est installé au sud de Florennes. A 16 h, ordre de repli de toute la division à l'ouest de la route Mettet - Florennes, les débris se regroupent à Solre-le-Château. Le 26e est réduit à une compagnie, le 37e également, le 28e à deux sections. Le 25e est le moins mal en point. La bataille des chars n'a pas tourné à notre avantage, faute de pouvoir utilement manœuvrer.

Le 16 mai, on essaie de défendre le point de Beaumont. Les restes du 28e sont à Walcourt, le 25e à Renlies, les chasseurs à pied à Beaumont et à Leval-Chaudeville. A partir de 15 h, on bat en retraite dans la direction d'Avesnes. A 22 h, une forte attaque ennemie débouche sur l'axe Solre-le-Château - Avesnes, une compagnie du 25e B.C.C. se sacrifie, un groupe du 305e R.A. perd deux batteries vers Landrecies et Semousies. La dernière compagnie du 37e est détruite en se retirant de Beaumont. Les restes du 26e après être passés au groupement Préaud (1er G.R.D.I.), puis à la 4e division légère de cavalerie qui a perdu la moitié de ses effectifs, seront détruits ou capturés le 21 mai à Boussois.

Le 17 mai, la 1ère division cuirassée a cessé d'exister en tant que grande unité, ses derniers éléments se replient en combattant. Ce que l'on appelle encore le 25e bataillon se réduit à 1 char B et à 4 chars H 39 qui battent en retraite par Haudroy, La Chapelle-en-Thiérache et Guise. Les restes du 305e R.A. passent par Cambrai, Bapaume, Albert, se dirigeant vers Amiens. Les dernières sections du 5e bataillon de chasseurs sont avec des éléments épars de la 5e division motorisée dans la forêt de Mormal.

Le 18 mai, le général Bruneau et une partie de son état-major sont capturés à Bantouzelle. Le 19, quelques débris sont rassemblés, vaille que vaille, dans la zone Esternay, Châtillon-sur-Morin, Bouchez-le-Repos.

C'est sur ces bases que le général Welvert, ayant pris le commandement de la division le 31 mai, va procéder à sa réorganisation avec des renforts. Il pourra mettre sur pied deux bataillons de R 35 (25e et 34e), un bataillon de chars B1 bis (28e), le 31 mai, puis recevra le 28e B.C.C. à Pont-Sainte-Maxence le 4 juin, le 5e bataillon de chasseurs reconstitué à Fleurines le même jour. La compagnie antichars de 47 mm a été passée à la 2e D.C.r, un groupe du 305e R.A est arrivé au Centre d'organisation de Nemours.

La nouvelle division, dont le potentiel de combat représente le tiers de la précédente, est mise en place le 5 juin pour contre-attaquer vers Champien-sur-Chaulnes, au bénéfice de la 29e division d'infanterie. Le 6, elle débouche du bois au sud de Champien et atteint à 10 h le village de Carrepuis, puis à 13 h, la route Roye - Liancourt (Oise). Prise sous les attaques de l'aviation ennemie, la 1ère demi-brigade se replie sur sa base de départ, puis sur Cuvilly à 23 h. Le 6 et le 7, le 5e bataillon de chasseurs défendra vaillamment Pont-Sainte-Maxence. Le 34e B.C.C. s'est replié sur Gournay-sur-Aronde.

Les jours suivants, de regroupement en regroupement. la division va couvrir le repli de la VIIe armée face à l'ouest. Le 34e B.C.C. va être presque entièrement détruit à Lieuvillers (31 chars hors de combat, il en restera 8). Le 10, les éléments encore susceptibles de combattre se trouvent vers La Chapelle-en-Serval. Le 11, ils installent des points d'appui au sud de la forêt de Chantilly, cherchent à résorber la tête de pont ennemie de Boran-sur-Oise. Le 12, couverture des replis de la VIIe armée sur la Marne, les éléments blindés sont à Damartin-en-Goële, Juilly, Messy, Lumigny. Le 13, c'est la défense du canal de l'Ourcq à Claye-Souilly, puis de la Marne en aval d'Esbly. On constitue un groupement mécanique aux ordres du général Welvert avec les restes de la 2e D.C.R., le 1er B.C.C., la 4e D.L.M.. La Marne est passée en retraite au pont de Lagny, le repli s'accentue le soir jusqu'à Pezarches, le regroupement s'effectue de nuit en pleine Seine-et-Marne, à Nangis, Jouy-le-Chatel, Touquin, La Chapelle-Gautier. Le 14, se produit un vif engagement du 25e B.C.C. à Bray-sur-Seine, les replis atteignent Villeneuve-la-Guyard, Montereau, Pont-sur-Yonne. Toujours pour couvrir la retraite de la VIIe armée, quelques chars s'efforcent de barrer la direction Sens - Montargis. Le 16, vers 15 h, la 1ère demi-brigade est accrochée à Saint-Germain-des-Prés. Le 17, repli au sud de la Loire, par Gien, puis sur la rive gauche du Cher, à Sainte-Thorette, Villeneuve-sur-Cher, Plou. Au nord de Morthomiers, essai de défense de la ville de Bourges par les restes des 1ère et 2e D.C.r., mais le 19, Bourges ayant été déclarée ville ouverte, la défense est reportée sur l'Yèvre et l'Auron. Le 20, les chars sont à Argenton-sur-Creuse. Le 22, on regroupe les débris de ce qui avait été la meilleure division cuirassée de l'armée française à l'ouest de la Souterraine. C'est là qu'aura lieu la dissolution.