38e Bataillon de Chars





Unité constituée à Maubeuge, le 2 septembre 1939, avec un noyau actif du 509e R.C.C. et des réservistes originaires des départements du Nord et du Pas‑de‑Calais et armée de Chars H 35.

ENCADREMENT
Le 30 avril 1940, l'encadrement du Bataillon était le suivant :
Chef de Bataillon : Chevrel.
Chef d'Etat‑Major : Capitaine Miquet.
Adjoint technique : Lieutenant Courteau.
Officier des renseignements : Lieutenant Delloye.
Officier des transmissions : S/Lieutenant d'Espaigne.
Officier des détails : Lieutenant Drux.
1ère Compagnie
Lieutenant DELAITRE    Lieutenant ARNAUD   Lieutenant DASSONVILLE   
Lieutenant SPRIET      Lieutenant LOUF     Aspirant BOUSSEL
2e Compagnie
Capitaine BOUCHER      Lieutenant COINT    Aspirant BASELY
Lieutenant DELESALLE   Lieutenant BERTIN   Lieutenant DECROIX
3e Compagnie
Capitaine RENARD       Lieutenant LECLERCQ    S/Lient. GOVERIC
S/Lient. SCHONBACHER   S/Lient. BRASSEUR      S/Lient. SUTTIN
Compagnie d'Echelon
Capitaine CLORIS       Lieutenant DELAHOUSE   S/Lient. THOMAS   Lieutenant DENIS       
Adjudant Chef MOREAU   Adjudant GAUTHIER      Aspirant CHARLIER.


PERTES
P E R S O N N E L            
Tués            Blessés            Disparus            Prisonniers   
 8                   17                     124                    172
370 Officiers, S/Officiers et hommes des éléments haut‑le‑pied du bataillon (sans matériel) ont  pu être embarqués à ­Dunkerque avant le 4 juin sur l'ordre du Commandant du G.B.C. 519.
M A T E R I E L
Chars détruits par l'ennemi : 36    Détruit par ordre le 4 juin : 9

CITATION
Citation collective à l'ordre du Corps d'Armée   o/Général n° 111 C du 30 juillet 1940
J.O. du 21 août 1941.
38e  BATAILLON DE CHARS DE COMBAT.
« Sous les ordres du Commandant CHEVREL, a combattu sans répit, du 15 mai au 3 Juin 1940, en Belgique et dans les Flandres, donnant l'exemple du plus bel esprit de sacrifice et de ténacité. A notamment 1e 21 Mai, permis à l'infanterie de s'emparer du village d'ABANCOURT, détruisant un nombreux matériel et faisant de nombreux prisonniers. A participé avec les derniers éléments restants à la protection des embarquements à DUNKERQUE
Cette citation comporte l'attribution de la CROIX DE GUERRE avec ÉTOILE DE VERMEIL.
P R O P O S I T I O N S
Légion d'Honneur : 11               Médaille militaire : 8
C I T A T I O N S
Globalement : 70
 
HISTORIQUE
L'histoire du 38e Bataillon de Chars se divise en quatre périodes.

I. ‑ 2 SEPTEMBRE 1939 ‑ 11 MAI 1940

Le 2 SEPTEMBRE, le 38e B.C.C., rattaché au G.B.C. 519, est cantonné à Beaufort (sud de Maubeuge), se complète en matériel et en personnel, parfait son instruction par des manœuvres à Assevont (nord de Maubeuge), coopère à des reconnaissances d'emploi dans la région Bavai ‑Maubeuge Forêt de Trelon.
Le 12 JANVIER, il fait mouvement et va stationner à Fresnoy‑le‑Grand et Brancourt‑le‑Grand (Aisne) où il est placé en réserve générale de la 1ère Armée.

II. ‑ 12 MAI 1940 ‑ 23 MAI 1940

12 MAI ‑ Alertés, les éléments chenillés embarquent à Fresnoy‑le‑Grand tandis que les éléments sur roues font mouvement par voie de terre. Le même jour, les éléments sur voie ferrée débarquent à Chatelineau (est de Charleroi) et dans la nuit sont immédiatement dirigés sur Spy où ils s'établissent en position d'attente.
Il est rejoint par les détachements sur, roues dans la journée du 13 à Taurines après avoir effectué leur déplacement en deux étapes par Merbes‑le‑Château (nord de Maubeuge) où ils avaient stationné la nuit du 12 au 13.

13 MAI. ‑ Le Bataillon est mis à la disposition de la 12e D.I.M. (P.C. Spy) établie défensivement au nord‑est de Spy. Des reconnaissances d'emploi sont effectuées dans la région Isnes ‑ Temploux ‑ Boyesse ‑ Rhisnes.

15 MAI. ‑ De nouvelles reconnaissances sont faites au profit de la 5e D.I.N.A. à Smarlée et Saint‑Marcq (nord‑ouest de Namur) pour le compte du 39e B.C.C., retardé dans son déplacement.
Dans la nuit du 15 au 16, la situation de la 9e Armée impose à la 12e D.I.M. de se replier sur l'Onoz et le bataillon est chargé de couvrir son repli en s'installant aux lisières nord et Nord‑est de Spy et des bois plus au nord. Des détachements de génie chargés de destructions lui sont adjoints.

16 MAI. ‑ La 12e D.I.M. est établie défensivement sur les hauteurs ouest de l'Onoz (P.C.D.I. Waufercée Boulet I.D. Chars Velaine). Les trois compagnies en ligne sont soumises à d'incessants bombardements par avions. A la nuit, la D.I. reçoit l'ordre de se replier sur Capilonne par Gosselie et de s'établir en position défensive sur le canal de Charleroi au sud‑ouest de Luttre. Par Velaine Lambusart ‑ Vieux‑Campinaire‑Gosselies et Motte, le bataillon opère son repli.

17 MAI. ‑ Les 1ère et 2e Compagnies renforcent la défense de la 12e D.I. (P.C. Pieton) au sud‑ouest de Luttre et la 3e Compagnie affectée au 14e R.I.N.A. (5e D.I.N.A.) coopère à la défense du Pont de La Motte.
Dans l'après‑midi, l'ennemi se manifeste à Luttre. Des blindés légers ennemis appuyés par de l'Infanterie franchissent le canal. Une contre‑attaque de la 1ère Cie détruit quelques blindés ennemis, fait des prisonniers et repousse l'adversaire.
Dans la nuit, la 12e D.I. se replie en direction de Peronne‑les‑Binches, puis ou sud‑ouest de Mons par Pieton ‑ Ressaux Charbonnages ‑ Peronne‑les‑Binches ‑ Villiers ‑ Saint‑Ghislain Harmignies ‑ Noirchain et Eugies.
Au cours du repli, six tracteurs de ravitaillement ne peuvent rejoindre le bataillon et sont finalement capturés.

18 MAI. ‑ Dans la soirée, la Division s'installe défensivement au sud de Mons P.C. D.I. Chars ‑ Eugies.
Ayant sa droite à Noirchain‑Frameries, sa gauche à Dour‑Elonges, la 12e D.I. est établie sur 20 km.

19 MAI. ‑ Le bataillon renforce la D.I.
1ère Cie N. de Dour à Elonges
2e Cie S. de Mons à Ciply et N. de Noirchain ‑ Framerie.
3e Cie N. de Paturages.
2e Cie ‑ Des éléments avancés signalent une attaque ennemie précédée d'engins blindés légers progressant de Mons vers Ciply.
Dans un vigoureux engagement, cette compagnie détruit les premiers engins de l'adversaire, repousse son Infanterie vers les lisières sud de Mons. L'attaque allemande soutenue activement par l'aviation assaille les chars à la bombe.
Dans la nuit, la 12e D.I. se replie sur la Forêt de Mormal, puis s'installe sur la ligne fortifiée Baval ‑ Valenciennes.
Le bataillon couvre le repli de la D.I. sur trois itinéraires (une compagnie sur chacun d'eux).
‑     à droite Ciply ‑ Genly ‑ Blaregnies ‑ Malplaquet ‑ Bois de Lanière et Hon.
‑     au centre Eugies ‑ Hon ‑ Saint‑Waast.
‑     à gauche Dour ‑ Erquennes ‑ Hon.
Point de regroupement : Querenaing.

20 MAI. ‑ A 4h30, l'ennemi est signalé aux environs de Bavai, le bataillon est dévié par Bry ‑ Jeulin ‑ Preseau - Querenaing. L'ennemi est contenu assez loin des derniers éléments de la D.I., mais les liaisons sont déficientes avec le G.R.D.I. A tel point que durant six heures, le bataillon reste totalement isolé.
A 16 heures, le Bataillon arrive enfin à Querenaing où il est reçu par des rafales d'armes automatiques. Deux sections sont axées sur les résistances, qui sont rapidement réduites ou silence.
Une centaine d'Allemands et cinq blindés légers sont vus à la lisière sud du village sur la route de Solesme. Le bataillon se maintient à Querenaing et reprend liaison avec la D.I. à Aubry. Puis il se dirige sur Valenciennes par Famars en laissant deux sections de la 3e Cie pour assurer la liaison avec la 5e D.I.N.A. engagée au nord‑ouest de la Forêt de Mormal.

21 MAI. ‑ Le Bataillon quitte la 12e D.I. et dans la soirée est mis à la disposition de la 25e D.I.
Le mouvement de repli se poursuit toute la nuit par Douchy ‑ Bouchain ‑ Marquette ‑ Marcq ‑ Tressain ‑ Fechain.

22 MAI. ‑ Il parvient dans cette localité dans la matinée pour être mis à la disposition du 121e R.I. (P.C. Fretin), avec le G.R.D.I. 3 et des chars H d'une D.L.M. en vue de participer à une contre‑attaque en direction d'Abancourt Hem Lenglet.
A 7 heures, sans préparation d'artillerie et malgré le harcèlement de l'aviation, la progression s'effectue sans difficultés jusqu'à Abancourt. Rien n'arrête les chars ni l'infanterie et l'après‑midi la progression continue en direction de Sancourt et Blecourt, l'infanterie atteint les hauteurs sud‑ouest d'Abancourt.
Les chars continuent seuls vers Tilloy où, sans protection aérienne, avec un faible appui d'artillerie, ils arrivent à progresser de 8 kilomètres. La 2e Cie perd tous ses officiers tués, blessés ou disparus. Les chars reçoivent l'ordre de se replier sur les lisières sud d'Abancourt et tard dans la soirée, de se regrouper à Auby (nord de Douai par l'itinéraire Fechain Fressain ‑ Eschain ‑ Dechy ‑ Flers.

23 MAI. ‑ Les unités parviennent à Auby et y stationnent.

III. ‑ 24 MAI 1940 ‑ 29 MAI 1940

24 MAI. ‑ Dans la soirée, nouveau mouvement sur le Bizet (nord d'Armentières) par le Forest ‑ Monchaux Thumeries ‑ Camphin ‑ Wavrin ‑ Ex. : Cobecques ‑ Houplines.

25 MAI. ‑ Au mouvement de nuit par Messines Ypres ‑ Poperinghe ‑Provens ‑ Rexpoede.

26 MAI. ‑ Arrivée à Warhem où le bataillon stationne avec les restes de la 13e BBC et du GBC 516.

27 MAI. ‑ A la nuit, le commandement des chars de la 1ère Armée prescrit au Commandant du 38e, de prendre sous ses ordres tous les chars disponibles de la 1ère Armée, de se mettre à la disposition du 16e CA et plus spécialement du Commandant du Secteur Fortifié des Flandres (S.F.F.). Quatorze appareils sont regroupés, onze du 38e, trois d'autres bataillons qui dans la nuit prennent une position d'attente au sud de Teteghem au carrefour de Galghoeck.
Le personnel hors des équipages est groupé dans le bois d'Adunkerque‑Panne.

28 MAI. ‑ Reconnaissances sont effectuées en vue de coopérer à la défense des points sensibles, à hauteur du Canal de la Basse‑Calme (Secteur est de Bergue).

IV. ‑ 30 MAI 1940 ‑ 4 JUIN 1940

30 MAI. ‑ Organisation de la défense du SFF. Défense fixe. Un groupe de chars chargés de la défense des ponts sur le canal Hoymille ‑ Rentie ‑ Meulem ‑ Pont‑à‑Mouton ‑ Mille‑Brughe et voies d'accès de Teteghem‑Uxem.
Défense mobile ‑ Deux groupes de chars en réserve pour les contre‑attaques. La situation est lamentable, le matériel non détruit abandonné par l'Armée anglaise encombre les routes et rend l'organisation de la défense extrêmement difficile. Les unités d'infanterie éprouvent des difficultés énormes pour leur regroupement. Cependant la défense française tient. L'ennemi n'arrive pas à rompre le front défendu par le 137e R.I. (21e D.I.), le GRD 7 et, plus au nord, par la 12e DIM.

1er JUIN. ‑ L'ennemi réussit à franchir le canal de la Basse‑Calme en quelques points au nord et nord‑est de Bergues, le Commandant du S.S.F. prescrit une contre‑attaque afin de refouler l'ennemi au sud du canal.
Le Commandant de la défense de Dunkerque ordonne de résister jusqu'au soir du 2 juin pour assurer la sécurité des embarquements, le Commandant de l'ID 21 monte deux contre-attaques :
‑ l'une avec chars du 38e
‑ l'autre avec des SOMUA d'une DLM.
La première se déclenche à 21 heures, la seconde le 2 juin.

2 JUIN. ‑ 2 heures ‑ Les chars progressent par toutes les voies d'accès, refoulant l'ennemi jusqu'au canal, mais l'infanterie n'arrive pas à s'organiser aux abords de cette coupure, de nouvelles infiltrations se produisent. La ferme Notre-Dame‑des‑Neiges, tenue par des éléments des bataillons Coué et Miquel (137e R.I) est incendiée.
A 4 heures, nouvelle contre‑attaque avec le GRDI 7 pour refouler l'ennemi au‑delà du Canal.
Un détachement de Somua avec le GRD attaque Boomekens et Notre‑Dame‑des‑Neiges. Le 38e et 8 Somua sur Galghceck ‑ Pont de Rentie ‑Meulem sur l'axe Galghoeck ‑ Warheim. L'ennemi est repoussé au sud des Moeres.
Le Commandement prescrit de prolonger la résistance jusqu'au 4 juin 3 heures.
L'infanterie peu nombreuse au sud‑ouest de Teteghem est dans l'impossibilité de se maintenir au sud de Galghoeck.
Dans l'agrès‑midi, l'ennemi s'infiltre jusqu'au nord‑ouest de Notre-Dame‑des‑Neiges. Une nouvelle attaque est lancée, l'adversaire est repoussé au‑delà de Notre‑Dame‑des‑Neiges. Le 225e R.I. arrive trop tard et ne profite pas de la neutralisation des chars, aussi l'infiltration continue en direction du canal des Moeres.

3 JUIN. ‑ 5 heures ‑ Dernier effort offensif. Une contre‑attaque est montée avec deux bataillons d'infanterie
‑ à droite un du 143e R.I.
‑ à gauche un du 122e R.I.
Six SOMUA, quatre H du 38e et huit H d'une DLM.
L'ennemi déclenche des tirs précis d'artillerie, conjugués avec un bombardement d'avions. Cependant, les chars progressent jusqu'aux abords de Notre‑Dame‑des‑Neiges, l'infanterie amie progresse vers le canal des Moeres, puis se replie vers le nord, laissant isolés les éléments du 137e R.I.
Le groupe de Chars qui couvrait le flanc droit de l'attaque est violemment pris à partie par des pièces anti‑chars placées dans la ferme Boomkems qui a été abandonnée dans la nuit par l'infanterie (sans en aviser le commandement). Un seul char de ce groupe rentre dans nos lignes.
A l'autre groupe, deux chars du 38e et quatre SOMUA sont détruits.
A 17h30, au nord et nord‑ouest de Bergues, l'ennemi accentue sa pression, les troupes du S/secteur de Teteghern reçoivent l'ordre de se replier par bonds en retardant l'avance adverse jusqu'au Canal de Dunkerque à la lisière sud‑est de Rosendaël. Position qui est occupée à 19h30.

4 JUIN. ‑ Les derniers chars combattent dans les rangs du 137e RI. Le personnel sans matériel continue la lutte avec l'infanterie puis arrive sur les quais est de Dunkerque vers 4h30. Depuis 3h30, le chenal a été obstrué par deux bateaux coulés en travers de la passe. Aucun ordre n'est donné pour l'embarquement et le Commandant du S.F.F. prend place dans la dernière vedette.
6 heures. ‑ Aucun bateau ne paraît à l'horizon. Aucune défense ne peut être envisagée, il ne reste avec les rescapés que l'armement individuel qui a pu être ramassé et les munitions sont rares.
L'aviation continue à survoler Dunkerque et Malo‑les‑Boins. L'artillerie allemande est presque muette. L'infanterie allemande poursuit son avance et parvient sur les jetées où les troupes sans moyen de défense se sont entassées. DUNKERQUE est pris.

Faits Remarquables
Les chars qui furent épargnés par l'ennemi de l'ouest de Namur à Dunkerque ont, en 20 jours, (du 12 mai au 4 juin) parcouru plus de 600 kilomètres.
Le personnel du 38e a combattu avec une grande bravoure, fait preuve d'une ténacité remarquable, d'une résistance physique sans défaillance, d'un sentiment de discipline exemplaire, d'un dévouement sans restrictions et d'une foi patriotique admirable. Et pourtant les conditions morales étaient particulièrement pénibles. Presque tous originaires du Nord et du Pas‑de‑Calais. Du 18 au 24 mai, ils ont combattu chez eux, certains même, dans leurs champs, dans leur village. Quelle situation atroce pour les gars du terroir de coopérer à la destruction de leur foyer, de savoir des siens en danger, sur les routes, et ne pouvoir assurer leur protection.
Ils ont tout fait pour ne pas tomber aux mains de l'ennemi, ont épuisé tous les moyens de combat. On leur avait promis de les embarquer, de les sauver, et ils ont été abandonnés. Ils ne méritaient pas le sort qui leur fut réservé.
C'est grâce à l'esprit de sacrifice des derniers défenseurs que 300.000 combattants, dont toute l'armée anglaise, ont pu être embarqués.
L'aide qu'ils ont apportée à leurs camarades de combat, les fantassins, a été un exemple de solidarité et le chef de bataillon Miquel, commandant le 1/137 leur a éloquemment exprimé toute la gratitude dont son unité leur était redevable. « Je signale, disait‑il, à votre attention, la brillante conduite de deux officiers de votre bataillon, le Capitaine Renard et le Lieutenant Spriet, ainsi que leurs équipages qui sont restés à ma disposition avec leurs chars du 2 juin midi au 4 juin 4 heures, et qui, malgré les bombardements intenses, répétés et prolongés de l'adversaire, ont toujours apporté à mon bataillon, au moment opportun, tout l'appui que j'étais en droit d'attendre d'eux.
Notamment, au moment critique de la journée du 3 juin, lorsque vers 17 heures, le Colonel Commandant du Régiment venant d'être fait prisonnier avec son état major, tous les éléments organiques du régiment, et ce qui restait des 1er et 3e bataillons, un parlementaire est venu me sommer de me rendre avec mon bataillon.
C'est parce que j'avais l'appui total et absolu de vos chars que j'ai pu non seulement rejeter cette offensive, mais rompre et briser de mes feux la tentative d'encerclement, puis participer efficacement jusqu'au 4 juin 4 heures à la défense de Dunkerque en contenant l'ennemi au‑delà du Canal de Furnes. Au moment de se rendre, le Commandant Miquel trouvait les mots qui pouvaient exprimer le plus bel hommage à ses compagnons de misère.
La tradition chars a bien été maintenue par le 38e BCC et celle du 137e RI de la tranchée des baïonnettes a Verdun, en 1916, n'avait pas été oubliée par la génération de 1940.