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Image      15e BATAILLON DE CHARS DE COMBAT

 

Unité constitué à Nancy par le 1/510 et armée de chars B1 bis

 

 ENCADREMENT

Chef de Bataillon BOURGIN, Commandant le Bataillon

Capitaine DAMON. Chef d'Etat-Major

Lieutenant LAEDLEIN, Adjoint technique

Lieutenant DEVOS, Officier de Renseignement

Lieutenant G. GUILLAUME, Officier de Transmission

Lieutenant SEROT, Chargé des Détails

1ère COMPAGNIE

2e COMPAGNIE

3e COMPAGNIE COMPAGNIE D'ÉCHELON

Cap. LAURENT, Char, Rennes

Lieut. KREISS, Grenoble

S-Lieut. DUFOUR Léon, Sénégal

S-Lieut. YARDIN, Tonkin

Lieut. SASSI, Lyon

Asp. ROLLIER, Toulon

Lieut. SAURET, Bourrasque

Lieut. COQUET, Guadeloupe

S-Lieut. FOURNIER, Bordeaux

S-Lieut. PERRÉ, Tempête

S-Lieut. RIOU

S-Lieut. CASTAGNE

S-Lieut. CHARDOR

Cap. VAUDRÉMONT, Cambodge

Lieut. PAGNON, Corse

Lieut. PLATRIER, Flamberge

S-Lieut. SIGROS, Foudroyant

S-Lieut. PICARD, Aquitaine

S-Lieut. VIEUX, Anjou

S-Lieut. GUILLOT, Algérie

Lieut. DUMONTIER, Madagascar

S-Lieut. HANS, Bombarde

S-Lieut. ANTOINE, Cantal

S-Lieut. NAEGEL

S-Lieut. LANVIN

Lieut. POMPIER, Mistral

Lieut. WILLIG, Vosges

S-Lieut. PHELEP, Nantes

S-Lieut. HAMELIN, Lille

Lieut. PAVAUT, Savoie

S-Lieut. FERRY, Besançon

S-Lieut. GAUDET, Tunisie

Lieut. PÉROUSE, Maroc

S-Lieut. RAIFAUD, Indochine

S-Lieut. RIVAL, Tornade

Lieut. DETROYAT

S-Lieut. VIENNOT

Asp. HUBERT

Lieut. SALLERIN, Commandant de Cie

Lieut. LEBLANC, Atelier

S-Lieut. ABERLEN, Atelier

Lieut. ROQUES, Approvisionnement

Lieut. MATHIEU, Char Nice,

Section de remplacement

Lieut. VAUCHERET, Martinique

Section de remplacement

Adjt-Chef COCHERIL, France

Section de remplacement

                                                                                                                                                                                                                

I. - 24 AOUT 1939 - 9 MAI 1940

24 AOUT. - Les Compagnies quittent Nancy et vont cantonner à Maron.

27 AOUT. - Les éléments du bataillon reçoivent l'ordre de se porter immédiatement, de nuit, à Solgne et dans les bois de Moucheux (20 km sud-est de Metz).

31 AOUT. - Les échelons sur roues rejoignent les unités.

2 SEPTEMBRE. - Mobilisation. Le bataillon, placé en réserve générale, stationne dans la zone de la IIIe Armée.

5 SEPTEMBRE. - Le bataillon entre dans la constitution de la 2e Brigade Cuirassée.

10 SEPTEMBRE. - A 20 heures, départ de Solgne pour porter les unités dans la région de Metzeresche (est de Thionville).

11 SEPTEMBRE. - Etat-Major, CE et 1ère Cie stationnent à Metzeresche tandis que les 2e et 3e sont à Lemestroff et Monneren devant la ligne Maginot.

12 SEPTEMBRE. - Le bataillon quitte la 2e brigade pour être mis à la disposition du G.B.C.C. 511 en vue de son emploi dans des contre-attaques dans les intervalles de la ligne fortifiée.

14 SEPTEMBRE. - En deux étapes, la 2e Cie se porte aux lisières sud-ouest du bois de Tunting.

15 SEPTEMBRE. - Dans d'après midi, la 1ère Cie est alertée et quitte Metzeresche pour se porter en position d'attente à Kirschnaumen.

17 SEPTEMBRE. - Les 3e et 2e Cies permutent dans leur stationnement.

22 SEPTEMBRE. - Le bataillon est relevé de ses missions. La 3e Cie quitte le bois de Tunting et va à Kirschnaumen, tandis que les 1ère, 2e, C.E. et l'E.M. stationnent à Metzeresche.

Mis à la disposition de la IIe Armée, le bataillon doit faire mouvement par voie ferrée pour être dirigé dans la région de Verdun.

23 SEPTEMBRE. - Embarquement à Hagondange, débarquement le même jour à Jeandelize (entre Etain et Confans-Jarny) puis va stationner à Hermeville.

30 NOVEMBRE. - Embarquement à Etain.

1er DÉCEMBRE. - Débarquement à Châlons-sur-Marne. Stationnement du bataillon : EM et CE, Marson, les Cies à Francheville. Dampierre-sur-Moivre et St-Jean-sur-Moivre.

31 DÉCEMBRE. - La révision générale des chars est entreprise au PEB 101 à Mourmelon.

16 JANVIER. - La 2e Brigade Cuirassée entre dans la constitution de la 2e Division Cuirassée (2e DCR).

17 JANVIER - 9 MAI. - Manoeuvre au camp de la Haute-Moivre. Tirs à Suippes. Révision du matériel.

Au 9 mai il reste en révision au Parc de Mourmelon, 4 chars : Flamberge et Bombarde, de la 2e Cie, Tramontane de la 3e et France de la CE (char de Commandement).

 

II - 10 MAI 1940 - 20 MAI 1940

Les modifications apportées, à la dernière minute, au plan d'emploi de la 2e D.C.R., écartèlent le bataillon en quatre détachements :

A) 1ère et 2e Compagnies –

B) 3e Compagnie –

C) Détachement de Rethel –

D) Les colonnes sur roues.

10 MAI. - Le bataillon est alerté pour être enlevé à partir du 13 mai.

13 MAI. - Le bataillon doit être embarqué le soir même en gare de Châlons. Quatre trains sont prévus, un par compagnie et un pour la CE et l'EM.

Sous les ordres du Chef d'Etat-Major, la colonne sur roues part à 20 heures. Point initial, sortie ouest de Châlons. A 21 heures, la colonne de chars CE et EM part de ses cantonnements et arrive à la gare de Châlons à 23 heures. Le train n'est pas encore en gare.

14 MAI. - A 11 heures, le premier train arrive en gare et part à 14 heures, le deuxième, à 18 heures et quitte Châlons à 20 heures.

15 MAI. - Les 3e et 4e arrivent à 3h20 et 6h30.

 

 A. - OPÉRATIONS DES 1ère ET 2e COMPAGNIES

15 MAI. - Le premier train parvient à Le Nouvion en Thiérarche à 9 heures. A 14 heures, le détachement de l'état major sous les ordres de l'officier de transmission part à destination de Signy l'Abbaye.

Le deuxième train (1ère Cie) arrive à 16 heures et le troisième (2e Cie) à 18 heures. A 19 heures, ces deux unités sont débarquées. Elles doivent se rendre à Maranvez (8 km nord de Signy-l'Abbaye ). Ordre inexécutable en raison de la situation. Le Commandant se rend au P.C. de la IXe Armée où le général lui donne la mission suivante :

" Dans l'après-midi, des A.M. ennemies ont dépassé Montcornet. Le bataillon procèdera à un ratissage des rives de la Serre, puis poussera jusqu'à Liart (20 km nord-est de Rozoy) où il s'établira en position défensive de Liart à Bucilly (5 km de Hirson)."

A 22 heures, les deux compagnies partent de Le Nouvion pour se porter sur la base de débart : bois des Bouleaux (est de Voulpaix).

Itinéraire : La Capeile, Etraupont, La Chaussée, Laizay, Voulpaix.

16 MAI. - A 2 heures, les chars arrivent à Laizay où les pleins sont recomplétés. La compagnie Gelot, du 17e BCP, isolée de sa formation, se rattache au bataillon.

L'encombrement des routes est considérable, retardant le mouvement de la colonne. Maries n'est atteint qu'à 8h30.

Les ordres suivants sont donnés :

Dispositif du bataillon

- Au nord de la Serre : 1ère Cie. Axe de progression : Cillly, Bosmont, Tavaud, Chaource, Montcornet, Ste-Geneviève, Rouvray.

- Au sud de la Serre : 2e Cie. Axe de progression : RN 46.

En deuxième échelon, la Cie du 17e BCP derrière la 1ère Cie

Le nettoyage ne commencera qu'à l'ouest de Marie.

Arrêt prolongé sur la ligne Chaource - Montcornet - Lislet.

Exécution de l'opération

1ère Cie - Jusqu'à Montcornet, l'ennemi n'oppose aucune résistance sérieuse et donne l'impression d'avoir replié ses blindés.

2e Cie - Vers La Neuville (7 km sud-est de Maries), les premiers engins blindés ennemis sont rencontrés et rapidement détruits. Avant Montcornet, des AM et des chars légers embusqués dans un bois près de la route prennent à partie les deux chars de tête. Toute la colonne fait feu sur le bois. La résistance est rapidement détruite. Peu après un char allemand qui traverse la route est mis en flamme par un de nos appareils.

A 10 heures, après 4 heures de marche, les compagnies se replient sur Martes pour procéder au ravitaillement.

A 11 heures, la IXe Armée prescrit au bataillon une nouvelle mission

Contre attaquer vers le nord en direction de Plomion et Andouzy, où de nombreux engins blindés ennemis progressent en direction de Vervins.

A 13 heures, à Berlancourt (4 km nord-ouest de Maries), les unités se ravitaillent à un dépôt d'essence qui ne dispose que d'une pompe à main. Le ravitaillement n'est achevé qu'à 17h30.

A 18 heures, le bataillon part pour remplir la mission.

Ordre de marche : Cie 17e B.C.P., 2e et 1ère Cie.

Axe de déplacement : Route de Guise par la Hérie La Vieville.

A hauteur de Chanlieu (5 km sud de Guise), le Cdt du bataillon est informé qu'en fin d'après-midi, l'ennemi occupait Guise.

A 18h30, le bataillon se replie sur Origny-Ste-Benoîte pour y tenir la coupure de l'Oise où il parvient à 20 heures. La ville étant tenue par le 8e B.C.C., le bataillon se regroupe à Homblières à 22 heures (6 km est de St Quentin ). Six chars sont manquants et le bataillon est sans nouvelle de la 3e Cie.

17 MAI. - En fin de matinée, le bataillon quitte Homblières pour aller tenir les ponts de St-Simon. Le mouvement s'effectue par l'itinéraire Neuville-St-Amand, ltancourt, Urvillers, Essigny-le-Grand, Serancourt-le-Grand. L'aviation ennemie ne cesse de survoler les unités durant tout leur déplacement. A Neuville-St-Amand, le Cdt de la 1ère Cie est sollicité par le Colonel du 13e Dragons pour reprendre le pont de Sissy qui vient d'être occupé par l'ennemi, La 1ère Cie reprend le pont, mais les dragons ne suivant pas, les chars font demi-tour.

Le bataillon arrive à St-Simon au cours de l'après-midi. A 18 heures, il reçoit l'ordre de se regrouper à Cuy (10 km ouest de Noyon).

18 MAI - A 1 heure, 12 chars sont regroupés à Cuy et entrent dans la formation de groupes temporaires avec les restes des 14e et 27e BCC.

Deux groupements sont constitués :

Groupement Aubert : Deux Compagnies de H (6 chars) et 4 B du 15e.

Mission : S'emparer des postes de Jussy et Liez, franchir le canal Crozat, progresser jusqu'à l'Oise pour aller tenir les ponts d'Origny-Ste-Benoîte et d'Achery.

Groupement Laurent : 5 B du 15e et 6 du 8e BCC.

Mission Départ de Ham avec mission de nettoyer le terrain entre la Somme et le canal Crozat, puis progresser jusqu'à Mesnil-St-Laurent (sud-est de St-Quentin).

Le groupement Aubert ne parvient au canal qu'à la tombée de la nuit et la mission est remise au lendemain.

19 MAI. - Trois colonnes sont formées :

a) Trois H du 27e et un B du 15e franchissent le pont à St-Simon et, en quelques minutes livrent le village à l'infanterie. Les chars continuent vers Artemps sur un terrain truffé de mines et sous le feu de pièces antichars.

b) Deux H du 27e et deux B du 15e franchissent sans encombre le pont à Jusey, se dirigent vers Essigny et Urvillers au milieu d'un dispositif de défense adverse très serré. Des pertes sérieuses sont infligées à l'adversaire AM, Armes automatiques et antichars. A Essigny, les chars ayant épuisé leurs munitions se replient.

c) En trois patrouilles, six chars débouchent du pont de Liez. Une se dirige sur Travecy qu'elle atteint sans difficulté ; une sur Vendeuil où elle perd un char ; quant à la dernière, elle tente de gagner le pont de May, mais à Ly Fontaine, dans un sérieux engagement, ses deux appareils sont détruits.

L'infanterie ne suit pas les chars aussi, à 18 heures, ils se replient sur le canal où ils tiennent les ponts.

Colonne Vaudremont

Part à 1 heure, progresse jusqu'à Guiscard où a lieu le ravitaillement ; elle se dirige ensuite sur Ham qu'elle aborde à 7 heures. La ville est occupée par un bataillon du 147e RI, mais l'ennemi tient la partie nord.

Le franchissement de la barricade française présente quelques difficultés et il faut une heure pour atteindre le canal. La barricade allemande défendue par des mines est attaquée au canon Avec plusieurs obus, les défenseurs se rendent et sont employés au déminage. A 9h30, la colonne pénètre dans la partie nord de la ville, mais aussitôt, elle est prise sous le feu de canons antichars français de 47 pris par l'ennemi. Un rude combat de rues contre les antichars se développe et ce n'est qu'à 11h30 que les premiers appareils atteignent la sortie nord où ils détruisent un nouveau barrage. Ces résistances ont provoqué un retard considérable et les consommations y d'essence et de munitions ont été très importantes. L'infanterie n'ayant pas suivi, il ne saurait être question d'atteindre l'objectif final distant de 25 km. La colonne se replie avec quatre chars assez mal en point.

20 MAI. - Situation inchangée Au soir, la division donne l'ordre de regroupement sur Guiscard.

21 MAI. - Le bataillon rejoint la division à Baillly (entre Compiègne et Noyon puis, à la nuit, gagne le carrefour de l'Étoile de la Reine en forêt de Compiègne.

B. - OPÉRATIONS DE LA 3e COMPAGNIE

15 MAI. - A 22 heures, la 3e Cie débarque à Le Nouvion. Elle se rassemble en position d'alerte dans la forêt de Nouvion prête à partir sur appel du commandant.

16 MAI. - A 17 heures, elle reçoit l'ordre de rallier immédiatement les 1ère et 2e Cies à Voulpaix. La marche est extrêmement ralentie par l'encombrement des routes. La colonne évite Vervins pilonné par l'aviation ennemie, arrive à destination à 23 heures. A Voulpaix, il n'y a plus d'éléments des deux autres compagnies.

17 MAI. - Au jour, les pleins sont faits. La compagnie quitte Voulpaix pour rejoindre Wassigny où elle parvient à 24 heures.

18 MAI. - Vers 7 heures, les ordres suivants parviennent :

a) Une section (Willig) va tenir les ponts d'Oissy. Vers midi relevée par une section de Hotchkiss, elle rejoint Wassigny à 14 heures ;

b) A 10 heures, trois chars (Cie Pompier) partent nettoyer Landrecies et Le Cateau qui seraient infestés d'une poussière de blindés. Passant par Ribeauvillé, Mazinghien et Catillon où se trouvent les derniers Français, ils continuent sur Ors et La Folie. Parviennent à Landrecies qui paraît désert et extraordinairement calme. Au milieu de la ville, sur une place, un rassemblement de tous terrains ennemis est mis en flamme en quelques coups de 75. Un antichar se révèle, tire sur le Mistral qui répond, détruisant le canon et la maison qui l'abrite.

Dans une rue, à coup de 75 et de mitrailleuses, les chars tirent sur des équipages ennemis qui tentent de se réfugier dans les maisons.

Dans une autre rue, un parc d'A.M. (environ 200) formé de chaque côté de la route est également incendié en quelques coups de canons. Les trois chars progressent ensuite jusqu'au canal où deux canons antichars sont détruits.

c) A 11 heures, une section (Pavaux) part en patrouille en direction du Cateau où elle est reçue à coups de canons par des antichars français tombés entre les mains de l'ennemi qui détruisent l'Indochine. Les chars rentrent à Wassigny où ils coopèrent à la défense fixe.

d) A 11 heures également, la 3e section reçoit l'ordre de se porter au pont de Hauteville, Le chef de section part avec le seul char qui lui reste. Entre Aisonville et Hauteville, au croisement de la route Montigny-Proix, il rencontre un char lourd qu'il atteint d'un coup de canon de 47. D'autres blindés apparaissent à défilement de tourelle ; à ce moment les chars ennemis ouvrent le feu. Devant la supériorité du nombre, les nôtres sont contraints de rompre le combat et rentrent à Wassigny.

e) Dans l'après-midi, la section Willig va patrouiller vers Groize, Marolles et Favrel. En passant à Cotillon, notre infanterie signale le passage de blindés ennemis coupant la route du Cateau.

A 17 heures, deux chars se portent vers Pommereuil où ils sont attaqués par une dizaine de PzKW IV appuyés de canons automoteurs. Le Vosges est atteint le premier. Sous la protection du Nantes, l'équipage quitte le char avant qu'il ne saute.

A Ors, dans l'après-midi, un nouveau raid est entrepris sur Landrecies par deux B, quelques H des 14 et 27, ainsi qu'un escadron du 5e Rgt de Dragons Portés.

Deux colonnes sont formées chacune de un char B, deux H et 1/2 escadron de Dragons.

A 20 heures, la progression commence de part et d'autre du canal entre Ors et Landrecies.

Colonne de gauche. - Progresse sur la rive ouest du canal jusqu'au pont de Landrecies. Détruit deux chars allemands.

Le B tombe en panne et les H pénètrent dans l'agglomération. Les Dragons ne suivent pas.

Colonne de droite. Le char B progresse jusqu'à La Folie, y attend vainement Hotchkiss et Dragons et rentre à Ors.

Au soir, l'ennemi enserre de plus en plus Ors.

18 MAI. - Au matin, le combat s'engage dans la partie est du village entre chars allemands et antichars français. Les B, tenus en réserve dans les jardins à l'ouest du village reçoivent à 10 heures l'ordre de tenir le pont. Deux chars vont se poster sur la route de Pommereuil tandis qu'un autre attaquera les blindés adverses qui tiennent le pont. Ces deux chars sont rapidement mis hors de combat. L'avance ennemie est de plus en plus menaçante. Les échelons sont dirigés sur Wassigny où ils arrivent à 11 heures, tandis que les deux derniers chars contiennent l'ennemi à Ors où ils détruisent encore deux chars. Vers midi, nos troupes, sous la protection des chars se replient en direction de Washinghien puis de Wassigny. En fin d'après-midi, l'Armée donne l'ordre d'évacuer Wassigny et aux chars de se diriger sur la forêt de Villers-Cotterêts A ce moment la compagnie n'a plus que trois chars.

Deux colonnes sont formées. L'une sous le commandement du Cdt de Cie comprenant les véhicules sur roues et les équipages haut-le-pied; l'autre des chars et 4 chenillettes sous les ordres du Lt Rival. La première quitte Wassigny à 19 heures, prend l'itinéraire Malaine, Vaux et Busigny jusqu'à Maretz. Le capitaine en side devance la colonne. Vers Vauxcelles, le side saute sur une mine qui tue le Commandant de Compagnie. Le détachement poursuit sa route sous les bombes d'avions, tombe dans une embuscade à Villers-Outreaux. Le personnel met pied à terre et reçoit l'ordre de rejoindre (comme il pourra) Malincourt. Seul un très petit détachement, après être passé par Malincourt, Bapaume, Amiens, Estrées, Reims, Prunay, Bouy et ternay rejoindra Compiègne le 26 mai, le reste est capturé dans la nuit au matin.

Quant à la colonne sur chenilles, à court d'essence et de munitions les équipages se voient contraints de saborder leurs appareils et au cours la nuit les équipages sont faits prisonniers.

 
C. - DÉTACHEMENT DE RETHEL

Les cinq chars qui étaient en révision le 10 mai au Parc de Mourmelon (Flamberge, Jura, France, Amiens, Verdun) sont rapidement mis en état et, le 15 mai au soir, sous la conduite du Lieut. Platrier (2e Cie), parviennent à Rethel.

Durant quatre jours, ils y combattent dans les rangs de l'infanterie. Epuisés, ils gagnent la forêt de Compiègne.

 
D. - COLONNES SUR ROUES

1 ) Colonne DAMON

13 MAI. - Les véhicules légers de l'E.M., de la C.E. et les échelons sur roues des Cies quittent Maison. A la sortie de Châlons, ils joignent à la colonne routière de la division et de nuit se portent Montceau-le-Neuf.

14 MAI. - A 18 heures, la colonne repart pour gagner la zone de rassemblement de la division, en forêt de Signy-l'Abbaye.

15 MAI. - Au milieu de la nuit, à Chaumont-Porcien, une coupure s'est produite entre les 2e et 3e Cies. Le détachement de la 3e Cie (Lt Detroyat) se trouve détaché du gros et est refoulé sur Brienne par Neufchateau sur-Aisne.

A 5 heures, la tête de colonne arrive à destination. Dans la journée, événements se précipitent. Les services de la division se trouvent être premiers à être en contact avec l'ennemi en bordure de la forêt de Sy et les échelons reçoivent l'ordre de s'éloigner en direction du sud-ouest.

A 16 heures, les éléments du 15e quittent la forêt et par Maranvez Rocquigny se dirigent vers Mainbrassy. Au croisement de la route de … à Montcornet, 300 mètres avant le carrefour, elle croise un défilé de motocyclistes et de voitures légères blindées (vraisemblablement avant-garde de Panzer). La colonne alertée fait demi-tour, retraverse Rocquigny, gagne D…-le-Gros d'où l'état-major de la division part en donnant l'ordre de regrouper les échelons dans les bois-de Cormicy (nord-ouest de Reims).

16 MAI. - La colonne arrive à 2 heures. A 16 heures, elle repart pour se rendre entre Vazilly et Coulonges-en-Tardenois (ouest de Reims).

18 MAI. - A 6 heures, la colonne reprend la route.

19 MAI. - Dans l'après-midi, la colonne parvient au carrefour de l'Etoile de la Reine en forêt de Compiègne.

2) Colonne DETROYAT

(Échelon sur roues de la 3e Cie).

15 MAI. - Séparée de la colonne du bataillon à Chaumont-Porcien elle se déplace avec quelques éléments de la division.

3) Colonne Roques et Leblanc

(Échelons légers de CE)

15 MAI. - Arrivée à Bussigny avec la CE et les échelons sur chenille de la 1ère Cie. Devant l'avance allemande, vers 10 heures, la colonne repart en direction de Montdidier sous la protection du 8e BCC. A Tincourt colonne rencontre l'ennemi ; les chars lui permettent de franchir ce passage. Le même incident se renouvelle à Buire Cartigny, puis à Le Mesnil-Bru. Les uns après les autres, les chars sont détruits et presque tout le personnel est capturé avant de franchir le pont de Brie sur la Somme où, avec des moyens vraiment réduits, le personnel tient tête aux blindés durant 5 km. Mais, au cours du trajet, les Lieut. Roques, Leblanc et Aberden, sont arrêtés par l'officier du 8e BCC qui leur demande à être ravitaillé en essence. Un camion citerne est retenu. La route étant encombrée et, pour rattraper la colonne ils prennent un itinéraire plus au nord.

16 MAI. - Sans incident, ils parviennent à Faverolles où, malgré recherches qu'ils effectuent, ils ne trouvent personne au rendez-vous. Sur de nouveaux renseignements ils sont dirigés sur Beauvaiset, enfin le..

21 MAI. - Rejoignent le carrefour de la Reine.

Détachement Guillaume

(Etat-Major du Bataillon)

15 MAI. - A 14 heures, le détachement de l'EM sous les ordres l'officier de transmission, part à destination de Signy-l'Abbaye. Au passage à Rumigny, il se heurte à des blindés ennemis. La colonne est coupée deux tronçons. Un groupe se dirige vers le sud-ouest.

16 MAI. - Le premier tronçon arrive à Travecy à 15 heures, l'a rejoint Le Nouvion.

 

 III - 20 MAI 1940 - 5 JUIN 1940

21 MAI. - Lors du regroupement, il reste disponible au bataillon deux chars de la CE (Marseille et Nice), deux de la 1ère Cie (Bordeaux et Guadeloupe ), deux de la 2e Cie (Cambodge et Anjou), plus la SE. Les échelons sur roues sont presque au complet sauf la CE qui ne possède que quelques véhicules. Le Commandement dirige sur la division des Compagnies Autonomes qui vont s'intégrer dans les bataillons de la division.

22 MAI. - II est procédé à la réorganisation de la D.C.R.

Le Groupement est constitué par :

- E.M, du 15e B.C.C. – 348e Cie actuellement stationnée en forêt d'Hermenonville. - Une Cie du 27e B.C.C. (H 39, Lt Faye), en station à Fresnoy-la-Rivière - Échelon T.T. (Lieut. Detroyat).

Les quelques appareils restant du 8e et 15e sont réunis sous le commandement du Cdt Girier.

Quant au personnel désarmé du bataillon, il est réuni sous les ordres du Cap. Vaudremont.

Au soir, le Groupement reçoit l'ordre de se porter dans la région sud de Lassigny avec mission de s'emparer des ponts sur la Somme autour de Péronne. Le mouvement s'effectue de nuit.

23 MAI. - P.C. Groupement : Plessier de Roye.

348e et 1/127, bois sud de Plessier-de-Roye en bordure de la grande route.

25 MAI. - Le groupement doit se porter dans la région de Nesle. Cies de combat : bois entre Etalon et Crémery. - Échelons T.T. : Carrepuis EM Groupement : Crémery avec EM DCR - PC Grpt Plessier-de-Roye.

En fin de matinée, la mission est modifiée, la DCR étant mise à la disposition du 24e CA, le Groupement fait mouvement.

L'EM se porte à Libremont (entre Nesle et Guiscard). Les chars et échelons au bois de l'Hôpital (est de Libremont).

26 MAI. - Prise de liaison avec la 3e D.I.L.

27 MAI. -- Renforcement du groupement par la 2-27 (Lt de Lantivy.)

28 MAI. - Le groupement est relevé de sa mission par le 1er B.C.C. et rejoint la division à Ailly-sur-Noye (sud d'Amiens) avec mission de s'établir sur la coupure.

La composition du Groupement est modifée. La 348e passe au Groupement Girier et doit rejoindre Roiglise. La 1-27 est embarquée sur camions de la CT 73.

Une nouvelle mission est fixée au Groupement : Tenir la tête de pont de la Faloise avec la 2-27; le Réunion, la Marseillaise et la 1-17e B.C.P. (Cap. Paoli ).

A 17 heures, départ du bois de l'Hôpital et arrivée à Esclainvillers à 20 heures. La 2-27 embarquée sur camions débarque le soir au Mesnil-St-Firmin et rallie le Bois St-Martin (est de la Faloise).

29 MAI. - Au lever du jour, les unités sont en place. A 5 heures, ordre de porter le dispositif sur la coupure de la Celle à Montsures l'Estocq, face au nord.

A 10h30, nouveau dispositif. La 1-17e BCP est rendue à son bataillon, les 1/27 et 2/27 sont regroupées à Gouy-les-Groseilles avec la 351e Cie autonome.

En fin de journée, les trois Cies de H se portent dans la région Paillart-Folleville et le PC du Groupement s'établit à Folleville.

La DCR procède à une nouvelle réorganisation.

Cdt BOURGIN, 1/2 Brigade ; PC Coullemelle, Btn 8/15; Cdt Girier, 347e, 348e, 349e Cies Autonomes, CE 8/15.

Btn 14/27, Cdt Aubert. Une Cie 14e, deux 27e et 351e Cie.

31 MAI. - PC 1/2 Bgd Becquigny. Les bataillons se portent dans la région Laboissière et Gratibus. P.C. D.C.R. : Etalflay.

1er JUIN. - La D.C.R. passe à la Xe Armée pour être engagée à la réduction de la poche d'Abbeville.

Dans la soirée, les unités font mouvement sur Frémontiers (entre Poix et Conty) pour, de nuit, poursuivre leur mouvement sur Montdidier, Grivesnes, Ailly, Essart et Conty.

A partir du 1er juin, la personnalité du 15e B.C.C. s'estompe sur celle du 8/15 ; d'ailleurs, à ce moment, le 15 ne possède plus que trois chars :

Bordeaux, Nice et Anjou.

 

Sources : Archives du SHAT Vincennes. 


 

 

Ordre de Bataille au 10 mai 1940

Chef de bataillon

234 - MARSEILLE Cdt BOURGIN
233 - NICE Lt MATHIEU
207 - MARTINIQUE Lt VAUCHERET
201 - FRANCE Adj-C COCHERIL
1ère Compagnie
230 - RENNES Cne LAURENT
1ère Section
225  A
GRENOBLE Lt KREISS

209

8A

SENEGAL

S-Lt DUFOUR

210

TONKIN

S-Lt YARDIN

2ème Section

221

 B

LYON

Lt SASSI

235

TOULON

Asp ROLLIER

257

BOURRASQUE

Lt SAURET

3ème Section

208 GUADELOUPE Lt COQUET

227

   C

BORDEAUX

S-Lt FOURNIER

267

   I.

TEMPETE

S-Lt PERRE (Fils du Col. PERRE)

2ème Compagnie

212

 6

CAMBODGE

Cne VAUDREMONT

1ère Section

214

0

CORSE

Lt PAGNON

252

3

FLAMBERGE

Lt PLATRIER

258

1

FOUDROYANT

S-Lt SIGROS

2ème Section

213

9

AQUITAINE

S-Lt PICARD

216

4

ANJOU

S-Lt VIEUX

202

2

ALGERIE

S-Lt LAURIN

3ème Section

206

7

MADAGASCAR

Lt DUMONTIER

254

5

BOMBARDE

S-Lt HANS

217

8

CANTAL

S-Lt ANTOINE

3ème COMPAGNIE

265 

 D

MISTRAL

Cne POMPIER

1ère Section

218 VOSGES Lt WILLIG

228

NANTES

S-Lt PHELEP

262

TRAMONTANE

2ème Section

215 SAVOIE Lt PAVAUD

224

BESANCON

S-Lt FERRY

204

TUNISIE

S-Lt GAUDET

3ème Section

203

 0

MAROC

Lt PEROUSE

205

 
 0

INDOCHINE

S-Lt RAIFFAUD

266

 K

TORNADE

S-Lt RIVAL

CHARS B AU COMBAT

L'historique du 15e BCC en détail.

Stéphane Bonneaud

Illustrations de Jean Restayn

Histoire & Collections