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Chef de char : Maréchal des Logis Nicot
 
Le 12 octobre 1944, le 2e  escadron, qui se trouve dans région de LURE, reçoit l’ordre de se porter à VAGNEY à la disposition de la 3e D.I.N.A. Il s’agit de faire effort par la vallée de la RUPT et celle du BOUCHOT. Le pays est hostile aux chars : collines boisées dévalant à pente raide sur d’étroits vallons, terrain détrempé par les pluies ne permettant pas à nos engins de sortir des chemins.
Le 14 au matin, l’attaque est déclenchée. A travers un épais bois de sapins, le char  LIMOGES  du maréchal des logis NICOT, progresse en tête du peloton FALGAYRAC. Deux kilomètres sont parcourus sans difficulté. Tout à coup, sur la droite, venant de la direction de vergers touffus, jaillissent les traits de feu rouge des projectiles traceurs. Un petit flocon apparaît sur le flanc droit du  LIMOGES puis une grande flamme éblouissante. Dans un tourbillon de fumée noire, la silhouette du char s’estompe. Le TREGUIER de l’aspirant GIRARDOT, puis le MARSEILLE du maréchal des logis GUIOL fouillent de leurs obus les haies et les vergers. Où est donc l’équipage du LIMOGES ? Un tir d’obus et d’armes automatiques d’une violence inouïe est concentré par l'ennemi sur l’engin en feu.
Cela ne saurait empêcher la fraternité d’équipages de se manifester. BEAUPUIS, CARBONNEL et  CAZELLES sautent à terre pour porter secours à leurs camarades. En rampant dans les fossés, ils tentent d’approcher du brasier. Ils ont la joie de retrouver quatre du LIMOGES, blessés et brûlés. Mais le maréchal des logis NICOT, chef du char, est couché dans le fossé, la cuisse affreusement déchiquetée. A deux reprises, ils tentent de rejoindre le blessé sous un déluge de "minen" et de balles. CAZELLES est blessé à son tour. Le sous-officier, malgré le garrot posé sur sa blessure, perd des flots de sang et ne tarde pas à expirer. BEAUPUIS et CARBONNEL réussissent, sous le feu infernal des Allemands, à ramener CAZELLES en arrière. Le jour tombe prestement. Le premier peloton a perdu deux tués : MALARET et NICOT et quatre blessés : CAZELLES, FOURNOU, EVERARD et SFORZINI. Le LIMOGES n’est plus que de la ferraille brûlante, déchiquetée par l'explosion des soutes à munitions.