MONTFAUCON      501e RCC   3e Compagnie        

M 4 A2

n° 38

matricule :  420-602

 


Equipage :
Chef de char : Sergent Henri Pertuiset († 12/09/1944) puis Jacques d'Etienne
Tireur : Vénitio Benavides
Pilote : Raymond Leclerc
Aide-pilote :
Emile Grognard puis Guy Ternisien
Radio-chargeur : Caporal-chef Jean Fresnel

 

Andelot (Haute-Marne) 12 septembre 1944

La 1ère section qui ne comportait plus que trois chars suite à la libération de Paris, était disposée en soutien entre la route de Rimaucourt et la voie ferrée. Le MONTFAUCON a été touché par un panzerfaust qui a traversé un réservoir, les carters moteurs et qui a explosé dans le deuxième réservoir. Le MONTFAUCON était un char diesel et les pleins venaient d’être effectués. Il n’y avait pas de poche d’air dans les réservoirs. C’est sans doute grâce à ces deux paramètres que le Sherman n’a pas pris feu. Le chef de char, Henri Pertuiset est sorti pour évaluer les dégâts. Il a été touché d’une balle lors de son retour à bord. Il est mort alors que le radio chargeur l’aidait à descendre dans la tourelle. L’équipage l’a assis en évitant le gasoil qui s’était répandu dans le fond du char. Craignant un nouveau tir de panzerfaust, l’équipage s’est remis en place. Le  radio chargeur a remarqué des empilements de traverses en forme de cubes et régulièrement espacés le long de la voie ferrée. Cela ne ressemblant pas à un chantier de cheminots, il demanda au tireur de viser l’un des tas. Les allemands sont alors sortis des cubes en se rendant. En voyant les drapeaux blancs, le tireur n’a pas tiré d’autre obus. Le MONTFAUCON n’ayant pas de radio émettrice (dans une section de 5 chars, tous n’en n’étaient pas équipés), l’équipage n’a pas pu rendre compte de la mort du chef de char et des dégâts. Ils avaient reçu depuis peu des fanions permettant de signaler différentes situations mais seul le Sergent Pertuiset connaissait leur signification et n’avait pas eu le temps de l’expliquer à l’équipage. Ce sont « les gars du Tchad » qui ont transmis les informations. La prairie comportait des trous justes à la taille d’un homme qui semblaient creusés à la machine. Il y avait également un bon nombre de panzerfaust inutilisés, abandonnés sur place  probablement sabotés lors de leur fabrication.

Un lieutenant a fait transporter le corps du Sergent Pertuiset à Rimaucourt, commune précédemment libérée, où il a été inhumé ensuite. C’est la raison pour laquelle il n’a pas été enterré avec les autres tués d'Andelot.


Source : Bertrand Fresnel