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JOURNAL DE MARCHE DU

 

  6e REGIMENT DE  CHASSEURS D'AFRIQUE

 

 

Du débarquement à Colmar       LE SIXIÈME R.C.A. EN FRANCE

23 SEPTEMBRE
Les premiers éléments du Régiment comprenant tous les éléments de combat embarqués à Oran le 13 septembre 1944, débarquent à Saint-Tropez et se portent de Cogolin au Beausset.

24 SEPTEMBRE
Après avoir traversé Marseille sous les acclamations de la population, ces éléments se regroupent à Rognac.
Accueil chaleureux de la municipalité et des habitants de Rognac.

30 SEPTEMBRE
Le 2ème échelon du régiment débarque à Marseille. Il rejoint Rognac dans la nuit du 30 Septembre au 5 Octobre.

5 OCTOBRE
Les chars légers du 1er Escadron et de l'État-major embarquent sur voie ferrée à Miramas.

6 OCTOBRE
Le Lieutenant Joyau, officier précurseur du régiment et l'échelon sur roues du 1er Escadron font mouvement à destination de Besançon avec étapes dans les régions de Valence et de Bourg.

14 au 18 OCTOBRE
Le reste du régiment fait mouvement par voie ferrée et par route en direction de Choye village situé à 15 km Sud Est de Gray.
Tout le régiment est cantonné dans les villages échelonnés sur 5 km de Choye vers Gray :
Etat-Major et E.H.R. à Choye.
1er Escadron à Villefrancon.
2ème et 4ème Escadron à Velesme.
3ème Escadron à Velloreille.

28 OCTOBRE
Le Régiment fait mouvement de nuit, avec éclairage en black-out. Tous les véhicules du Régiment sont répartis en dix rames.
Départ de Choye du véhicule de tête à 1h20.
Arrivée du dernier véhicule dans la nouvelle zone de stationnement, le 28 Octobre à 5h00.

INSTALLATION AU CANTONNEMENT
Les unités du Régiment sont installées au cantonnement à proximité de Vesoul :
Etat-Major : Vaivre, village situé à 2 km à l'Ouest de Vesoul
1er Escadron : Montigny : village situé 4 km à l'Ouest de Vesoul
2ème et 4ème Escadrons : Pontcey
3ème Escadron et E.H.R. : Noidans-les-Vesoul
Echelon : Faubourg Sud de Vesoul.

 

OPÉRATIONS DANS LES VOSGES

Pour tromper l'ennemi sur les intentions du Commandant en Chef, le C.C. 6. Colonel Tritschler va, en exécution des ordres du Général de Lattre de Tassigny, Commandant la 1ère Armée Française, faire une diversion dans les Vosges, avant que ne soit entreprise, de front, l'attaque de la région de Belfort.
Alerté le 1er Novembre, tout le régiment, moins le 1er Escadron qui reste provisoirement à Montigny, se porte le 2 Novembre dans la région de Remiremont.

2 NOVEMBRE
Ses différentes unités sont mises par la D.B. à la disposition du Général Guillaume, Commandant la 3ème D.I.A., et réparties en 2 groupements tactiques :
G.T. 4 au Nord (2ème et 4ème Escadrons) ;
G.T. 3 au Sud (3ème Escadron).
Le Lieutenant-Colonel Renaudeau d'Arc prend le Commandement du Sous-groupement Sud du G.T. 4 qui comprend, en particulier, le 2ème Escadron.
Le P.C. de ce sous-groupement s'installe à Vagney à 13 heures.
Le 3ème Escadron, mis à la disposition du G.T. 3 se porte sur Gontrexard. Dans la soirée, le P.C. de cet Escadron, les 1er et 2ème Pelotons se portent au Sud-Est de Planois.
Le 4ème Escadron est mis à la disposition du Sous-groupement Gambiez, chargé de l'effort principal sur l'axe, le Haut du Tôt, Haut-du-Todt, la Sotière, Tête de la Neuve Roche.


3 NOVEMBRE
Dans le cadre du sous-groupement d'Arc, le 2ème Escadron doit couvrir au sud l'action du détachement nord et l'appuyer en progressant sur l'axe Sapois - Menaurupt - Vieux-Mont.
L'heure de l'attaque fixée à 6 heures 30 est reportée à 8 heures. Le peloton de tête (Lieutenant Chevallier) de l'escadron Bes de Berc se porte avec la 1ère section de la 9ème Compagnie du III/R.M.L.E., sur le carrefour Est de Sapois.
Une patrouille chars-infanterie ayant reconnu la scierie non occupée et le pont de Cens-la-Ville intact, le peloton fonce vers la scierie. La route étant minée, la progression est lente. Les chars de tête arrivent devant Menaurupt à 14 heures 30.
Deux chars Panther sont mis en fuite. Le Lieutenant Chevallier, pris à partie par un 75 Pak, neutralise les servants ; la pièce est capturée, ainsi qu'une pièce de 150 dont les servants prennent la fuite.
A 17 heures 15, le peloton Chevallier atteint Vieux-Mont, occupant les objectifs fixés et réalisant une avance de 3 km. Un retour offensif à la nuit, est dispersé par le feu des armes automatiques : 5 prisonniers, une mitrailleuse et plusieurs Faust-patronne restent dans les mains du peloton.
Au cours de la journée, un char a sauté sur une mine, sans perte pour l'équipage.
Au 3ème Escadron, les pelotons Martin et Déroulède ne peuvent remplir leur mission de soutien, leur axe de marche étant, dès le départ, embouteillé par 2 chars, l'un sauté sur une mine, l'autre embourbé, en essayant de doubler le premier.
Trois chars du peloton Tourneux qui a attaqué à 8 heures en direction de Rochesson sautent sur des mines.
Le 4ème Escadron, débouchant à 8 heures, parvient rapidement au Haut-du-Tôt. Mais sa progression sur la Sotière et la Scierie, à gauche est retardée par un champ de mines. Privé de son chef, le peloton Guériaud parvient à la scierie à 17 heures avec 2 Chars seulement ; le peloton de Chauvigny, après un déploiement sur la crête dominant la Sotière, réduit brillamment la garnison. Il pousse jusqu' à Lyris, appuyé par la section d'expérimentation du Bataillon de choc, pendant que le peloton de Maraumont occupe Blancfaing.
A la nuit, les pelotons se replient au Haut-du-Tôt.
Quatre chars ont sauté sur des mines, 2 sont tombés en panne de terrain. Le Brigadier-Chef Rey, le Brigadier de Rivoyre, les chasseurs du Ponthavice de Heussay, Lariau et Cros ont été tués, l'Adjudant-chef Guériaud. le Chasseur Miralles sont grièvement blessés.

4 NOVEMBRE
Les chars du 2ème escadron appuient de leurs feux l'infanterie chargée de s'emparer des hauteurs dominant Menaurupt. Le peloton Tourneur, du 3ème Escadron, entre dans Rochesson à 8 heures. Il est relevé par le peloton Déroulède qui attaque en direction de la maison forestière des 4 Sous et se replie à la nuit, sur Rochesson.
Les pelotons de Chevigny et de Maraumont, du 4ème escadron, renforcent l'infanterie à Lyris et Blancfaing et reviennent à la nuit au Haut-du-Tôt

5 NOVEMBRE
Le peloton Eblé, du 2ème escadron, fournit des feux au profit de l'infanterie et se replie à la nuit au Vieux-Mont.
Une patrouille du peloton Martin, du 3ème escadron, progresse en direction de la maison forestière des 4 Sous. Après un dur engagement au cours duquel les chars se défendent seuls, privés momentanément de leur appui d'infanterie, elle parvient à son objectif. Un char a été traversé par plusieurs grenades antichars et immobilisé.
Dans l'après-midi une autre patrouille de ce peloton appuie la progression de l'infanterie sur le Xatis ; le soir, les chars se replient à Planois.

6 NOVEMBRE
Les escadrons de chars moyens gagnent des positions de cantonnement : le 2ème escadron fait mouvement sur Saint-Amé, le 3ème est regroupé à Bréhavillers (Le Syndicat), sauf le peloton Déroulède, qui, restant engagé à l'est de Rochesson ne rejoindra que le 7. Le 4ème escadron rejoint Autrive, pour y cantonner.
Quant au 1er escadron (chars légers), mis à disposition du Général Commandant la 3ème D.I.A., il se porte à Planois. Au cours d'une progression sur un terrain détrempé, 2 chars du peloton Vuillerme qui soutenaient le 1er Tabor Marocain, s'embourbent. A la tombée de la nuit, Les pelotons regagnent leurs positions à Planois.

7 NOVEMBRE
Le peloton de Montgrand est détaché à Rochesson à la disposition d'un bataillon du 4ème R.T.T. Il rejoindra Planois dans la nuit du 7 au 8.

10 NOVEMBRE
Tout l'escadron est rassemblé à la Gare de Syndicat - St-Amé, où il cantonne à proximité des autres unités du régiment.

 

OPERATIONS DE DÉPANNAGE PAR LE PELOTON D'ÉCHELON RÉGIMENTAIRE

Les opérations dans les Vosges ont été rendues très dures par le terrain détrempé, le froid, la neige, les mines. Un grand nombre de chars ont sauté ou se sont embourbés.
Sous la direction du Capitaine Mourot, le groupe de dépannage qui a rejoint le corps à Vagney, le 3 Novembre, procède aussitôt au dépannage d'un Char léger, 2 chars moyens, 2 chars T.D. et d'un automoteur embourbés et retire d'un champ de mines un char moyen.
Dans la nuit du 4 au 5, s'étant porté sur l'axe du 3ème escadron, il dépanne un char moyen qui, sauté sur une mine interdisait le passage des colonnes de ravitaillement. Il dégage ensuite un autre char moyen embourbé.
Les 5 et 6 Novembre, 3 chars moyens et 2 T.D. du 4ème escadron sont désembourbés. Un char moyen est retiré d'un champ de mines.
Le 7 Novembre, l'échelon entreprend le dépannage de deux chars du 1er escadron, travail pénible sous la neige et dans un mauvais terrain à proximité de l'ennemi.
Le 11, le groupe de dépannage rentre à Remiremont après avoir encore remis sur la route un T.D. et un automoteur de l'Artillerie embourbés.
Durent cette période, les ouvriers de l'atelier ont, à Remiremont, remis en état 3 chars moyens endommagés par des explosions de mines et réparé, au Haut-du-Tôt, le train de roulement d'un char du 4ème escadron endommagé également par une mine.
Ainsi, du 6 au 11 Novembre, toutes les unités du régiment ont reçu le baptême du feu ; quelques jours de répit seulement leur sont octroyés au cours desquels le matériel qui a beaucoup souffert, du terrain en particulier, fait l'objet de soins empressés.

14 NOVEMBRE
Le Régiment alerté fait mouvement sur la région Est de Vesoul. Toutes les unités cantonnent à Noroy-le-Bourg, sauf l'échelon, qui s'installe à Cerre.

 

OPÉRATIONS DE LA TROUEE DE BELFORT

La 1ère Armée Française borde les Vosges et est arrêtée devant la trouée historique de Belfort. C'est l'heure pour la 5ème D.B., du Général de Vernejoul d'entrer en action.
Ayant travaillé sans répit, pendant 2 mois, à compléter la solide défense de Belfort, réarmant ses forts, s'organisant en profondeur, richement doté en artillerie, l'ennemi est maintenant puissamment "accroché".
En dépit des circonstances atmosphériques défavorables, des défenses anti-chars et des mines qui ceinturent la ville, dans un terrain sursaturé d'eau, rendant difficile l'action des engins blindés, le Général de Lattre de Tassigny, Commandant la 1ère Armée Française, décide une attaque audacieuse qui, surprenant totalement l'ennemi, va être couronnée de succès.
Dans un premier temps, Montbéliard et Héricourt vont tomber, premiers fleurons de la Division "France d'Abord" du Général de Vernejoul.
Agissant dans le cadre du C.C. 6, sous les ordres du Colonel Tritschler, le Régiment va s'emparer des gros points d'appui de Chagey, Champey et Chalonvillars.
Dans un 2ème temps, réalisant point par point la manœuvre en tenaille conçue par le Général Commandant la 1ère Armée Française, le C.C. 6 séparé du reste de la 5ème D.B. et provisoirement aux ordres Général Commandant la 2ème D.I.M., va forcer par surprise la défense de Belfort où le 6ème R.C.A. entrera le premier le 20 Novembre, tandis que les C.C. 4 et C.C. 5 aux ordres du Colonel Schlesser et du Colonel Mozat, vont s'emparer de Dannemarie et porter leur avance jusque sur la Doller.


17 NOVEMBRE
Le C.C. 6, stationné au Nord-Est de Villersexel, reçoit, dans la nuit du 16 au 17, l'ordre de s'engager sur l'axe général Champey - Chagey - Chalonvillars. Les unités du régiment sont réparties de la façon suivante :
Sous-Groupement A : sous les ordres du Lieutenant Colonel Renaudeau d'Arc, Commandant le 6ème R.C.A. : E.M. et 3ème Escadron.
Sous-Groupement B : 4ème Escadron.
Sous-Groupement C : 1er Escadron.
Le 2ème Escadron avec le 4ème R.T.M.
Le 1er Escadron est en réserve sur l'axe Saulnot - Champey.
Le 2ème Escadron, qui a fait mouvement dans la nuit, attaque dès le matin. A 8 heures 30, le peloton de Bouvet part du bois d'Arcey pour Gonvillars qu'il occupe. A partir de 9 heures 30, il appuie l'attaque d'une compagnie du 4ème R.T.M. L'objectif est rapidement coiffé mais un violent tir d'artillerie oblige les tirailleurs à se replier. Le peloton rejoint Chavannes à 13 heures.
Le peloton progresse depuis le bois d'Arcey et occupe Chavannes que les Allemands ont évacué. L'avance, retardée un moment par des mines, se poursuit sans incident, les éléments ennemis réfugiés dans le bois sont neutralisés par le peloton Chevallier, en soutien.
Vers 16 heures, le Colonel Bridot du 4ème R.T.M. donne l'ordre au Capitaine de Berc, de progresser simultanément sur les axes Vernoy - Champey et Saulnot - Champey.
Le peloton de Bouvet, aidé d'une section du Bataillon F.F.I. de Bourgogne, d'un groupe de T.D., d'une équipe de démineurs, progresse sur l'axe Saulnot - Champey, tandis que le peloton Eblé avec un appui semblable opère sur l'axe Vernoy - Champey. Le peloton Chevallier reste en surveillance aux lisières des bois pour empêcher tout retour offensif de l'ennemi.
A 16 heures 45, le peloton de Bouvet pénètre dans Champey. La visibilité est mauvaise et un combat de rues fort confus s'engage. Deux chars sont touchés par une arme anti-char puis par des Faust-patronen. Le feu se déclare à bord.
A 17 heures 30, le peloton Chevalier qui progressait derrière le peloton de Bouvet signale au Capitaine Commandant que deux des chars du peloton Eblé touchés par armes anti-chars, sont en train de brûler. Heureusement, les équipages ont pu se dégager et sont indemnes.
Le reste de ce peloton et les T.D. d'accompagnement passeront la nuit au Vernoy dont ils renforceront la défense. A Champey, les pelotons se regroupent et occupent le sortie Sud-Ouest du village, pendant toute la nuit.
Le sous-groupement A. dont font partie l'E.M et le 3ème Escadron du 6ème R.C.A., a reçu l'ordre de se porter sur l'axe général Villersexel - Champey - Chalonvillars, dans la région de Champey, pour agir dès que cette localité aura été occupée par le 2ème Escadron. Le détachement Nodet (pelotons Tourneux et Déroulède) du 3ème Escadron et la 1ère section de la 10ème compagnie du III/R.M.L.E. s'installent pour la nuit à Essouaivre. Le P.C. et le détachement Levant (peloton Martin du 3ème escadron, 2ème et 3ème sections de la 10ème Compagnie du III/R.M.L.E.) s'installent pour la nuit, au village de Crevans, presque entièrement détruit.
Le 4ème escadron se déplace avec le sous-groupement B, de Noroy-le-Bourg à Corcelles. De nuit, la progression Corcelles-Saulnot s'effectue sans incident.
Les pertes du régiment, pour la journée du 17 s'élèvent à 4 chars moyens incendiés par anti-chars et Faust-Patronen. Deux chefs de chars (M.d.L.-Chef Permingeat, M.d.L. Bodiot) un tireur (Brigadier Leclerc) un aide-pilote (Chasseur Pichard) du peloton de Bouvet sont gravement blessés. Les chasseurs Ferrandi, Grandperrin et Pello sont manquants, deux n'ont pu sortir des chars en flammes, le troisième a été tué à quelques mètres de son véhicule.

18 NOVEMBRE
Le 1er Escadron attend, sur l'axe Saulnot-Champey, d'être engagé. Le 2ème escadron se regroupe à Champey à 8 heures. Le peloton Chevallier est retardé dans sa progression par un pont que les pionniers du 4ème R.T.M. remettent en état. Vers 13 heures 30 il arrive à Couthenans, libéré le matin. Le peloton Eblé quitte Champey vers 12 heures 30 et atteint Chagey à 17 heures après avoir été arrêté par des abatis importants qu'il a contournés et après avoir neutralisé un canon anti-char et des armes automatiques situés aux lisières des crêtes boisées Nord-Est de Chagey.
Pendant la nuit, l'Escadron se regroupe à Couthenans.
Le C.C. 6 reçoit l'ordre de pousser sur Chalonvillars et de s'emparer des passages et écluses du canal de la Saône au Rhin, aussitôt que les ponts de Chagey et Luze auront été pris par le 2ème escadron, afin d'être en mesure d'appuyer l'attaque du Salbert par la 1ère Brigade de choc et le groupe de Commandos et de déborder ultérieurement la place fortifiée de Belfort par le Nord.
Pour remplir cette mission, le sous-groupement A dont font partie le 3ème escadron et l'E.M., continue de progresser sur l'axe Champey - Chagey - Chalonvillars. A 7 heures, le P.C. et le peloton Martin se portent de Crevans à Saulnot, où ils arrivent à 7 heures 30. A 14 heures, ils progressent sur Champey, libéré la veille au prix de durs combats par le 2ème escadron. Ils arrivent dans cette localité à 15 heures.
A 13 heures, les pelotons Tourneux et Déroulède quittent Essouaivre. A 17 heures 30, ils abordent par le sud-est le village de Chagey partiellement occupé, sur ses lisières, par des éléments F.F.I. Au cours de cette progression, le char de tête a un galet percé par un faust-patrone et un chef de char des T.D. est tué par un sniper. A 18 heures, le détachement Nodet, renforcé de la section Lhotel du R.M.L.E., ayant écrasé le point d'appui ennemi établi à 200 mètres au nord-est du village, s'installe dans Chagey qu'occupent, par ailleurs, des éléments F.F.I. et le 1er peloton du 2ème escadron.
Le 4ème escadron, ayant en tête le 2ème peloton, quitte Saulnot à 6 heures 45, atteint Champey et ouvre le feu sur des armes automatiques situées dans le bois au sud de la route. Les trois pelotons de l'escadron se regroupent dans Luze à 19 heures 30.
L'avance de la journée s'est effectuée sans perte en personnel pour le régiment, un char du 3ème escadron a été atteint par un Faust-patrone.

19 NOVEMBRE
Le 1er escadron pousse deux reconnaissances, en direction de Chenebier. La première (peloton Lafouge) trouve la voie libre. Partie de Couthenans vers 8 heures, elle est de retour à 9 heures. La seconde (Maréchal des Logis Chef Cornet) est stoppée à 2 kilomètres au Nord-Est de Chagey, un pont étant coupé et ses abords minés. Ayant réussi à passer plus au Nord, elle revient avec les mêmes renseignements : la voie est libre.
Le peloton Lafouge, suivi du char du Capitaine Mirabeau et du 75 Pak pris à l'ennemi, essaie de gagner, par un itinéraire détourné, Frahier où des Commandos se battent pour conserver un pont important à l'entrée Sud du village. Coupé de sa suite par l'écroulement d'un pont de fortune, le peloton Lafouge part seul, malgré de nombreuses mines ; il réussit à prendre contact avec un officier de commandos et, sur sa demande, effectue des tirs efficaces. Il reste en position pour appuyer les fantassins jusqu'à l’heure, où lui parvient l'ordre de rejoindre le sous-groupement C à Buc. Un de ses chars, arrêté au passage d'un pont qui s'écroule, rejoindra ultérieurement.
Le 2ème escadron, regroupé, est maintenu en réserve.
Le détachement Godet progresse depuis Chagey et reçoit l'ordre de s'arrêter à son premier objectif atteint à 10 heures 20, sans avoir pris contact avec l'ennemi.
Les deux sections du R.M.L.E. cependant, dépassent l'objectif et s'emparent à 11 heures 45 de Chalonvillars, après avoir fait 35 prisonniers et repoussé une contre-attaque d'une compagnie d'infanterie débouchant des pentes sud du Salbert.
A 12 heures, arrive l'ordre de relève du C.C. 6 : le Combat-Command doit rejoindre, avec les deux autres C.C., de la 5ème D.B., la région de Montbéliard en vue d'une exploitation faisant suite à la percée réalisée dans les défenses avancées de Belfort. Cependant, le Colonel Chapuis, Commandant le Groupement, obtient l'autorisation de conserver le C.C.. 6. en vue de s'emparer par surprise de Belfort. A 15 heures 30, le peloton Déroulède du 3ème escadron rejoint à Chalonvillars, avec les autres éléments du sous-groupement A (génie et T.D.) les sections du R.M.L.E. Le Capitaine Nodet s'installe avec les pelotons Tourneux et Martin et la section Kestner à 1500 mètres de Chalonvillars où il passe la nuit.
Le 4ème escadron a reçu l'ordre d'occuper, à partir de Luze, les villages d'Echenans, Mandrevillars et Buc. Après une préparation d'Artillerie sur le mont Vaudois, Échenans est traversé sans difficulté. De même, Mandrevillars et Buec sont occupés.
Mais l'apparition des chars à la sortie Nord-Est du village est saluée par des tirs nourris de minens. Le Capitaine Blacas Commandant l'escadron s'organise en point d'appui et reste toute la nuit dans Buc.

20 NOVEMBRE
Le 4ème Escadron reçoit l'ordre de s'emparer des hauteurs dominant Buc. Ses Pelotons sont répartis entre 3 groupes tactiques A, B et C, le groupe C restant en réserve dans Buc. Dès le début de l'attaque, le premier peloton, à droite, se heurte à une résistance importante constituée de tireurs d'élite et de tireurs de faust-patrone établis dans une tranchée. Une pièce de 88 qui se trouve en arrière d'eux est réduite au silence. Touché par faust-patronne, le char 65 (dont le chef, le Brigadier Ledante est mortellement blessé) est mis hors de combat, ainsi que le char du chef de peloton et le 3ème char de premier échelon.
Le Capitaine Blacas, Commandant le groupe A, suivi de deux chars de soutien du 1er peloton, réussit à franchir la tranchée et à s'installer en lisière d'un bois qui couronne la cote 458. Après l'arrivée d'un sérieux renfort d'infanterie, ces trois chars rentrent à Buc dans le courant de la nuit.
A gauche, dès le débouché, à 8 heures 30, le char de tête du 3ème peloton prend feu, atteint d'un coup de faust-patrone. Le Maréchal des Logis Petitjean, Chef de char, le Brigadier Favriou, tireur et l'aide-pilote Boyer blessés parviennent à sortir, mais les corps du pilote, Cros Jules et du chargeur, Amsilli Charles, tués, ne peuvent être dégagés du char. Malgré une forte opposition, le peloton parvient à s'installer aux lisières du bois, d'où il appuie l'infanterie.
Le peloton du groupe C, en réserve à l'entrée de Buc appuie de ses feux la progression des deux autres groupes. Le Lieutenant de Chevigny monte une patrouille et, aidé de quelques légionnaires, fait une douzaine de prisonniers. A 14 heures, une autre patrouille fouille le bois et ne trouve plus que des cadavres ; le peloton rentre à Buc à 17 heures.
C'est en allant vérifier les emplacements et les consignes de tir des chars destinés à la défense de Buc, durant la nuit, que le Lieutenant de Chevigny est tué par un obus de mortier qui blesse également les chasseurs Chantereau et Portery.
Le 1er escadron d'abord en réserve dans Buc pour exploiter la trouée vers Belfort ne tarde pas à entrer en action aux abords même de Buc. L'Aspirant l'Hoste est blessé par un éclat de mines et évacué.
Vers 14 heures, le peloton de Montgrand est engagé pour soutenir l'Infanterie ; les servants d'un canon de 88 sont fauchés et le peloton ramène une dizaine de prisonniers. Au cours de l'action, le char du Capitaine commandant tombe, par surprise, sur un point d'appui ennemi. L'engagement est rapide et se termine au pistolet, les prisonniers sont confiés à la Légion.
Un détachement part de Buc en vue de gagner Belfort par Bavilliers. Au départ de Buc, 2 chars moyens sautés sur des mines, barrent la route et retardent la progression de ce détachement.
De nuit, l'Escadron regagne Mandrevillars, laissant un peloton à Buc pour soutenir l'infanterie très éprouvée qui craint une contre-attaque.
Dans la nuit du 20 au 21 également, le 4ème escadron fait mouvement vers Chalonvillars, où il est regroupé à 6 heures.
Il entre dès lors dans la composition du Groupement C.

 

LIBÉRATION DE BELFORT

20 NOVEMBRE
De Chalonvillars, dont se sont emparé, de haute lutte, deux sections de la 10ème Compagnie du R.M.L.E., vont être déclenchées à partir du 20 Novembre à 3 heures, des opérations successives qui amèneront le même jour à 17 heures, la libération par surprise, de la ville fortifiée de Belfort.
A 3 heures, le passage sous le canal de la Haute-Saône au Rhin, donnant accès au village d'Essert, est tenu par une forte reconnaissance des commandos de France.
Le Sous-Groupement A (Lieutenant-Colonel Renaudeau d'Arc) a atteint Chalonvillars dès la soirée du 19. Il a pour mission de s'emparer le lendemain de Belfort, en progressant par Essert.
Sa composition pour la journée du 20 est la suivante :
- Les 2ème et 3ème escadrons du 6ème R.C.A. (Capitaines de Berc et Nodet).
- Un peloton de T.D. du 11ème R.C.A. (Lieutenant Marsauche).
- La Compagnie Levert du 3ème R.M.L.E.
- Une Section du 96ème Bataillon de génie (Aspirant Jouve).
- Deux batteries du 3/62.
- Les commandos du Colonel Gambiez comprennent :
- les commandos du Commandant de Foucaucourt
- le Bataillon de choc du Capitaine Lefort.
Le Lieutenant-Colonel Renaudeau d'Arc, coummence dès le début de la nuit à monter l'opération :
Dans un premier temps, de nuit, les commandos doivent tenir discrètement le passage en dessous du canal et son débouché sur la grand route, et s'emparer au petit jour du village clef d'Essert ouvrant la porte sur Belfort.
Le passage en dessous, sitôt tenu, devra être immédiatement déminé.
Dans un deuxième temps, toujours de nuit, une compagnie du Bataillon de choc du Capitaine Lefort doit occuper le massif du Coudray, et le Haut-Mont qui surplombent Belfort à l'Ouest.
Ces deux mouvements constituent en effet des montants de la porte d'Essert sur Belfort.
L'autre montant (le bois de la Côte) tenu par les Allemands doit être écrasé par l'Artillerie avant d'être attaqué, par le sous-groupement B (Commandant Gombeaud).
Le 20 Novembre, vers 6 heures, les commandos du Lieutenant-Colonel Gambiez s'emparent d'Essert et occupent le Coudray.
A 8 heures 30, le 2ème escadron du 6ème R.C.A. arrive à Chalonvillars.
A 9 heures 10, le peloton Tourneux du 3ème escadron et la section Kestner du R.M.L.E., ayant franchi par le passage en dessous, le canal de la Haute-Saône au Rhin, sont arrêtés devant le fossé anti-chars du village d'Essert. Une reconnaissance préalable faite par le génie, dès le 19 avait permis de situer l'emplacement exact d'un pont à construire près de l'écluse, dès que le Coudray serait occupé. Ce pont est indispensable pour faire traverser le canal au Bulldozer du génie, nécessaire à la destruction des obstacles anti-chars à l'entrée ouest d'Essert.
De 9 heures à 10 heures 20, le pont est établi. L'Adjudant Morvan et le chasseur Cantegril envoyés en jeep en liaison à Buc auprès du Capitaine Blacas, sont blessés tous les deux et évacués.
A 12 heures, le peloton Martin du 3ème escadron que son commandant d'unité a rejoint, arrive à Essert. Renforcés par 2 sections de légionnaires de la Compagnie Levert, et appuyés par les commandos du Commandant de Foucaucourt, les pelotons Tourneux et Martin marchent sur Belfort.
A 15 heures 15, le 2ème escadron et son infanterie traversent Cravanche. A 1500 mètres de ce village, un fossé anti-char, coupant la route, a arrêté les jeeps du 1er Commando lourd. Le Bull-Dozer venu d'Essert comble ce fossé.
Vers 16 heures, entrent dans les faubourgs de Belfort : au nord, par la rue de Cravanche et l'Avenue Jean Jaurès, le détachement de Berc (2ème escadron) ; à l'Ouest, le détachement Nodet (3ème escadron) dont le gros a gagné par la route nationale 19, le fort des Barres, atteint à 17 heures 15 où il s'installe. (Le pont de chemin de fer étant coupé, il ne peut progresser sur la Savoureuse.)
Pendant ce temps, le peloton Martin et une section rejoindront plus au nord, à travers champs et jardins, l'avenue du Château d'eau, pour atteindre l'usine à gaz.
A 16 heures 20, le premier cher du peloton de tête (peloton Chevallier du 2ème escadron) touché par un faust-patrone devant la poste du Faubourg des Vosges, prend feu, et le corps du chargeur, chasseur Zmaili Ali, tué, ne peut être dégagé.
Les pelotons du 2ème escadron parcourent ensuite les rues de Belfort, dans les conditions suivantes :
a) Le peloton Chevallier franchit la Savoureuse et se met en position à proximité du pont de l'Est. Un caporal-chef du génie réussit à arrêter le dispositif de mise de feu aux charges d'explosifs destinées à faite sauter le pont, que venait de déclencher un petit groupe ennemi se repliant vers la Forge.
b) Le peloton Bouvet se dirige vers la gare de marchandises et effectue des tirs de mitrailleuse dans les rues transversales sur des groupes ennemis qui se replient en désordre. Il reçoit ensuite l'ordre de regagner le carrefour de la rue de l'Est et de l'Avenue Jean Jaurès où il est maintenu en réserve avec deux T.D.
c) Le peloton Eblé s'installe sur la place Corbis d'où il interdit l'accès du pont que prolonge à l'Est le Boulevard Carnot.
Le 20 au soir, la situation est la suivante :
le 2ème Escadron avec sa demi-section du génie, ses T.D. et son Bataillon de choc, se trouve en plein centre de la ville et tient tous les poing principaux. A 17 heures 30, il est rejoint par un P.C. avancé du Sous-Groupement d'Arc disposant d'un half-track de transmissions de l'E.M. du 6ème R.C.A. qui s'installe Place des Vosges. A 1 heure du matin, il est rejoint par le peloton de mortiers du 6ème R.C.A., venant de Chalonvillars.
Le 3ème escadron, une demi-section du génie, un compagnie de la légion et les commandos Foucaucourt occupent le Fort des Barres.
Au cours de leur action du 20 novembre dans Belfort et durant les premières heures de la journée du 21 Novembre, les détachements de Berc et Nodet ont fait plus de 200 prisonniers dont plusieurs officiers.


21 NOVEMBRE
Dans la nuit du 20 au 21, le 2ème escadron a procédé au nettoyage des rues limitées, au Nord par les rues de Barcot et des Carrières, à l'Est par la Savoureuse, au Sud par la Rue de l'As de Carreau et à l'Ouest par la ligne de chemin de fer.
A 3 heures du matin, le peloton de mortiers du Régiment a pris position aux abords de la Préfecture.
Le 3ème escadron a nettoyé le quartier de l'usine à gaz et le Faubourg de Paris.
Le groupe de Commandos d'Afrique du Lieutenant-colonel Bouvet, venant de Cravanche, semble être installé dans l'usine Alsthom, à l'Ouest du Faubourg des Vosges. Aucune liaison n'a pu être établie avec lui.
Les opérations du Sous-groupement A s'effectuent à partir de 7 heures 30, simultanément, du nord au sud dans trois secteurs :
Secteur du Faubourg de Brisach, du camp retranché du Vallon, et de Forts de la Miotte et de la Justice.
Secteur du vieux Belfort et du Château.
Secteur des Faubourgs de Montbéliard, de Lyon et de Paris, dans les conditions suivantes :
a) Premier Secteur : le 3ème escadron détache le peloton Tourneux et la section Kestner, pour assurer le nettoyage des quartiers situés au sud du fort des Barres puis se porte à 7 heures 45 avec son infanterie vers le Faubourg de Brisach et le camp retranché du Vallon.
A 8 heures, le peloton Martin, traverse la Savoureuse au pont de la route de Mulhouse et est pris sous le feu de tireurs isolés postés dans la manutention de l'Espérance et le Parc d'Artillerie.
A 9 heures 30, ce détachement atteint les sorties de Belfort, sur les routes de Mulhouse et d'Altkirch entre le fort de la Justice et le Château.
Il est alors renforcé par le peloton Déroulède (tenu jusque-là en réserve) et sa section de protection de la 10ème Compagnie du III/4ème R.T.M. Cette section de Tirailleurs, engagée pour nettoyer le pâté de maisons entre le Parc d'Artillerie et le Fort de la Miotte, se heurte vers midi à quelques éléments ennemis retranchés dans le Fort et rejoint la route de Mulhouse où elle reste en appui des chars.
Le Fort de la Justice a été visité et reconnu vide d'Allemands. Une attaque d'infanterie sur le Fort de la Miotte débouchant du Parc d'Artillerie, appuyée par le tir des chars est déclenchée vers 17 heures.
Le terrain arrête cette progression. Le Lieutenant Martin du 3ème peloton du 3ème escadron se porte à l'aide de l'infanterie.
S'étant approché du fossé, pour pouvoir tirer, son char est atteint par un faust-patrone et lui-même est tué d'une balle à la tête ; malgré tous les efforts de son peloton, son corps, coincé entre le canon et les parois intérieures de la tourelle ne peut être ramené.
Pour la nuit, le dispositif reste le même. Le peloton Tourneux du 3ème escadron est gardé en réserve au carrefour des routes de Mulhouse et d'Altkirch.
2) Deuxième Secteur : Vers 7 heures 30, le peloton de mortiers pénètre dans la Manutention de l'Espérance, où il fait 6 prisonniers.
Guidé par un civil, il se porte vers les contreforts Nord du château. Il est pris sous le feu de tireurs ennemis. Le combat s'engage. Le chasseur Rodriguez est blessé au bras. Le peloton s'élance sous les voûtes qui conduisent au pont-levis, fait 4 prisonniers mais est obligé de se retirer. Il met ses mortiers en position, à l'abri des maisons voisines et fait encore prisonniers huit soldats allemands qui cherchaient à gagner le château.
Le Maréchal des Logis Martin. et le Brigadier Mahomet Ben Abdallah sont blessés. Le char N° 25 du peloton Eblé du 2ème Escadron et un groupe de commandos achèvent le nettoyage, aux abords de la manutention, faisant 18 prisonniers.
Vers 8 heures, les pelotons du 1er escadron du 6ème R.C.A. pénètrent dans Belfort et gagnent le quartier du vieux château en achevant le nettoyage de la ville. Le groupe du Maréchal-des-Logis-Chef Cornet du 2ème peloton, fait prisonnier, au cimetière de Brasse, un groupe de 24 soldats allemands qui s'y étaient réfugiés.
Vers 9 heures 20, le 1er escadron, appuyé par les chars de commandement du Régiment et par les chars moyens du peloton Eblé du 2ème escadron, tient tous les débouchés du château.
Le P.C. avancé du Sous-groupement A s'est installé ver 9 heures 30 à la Préfecture. A 9 heures 50, le Lieutenant Frois, Officier de renseignements du 6ème R.C.A. et son peloton pénètrent dans l'ancienne Kommandantur, perquisitionnent dans un local de la rue Marceau, dans un immeuble occupé par la Gestapo Quai Vauban, dans le collège de Jeunes filles et au café des Chasseurs où étaient installés des bureaux de la Milice. Le Lieutenant Frois est blessé, aux abords du château, par un éclat de minen.
Vers 15 heures, un sous-officier allemand prisonnier est envoyé en parlementaire, avec un drapeau blanc, auprès des défenseurs, pour les sommer de se rendre. Le Maréchal-des-Logis Pedroletti, du 1er escadron, qui l'accompagne, est blessé par une rafale de mitrailleuse ; escorté par un F.F.I., le sous-officier allemand pénètre dans le château. Il est renvoyé par le Commandant qui refuse de se rendre.
Vers 15 heures, le Lieutenant de Montgrand du 1er escadron fait entrer en action un de ses chars, pour soutenir le groupe des secrétaires de l'E.M. qui participe au nettoyage des abords de la Préfecture. Le Capitaine Mirabeau, commandant l'Escadron décide de le soutenir par les feux du canon de 75 Pak, pris à l'ennemi à Menaurupt.
En surveillant la mise en batterie, ces deux officiers sont blessés par des éclats d'obus qui atteignent également l'Adjudant-Chef Lafouge, posté avec son peloton à une trentaine de mètres de là.
a) Troisième Secteur : A 7 heures 30, le détachement du Lieutenant Gufflet comprenant le peloton Tourneux du 3ème escadron et une section d'infanterie, détache un de ses éléments sur la route de Bavilliers au devant des formations amies qui doivent arriver de Buc. Avec un groupe de chars et quelques légionnaires, il s'empare d'un pont sur le canal de la Haute-Saône au Rhin, au moment où il allait sauter ; l'officier et les 12 soldats allemands chargés de sa destruction, sont faits prisonniers. La liaison est établie vers 14 heures avec des tirailleurs venant de Buc. Sa mission terminée, le Lieutenant Guillet reçoit l'ordre de rejoindre le 3ème escadron au carrefour des routes de Mulhouse et d'Altkirch,
Vers 8 heures, le peloton de Bouvet du 2ème escadron, appuyé par deux T.D. gagne les faubourgs sud et pousse jusqu' au village de Danjoutin où il se heurte à des centres de résistance ennemis. Le Lieutenant de Bouvet est blessé, un de ses chars détruit un canon de D.C.A. en position sur le Fort des Basses Perches. Sa mission accomplie, le peloton de Bouvet rejoint vers 10 heures son escadron au Faubourg des Vosges.
Vers 15 heures, le peloton Vuillerme du 1er escadron s'établit en bouchon aux sorties sud du Faubourg de Montbéliard. Il rejoint son escadron à 24 heures, ramenant deux prisonniers.
Pendant que se déroulent les opérations menées par le Sous-groupement A, le 4ème escadron du 6ème R.C.A. entre dans la composition du sous-groupement C.
Il pénètre dans le faubourg des Vosges, le 21 Novembre à 11 heures 30, venant de Chalonvillars par Cravanche. Vers midi, le 2ème peloton (Maréchal des Logis Duhamel) et une section de légionnaires, se portent sur Valdoie, pour dégager une formation de F.F.I. en difficulté, aux lisières S.O. de la forêt d'Arsot. Ils franchissent la Savoureuse à gué, détruisent deux pièces de 88 et appuient la progression des légionnaires vers un fortin établi aux lisières nord de la forêt. Les légionnaires ont plusieurs blessés et font un prisonnier. A la tombée de la nuit, le 4ème escadron est dirigé sur le Quartier d'Artillerie Gérard, dans le Faubourg des Ancêtres.

22 NOVEMBRE
Au cours d'une réunion tenue, le 21 Novembre en fin de soirée, à son P.C., le Colonel Trischler, commandant le groupement, décide de faire relever dans les premières heures de la journée du 22, les éléments du détachement Nodet (3ème escadron) par le II/4ème R.T.M. Une compagnie de ce Bataillon s'établit à 1 heure, aux abords N.E. du Parc d'Artillerie. A 7 heures 10, une autre compagnie vient relever les sections du R.M.L.E. qui occupent une crête, aux abords S.O. du Fort de la Justice. Pendant cette relève, une section pénètre dans le Fort de la Justice, réoccupé pendant la nuit par les Allemands et doit, à 8 heures 30, après un sérieux accrochage, se replier sur les autres sections de la compagnie.
Le détachement Nodet regagne Belfort sous la protection du peloton Déroulède maintenu au S.O. de la porte du Vallon. Le peloton ne rejoindra son escadron qu'à 18 heures 30.
Vers midi un canon anti-char et une mitrailleuse sous casemate, sont détruits, aux lisières sud de la forêt d'Amrsot par les tirs du peloton Chevallier du 2ème escadron appuyé par un T.D. du peloton Marsauche. Ce peloton rejoint l'escadron à 13 heures.
A 13 heures, le peloton Déroulède du 3ème escadron est ramené, des abords S.E. de la Porte du Vallon, au carrefour des routes de Mulhouse et Altkirch pour permettre des tirs d'Artillerie. Les deux groupes du peloton, appuyés chacun par un T.D. accompagnent les deux compagnies du II/4ème R.T.M. qui, débouchant des abords N.E. du Parc d'Artillerie, se lancent à l'attaque des deux forts. L'attaque des tirailleurs ayant échoué, les chars du peloton Déroulède restent en position devant l'infanterie jusqu'à ce qu'ils reçoivent l'ordre de rejoindre leur escadron.
Dans l'après-midi, le char N° 25 du Peloton Eblé, du 2ème Escadron, détruit des mortiers qui, établis au Sud du Faubourg de Montbéliard, font subir des pertes aux Tirailleurs installés rue Colbert avec le Peloton Vuillerme du 1er Escadron.
Ce peloton sera relevé le même jour, à 24 heures. Le groupe Autran du peloton Bouvet du 2ème escadron effectue une deuxième patrouille aux lisières sud de la Forêt d'Arsot et détruit une arme anti-char.

23 NOVEMBRE
A partir de 8 heures 17 les escadrons font mouvement sur la région de Frahier, village situé à 6 km au N.O. de Chalonvillars. Le stationnement du Régiment est alors le suivant :
Etat-Major, 2ème et 3ème Escadrons à Frahier.
1er Escadron à Evette.
4ème Escadron, qui a fait mouvement avec le Sous-groupement C, à Errevet.

24 NOVEMBRE
Le peloton Eblé du 2ème escadron qui avait été maintenu la veille à Belfort, à la disposition III/4ème R.T.M. rejoint son escadron à Frahier à 10 heures.
Le 4ème escadron (Capitaine Blacas) se porte 15 heures à la sortie nord de Giromagny.

 

MOUVEMENTS ET STATIONNEMENT DES TRAINS

17 NOVEMBRE
Les T.C. 1 bis et les T.C. 2 du groupement du Colonel Tritschler (C.C. 6) stationnent respectivement à Cerre-les-Noroy et Noroy-le- Bourg, pendant la nuit du 17 au 18 Novembre, tandis que les T.R. sont rassemblés à Autrey-les-Cerre.

18 NOVEMBRE
A 15 heures, les ravitaillements destinés aux unités partent en quatre colonnes vers les trois sous-groupements et l'élément réservé, se trouvant dans la région de Champey.
A 19 heures, ordre est donné aux T.C. 2 de faire mouvement sur Courchaton. Les T.C. 1 bis et T.R. vont respectivement, les premiers à Melecey et Fallon, les seconds, à Grammont.

19 NOVEMBRE
A 16 heures, le ravitaillement des unités, dans la région de Chagey-Couthenants est régulièrement assuré.
Dans la soirée, le Brigadier Joly Jacques et le chasseur Larbi ben Mohammed sont blessés par mine et évacués.

20 - 21 NOVEMBRE
Le ravitaillement est assuré dans la région de Chalonvillars, le 20, et dans Belfort même, le 21 au soir.

22 NOVEMBRE
Les T.C. 2, T.C. 1 bis et T.R. font mouvement à 10 heures, de Courchaton par Fallon, Grammont, Melecey, sur Belfort.
A 13 heures 30, le ravitaillement dans Belfort est assuré. Le Brigadier Rocca Marcel, le Chasseur Garrigos Robert de l'État-Major sont tués par l'explosion d'une mine. Les chasseurs Riahi ben Djilali, Brenet, Marcellin sont blessés. Le Brigadier-Chef Channac Maurice, du peloton de ravitaillement en carburant, légèrement touché, ne se fait pas évacuer.

23 NOVEMBRE
Les T.C 2 font mouvement de Belfort à Chagey et Luze. Le peloton d'Echelon de l'E.H.R. reste à Belfort.
Les T.C. 1 bis font mouvement sur Couthenans et les T.R. sur Cotemagny. Le ravitaillement est normalement assuré.

24 NOVEMBRE
Les T.C. 1 bis, T.C. 2 et T.R. restent dans leurs cantonnements de la veille et continuent à assurer le ravitaillement des unités engagées.

 

OPÉRATIONS DE LA HAUTE-ALSACE

25 NOVEMBRE
Le sous-groupement A comprenant les 1er et 3ème Escadrons et l'E.M. du 6ème R.C.A., quitte Frahier à 8 heures 30. Il s'arrête à Chaux, de 10 heures 30 à 11 heures 30. Sa mission est de se porter sur la Doller, par l'axe Giromagny, Etueffont-Haut, Etueffont-Bas, Anjoutey, Saint-Germain et de s'emparer des ponts de Guewenheim et Pont d'Aspach, un de ses éléments restant à la Chapelle, face à Belfort, pour assurer sa couverture. Le 2ème Escadron a pour mission de se porter de Frahier sur Rougemont, pour atteindre la Doller à Lauw. Le 4ème Escadron, plus au nord, doit progresser, suivant l'axe Sewen - Dolleren - Masevaux - Bourbach-le-Haut - Bitschwiller.
Le 2ème Escadron doit passer par Vescemont et continuer au nord sur le Brinval pour obliquer à l'Est vers le Ballon Gunon. De grosses difficultés sont rencontrées sur la piste au sud du ballon et le sous-groupement C dont fait partie l'Escadron subit un retard de 5 heures.
A Rougemont qu'il atteint cependant, lui parvient du C.C. 6 l'ordre de pousser immédiatement sur Lauw. Le Capitaine de Berc, Commandant l'Escadron, ayant rendu compte qu'il ne pourrait atteindre Lauw avant la nuit, un ordre du Colonel Trischler, Commandant le C.C. 6, lui enjoint de revenir pour la nuit aux lisières Est du village, ce qui est fait.
Le 3ème Escadron quitte Chaux à 11 heures. Le peloton Tourneux, envoyé sur Petite Fontaine, y trouve le pont sur la rivière Saint-Nicolas, coupé. Il prend liaison avec des commandos, patrouille avec eux le long de la rivière et s'établit pour la nuit dans le village.
Le peloton Déroulède avec un groupe de T.D. du 11ème R.C.A. trouve à la chapelle, un détachement du 3ème R.S.M. Il contribue au nettoyage de ce village, mais ne peut déboucher sur la route Nationale N° 83, le pont ayant également sauté.
Le Capitaine Nodet, Commandant le 3ème escadron rejoint le peloton Déroulède et passe la nuit à la Chapelle.
Le peloton Channet est resté en réserve avec le P.C. du Sous-groupement à Felon.
Le groupe de génie qui accompagnait le peloton Déroulède, rejoint d'urgence Rougemont où il travaille à la remise en état des communications vers Lauw.
Pendant ces opérations, le 1er escadron et l'E.M. se sont portés, par le même itinéraire, sur Felon qu'ils ont atteint à 15 heures 10 et où ils passent la nuit du 25 au 26 Novembre.
Sur l'axe du 4ème escadron, une avant-garde comprenant le peloton Dorr, deux T.D. et un peloton de reconnaissance de Fusiliers-Marins, part en tête au lever du jour. La progression vers Sewen atteint à 11 heures, s'effectue à travers barricades et mines. Le peloton continue ensuite sur Dolleren où le char de tête est atteint par un coup de 75 pak qui tue l'aide conducteur Martinez Fernand et blesse au pied le tireur Lanez Jean. La pièce ennemie est détruite par le second char (Maréchal-des-Logis Sauzeau).
Les chars N° 67 et 69 en tête du peloton de Fusiliers-Marins pénètrent dans le village d'Oberbruck. Un combat de rues s'engage, les Allemands bousculés se replient sur l'autre rive de la Doller et sont pris à partie par les canons des chars. Un camion de munitions est détruit. L'avant-garde des Fusiliers-Marins s'installe dans la partie Ouest du village, en attendant l'arrivée des fantassins.
Une patrouille du 1er peloton, avec 2 T.D. et 3 Jeeps fait une sortie sur le Ballon d'Alsace. Elle dépasse de 2 km le lac d'Alfeld, mais la destruction de la route l'empêche de prendre liaison avec la Légion. Elle ramène un prisonnier.
A la nuit, le 2ème peloton reste dans Dolleren, le 1er et le P.C. occupent Sewen.

26 NOVEMBRE
Les 1er et 3ème Escadrons et l'E.M. se portent sur Rougemont où les Sapeurs du génie du C.C. 6 se sont appliqués à la remise en état des communications. Ils doivent suivre, avec les autres éléments du Sous-groupement A, la route Rougemont-Law et se porter ensuite vers le sud, en direction de Mortzwiller - Soppe-le-Haut, pour exécuter leur mission. Le 3ème escadron ne dépasse pas les lisières Est de Rougemont atteint à 9 heures, le sous-groupement C n'ayant pu dégager Law. Le sous-groupement A passe la nuit et la journée du 27 Novembre à Rougemont.
Le 2ème escadron s'engage au début de la matinée, dans le bois communal de Leval. Le peloton Eblé accompagné de 2 T.D., d'une section de légionnaires et d'une escouade du génie part à 8 heures en vue de s'emparer du carrefour 422 et de se diriger ensuite sur Mortzwiller. Des abatis minés ralentissent la progression, et les travaux de déblaiement sont gênés par de violents tirs d'artillerie.
A 14 heures, la progression reprend malgré les tirs d'Artillerie. Le char de tête du peloton Eblé saute sur une mine, met en flammes les munitions d'une arme automatique ennemie qui réussit cependant à le percer. A 16 heures 15, un canon automoteur est signalé, venant de Mortzwiller, un T.D., placé en tête est incendié, dès son apparition au carrefour. Le deuxième T.D. qui vient seconder le premier, saute sur une mine.
A 18 heures, le peloton Eblé prend ses dispositions pour la nuit aux deux carrefours situés au sud et au sud-ouest de Law.
Dans le secteur du 4ème escadron une patrouille à laquelle participent les chars 75 et 62 du 1er peloton se dirige sur Rimbach. En arrivant à Horben, des mitrailleuses ennemies se dévoilent de part et d'autre de la route. Pris sous les feux du char de tête et d'un T.D., l'ennemi se replie.
Un T.D., le char 62 et une jeep poussent jusqu'à Ermensbach qu'ils trouvent évacué. La progression se poursuit alors sur Rimbach ; à l'entrée du village le char 75 et un T.D. sont reçus par un feu nourri d'armes automatiques et de tireurs isolés. Le char 75, tombé sans gravité par un faust-patrone, incendie la maison d'où est parti le coup. Le village est nettoyé.
Après l'arrivée de chars légers et de goumiers, les chars 75 et 62 rejoignent à 15 heures 30 l'escadron dans Dolleren, où ils cantonnent la nuit, le pont sur la Doller n'étant toujours pas rétabli. L'Echelon reste à Sewen.


27 NOVEMBRE
Les 1er et 3ème escadrons et l'E.M. passent la journée à Rougemont. Le 2ème reste sur ses positions de la veille.
Le 4ème escadron attend encore dans Dolleren, le rétablissement du pont sur la Doller, quand il reçoit l'ordre de se porter sur Romagny. Le mouvement s'effectue par la route du Ballon d'Alsace et l'escadron atteint de nuit Saint-Germain, où il cantonne.

28 NOVEMBRE
Le pont de la Chapelle ayant été lancé dans la nuit du 27 au 28 le Sous-groupement A se porte à nouveau sur son axe initial, et atteint la Chapelle vers 13 heures.
A la sortie de ce village, le peloton Déroulède du 3ème escadron est arrêté à 13 heures 30, par un fossé anti-char qu'il réussit à franchir à 14 heures. Soppe-le-Bas est atteint à 15 heures. Sous de violents tirs de minen, le peloton Déroulède progresse jusqu'au pont à la sortie Est du village, mais ne peut franchir cet ouvrage, à moitié démoli.
Le peloton Tourneux contourne Soppe-le-Bas par le sud et atteint Diefmatten où il se heurte à un pont coupé sur la route qui mène à Soppe. Ce peloton ne rejoindra pas l'escadron qui, regroupé dans Soppe-le-Bas, y passe la nuit. Le 1er escadron et le P.C. font mouvement de Rougemont à la Chapelle où ils s'installent à 13 heures et où ils resteront jusqu'au 1er Décembre.
Le 2ème escadron quitte le bois de Leval à 8 heures 30. Le peloton Chevallier, une section du R.M.L.E., un groupe de T.D. et des démineurs entrent à Mortzwiller à 11 heures 50. Des hauteurs Nord du village, où il s'est retiré, l'ennemi tire sur le détachement. Le chasseur Riant en effectuant une liaison est mortellement blessé.
A midi, le peloton Housse, suivi d'une section du R.M.L.E. est lancé vers Soppe-le-Haut tandis que le Lieutenant Eblé qui n'a pu passer le pont de la route Mortzwiller-Sentheim, reste avec son peloton à Mortzwiller.
A 13 heures, à Soppe-le-Haut, le peloton Hodin rencontre une résistance faite de barricades battues par des tireurs isolés, tirant des fenêtres et des toits. Le Maréchal-des-Logis Mercier, est mortellement blessé d'une balle dans la tête. Les chars réagissent de toutes leurs armes et détruisent les barricades, les deux autres pelotons rejoignent et tout l'escadron passe la nuit dans Soppe-le-Haut.
A 10 heures, le Capitaine Blacas Commanda le 4ème escadron, reçoit l'ordre de détacher un peloton de T.D. et un de Moyens pour des action de soutien d'infanterie, visant à dégager les sorties Nord et Nord-Est de Masevaux. Ces actions se déroulent normalement dans le courant de l'après-midi.
Le 4ème escadron passe la nuit à Saint-Germain où il s'était rassemblé pour se rendre, suivant les ordres reçus, à la Chapelle.

29 NOVEMBRE
Les 1er et 3ème Escadrons et l'E.M. restent sur place.
Le 2ème escadron doit se porter sur Guewenheim dans l'ordre : pelotons Eblé, Hodin, et Chevallier
Le peloton Eblé doit atteindre le village au sud, le peloton Hodin, à l'Ouest. Le départ a lieu à 7 heures 50. Le peloton de tête est arrêté par des abatis. Le génie s'emploie activement ; à 9 heures 10, un pont ayant sauté, un Bulldozer entre en action, il s'embourbe ; les tirs d'artillerie rendent impossible la continuation du travail.
Le peloton Hodin progresse par un itinéraire de fortune et entre à Guewenheim à 16 heures 15.
Le Lieutenant Chevallier qui suit avec ses chars se porte aux lisières Est du village. Le peloton Eblé rejoint dans la nuit et se porte également dans la partie Est de Guewenheim.
Le peloton Dorr du 4ème escadron quitte Saint Germain à 7 heures 15, passe par Romagny et pousse jusqu'à l'entrée de Masevaux, où il reçoit l'ordre de progresser sur l'axe Masevaux - Bourbach-le-Haut - Bitschwiller. Malgré de nombreux abatis et des mines, Bourbach-le-Haut est atteint à la tombée de la nuit. Le peloton y passe la nuit tandis que le P.C. se replie à Masevaux. Le peloton de Maraumont à la disposition des Fusiliers-Marins à Lauw, devait progresser sur l'axe Lauw - Bourbach-le-Bas - Roderen - Thann, mais les ponts sur la Doller non rétablis, ne permettent pas son engagement, il reste en état d'alerte à Lauw.

30 NOVEMBRE
Le peloton Eblé du 2ème escadron a pour mission d'accompagner une compagnie du Bataillon "Bourgogne" sur l'Eichwald, mouvement boisé au Nord de Guewenheim. Le départ a lieu à 11 heures 45. Vers 14 heures, une puissante neutralisation sur les lisières Est, est effectuée par les trois chars dont dispose le Lieutenant Eblé, un canon de 75 Pak et un canon léger sont détruits ; de lourdes pertes sont infligées à l'ennemi.
La progression dans le bois d'Eichwald se poursuit, mais l'infanterie glisse vers le sud et le peloton se trouve isolé avec ses légionnaires. Un half-track américain capturé et utilisé par les Allemands est détruit avec tout le personnel qu'il transportait.
A 14 heures 15, le Lieutenant Eblé signale que ses munitions s'épuisent. Le Lieutenant Hodin part relever son camarade à 15 heures avec trois chars et un T.D. La liaison radio de ce détachement avec le P.C. fonctionne mal et le Lieutenant Eblé signale qu'il ne voit pas arriver le Lieutenant Hodin.
A 16 heures 30, ordre est donné au Lieutenant Eblé, de se replier. Ce dernier signale alors plusieurs incendies. Il craint que les chars du Lieutenant Hodin ne soient tombés sur une contre attaque blindée ennemie.
A 18 heures, le peloton Eblé rentre à Guewenheim, suivi par le T.D. qui accompagnait les trois chars du Lieutenant Hodin. Sur le T.D. rentrent le Maréchal des Logis Chef Kauffer, les chasseurs Motel et Calteau, ce dernier blessé. Ce sont les survivants du peloton Hodin, qui est tombé à la sortie de Bourbach sur une contre-attaque blindée allemande en plein développement.
Le char de tête, touché, a brûlé ; tout l'équipage a pu sortir. Le pilote Lernould est grièvement blessé, le Brigadier Regnier est parti chercher une voiture sanitaire à Bourbach-le-Bas (on le retrouvera mort à 150 mètres de son char, le 12 décembre).
Le 2ème Char touché a brûlé aussi, le Brigadier Carrière qui a réussi à sortir du char déclare, avant de mourir au 1er poste de secours, que tous ses camarades sont morts (Lieutenant Hodin, Chasseurs Grollet, Masson et Tisserand).
Le 3ème char, qui, par suite d'ennuis mécaniques, ne suivait que de loin, a été touché moins gravement et l'équipage est indemne.
A la tombée de la nuit, les incendies de cinq chars (les deux premiers chars du peloton Hodin, un Jagdpanther et deux Panther) illuminent le terrain. La contre-attaque allemande a échoué : Bourbach-le-Bas reste à nous.
Le 3ème Escadron reçoit l'ordre de se porter à Pont d'Aspach tenu par des éléments du 5ème R.T.M. Dès 7 heures, le peloton du Maréchal-des-Logis-Chef Channet suivi d'un T.D. et d'une section du R.M.L.E. quitte Soppe-le-Bas. A 9 heures 30, le peloton Channet franchit la Doller à gué, reprend la route et monte jusqu'à la crête. Prise sous un violent tir d'Artillerie, l'infanterie ne suit pas.
Le char de tête est mis en flamme par une arme anti-char. Le Chef de char (Brigadier-Chef Parmentier) le tireur (Chasseur Lignel), le chargeur (Galtier) sont brûlés mortellement. Seul le chasseur Legendre est indemne, le Brigadier Galinier est blessé.
Un char allemand Panther est mis en fuite.
A midi, à la demande du Commandant Clément du 1/5 R.T.M., le peloton Channet revient en deçà de la Doller, pour permettre une préparation d'Artillerie qui a lieu à 13 heures. Mais le gué où les chars sont déjà passés deux fois est impraticable pour une troisième traversée et le peloton Channet s'installe en base de feux à coté du peloton Tourneux à la gendarmerie de Pont d'Aspach. Le peloton Déroulède est en réserve sur la route de Soppe-le-Bas,
Le 1er escadron et l'E.M. rejoignent le 3ème escadron et passent la nuit avec lui, à Pont d'Aspach où ils stationneront jusqu'au 2 décembre soir.
Les deux pelotons dont dispose le 3ème escadron reprennent leur progression sur leurs axes respectifs. Le peloton Dorr débouchant de Bourbach-le-Haut, est arrêté par une arme char qui détruit le scout-car de tête. Le char de tête (Maréchal des Logis Claque) la détruit aussitôt : De nombreux abatis sont encore rencontrés. Néanmoins, le col d'Hundsrück, à mi-distance entre Bourbach-le-Haut et Bitschwiller, est atteint. Le peloton revient passer la nuit à Bourbach-le-Haut.
Le peloton de Maraumont se rend à Bourbach-le-Bas par un itinéraire détourné et se porte en surveillance des hauteurs dominant le village prêt à parer à toute contre-attaque ennemie.

1er DÉCEMBRE
Le 1er escadron reste à la Chapelle.
Le 2ème escadron continue ses attaques dans l'Eichwald. Le peloton Chevallier comprenant 3 chars, un groupe de T.D. et une section du R.M.L.E. quitte Guewenheim à 15 heures 15. Des tirs sont effectués qui causent des pertes appréciables à l'infanterie ennemie. Nos fantassins sont gênés dans leur progression par de nombreuses mines anti-personnel. Le char du Lieutenant Chevallier saute sur une mine. Au cours du dépannage, le Brigadier Lesens, est blessé par l'explosion d'une mine anti-personnel. Il fait déjà nuit, des minen éclatent, le peloton se replie au complet à Bourbach-le-Bas.
Au moulin de Pont d'Aspach, sont restés 2 Chars du peloton Channet (3ème escadron) ; vers 17 heures un violent tir d'Artillerie s'abat sur eux ; le Maréchal des Logis Weiser est tué par éclats d'obus, le chasseur Gotlibowski est blessé aux deux jambes et évacué. Il succombe à ses blessures.
Rien à signaler pour le 4ème escadron dont les 2 pelotons ont repris chacun sur son axe une progression ralentie principalement par des mines et des abatis.

2 DÉCEMBRE
Le peloton Éblé du 2ème escadron, avec 3 chars, un groupe de T.D., une section du R.M.L.E., une escouade du génie et une voiture sanitaire, part de Guewenheim, à 6 heures 45. De nombreuses mines sont rencontrées, un char saute. Un des chars tourne à gauche vers Roderen et met en flammes un camion chargé d'Allemands.
A 15 heures, ordre de repli est donné au Lieutenant Éblé qui rentre à Guewenheirn quand les canons de 57 se sont installés en appui de l'infanterie.
Le peloton Dorr du 4ème escadron détache un char pour protéger les travaux du génie qui continue à dégager la route de Bitschwiller.
Le peloton de Maraumont fournit des feux sur des éléments ennemis qui tentent de s'infiltrer à travers bois, vers Bourbach.

3 DÉCEMBRE
Le 3ème escadron s'installe en réserve de secteur à Burnhaupt-le-Haut, le peloton Tourneux reste à Pont d'Aspach en base de feu, jusqu'à 16 heures.
Le P.C. du 4ème escadron reste à Masevaux. Le peloton Dorr protège les travaux du génie. Le peloton de Maraumont appuie de ses feux l'attaque des fantassins.

4 DECEMBRE
Le 1er escadron stationne jusqu'au 7, à la Chapelle, le 3ème entretient son matériel à Burnhaupt-le-Haut, où il reste jusqu'au 7.
Deux chars du peloton Dorr du 4ème escadron sont détachés au col du Hundsrück, puis tout le peloton progresse à partir de ce col jusqu'à l'auberge du Rutemsthal. Le char du Maréchal des Logis Claque est traversé, non loin de Bitschwiller par un obus anti-char. Blessé à la tête, le Maréchal des Logis Claque, succombe à sa blessure 2 jours après. L'arme antichar est détruite par le char touché. A la nuit, le peloton revient à Bourbach-le-Haut.
Le peloton de Maraumont effectue un travail sensiblement pareil à celui de la veille et cantonne à Bourbach-le-Bas.

5 DECEMBRE
Les 1er, 2ème et 3ème Escadrons restent sur leurs positions.
Le 4ème escadron remplit des missions de surveillance et de protection.

6 DECEMBRE
Le 2ème escadron forme un élément d'appui d'infanterie. Cet élément comprend le peloton Chevallier avec 3 chars, un groupe de T.D.. une section du R.M.L.E., une escouade du génie, une voiture sanitaire. L'Infanterie du Bataillon de l'Yonne doit attaquer Michelbach.
Le 4ème escadron fait mouvement de Masevaux sur Bourbach-le-Haut. Le peloton de Maraumont reste à Bourbach-le-Bas, avec la même mission.

7 DÉCEMBRE
A 9 heures, la progression du 2ème Escadron commence. Vers 10 heures, les lisières de Michelbach subissent de violents tirs de neutralisation. A 12 heure 30, une importante réaction d'Artillerie se fait sentir. Le char de tête est immobilisé par un obus anti-char. Des chars ennemis signalés depuis Aspach-le-Haut, patrouillent dans le village. Ils sont réduits au silence par un des T.D. et un Medium.
Le pont de Michelbach étant détruit, les chars ne peuvent suivre l'infanterie qui a pris pied dans le village. Les troupes du Bataillon de l'Yonne et l'élément Blindé se replient sur leurs positions.
Les 1er et 3ème escadrons, dans le cadre du sous-groupement A doivent appuyer l'attaque de 2 Bataillons du 5ème R.T.M franchissant la Doller sur des passerelles, pour s'emparer d'Aspach-le-Bas et de Schweighouse.
Le 3ème escadron doit franchir le pont d'Aspach, réparé la nuit, dès que l'infanterie tiendra les crêtes au Nord du pont.
Par suite de crues, les passerelles n'ont pu être lancées. Deux compagnies, avec le soutien du peloton Déroulède, attaquent à 11 heures 30 par la route nationale 83. Des mines stoppent la progression des chars. Le génie ne peut achever le déminage car il se trouve à 50 mètres des nids de résistance ennemis. Le char 41 (Maréchal des Logis Chef Bacq) est touché par un faust-patrone mais n'en continue pas moins le combat.
A la nuit, la patrouille de tête est repliée au sud de la Doller, tandis que le peloton Provensal reste en base de feu, à l'Ouest du village de Pont d'Aspach, sur la route de Gewenheim. Un détachement blindé du 4ème escadron, aux ordres du Capitaine Blacas et composé du peloton Dorr et d'un peloton de T.D. quitte Bourbach-le-Haut et se met en position d'attente à l'auberge de Rutemsthal. II a pour mission de soutenir l'infanterie qui attaque Bitschwiller. Après une préparation d'Artillerie intense, de 9 heures à 9 heures 20, les blindés se lancent dans Bitschtwiller où ils parviennent avant l'infanterie. Le char 69 (Maréchal des Loges Chef Duhamel) saute sur une mine. Les chars reviennent chercher l'infanterie à l'entrée du village. Vers 10 heures, le chasseur Cano est blessé à la tête. Le nettoyage du village s'effectue sans rencontrer de grosse résistance. Trente hommes et un officier sont capturés.
Mais le pont sur la Thur saute avant que les chars ne l'atteignent.
A 11 heures 45, le nettoyage de la ville étant terminé, le détachement blindé s'organise en point d'appui cerclé avec l'infanterie.
Bitschwiller est soumis à de violents tirs de minen et d'artillerie ; à 16 heures, le brigadier Buisson, les chasseurs Ahmed Ben Brahim, Djilali Ben Arbi et Ali Ben Mohamed du half-track de commandement sont blessés par éclats d'obus.
Le peloton de Maraumont, du 4ème Escadron, appuie de ses feux une progression d'infanterie sur le Brucklenwald. L'attaque a lieu à 9 heures 30 ; après préparation d'artillerie, le peloton se déplace à 10 heures 15 et détruit plusieurs nids d'armes automatiques. Un faust-patrone ricoche sur un de ses chars. Cinq soldats allemands sortant d'un abri sont faits prisonniers ; le chasseur Tournaire descendu du char dont il est pilote, pour participer au nettoyage de la position est tué.
Les mortiers ennemis entrent également en jeu et la position s'avère être un vaste champ mines, où notre infanterie subit de lourdes pertes : le peloton continue cependant à soutenir l'infanterie jusqu'au moment où soumis à des tirs de perforants venant de Roderen et Leimbach, il reçoit l'ordre de se replier sur Bourbach-le-Bas.

8 DÉCEMBRE
A 11 heures 30, le 3ème escadron reçoit l'ordre se porter sur Soppe-le-Haut Mortzwiller, Lauw, Masevaux et Bourbach-le-Haut. A 15 heures 30, Bitschwiller est atteint ; le peloton Provensal est resté à Burnbaupt-le-Haut. A 17 heures, le Capitaine Nodet engage le peloton Déroulède dans Thann pour y appuyer l'action d'un détachement du 3ème R.S.M. et passe la nuit au cœur de Thann.
L'Etat-Major du 6ème R.C.A. fait mouvement de Soppe-le-Bas à Sickert où il arrive à 17 heures 30. A 22 heures, le Lieutenant-Colonel d'Arc, commandant le 6ème R.C.A. reçoit du C.C. 6, l'ordre de se porter avec tous les éléments de son régiment sur Bitschwiller.
Le 1er escadron toujours à la Chapelle et le peloton Provensal, du 3ème escadron, resté à Burnhaupt-le-Haut, rejoignent la région de Masevaux dans la nuit du 8 au 9. Ils repartent ensuite pour Bitschwiller avec le P.C. avancé du Régiment.
Le 2ème escadron prend position pour soutenir une action éventuelle du II/5ème R.T.M. sur Michelbach. Vers 15 heures 30, une contre-attaque ennemie est arrêtée par les feux d'un char et d'un T.D.
A 17 heures, le détachement blindé du Capitaine Dubois, comprenant les 3 chars du Lieutenant Eblé, relève le Capitaine de Berc. Vers 18 heures, un char du peloton Chevallier, saute sur une mine alors qu'il allait, suivi d'un deuxième char de ce peloton, prendre en remorque le char 30, lui-même sauté sur une mine. Le Maréchal des Logis Raffault et le chasseur Belmudes sont blessés. Le dépannage ne pouvant être continué, le Lieutenant Chevallier se replie sous de violents tirs de minen et d'Artillerie.
A 22 heures, deux chars du 2ème peloton vont relever, à Pont d'Aspach, des éléments blindés. Ils reviennent le lendemain matin, à 9 heures 30.
Le 4ème escadron a eu pour mission de franchir la Thur, de nettoyer le village, d'installer un bouchon sur la route de Goldbach et de faire liaison avec les goums descendant de Saint-Amarin sur Moosch et Willer
Un détachement, sous les ordres du Capitaine Blacas, et comprenant quatre chars moyens, deux T.D. et deux sections d'infanterie aborde Willer par le tunnel de la voie ferrée.
L'entrée dans Willer nettoyé par l'infanterie, se fait sous un violent tir de minen. Le bouchon sur la route de Goldbach est immédiatement placé. Au moment de lancer la reconnaissance sur Moosch arrive le peloton Tourneux qui prend cette mission à son compte et la mène à bien.
Le détachement Blacas relevé, rentre à Bitschwiller, avec un blessé, le brigadier-Chef Sanchez qui a reçu un éclat d'obus dans Willer et succombera.
Le peloton de Maraumont du 4ème escadron, en surveillance sur le Brucklenwald, détruit, à la demande de l'infanterie, plusieurs nids de mitrailleuses ; vers 17 heures, les chars rentrent à Bourbach-le-Bas : le peloton de Maraumont rejoindra son escadron à Bitschwiller le 12 Décembre.
Du 9 au 15 Décembre, le 4ème escadron est désormais en réserve, le sous-groupement d'Arc a relevé dans Bitschwiller, le groupement du Colonel Simon du 8ème R.C.A. Il en profite poux revoir son matériel et est partiellement recomplété en chars de combat.

10 DÉCEMBRE
Pendant que les 1er et 3ème escadrons opèrent dans Thann et que le 4ème stationne à Bitschwiller, le 2ème escadron a pour mission de se porter sur Roderen par deux itinéraires : le détachement du Capitaine de Berc passant par Bourbach-le-Bas et celui du Lieutenant Eblé, plus au sud.
A 7 heures, le premier détachement marche sur Bourbach-le-Bas. La progression se trouve ralentie par des mines dissimulées sous la neige. A 11 heures 30 tous les éléments du détachement sont en vue de Roderen. A 12 heures, des tirailleurs pénètrent dans le village. Les chars tirent sur l'ennemi qui se replie dans les bois S. E. de Roderen, mais sont peu après arrêtés par une destruction importante.
Le détachement Eblé parti à 9 heures n'arrive en vue de Roderen, qu'à 12 heures 15, ayant été retardé par des abatis minés et un pont difficile à franchir, nécessitant l'intervention d'un Bull-Dozer. Il pénètre dans le village dont il contribue au nettoyage. Un petit point d'appui ennemi est réduit et sa garnison se rend.
Le détachement s'installe en point d'appui avec deux bouchons, l'un vers Leimbach, l'autre vert le Bergwald.
A 14 heures, le détachement de Berc reçoit l'ordre de faire demi-tour et de prendre l'itinéraire qu'a suivi le Lieutenant Eblé. Un char du peloton Chevallier saute sur une mine. Vers 15 heures, le détachement entre à Roderen, et reçoit l'ordre de pousser vers Leimbach à 16 heures 15. La visibilité devient mauvaise et en soutenant les légionnaires qui avancent de 500 mètres, les chars sont violemment pris à partie par l'Artillerie ennemie. A la nuit, le peloton se replie dans Roderen et y cantonne.

11 DÉCEMBRE
De 7 heures 30 à 11 heures, le peloton Eblé du 2ème escadron fait la liaison avec des éléments amis qui occupent déjà Leimbach.
Le 2ème escadron, à travers les bois se porte sur Aspach-le-Haut et Aspach-le-Bas par deux itinéraires reconnus par le 1er R.E.C.
A 11 heure 30, le détachement du Capitaine de Berc reçoit l'ordre d'aller à Aspach-le-Haut par Michelbach. De 12 heures à 14 heures, la progression est arrêtée, le pont devant Michelbach n'étant pas encore rétabli. A 14 heures 45, Aspach-le-Haut est atteint et ordre est donné de pousser sur Aspach-le-Bas.
Au passage à la station, le détachement essuie un tir nourri de minen. Vers 15 heures Aspach-le-Bas est atteint. Les chars pénètrent dans le village, où le peloton Chevallier fait une vingtaine de prisonniers.
Le peloton Eblé atteint par le Bergwald, Aspach-le-Haut à 14 heures. Il se porte sur Aspach-le-Bas et s'y installe au carrefour Nord-Ouest. Le peloton Chevallier forme bourbon à la sortie Sud-Est sur Schweighouse et Pont d'Aspach.
Les éléments du CE. 3, venant de Pont d'Aspach arrivent vers 22 heures 30.

12 - 13 - 14 DECEMBRE
Le 2ème escadron se déplace sur Soppe-le-Haut puis Guewenheim, le C.C. 6 devant être mis en réserve de Division.

 

OPÉRATIONS DANS THANN

9 DECEMBRE
Les escadrons du 6ème R.C.A. compris dans le Sous-groupement A, se trouvent à Bitschwiller. Le peloton Vuillerme, du 1er escadron, participe, dès le lever du jour, au nettoyage de Thann ; le peloton Tourneux, du 3ème escadron, s'est établi en point d'appui dans Willer, tandis que le peloton Déroulède dirigé la veille, vers 17 heures, sur Thann, a passé la nuit dans le centre de cette ville. Le P.C. avance dans Bitschwiller au lever du jour.
A 10 heures, les pelotons Tourneux et Provensal du 3ème escadron et le peloton Vuillerme, du 1er sont engagés pour nettoyer la ville de Thann. Le peloton Vuillerme fait vingt prisonniers. Deux chars allemands repérés à 200 mètres de l'église, sont fixés par les chars du Lieutenant Déroulède. Le peloton Provensal, fonçant sur la route de Leimbach, est arrêté par deux barricades, à proximité de la Sous-Préfecture, où il passe la nuit, renforcé par une section du R.M.L.E. qui fait 10 prisonniers.
Le peloton Tourneux, débordant par le sud, détruit un canon automoteur ennemi et met en fuite un Jagdpanther. Cependant, le char du Maréchal-des-Logis Perron est détruit à son tour et flambe. Les chasseurs Boulier et Kouliche ne réussissent pas à se dégager, les chasseurs Combe et Mathieu sont blessés.
A midi, le Lieutenant Denolle avec 3 chars du peloton Rummler du 1er escadron et une section du 8ème R.T.M. est engagé sur les versants N. du Stauffen repris par l'ennemi. Une cinquantaine d'Allemands, réfugiés dans un tunnel de chemin de fer, sont faits prisonniers, après une action menée avec vigueur et rapidité.

10 DECEMBRE
Un premier détachement, aux ordres du Lieutenant Gufflet du R.M.L.E. comprend les pelotons Vuillerme et de Montgrand du 1er escadron et le peloton Tourneux du 3ème.
Le peloton Vuillerme (chars légers) aide l'infanterie à prendre pied sur le Rangenkopf, franchir la Thur à gué, fait 90 prisonniers. Pris à partie par une arme antichar il se replie à 17 heures. Le Brigadier Borier est blessé, un char est atteint.
Le peloton de Montgrand va nettoyer l'usine de produits chimiques située entre la gare et Vieux-Thann, il subit de très violents tirs de minen, le Brigadier-Chef Greder est blessé. Mais les pertes infligées à l'ennemi sont telles que les Allemands se réfugient dans Vieux-Thann.
A la nuit, ces deux pelotons de l'escadron Mirabeau viennent cantonner dans l'usine de textiles, à l'entrée de Thann, sur la route de Bitschwiller.
Le peloton de chars moyens du 3ème escadron a pour objectif le carrefour 328 au sud de Vieux-Thann. A l'embranchement de la route de Mulhouse, il rencontre des barricades et le Lieutenant Tourneux ne peut faire déboucher son peloton pris sous le feu d'une arme antichar. A 13 heures en voulant reconnaître l'itinéraire permettant la mise en batterie d'un T.D. qui l'accompagne le Lieutenant Tourneux est atteint à la cuisse par la balle d'un tireur d'élite. Il succombe peu après, ayant l'artère fémorale sectionnée. Le peloton se replie un peu plus tard aux lisières sud de Thann, où il passe la nuit.
Un deuxième détachement, sous les ordres du Lieutenant Déroulède, comprend, en plus de son peloton de chars moyens, le deuxième peloton de chars légers du premier escadron.
Le peloton Rummler s'installe à un carrefour situé au sud de la sous-Préfecture qu'il devra tenir, aidé du canon de 75 Pak. L'Adjudant Rummler, blessé, est remplacé par le Lieutenant Denolle. Les servants du canon : Gaziello, Bouchaib, Ahmed et le brigadier Douineau, blessés, sont évacués. Le soir, le Peloton rejoint l'Escadron à son cantonnement, dans l'usine de textiles.
Le peloton du Lieutenant Déroulède a pour mission de se porter sur Leimbach. Au cours de sa progression, il fait une soixantaine de prisonniers descendant du Stauffen. Vers 11 heures 30 il est violemment pris à partie par une arme anti-char. Il progresse cependant de 1200 mètres, met en flammes un Jagdpanther et en touche un autre qui sera trouvé abandonné le lendemain. Le Peloton rentre pour la nuit aux lisières Sud de Thann.
Le Peloton Provensal, du troisième Escadron, inclus dans le détachement du Lieutenant Lalo (R.M.L.E.), a pour mission de se porter sur Leimbach par l'Est. Il est arrêté au carrefour 328 par les mêmes armes anti-chars que celles qui ont arrêté le peloton Tourneux. A 10 heures, au moment où le peloton s'installe pour la nuit, un obus blesse 4 des membres de l'équipage du char 53, les chasseurs Corbella, Guillermin, Hofmann et Rossel.
Le P. C. avancé du S/Groupement A s'est porté de Bitschwiller dans Thann, à 9 heures. Dans la nuit du 10 au 11, le Colonel Commandant le 6ème R.C.A. prend provisoirement le commandement du C.C. 6, en, remplacement du Colonel Tritschler, évacué, et le Chef d'Escadrons de Viéville assure, pendant son absence, le commandement du S/Groupement A et du 6ème R.C.A.

11 DÉCEMBRE
Les objectifs restent les mêmes. Le Peloton Déroulède atteint Leimbach à 6 heures 30, après avoir fait une douzaine de prisonniers. Le Peloton Provensal avive à son tour dans Leimbach. Ces deux pelotons sont relevés par des éléments du 3ème R.S.M. Au carrefour de l'Auberge (400 mètres Est du village) le char C 1 saute sur une mine, le brigadier chef Doux qui le guidait est tué.
A 11 heures 30, ces deux pelotons du 3ème escadron approchent du carrefour 328. Le peloton Déroulède se met en base de feu et protège l'avance du peloton Provensal qui atteint le carrefour à 15 heures. Mais il ne peut en déboucher et sa situation, sous le feu d'une arme antichar, est très délicate ; le chef Channet et le chasseur Chatain sont blessés. Appel est fait au Capitaine Mirabeau pour que ses éléments qui opéraient dans Vieux-Thann, fassent une poussée, vers le carrefour.
Le Lieutenant Largy affecté au 3ème escadron, après l'évacuation du Lieutenant Tourneux, se dirige avec son peloton, vers le carrefour 328. A 17 heures 15, la liaison et prise entre la pelotons Provensal et Largy et un point d'appui est organisé pour la nuit au carrefour 328.
Les pelotons Denolle et de Montgrand du 1er escadron sont engagés au Sud-ouest de Vieux-Thann. Dans la fabrique de produits chimiques, premier objectif, le Maréchal-des-Logis-Chef Chaussoy est tué par une balle de tireur d'élite. Le Brigadier Galvez et le chasseur Groubatch sont blessés. Le Maréchal-des-Logis-Chef Tranchant chef du char de commandement 02 qui appuie le peloton Denolle, est blessé à son tour, par un tireur d'élite. Il mourra peu après, des suites de cette blessure.
Dans la nuit du 11 au 12, profitant de l'obscurité, (sous la direction du Chef d'escadrons Lamourère) le groupe de dépannage régimentaire effectue le dépannage de deux chars du 3ème escadron, embourbés entre les lignes

12 DÉCEMBRE
Le point d'appui en 328 tient toute la nuit mais au lever du jour ne réussit pas à faire déminer la route Nord vers Vieux-Thann à cause de l'infanterie ennemie, que les chars ne peuvent déloger. Dès qu'ils se mettent en mouvement, ils sont, en effet, pris sous le feu d'armes antichar.
Les pelotons Vuillerme et Denolle, du 1er escadron, appuyés par le char 01 du Colonel, un T.D., une section de légionnaires et une équipe du génie, ont toujours pour mission le nettoyage des quartiers ouest de Vieux-Thann. Vers 10 heures, une patrouille d'infanterie et le char 01 sont envoyés en direction de l'usine Scherer. Le char 01, touché aussitôt par deux coups de 88, flambe. L'Adjudant Klein et le Maréchal-des-Logis de Langalerie, blessés, ne peuvent être dégagés et périssent dans les flammes.
Le peloton Déroulède, du 3ème escadron fournit des feux sur le Rangenkopf où le 5ème R.T.M. est violemment contre-attaqué.
En fin d'après-midi, le peloton Vuillerme, du 1er escadron, en position de tir sur le Rangenkopf, est pris sous un violent tir d'Artillerie. Le lieutenant Vuillerme, le Maréchal-des-Logis-Chef Chaudron, le Maréchal-des-Logis Cadot, le Brigadier-Chef Reboul, le Brigadier Collet, le chasseur Audibert, blessés sont évacués. Le brigadier Collet succombera le 14.
Au point d'appui 328 un obus d'Artillerie, tombant sur un abri, tue les chasseurs Rebillaud, Guit, Legendre, et blesse gravement les chasseurs Robert et Flejot qui sont évacués. Le Maréchal-des-Logis Leber légèrement blessé au pied est soigné sur place.
A 23 heures, le Capitaine Nodet reçoit l'ordre de faire décrocher le point d'appui du carrefour 328. A 4 heures du matin le dépannage sur le terrain du 52 par l'Adjudant-chef Vuillemin, et le repli sur Thann, sont terminés, sans qu'aucun coup de feu ait été échangé.
Au 1er escadron, le Capitaine Mirabeau, partant en permission, le Lieutenant Denolle prend le commandement de l'escadron.

13 DÉCEMBRE
Le sous-groupement A devait être au repos dans Thann, mais, après une violente préparation d'artillerie, entre 6 heures 30 et 7 heures 30, les Allemands reprennent le Rangenkopf. En conséquence, le détachement du Capitaine Nodet, comprenant le 3ème escadron, la 10ème Compagnie du R.M.L.E., le peloton de Montgrand du 1er escadron et un peloton de T.D. du 11ème R.C.A. est alerté. Le peloton Déroulède effectue des tirs face au nord, le peloton Largy est placé en soutien d'Infanterie sur la route de Mulhouse.
Vers 13 heures 30, à la suite d'un très violent bombardement ennemi, l'intervention du peloton Déroulède (3ème Escadron) et du peloton de Montgrand (1er Escadron) est demandée. Quelques tirs sur les pentes Sud du Rangenkopf sont effectués, tandis que l'Artillerie du Sous-groupement A bombarde le piton repris par l'ennemi.
A 15 heures les Tirailleurs du 5ème R.T.M. reprennent le Rangenkopf. Le détachement Nodet est ramené à Bitschwiller, le peloton léger du Lieutenant de Montgrand, deux T.D. et une section du R.M.L.E. sont laissés à Thann, en réserve d'Infanterie.
Le P.C. avancé, dans Thann est encadré par des tirs de plus en plus précis, ce qui laisse supposer que des espions ont signalé son emplacement exact. Vers 15 heures, un obus entre par la porte du bureau et explose, fort heureusement, sous le plancher du rez-de-chaussée. Aucune des sept personnes se trouvant dans la pièce n'est touchée. En fin d'après-midi, le P.C. avancé va s'établir dans Bitschwiller.

14 - 15 - 16 DÉCEMBRE
Le sous-groupement A reste au repos dans Bitschwiller en réserve de Division.
Le 16 Décembre un obus tombé à proximité du cantonnement du 1er escadron, fait 5 blessés : le Brigadier-Chef Morel et les Chasseurs Sion, Bourion, Andoli et Bailles.
Pendant les opérations dans Thann du 9 au 16 Décembre, les 1er et 3ème Escadrons ont eu 8 tués et 26 blessés. Le régiment a perdu 2 chars moyens incendiés, l'un par un char ennemi l'autre par un anti-char. Un char a sauté sur une mine, deux chars légers touchés par obus antichar sont inutilisables.

20 DÉCEMBRE
Le Régiment fait mouvement de Bitschwiller sur la région de Lure par l'itinéraire : Bitschwiller, Bourbach-le-Haut, Masevaux, Rougemont, Giromagny, Lure. A la sortie de Bitschwiller, les rames sont prises sous un violent bombardement. Le Maréchal-des-Logis Lopez du 4ème escadron est blessé. Les stationnements du régiment en fin de mouvement sont les suivants :
E. M. - Services - E.H.R. : Lure
1er et 4ème Escadrons : Vouhenans
2ème Escadron : Magny
3ème Escadron : Saint-Germain
Groupe Ravitaillement essence et munitions : Echenans
Echelon : Belfort

21 DÉCEMBRE
Le régiment est placé en réserve d'Armée.


POCHE D'ALSACE

Le 1ère Armée Française, du Général de Lattre de Tassigny, en dépit des combats incessants auxquels elle a pris part et malgré des réserves en nombre limité, va maintenant, par une action d'ensemble, menée au nord par le 2ème Corps d'Armée du Général de Montsabert et au sud par le 1er Corps d'Armée du Général Bethouart, résorber la poche que les Allemands occupent en Alsace, en même temps qu'elle fera tomber, par là-même, la menace qui pèse au sud de Strasbourg.
Le C.C. 6, sous les ordres du Colonel de Lavilléon assurera dans cette bataille, la lourde tâche de faire tomber le centre de résistance de Jebsheim, clef de voûte de toute la défense ennemie et point de couverture de Neuf-Brisach, passage obligé, par où se font toutes ses évacuations.
Rôle ingrat, mais combien glorieux qui va faciliter au Général Schlesser, Commandant le C.C. 4, la prise de Colmar, nouveau titre de gloire de la 5ème D.B. du Général de Vernejoul.

5 JANVIER
Le conseil municipal de Belfort, ayant décidé de parrainer, au nom de la ville, le 6ème R.C.A. et d'offrir au régiment un fanion d'honneur, le colonel remet au maire de Belfort une maquette en bois du char 27, portant le nom de "Bugeaud" qui, entré le premier dans la ville, a été incendié par faust-patrone, Place des Vosges, le 20 Novembre 1944.
Le Maire de Belfort et le Président de la chambre de commerce, qui, au nom de cette assemblée, a offert une voiture de liaison au Colonel, sont nommés chasseurs de 1ère classe honoraires.
Le nouveau fanion du régiment portera, sur la croix noire de Saint-André, du chef d'Escadrons Bossut, du coté opposé à l'insigne du Corps, les armes de la ville de Belfort.

6 JANVIER
Le Régiment est alerté pour se porter en réserve du 2ème Corps d'Armée, dans la région de Molsheim.

7 JANVIER
A partir de 9 heures, le régiment fait mouvement par Lure, Luxeuil, Saint-Loup, Aillevillers, Plombières, Hadol.
Les chars rencontrent de grosses difficultés, la route, couverte de neige glacée, occasionnant des glissements sur les bas-cotés.
A 13 heures 30, les deux rames de l'E.M. atteignent Hadol. Le 1er escadron arrive presque au complet et continue sur Bruyères.
Le 4ème escadron arrive avec 7 chars seulement à Prés Français. Le 3ème escadron arrive avec 11 chars à Geromenil vers 19h30. Le 2ème escadron, avec 11 chars, atteint le Haut de la Charme. Le régiment passe la nuit dans les villages et hameaux atteints en fin de journée.

8 JANVIER
Le déplacement continue par Larche, Bruyères, la Chapelle.
L'E.H. et le 2ème escadron arrivent à la Chapelle à 17 heures 30, le 4ème à Ivoux à 18 heures, le 3ème à Bruyères à 18 heures et l'E.H.R. à Laval à 18 heures. Le 1er escadron a pu atteindre Schirmeck où il passe la nuit.

9 JANVIER
L'E.M., les escadrons de chars moyens et l'E.H.R. partent de la région de la Chapelle à 9 heures. Itinéraire : la Chapelle, les Pouillères, Taintrux, Saint-Dié. Passage de la tête de colonne à Saint-Dié à 10 heures 20, et au col de Saales à 13 heures 10. L'E.M, et le 2ème escadron cantonnent pour la nuit à Schirmeck, atteint à 14 heures, tandis que le 3ème, le 4ème et l'E.H.R. s'installent entre Schirmeck et Rothau.
Le 1er escadron parvient à Ittenheim.

10 JANVIER
Le 1er escadron, alerté à 12 heures 30 fait mouvement sur Entzheim, au sud de Strasbourg.
L'E.M. et les escadrons de chars moyens partent de la région de Schirmeck à 8 heures. Itinéraire : Schirmeck - Urmatt - Mutzig - Dorlisheim. L'E.H.R. restera à Rothau jusqu'à nouvel ordre. Des parachutistes ennemis sont signalés aux environs de Still.
L'arrivée de la tête de colonne a lieu à 11 heures 45 et le stationnement du régiment est le suivant :
1er Escadron : à Entzheim.
2ème Escadron : à Griesheim.
3ème Escadron : à Altorf.
4ème Escadron et Etat-Major : à Dorlisheim.
T.C. 2 et peloton de commandement E.H.R. à Avolsheim.
T.C. 1 bis à Oberhaslach et Niederhaslach.
T.R. à Muhlbach.

11 JANVIER
Rien à signaler.

12 JANVIER
Les 1er, 2ème et 4ème Escadrons, aux ordres du Lieutenant-Colonel Renaudeau d'Arc, Commandant le 6ème R.C.A. et le 3ème escadron avec le 4/11ème R.C.A. et une compagnie du R.M.L.E.. formant un détachement sous les ordres du Chef d'Escadrons du Chelas, vont occuper le matin du 12, les villages suivants :
Meistratzheim : P.C. avancé, canons, mortiers d'E.M., 2ème Escadron.
Niedernai : 1er Escadron.
Krautergersheim : 4ème Escadron.
Hindisheim : 3ème Escadron et P.C. du Commandant du Chelas.
Les villages occupés ont été mis en état de défense, pour parer à toute tentative ennemie en direction de Strasbourg.

DU 13 AU 18 JANVIER
Toutes les unités effectuent des reconnaissance de terrain en vue de stopper éventuellement une attaque ennemie vers le nord, pour contre-attaquer ensuite vers le Sud-Est et l'Ouest.
Les reconnaissances sont particulièrement confiées à l'Escadron de chars légers.

19 JANVIER
A 16 heures, les mouvements suivants sont exécutés :
L'E.M., va de Meistratzheim à Krautergersheim. Le 1er escadron va de Niedernai à Innenheim.
Le 2ème escadron va de Meistratzheim à Duppigheim.
Les 3ème et 4ème Escadrons restent respectivement à Hindisheim et Krautergersheim.

22 JANVIER
Le Lieutenant Joyau du 4ème escadron, avec les 3 chars Médium de son peloton, est mis à la disposition du Colonel Delange (de la 1ère D.M.I.) et quitte Krautergersheim pour Bergheim à 8 heures.

23 JANVIER
Le régiment fait mouvement par Niedernai, Epfig, Blienschwiller, Hohwarth, Triembach, Villé. La progression est très lente, les chars éprouvent de grosses difficultés à tenir la route à cause de la neige glacée. Un char du peloton d'Echelon régimentaire verse sur le bas-coté de la route. Le chasseur Brachet Maurice qui se trouvait dans la tourelle, est tué par écrasement du thorax.
La région de Villé est atteinte à 13 heures 30 et le stationnement du régiment est le suivant :
P.C. et Etat-Major : Fouchy.
1er Escadron : Bassemberg.
2ème Escadron : Laloye.
4ème Escadron : Charbes,
Le 3ème escadron s'est déplacé avec le Sous-groupement Rémond (Commandant du Chelas) et a atteint Chatenois (4 km N.O. de Sélestat) vers 16 heures.

24 JANVIER
Les escadrons de chars moyens sont répartis entre trois sous-groupements composant le C.C. 6 :
2ème escadron avec le sous-groupement B (Chef de Bataillon Boulanger, commandant le III/R.M.L.E.).
3ème escadron avec le sous-groupement R. (Chef d'Escadrons du Chelas, du 6ème R.C.A.).
4ème escadron avec le sous-groupement A. (Colonel d'Arc, Commandant le 6ème R.C.A.).
L'Escadron de chars légers, 1er escadron, est maintenu en réserve de groupement.
Le 22 Janvier, le C.C. 6 a reçu la mission suivante : débouchant en tête de la 5ème D.B., dès que la 1ère D.M.I., appuyée par un C.C. de la 2ème D.B. et la 3ème D.I.U.S. auront rompu le dispositif ennemi, de part et d'autre de la forêt communale de Colmar :
1) s'emparer des passages des canaux de Colmar et du Rhône au Rhin.
2) progresser au plus vite sur la direction Durrenentzen et Biesheim pour s'emparer des passages du Rhin à Brisach.

25 JANVIER
Le sous-groupement R qui s'est déplacé sur Bergheim reçoit, à 2 heures 30 du matin l'ordre :
1) de se porter immédiatement aux lisières Ouest de la Forêt de Colmar.
2) de franchir l'Ill au pont 178.
3) de s'emparer du Moulin de Jebsheim, couvert sur sa gauche par le sous-groupement B.
A 8 heures le moulin de Jebsheim est attaqué ; en tête, le 3ème escadron (Capitaine Nodet), suivi de la 10ème Compagnie du R.M.L.E., les 6 T.D. du 4/11ème R.C.A. sont placés, par groupes échelonnés de deux, sur la gauche de la colonne qu'ils appuieront de leurs feux.
Arrivés au ruisseau de Riedbrunnen, vers 9 heures 15, les chars sont pris à partie par des Jagdpanthers cachés dans les boqueteaux. Un T.D. est touché et brûle. Le Lieutenant Largy (3ème Escadron) franchit le ruisseau avec son peloton, puis part en reconnaissance à pied avec le sous-Lieutenant Lhotel de la 10ème Cie du R.M.L.E. Ils tombent sur un petit poste ennemi occupant une tranchée. Le sous-Lieutenant Lhotel est tué ainsi que le Maréchal-des-Logis Lachat.
Le Lieutenant Largy envoie en avant une patrouille de deux chars, les chars 48 et 49 qui, atteints de flanc par des coups venant du nord, se mettent à flamber, le Brigadier Lemaire et le chasseur Gourceau sont tués.
Ordre est alors donné au 3ème escadron (Capitaine Nodet) d'appuyer au sud et d'emprunter la route Maison-Rouge - Moulin de Jebsheim.
A 13 heures, le peloton du Sous-Lieutenant Provensal prend liaison avec des éléments du 254ème Régiment de la 3ème D.I.U.S., à 500 mètres à l'est de la Maison Rouge, puis progresse vers le moulin de Jebsheim.
A 15 heures, le peloton Provensal atteint le moulin de Jebsheim où il trouve 3 T.D. américains (dont un détruit) et une compagnie à effectif réduit. Le reste du sous-groupement rejoint le moulin de Jebsheim.
A ce moment, une contre-attaque allemande, appuyée de 2 Jagdpanthers débouche de Jebsheim. Un T.D. américain est mis en flammes. Le half-track du Capitaine Nodet est également incendié. Le char du Lieutenant Provensal touché par le tir d'un char ennemi, a sa tourelle bloquée.
Un tir d'arrêt de notre Artillerie stoppe la contre-attaque ennemie et un Jagdpanther est incendié par le tir des chars du Lieutenant Largy.
Le sous-groupement se trouve dans une situation difficile, pris sous des tirs ennemis très violents, n'ayant que 5 chars disponibles et des effectifs d'infanterie très réduits. L'ordre est de tenir coûte que coûte jusqu'à l'arrivée des renforts.
A 18 heures 30, un Bataillon de parachutistes est mis à la disposition du sous-groupement R. Il n'arrive qu'à 22 heures, attaque et s'installe dans les bois situés au nord du moulin.
Le sous-groupement B se porte aux lisières Est de la Forêt communale de Colmar. Il couvre la gauche du sous-groupement R., mais ne pouvant franchir le museau de Riedbrunnen, le 2ème Escadron (Capitaine de Berc) reste en position d'attente à l'Ouest de Riedbrunnen et effectue des tirs d'appui.
A la nuit, le sous-groupement s'organise en point d'appui.
Le sous-groupement A (devenu ensuite sous-groupement V, Chef d'Escadrons de Viéville) se porte en avant de la Maison-Rouge où il reste en réserve dans la neige et par un froid très vif, jusqu'au 27 après-midi.

26 JANVIER
A une heure du matin, des renforts américains arrivent au moulin de Jebsheim.
A 10 heures, le 1er escadron (Capitaine Mirabeau) du 6ème R.C.A. est mis à la disposition du sous-groupement R qui décide de déborder Jebsheim par le sud (Riedwihr), laissant devant le moulin le Bataillon de parachutistes et 3 T.D. Riedwihr étant encore occupé par l'ennemi, ce projet ne peut être mis à exécution.
A 14 heures, les Américains décident d'attaquer dans la soirée le village de Jebsheim.
Vers 17 heures, le Lieutenant Largy du 3ème escadron est blessé et évacué.
Le Maréchal des Logis Zissler est tué par un minen tombé sur la tourelle de son char.
A 17 heures 30, les Américains débouchent dans Jebsheim dont ils occuperont la partie nord à l'aube du 27.

27 JANVIER
Le sous-groupement R, avec un peloton de chars moyens, 2 T.D. et la 10ème Compagnie du III/R.M.L.E. se porte sur Jebsheim. Le Bataillon de parachutistes tient le moulin, le peloton Provensal et 3 T.D. contrôlent de leurs feux les lisières Nord de Jebsheim.
A 10 heures, le P.C. du Sous-groupement R s'installe à Jebsheim et en entreprend la défense Nord et Est. Le peloton Déroulède (3ème escadron) et le peloton de Montgrand du 1er Escadron sont placés au N.E. du village, les pelotons Provensal (3ème escadron) et Denolle (1er escadron) au nord, avec mission d'avérer toute contre-attaque venant de Grussenheim.
A 11 heures, une patrouille de chars légers (Lieutenant de Montgrand) signale des éléments ennemis à 300 mètres du cimetière. Le peloton L'Hoste (1er escadron) s'y porte et ramène 80 prisonniers.
Le sous-groupement B (2ème escadron) se porte dans Jebsheim qu'il atteint à midi. Un détachement (Lieutenant de Bouvet) est alors poussé avec 3 chars, un T.D. du 11ème R.C.A., une section du R.M.L.E. sur le carrefour 182, dans le but d'atteindre le pont 183 sur le canal de Colmar. Un détachement (Adjudant Gaillard) avec 3 chars, un T.D., une section de légionnaires, reçoit la mission de nettoyer le pâté de maisons situé au S.O. de Jebsheim.
A 14 heures, le détachement de Bouvet débouche par la route d'Artzenheim, il est immédiatement pris à partie par des armes anti-chars situées dans les lisières Ouest du bois de la Hardt. Le char du Lieutenant de Bouvet, reçoit deux coups d'explosifs sur la tourelle. Le Lieutenant de Bouvet, grièvement blessé succombera à ses blessures, son tireur (Brigadier-Chef Valot) et son chargeur (Chasseur Gacon) sont également atteints. Le char 32 est immobilisé par une rupture de chenille mais le 3ème char mène à bien la mission confiée au peloton. Son action permet la capture de cent prisonniers.
A 15 heures, le peloton de l'Aspirant Debrinay est envoyé continuer la mission du peloton de Bouvet. Une trentaine de prisonniers sont capturés. Ce peloton se replie pour la nuit aux alentours du cimetière.
Le détachement Guillard prend pied dans le groupe de maisons qu'il avait pour objectif, remplissant ainsi sa mission.
Le sous-groupement de Viéville devait dès que Jebsheim et Grussenheim seraient occupés, dans un premier temps, atteindre avec un Bataillon parachutistes, la languette de bois située au nord de la cote 182, dans un second temps, s'emparer de l'écluse 84, sur le canal du Rhône au Rhin. Grussenheim n'étant pas pris et Jebsheim n'étant que partiellement nettoyé, il ne pourra effectuer qu'une patrouille offensive.
Le sous-groupement V fait mouvement de la Maison-Rouge sur Jebsheim et occupe les lisières du village, dans la partie libérée par les Américains du 254ème R.I.
Vers 18 heures, il pousse une reconnaissance la cote 182. Les chars qui l'exécutent parviennent jusqu'à 200 mètres des bois de la cote 182, puis font demi-tour, la nuit ne permettant pas de pousser plus loin. Ils ramènent un prisonnier.
Le Colonel Renaudeau d'Arc et son Etat-Major de Régiment ont fait mouvement de Bergheim à Jebsheim où la colonne de véhicules de l'E.M. a pénétré vers 16 heures, alors que la partie nord du village était soumise à de violents tirs de mortiers et d'artillerie ennemie. Le Maréchal des Logis Narik du peloton de renseignements a été mortellement atteint et l'Aspirant interprète Bibasse, le Brigadier Allard, les Chasseurs Goutay et Keriel du même peloton sont blessés.
Le Colonel Renaudeau d'Arc prend le commandement de tous les éléments du C.C. 6 qui se trouvent dans Jebsheim et dans la nuit du 27 au 28 dirige les opérations de nettoyage de la partie sud du village.



28 JANVIER
La défense du village de Jebsheim est organisée : le secteur Nord tenu par le sous-groupement du Chelas, le secteur sud par le sous-groupement Boulanger.
L'Escadron de Berc envoie vers 8 heures son 3ème peloton rejoindre le peloton Debrinay, près du cimetière. A 300 mètres au sud du cimetière, le char 34 (Chef Autran), touché par un obus d'arme anti-char brûle. Le char 32 (Chef Sicre) et immobilisé, les équipages sont indemnes. Le T.D. d'accompagnement est également touché au chemin de roulement. Le mouvement de ce peloton est suspendu. Les pelotons Debrinay et Gaillard appuient de leurs feux l'infanterie qui nettoie le village. Une trentaine de prisonnier sont faits.
Le peloton Déroulède du 3ème escadron effectue vers 12 heures des tirs à obus fumigènes sur les lisières Ouest du bois de la Hardt, pour aider la progression sur Grussenheim d'un groupement de la 2ème D.B. A 17 heures un obus tombe sur l'embout avant du char 55 (Sous-Lieutenant Provensal) le rendant inutilisable.
Deux chars du 4ème escadron envoyés pour coopérer au nettoyage du village sautent sur des mines dissimulées sous la neige.
L'ennemi occupant les maisons environnantes, le déminage ne peut se faire qu'au fur et à mesure du nettoyage des maisons par les parachutistes. Le Brigadier-Chef Baudier est tué. Le chasseur Lopez est blessé ainsi que le Maréchal-des-Logis Thibaut.
Dans la nuit du 28 au 29 Janvier, l'ennemi tente de reprendre pied dans Jebsheim. Il est stoppé par nos tirs d'arrêt et subit de lourdes pertes.

29 JANVIER
Le sous-groupement du Chelas se consacre à la défense du quartier nord du village de Jebsheim. Les Allemands ayant réoccupé dans la nuit quelques fermes et maisons isolées au sud-ouest du village, le peloton Debrinay du 2ème escadron exécute des tirs de destruction sur les bâtiments, où l'ennemi s'est retranché. Le peloton de l'Adjudant Guillard progresse avec les 2 chars restant du 3ème peloton, dans les quartiers sud-Ouest, sur la route de Riedwihr. Le char 28 (Maréchal-des-Logis Desgranges) est touché par plusieurs obus d'une arme anti-char ennemie, le pilote (Chasseur Pollet) est très grièvement blessé et succombera à ses blessures.
A 17 heures 30, le nettoyage de Jebsheim est complètement terminé. La nuit du 29 au 30, trois sous-groupements s'installent aux lisières village, dans les secteurs qui leurs sont répartis.
Les opérations pour la prise de Jebsheim, du 25 au 30 Janvier nous ont coûté très cher aussi bien en personnel qu'en matériel, mais au soir du 29 Janvier, et en dépit de la résistance désespérée des Allemands, Jebsheim est définitivement entre nos mains.

30 JANVIER
Le C.C. 6, renforcé d'un Bataillon de choc, a pour mission de couvrir au nord la progression de 3ème D.I.U.S.A. attaquant de part et d'autre du canal de Colmar. Le C.C. 6 devra occuper le bois de la Hardt et pousser jusqu'au canal du Rhône au Rhin.
Dés le jour, le peloton de Montgrand du 1er escadron patrouille sur le cimetière que l'on croit encore tenu, ce qui est faux.
Les sous-groupements de Viéville et du Chelas doivent attaquer côte à côte, le premier au sud le second au nord de la route Jebsheim-Artzenheim.
L'attaque prévue initialement à 8 heures est retardée de 3/4 d'heure par suite de l'arrivée tardive du Bataillon de choc.
Le sous-groupement R débouche, après une préparation d'Artillerie et sans qu'aucune liaison ait pu être prise entre chars et infanterie. Dés le départ, un des chars s'embourbe. A 200 mètres de leur base de départ, les autres sont violemment pris à partie. Le char 51 (Maréchal-des-Logis Gouhier) est touché et brûle. Le chasseur Minet est blessé. Le char du Lieutenant Déroulède a sa tourelle transpercée. Le Lieutenant Déroulède est tué ainsi que son tireur, le Brigadier-Chef Poulain. La réaction ennemie se fait de plus en plus violente. A 9 heures 50 un char ennemi est mis en flammes.
A 10 heures, le Bataillon de choc et arrêté à 500 mètres de son objectif. Un nouveau char du 3ème escadron est atteint et le Capitaine Nodet prenant le Commandement du peloton formé par les quatre chars restant a la joie de détruire un Jagdpanther qui se met à flamber, mais doit s'arrêter à 400 mètres devant le bois de la Hardt dans les premiers rangs de l'infanterie.
A 11 heures, une 2ème vague d'infanterie est à son tour stoppée par la violence des bombardements par minen et par fusants. Des armes automatiques se révèlent, elles sont prises à partie par nos chars. Le Capitaine Commandant la 10ème Compagnie du III/R.M.L.E. est tué. Deux chars ennemis sont repérés, mais les T.D. ne peuvent intervenir.
A 13 heures, le char du Capitaine est touché et brûle. En l'évacuant, le Capitaine Nodet est blessé au bras. Le sous-Lieutenant Provensal prend le commandement des trois derniers chars de l'escadron.
A 13 heures 30, le char 46 (Chef Soutière) est atteint et immobilisé, le chef Soutière est tué peu après.
Les deux chars restant protègent le repli de l'infanterie et reviennent à 15 heures aux lisières Est de Jebsheim, prêts à parer à toute contre-attaque ennemie.
Le Lieutenant Haffner, de l'E.M., prend le commandement du 3ème escadron, le Capitaine Nodet ayant été évacué.
Le sous-groupement V (4ème escadron) est pris à partie dès le début de sa progression. Le char 62 (Chef Combier) touché, flambe. Le Brigadier Fabre est tué à son poste de pilote. Le char 61 du Lieutenant Joyau tombe en panne de terrain. Au cours du dépannage le chasseur Béraud est tué. Les chars dépassent l'infanterie clouée au sol et mitraillent des groupes d'Allemands qui s'enfuient. D'autres se rendent. Les blindée foncent rapidement jusqu'à l'objectif.
Celui-ci, constitué par des languettes de bois, est atteint vers midi et le char du Capitaine Blacas met en fuite un Jagdpanther, sans doute à court de munitions.
Deux half-tracks de la légion, qui ont suivi progression de nos chars, atteints par des coups anti-chars, flambent.
Un violent tirs de fusants et d'explosifs s'abat sur les couverts où sont les cinq chars du 4ème escadron. Cette concentration est suivie d'une tentative de contre-attaque de la part des Allemands, que le feu de nos chars disperse sans difficulté.
Le sous-groupement dont l'infanterie à pied très éprouvée n'est pas en mesure de continuer l'action jusqu'au canal se maintient en flèche, entre les blindés du sous-groupement du Chelas, à gauche, et les éléments d'infanterie américains à droite, également en retrait. Après une liaison en char léger du Lieutenant Denolle, dont le peloton assure la liaison entre nous et les Américains, il reçoit l'ordre de se replier dans Jebsheim où il ramène une centaine de prisonniers. Le Maréchal-des-Logis Ollivier du peloton Denolle est blessé.
Le 2ème escadron reste en base de feu aux lisières de Jebsheim, le peloton Debrinay est mis à la disposition du Capitaine Potier chargé avec ses T.D. de couvrir le flanc gauche de l'attaque.
Le détachement Potier est bientôt stoppé par une pluie de fusants. Le T.D. ne peuvent intervenir. La visibilité étant mauvaise et les tirs du peloton Debrinay sur les anti-chars ennemis se font un peu au jugé.
Le soir, le peloton Debrinay se replie aux lisières de Jebsheim dont il assure la défense avec le sous-groupement B.
Les 13 chars moyens restant au total, aux 2ème, 3ème, et 4ème escadrons, les 13 chars léger du 1er escadron et les mortiers du peloton de commandement assurent la défense de Jebsheim, pour la nuit du 30 au 31 Janvier. Le nuit est calme, l'ennemi qui a perdu près de 2000 prisonniers en quelques jours ayant abandonné tout espoir de reprendre Jebsheim. Le Maréchal-des-Logis Chaumat du 4ème escadron est blessé par un éclat d'obus.

31 JANVIER
Sur un ordre du Colonel Commandant le C.C. 6, les sous-groupements sont dissous et le Lieutenant-Colonel Renaudeau d'Arc reprend le commandement de tous les éléments du 6ème R.C.A.

1er FÉVRIER
Un groupement de marche, comprenant le 1er escadron et tous les chars moyens restant (aux ordres du Capitaine de Berc) est constitué.
A 10h30, il est alerté, mais reste sur place.
Les pelotons de combat des 3ème et 4ème escadrons passent sous le commandement du Capitaine de Berc ; les autres éléments regagnent Fouchy.

3 FEVRIER
Mouvement des éléments du 6ème R.C.A. restant à Jebsheim :
E.M. et Peloton Sanitaire sur Rosheim
1er Escadron sur Obernai
2ème Escadron sur Bischoffsheim.

4 FÉVRIER
Ces mêmes éléments font mouvement sur Oberschaeffolsheim (Ouest de Strasbourg) où stationnera le Régiment.

5 FEVRIER
Tout le Régiment se regroupe à Oberschaeffolsheim et est placé en réserve du 2ème C.A.

9 FEVRIER
Revue avec remise de décorations et défilé dans Colmar libérée le 2 Février. L'Étendard, sa garde et le peloton de Montgrand du 1er Escadron, y participent.
Le Capitaine Bes de Berc est fait Chevalier de la Légion d'Honneur.
Le Chasseur Moinac (3ème Escadron) est décoré de la Médaille Militaire.

10 FEVRIER
Dans l'après-midi, à une prise d'armes se déroulant à Colmar, le lieutenant-colonel Renaudeau d'Arc est fait Officier de la Légion d'honneur et reçoit sa décoration des mains du Général de Gaulle.

11 FÉVRIER
L'Étendard, sa garde et un Peloton de chars moyens du 2ème Escadron participent à une prise d'armes et revue par le Général de Gaulle, à Strasbourg.


OPÉRATIONS DE LA FORET DE HAGUENAU
DU FRANCHISSEMENT DE LA LAUTER ET DE LA FORET DE BIENWALD

Depuis la liquidation de la poche de Colmar, le 6ème R.C.A. stationne en Alsace. Après avoir pansé ses plaies, comblé les vides faits dans ses rangs et complété en partie son matériel, le régiment va reprendre sa place au combat.
Avec la 1ère Armée Française, la 5ème D.B. sous les ordres du Général de Vernejoul puis du Général Schlesser, va avoir le rare privilège de réaliser en terre allemande la poursuite et l'exploitation fières au cœur de tous les Cavaliers.
Dans son ordre du jour de la victoire, le Général de Lattre de Tassigny s'adressant à ses troupes, glorifie leur action en ces termes :
"En un mois de campagne, vous avez traversé la Lauter, forcé la ligne Siegfried et pris pied sur la terre allemande. Puis, franchissant le Rhin de vive force, élargissant avec ténacité les têtes de pont de Spire et de Germersheim, vous avez écrasé la résistance d'un ennemi désespérément accroché à son sol et conquis deux Capitales, Karlsruhe et Stuttgart, le Pays de Bade et le Wurtemberg. Enfin, débouchant sur le Danube, le traversant aussitôt vous avez voulu, renouvelant la victoire de la Grande Armée, que flottent nos couleurs sur Ulm."
Sous les Ordres du Général de Lavilléon, le C.C. 6 avec la 3ème D.I.A. entre en Allemagne, le 19 Mars, après avoir largement contribué à écraser les résistances ennemies dans la forêt de Haguenau et celle de Bienwald (ligne Siegfried).
En dépit des efforts désespérés de l'ennemi, les chars du Général de Vernejoul prennent pied avec la 3ème DIA. et la 2ème D.I.M. (2ème C.A. Général de Montsabert) en plaine Badoise qu'ils vont conquérir de haute lutte.
Un coup de main audacieux permet au C.C. 6 du Général de Lavilléon de conquérir une tête de pont au sud de l'Enz à Dürrmenz, puis dans le cadre de la manœuvre, maintenant célèbre de la 1ère armée française, de Freudenstadt, le C.C. 6 poursuivant son action sans répit, s'emparera de haute lutte de Stuttgart, capitale du Wurtemberg, le 21 Avril. avant de barrer la route à Mauenheim aux divisions allemandes refluant de la Forêt Noire.

14 MARS
Le C.C. 6 est mis à 10 heures à la disposition de la 3ème DIA. pour des opérations en direction de Lauterbourg. L'Etat-Major, les 1er, 4ème et 2ème Escadrons, ce dernier complété par le peloton du Chef Deschamps du 3ème Escadron, sont répartis en deux Sous-Groupements :
Le sous-groupement A, sous les ordres du Lieutenant-colonel Renaudeau d'Arc, Commandent le Régiment.
Le sous-groupement B, sous les ordres du Chef de Bataillon Boulanger, Commandant le III/R.M.L.E. Vers 15 heures, le 2ème escadron fait mouvement sur Oberhausbergen où doivent être rassemblés les éléments du Sous-groupement B. Il se dirige ensuite sur Bischwiller et y cantonne.

15 MARS
L'E.M., les 1er, et 4ème escadrons se ressemblent avec les autres éléments du sous-groupement A, aux lisière Est du bois d'Herrenwald.
Le S/Groupement Renaudeau d'Arc comprend :
L'E.M. du Régiment.
Le 1er Escadron (Capitaine Mirabeau).
Le 4ème Escadron (Capitaine Blacas).
Le 4ème Escadron du 11ème R.C.A. (Capitaine Lambert).
La 11ème Compagnie du R.M.L.E. (Capitaine Lalo).
La 3ème Section de la 3/96ème Génie (Adjudant Heckel).
Le peloton Sanitaire et le groupe de dépannage Régimentaire.
Dans la nuit du 15 au 16, la 3ème Compagnie du 4ème R.T.T. est mise à sa disposition.
Ce sous-groupement Boulanger comprend :
Le 2ème escadron du 6ème R.C.A. (Lieutenant Eblé) et le peloton Deschamps du 3ème escadron.
Le 3ème compagnie du III/R.M.L.E.
Un escadron de T.D. du 11ème R.C.A.
Une section de la 3/96ème Génie.
L'Escadron Eblé entre en action dès le 15 Mars ; après une violente préparation d'artillerie, le peloton Debrinay débouche et accompagne la progression du 1/4ème R.T.T., qui doit s'emparer du camp d'Oberhoffen. De ses feux, il neutralise la lisières du camp. A 8 heures 30, l'usine est occupée par les Tirailleurs qui continuent vers le carrefour de l'auberge.
Un barrage d'Artillerie et de mortiers ennemi arrête les fantassins, leur causant de lourdes pertes. Une reconnaissance jusqu'au carrefour de l'auberge ne provoque aucune réaction ennemie. Le char 23 (Maréchal des Logis Walter) saute sur une mine, en revenant à sa position de départ.
Une deuxième attaque est montée avec le char 32 (Maréchal des logis Chef Sicre) et un T.D., les autres chars appuyant de leurs feux la progression des tirailleurs Tunisiens. Le char 32 atteint l'usine mais n'est pas suivi par les fantassins. Pris à partie par un auto-moteur et touché, le char 32 flambe. Le Brigadier-Chef Anouilh est très gravement blessé par un coup de mortier en évacuant le char, le Chef Sicre, le Brigadier Lambert, l'aide-pilote Aubry sont légèrement blessés. Le chef Menuet est blessé à son tour, en se portant au secours de ses camarades.
Le peloton est ramené à Bischwiller, où il passe la nuit.
Le 2ème peloton (Lieutenant Chevallier) débouche, après une préparation d'Artillerie de 10 minutes, par la route d'Oberhoffen à Schirrheim. Des abatis ralentissent la marche de l'élément. Des réactions d'armes automatiques sont neutralisées par les chars.
Des mines anti-personnel ralentissent la marche de l'infanterie et le char de tête se heurte à une barricade. Un auto-moteur ennemi apparaît, mais pris à partie par deux T.D. et le char de tête, il rompt, le combat.
A 16 heures 30, le point de passage sur la voie ferrée est atteint, un violent tir de 88 et de mortiers ennemis s'abat sur le carrefour de la maison Forestière. Vers 18 heures, un char ennemi repasse la voie ferrée à 800 mètres du passage à niveau.
A 18 heures 30, après la mise en place d'un bouchon anti-chars, l'élément blindé est relevé et replié à Bischwiller.

16 MARS
Le sous-groupement A se porte vers 11 heures sur Gries par Hoerdt, le Colonel d'Arc donne à chaque peloton du 4ème escadron, renforcé d'une section de la légion, un axe à travers la Forêt de Haguenau pour rechercher un ennemi qui a décroché.
Le peloton Tailleux (4ème escadron) ne peut trouver le contact, le terrain étant impraticable et un fossé Antichar arrêtant sa progression. Les goumiers du 2ème G.T.M. qui tentent de s'infiltrer dans le bois, sautent sur des mines anti-personnel. Le sergent Delaise, du génie est grièvement blessé en allant leur porter secours. A la nuit, le peloton s'organise en point d'appui cerclé.
Le peloton Galvez (4ème escadron) doit explorer l'axe sud. Il traverse le champ de tir et tente de pénétrer dans le fort de Haguenau. Le half-track transportant l'adjudant Heckel et l'Aspirant Galvez saute sur une mine (2 morts, plusieurs blessés) L'itinéraire est obstrué d'abatis et de ruisseaux, la progression s'arrête.
Le peloton Dorr (4ème escadron) a pour mission de reconnaître l'axe central. Après le champ de tir, il se heurte à des abatis infranchissables.
A 18 heures 15, ordre est donné aux 2ème et 3ème pelotons de passer la nuit, en point d'appui fermé, aux lisières Est du champ de manœuvres. Le reste du sous-groupement A cantonne dans les bois environnant la maison forestière de Stiefelhardt où est établi le P.C.
L'ennemi ayant décroché, le peloton Debrinay du 2ème escadron débouche des lisières N.O. d'Oberhoffen et nettoie le camp faisant 17 prisonniers. Puis il va s'embosser aux lisières nord du bois de Rapp pour appuyer la progression de l'infanterie et des voitures de reconnaissance vers la maison forestière de Stiefelhardt.
Le 3ème peloton remplit sensiblement la même mission et vient se joindre au peloton Debrinay.
Le peloton Chevallier attaque Schirrheim. Dans le village même il se heurte à une barricade. De violents tirs de minen et des rafales d'armes automatiques causent de lourdes pertes à l'infanterie Les chasseurs Cassin, Lemoine, Rippol, le Brigadier-chef Scherer sont blessés. Les deux autres pelotons viennent appuyer cette action et il parvient à contourner Schirrheim à travers bois.
Vers 18 heures 50, il reçoit l'ordre de se replier à Oberhoffen. Il y passe la nuit, avec les autres pelotons.

17 MARS
L'action du 1er escadron pour la journée du 17 Mars commence à Soufflenheim. L'escadron Mirabeau reçoit deux missions de reconnaissance.
La 1ère liaison à prendre avec les goums dans la forêt de Haguenau, est remplie par le peloton de Montgrand qui est arrêté par un pont sauté.
La deuxième (reconnaissance sur Koenigsbruck) est confiée au peloton Denolle qui se heurte également à une coupure et des abatis sur plusieurs centaines de mètres. La route ne sera ouverte que le lendemain matin après un travail de terrassement qui a duré la moitié de la nuit.
En ce qui concerne le 2ème escadron, scindé en 3 éléments, il doit appuyer l'avance de l'infanterie entre Schirrheim et Soufflenheim.
A 8 heures 30 le peloton Chevallier, après démolition de la barricade qui l'avait stoppé la veille, traverse Schirrhoffen et continue sur Soufflenheim. Mais le pont sur l'Eisenbeckel saute au moment où les chars en approchent. Le génie entreprend aussitôt la construction d'un pont de fortune.
Pendant ce temps, le 3ème peloton (Chef Deschamps) essaie de déborder par le nord, par des pistes sous bois très difficiles, le village de Soufflenheim. Il prend liaison avec le peloton Dorr, aile droite du sous-groupement A. Des abatis imposants l'arrêtent définitivement et il rejoindra l'escadron par l'axe principal, dans le village de Soufflenheim.
A midi, le peloton Chevallier utilise le pont construit par les sapeurs, et pénètre dans Soufflenheim où le rejoignent les autres pelotons. Le village est rapidement nettoyé.
A 17 heures 30, ordre est donné au peloton Debrinay de pousser sur Runtzenheim. Il n'atteint ce village qu'à la nuit, par suite de destructions et de ponts incomplètement rétablis. Le peloton Chevallier rejoint dans Runtzenheim.
Le 3ème peloton reste dans Soufflenheim, n'ayant pu passer l'Eberbach.
En ce qui concerne l'escadron Blacas, les missions restent les mêmes. Chaque peloton du 4ème escadron essaye de se frayer un passage sur l'itinéraire fixé.
Les trois pelotons visent à déborder le village de Soufflenheim pour l'attaquer ultérieurement par l'Est.
Le peloton Tailleux est mis à la disposition du Colonel Leblanc (Commandant le 2ème G.T.M.). Le Char 62 s'embourbe. Le char 52 a son radiateur percé et revient vers l'arrière. Le peloton atteint la maison forestière d'Eberbach. Le char 64 saute sur une mine en essayant de frayer un chemin aux fantassins du 2ème G.T.M.
Le peloton Dorr ne pouvant franchir une zone marécageuse revient, sur ordre du Lieutenant-Colonel Renaudeau d'Arc, à sa position de départ. Le peloton Galvez est obligé d'en faire autant.
A 18 heures 45, le 4ème escadron gagne Soufflenheim, où le reste du groupement s'est déjà porté derrière le 2ème escadron. La nuit, dans ce village, est relativement calme, troublée seulement par quelques tirs de mortiers.



18 MARS
Le peloton Tailleux du 4ème escadron qui a trouvé un itinéraire impraticable, revient à Soufflenheim où tout le sous-groupement A se trouve rassemblé.
A 7 heures 15, le sous-groupement A quitte Soufflenheim et se dirige vers Koenigsbruck. Sa mission est d'atteindre la Lauter et même de la franchir. La colonne est retardée par de nombreuses coupures.
Devant Niederroedern atteint à 12 heures 10, liaison est prise avec la 14ème D.B. américaine. De nouvelles destructions occasionnent une nouvelle halte : tandis qu'un pont est jeté sur la Salzbach par le génie américain, le peloton l'Hoste du 1er escadron pousse une reconnaissance sur Seltz, où il parvient en utilisant un gué profond et trouve le village vide.
L'Escadron Blacas reçoit à 16 heures 30 l'ordre d'exploiter sur l'axe Oberlauterbach-Salmbach où est déjà parvenue une section du 5/4ème R.T.T., de renforcer le dispositif de cette section et de tenter de forcer le passage de la Lauter au nord de Salmbach.
Le P.C. avant du sous-groupement A atteint Oberlauterbach à 19 heures tandis que le 1er escadron du 6ème R.C.A. reçoit comme mission d'exploiter sur l'axe Oberlauterbach-Niederlauterbach, de reconnaître les villages de Buhl et Trimbach. Ces deux dernières missions sont rapidement menées par les pelotons de Montgrand et Denolle qui font des prisonniers.
Le Capitaine Mirabeau Commandant le 1er escadron accompagne le 3ème peloton (Sous-Lieutenant L'Hoste) sur l'axe Ober-Niederlauterbach ; Salmbach et Niederlauterbach sont occupés. Le Capitaine Mirabeau décide de pousser sur Lauterbourg. A 17 heures 30, le premier char arrive à l'entrée du village qui se révèle fortement tenu. Le char du sous-Lieutenant L'Hoste est bazooké et immobilisé, plusieurs obus anti-char le transpercent. Le sous-Lieutenant L'Hoste et le Chasseur Funel sont tués. Les deux autres occupants disparaissent, on retrouvera deux jours après le corps du chasseur Jezequel. Quant au chasseur L'Herbette, fait prisonnier, libéré par l'avance américaine, il rejoindra le régiment le 6 Mai à Meckenbeuren.
Presqu' aussitôt, le Capitaine Mirabeau est gravement blessé au bras par balle explosive et est évacué. Le Lieutenant Denolle prend le commandement de l'escadron, le chef Cornet, prend le commandement du 2ème peloton, le Sous-Lieutenant Dumouchel celui du 1er. A la nuit, l'escadron se regroupe dans Oberlauterbach.
Le 4ème Escadron qu'a devancé le 1er, progresse lentement vers Salmbach. Il est retardé par de nombreuses coupures et le mauvais état des chemins. A Salmbach, le Capitaine Blacas, (4ème escadron) rencontre une patrouille du 1er Escadron qui lui apprend la poussée de cette unité sur Lauterbourg et lui donne le renseignement : Niederlauterbach est libre ; l'escadron s'installe à Niederlauterbach, Salmbach étant occupé par un Combat Command américain.
Sept prisonniers et une auto-mitrailleuse légère sont capturés, après liaison avec les Américains à Salmbach Une compagnie de tirailleurs tunisiens vient à Niederlauterbach renforcer le dispositif de nuit.
Le Lieutenant Joyau (2ème peloton - 4ème escadron) s'est porté à Salmbach où il est mis à la disposition du Capitaine Lalo (2ème Compagnie III/R.M.L.E.).
Les 1er et 2ème pelotons du 2ème escadron partent de Runtzenheim à 5 heures et occupent Roeschwoog sans rencontrer de résistance. Ils traversent ensuite Roppenheim et foncent sur Beinheim. Le pont sur la Sauer, coupé, les arrête peu après. Le 3ème peloton rejoint à 9 heures les deux premiers pelotons. A 16 heures, ordre de repli sur Soufflenheim et marche de nuit sur Niederroedern, atteint dans la nuit.

19 MARS
Le sous-groupement A a pour mission de reconnaître la Lauter au nord de Salmbach et Niederlauterbach.
Le peloton de Montgrand du 1er escadron va reconnaître le pont de Scheibenhardt. Il dispose de 3 T.D. du 11ème R.C.A. et arrive au contact à 9 heures. Il fait 7 prisonniers. L'escadron tout entier le rejoint à 10 heures et un des pelotons se porte à l'entrée de Lauterbourg, recueillir le corps du Sous-Lieutenant L'Hoste.
A 16 heures 30, tous les chars du 1er escadron et les T.D. assurent une base de feu qui permettra aux fantassins d'établir une tête de pont sur la Lauter. L'escadron passe la nuit à Scheibenhardt. Bombardement toute la journée, le Chasseur Crucher est blessé.
Au petit jour, le peloton Dorr du 4ème escadron est poussé jusqu'à la Lauter avec la légion et 2 T.D. A 8 heures 10, ce détachement est pris à partie par de violents tirs d'artillerie et de mortiers. De l'autre coté de la Lauter, les tranchées ennemies sont occupées par des "snippers" et il semble qu'une arme anti-char vienne de s'installer. Les chars fournissent des tirs sur les organisations ennemies. A 10 heures 30, une seule patrouille est maintenue sur les bords de la rivière, le reste rentrant à Niederlauterbach ; tout le peloton rentrera le soir dans ce village.
Le peloton Deschamps rattaché au 2ème escadron part à 9 heures, atteint Wintzenbach, Neewiller et Lauterbourg où il arrive vers 10 heures. Le peloton Chevallier l'y rejoint. Tous deux restent dans le village jusqu'à la nuit et sont soumis à de violents tirs de 88 et de mortiers. Un coup au but touche le char 48. Le Maréchal-des-Logis-Chef Deschamps, Chef de char et le chasseur Izzo sont tués, le chasseur Alberic est blessé.
Pendant ce temps, de Neewiller, le 1er peloton (Aspirant Debrinay) effectue des tirs de neutralisation sur les bois de Scheibenhardt où l'infanterie établit une tête de pont sur la Lauter.
A 20 heures 30, les 2ème et 3ème pelotons rentrent de Lauterbourg à Neewiller.

20 MARS
Le sous-groupement A a pour mission d'élargir la tête de pont établie sur la Lauter par le 3ème D.I.A. et d'exploiter en direction de Neu-Lauterbourg et Berg, tout en reconnaissant les pénétrantes qui, à travers le Bienwald, mènent à Buchelberg.
A 7 heures 20, le char 70 (Brigadier-Chef Laugier) passe le premier sur la rive allemande de la Lauter.
Le pont s'étant affaissé, les autres chars du 4ème Escadron ne passent que vers 8 heures. La progression se poursuit vers Neu-Lauterbourg et Berg, les chars de 2ème échelon (Peloton Tailleux et T.D.) prêts à appuyer de leurs feux, à partir des lisières Est de Scheibenhardt.
Le 1er peloton vient dans Neu-Lauterbourg et remonteur au nord vers Buchelberg, se place, en bouchon, à hauteur de la maison Forestière, puis progresse vers la clairière de Buchelberg. Il rencontre un fossé anti-char, des mines, des abatis, tandis que de violents tirs s'abattent sur lui. Une arme anti-char se dévoile. La progression s'arrête là et il rentrera pour la nuit à Neu-Lauterbourg.
Le 2ème peloton est arrêté par un important barrage de mines, sur la route d'Hagenbach, et soumis à de violents tirs d'artillerie et de mortiers.
A 8 heures 35, le 3ème peloton (Sous-Lieutenant Dorr) occupe le carrefour central de Neu-Lauterbourg et entre à Berg à 9 heures 05. Il essaie ensuite de contourner les résistances qui arrêtent le 2ème peloton et lance, à travers bois, une attaque que soutiennent les tirailleurs et une préparation d'artillerie. Les fantassins éprouvent de lourdes pertes par mines. A 17 heures 55, le char de tête, N° 70, est atteint par un obus anti-char et le Brigadier-Chef Laugier est gravement blessé. L'attaque est stoppée. Le half-track sanitaire, qui allait secourir les blessés, est atteint d'un minen et prend feu. Le médecin auxiliaire Pérez les chasseurs Gavini, Ménager et Mohamed ben Driss périssent dans les flammes, ainsi que 3 tirailleurs.
Les pelotons Dumouchel et Cornet du 1er escadron ont reçu des missions de reconnaissance dans la forêt de Bienwald, en direction de Buchelberg. Ils prennent le contact au nord de Scheibenhardt, sur les casemates même de la ligne Siegfried et sont pris à partie par des 75 Pak.
Dans le but de déborder les casemates et dans la crainte d'une contre-attaque, le peloton de Montgrand, resté en réserve, vient relever le peloton Cornet. Au moment de la relève, les 2 pelotons sont pris sous un violent tir d'obus au phosphore. Le feu prend dans la forêt autour des chars qui réussissent à sortir grâce à une intervention énergique du Lieutenant de Montgrand.
A 10 heures 30, le peloton Debrinay du 2ème escadron traverse la Lauter à Scheibenhardt et s'établit en protection de la tête de pont.
Le peloton Chevallier part en direction de Buchelberg à 16 heures et rencontre des abatis dans les bois de Bienwald. Le char 27 (Maréchal des Logis Gozzi) pris à partie par un char allemand tirant dans l'axe de progression, sort du layon et s'embourbe. Le T.D. de protection reçoit un coup de 88 au barbotin, le half-track du génie est atteint par un explosif. L'artillerie prévenue déclenche un tir explosif et fumigène. Le char ne peut être ramené en arrière.
Le 3ème peloton commandé par le Lieutenant Laporte, rentré à l'escadron le jour même, a pour mission de rechercher un passage vers Buchelberg, en partant de Scheibenhardt. Parti vers 11 heures, il est arrêté peu après par un abatis de 200 mètres de long ; un autre passage est recherché, un nouvel abatis très important se présente.
L'accès de Buchelberg se révèle impraticable aux blindés et le peloton regagne vers 19 heures 30 Scheibenhardt, où l'escadron passera la nuit.

21 MARS
Le sous-groupement A a pour mission de préciser le contact sur les axes Berg-Hagenbach et Neu­-Lauterbourg-Kandel.
A 13 heures, les pelotons Dumouchel et de Montgrand, du 1er escadron, vont dans la forêt de Bienwald en soutien des fantassins du 4ème R.T.T. Ils rentrent à 16 heures.
Les 2ème et 3ème pelotons du 4ème escadron restent dans Berg, tandis que le 1er peloton (Sous-Lieutenant Tailleux) reprend le même itinéraire que la veille, au nord de Neu-Lauterbourg. Deux chars sont avancés à hauteur des équipes de déminage. Le char 63 (Maréchal-des-Logis Perceau) est atteint par anti-char. Le pilote et le tireur (Chasseur Martin et Brigadier Ducros) sont blessés, le chargeur Gontier ne peut évacuer le char et périt dans les flammes. L'opération est interrompue.
Le 4ème escadron reçoit en renfort, à Neu-Lauterbourg, les 3 chars restant du peloton de Gonet du 3ème escadron.
Le peloton Debrinay du 2ème escadron a pour mission d'appuyer la progression d'un tabor de Niederlauterbach sur Schaidt ; au carrefour 136 il oblique à l'est vers Langenberg. Au carrefour 136, les goumiers sont reçus par de violents tirs d'armes automatiques réduits au silence avec l'appui des chars. Un violent tir de mortiers et de 88 s'abat sur le carrefour, gênant la reconnaissance des abatis s'étendant sur 400 mètres qui barrent la piste vers Langenberg. Un bulldozer entreprend le déblayage, mais les tirs ennemis rendent impossible le travail du génie. Un tir d'artillerie est ajusté sur les lisières et le fossé d'où sont partis les coups des armes automatiques.
Liaison est prise avec les Américains qui refusent de nous prêter leur char Bulldozer.
Les sapeurs essaient de nouveau de dégager les abatis mais doivent y renoncer. Les goumiers continuant à progresser, se heurtent à des tirs violents provenant de casemates. Un automoteur ennemi apparaît et, devant les feux de nos chars rebrousse chemin.
A 18 heures, tout l'élément décroche et rentre à Scheibenhardt.
Le peloton Chevallier resté en réserve rentre aussi à Scheibenhardt.
Le peloton du Lieutenant Laporte, venu remplacer le Chef Deschamps, a reçu la même mission que la veille : rechercher un passage vert Buchelberg à partir de Scheibenhardt ; comme la veille il est arrêté par des abatis. L'élément Robillard dont fait partie ce peloton, reçoit l'ordre de se joindre, le cas échéant, aux éléments Eblé et Chevallier. Il rentre à Scheibenhardt à 18 heures.

22 MARS
Le P.C. du sous-groupement A et le 1er escadron se portent de Scheibenhardt à Lauterbourg.
Les 1er et 2ème pelotons du 2ème escadron restent au repos à Scheibenhardt. Le 3ème peloton, avec l'élément Robillard, repart sur l'axe de progression qu'avait la veille le peloton Debrinay. Il reste toute la journée en surveillance, prêt à déboucher vers Schaidt, au cas où l'ennemi décrocherait. Au soir, il rentre à Scheibenhardt.
Le peloton Joyau du 4ème escadron se porte sur le même itinéraire que l'avant-veille, au nord de Berg. A 9 heures 25, un obus anti-char atteint le char 69 (Chef Mattera) dont le chargeur Defese est blessé. Les réactions étant très violentes, la patrouille reçoit l'ordre de rentrer. De son coté le peloton Tailleux essaie vainement de progresser sur son axe Neu-Lauterbourg - Kandel puis rentre.

23 MARS
Dès 0 heure, le sous-groupement A doit être prêt à faire mouvement. A 11 heures, le 4ème escadron quitte Berg et s'installe en lisière sud du Bienwald, à mi-distance entre Scheibenhardt et Lauterbourg. Vers 14 heures 15, plusieurs obus tombent sur le local de Lauterbourg que le P.C. venait de quitter.
La ligne Siegfried n'ayant pu être forcée à l'Est entre Berg et Maximiliansau, mais une brèche ayant pu être faite par les Américains, en direction de Schaidt, le sous-groupement A contourne Bienwald par l'Ouest, dans la nuit, en passant par Kapsweyer - Schaidt - Freckenfeld - Minfeld – Kandel - Langenberg.
Le 2ème escadron est réparti en trois éléments :
a) L'élément Robillard, comprenant le peloton Laporte et un peloton de T.D., une section de la 9ème Compagnie du 3ème R.M.L.E., des éléments renforcés du génie, des éléments de pont.
b) L'élément Chevallier, semblablement constitué, mais renforcé d'un peloton du R.E.C. et d'une compagnie de Tirailleurs sur half-tracks.
c) L'élément Eblé, semblable à l'élément Robillard, moins les éléments de pont.
L'élément Robillard progressera suivant l'axe Niederlauterbach - Schaidt, les deux autres éléments seront progressivement poussés derrière lui.
Vers 12 heures, l'élément Robillard est au carrefour 136, tandis que les deux autres éléments sont poussés d'urgence vers Kapsweyer, pour utiliser la percée faite par les Américains dans la ligne Siegfried et contourner, par le nord-Ouest, Buchelberg.
Ces deux éléments progressent sur l'axe Kapsweyer - Schaidt - Freckenfeld - Minfeld - Kandel, ce dernier village étant atteint à 2 heures 30.
L'élément du Lieutenant Eblé reste à Kandel pour en assurer la protection, tandis que le Lieutenant Chevallier doit se porter sur Worth par la route forestière. Trois destructions successives l'arrêtent et il revient à Kandel.
L'élément Robillard protège le travail du génie sur la route de Schaidt. Le travail du génie est rendu impossible par les tirs ennemis. Le char 41 (Brigadier-chef Galvez) est pris à partie vers 11 heures par une arme anti-char et sort de la route. Le char 45 (Lieutenant Laporte) riposte, mais reçoit un explosif qui rend inutilisables ses moyens de vision. Vers 17 heures, le repli des Allemands est signalé et les abatis barrant la route sont déblayés. L'élément Robillard reprend sa progression.

24 MARS
A Minfeld, le détachement du Capitaine Lalo dont fait partie le peloton Joyau du 4ème escadron, part en reconnaissance d'itinéraire à travers le Bienwald, en direction de Hagenbach. Il est arrêté par une destruction.
Lancé en reconnaissance d'itinéraire par le Capitaine Blacas, le half-track de commandement (Aspirant Galvez) atteint le carrefour de Langenberg. Il rend compte qu'il a emprunté un chemin praticable mais n'a pas encore pris liaison avec les goumiers du 2ème G.T.M.
Le détachement du Capitaine Blacas, comprenant une section du R.M.L.E., une escouade du génie et le peloton du sous-Lieutenant Dorr se porte sur le carrefour de Langenberg et se dirige vert Hagenbach.
A 6 heures 30, le peloton Dorr débouche de la forêt du Bienwald, vers Hagenbach ; 500 mètres après la sortie du bois, le char de tête N° 75 est pris à partie par les feux de casemate. Il reçoit trois coups de panzerfaust, après avoir détruit deux mitrailleuses. L'infanterie coiffe les casemates et fait des prisonniers. Le Maréchal-des-Logis Coquet ramène le char 75 à l'entrée de la forêt ; il est blessé, ainsi que les Brigadiers Klein et Nataf. Le Brigadier Klein succombera à ses blessures.
Le char 74 est passé en tête. Après avoir contourné les destructions, il entre dans Hagenbach. Deux coupures empêchent les chars de pénétrer plus profondément dans le village. A 8 heures 10, un obus de mortier éclate tout prés du char 71 et tue le Sous-Lieutenant Dorr, Chef du 3ème peloton. Le détachement Blacas est stoppé, dépassé par le détachement Lalo et se regroupe au carrefour de Langenberg.
Le détachement Lalo se dirige, vers 8 heures 30, de Hagenbach sur Worth. Des T.D, du 4/11ème R.C.A. sont placés en base de feu; le terrain au Nord-Ouest de Hagenbach, étant impraticable, le détachement est obligé d'entrer dans la partie Nord du village et se heurte à un centre de résistance. Le char 67 (Maréchal-des-Logis Laborde) accompagné de légionnaires et de goumiers annihile cette résistance. A partir de midi, le détachement Lalo progresse vert Worth. Des armes anti-chars se révèlent et mettent en feu un T.D. Le char 53 et un half-track de la légion sont atteints.
Les occupants du char (Brigadier-Chef Caffarel, Chasseurs Canut, Petit, Gabory) sont blessés. Le char 67 s'embourbe en sortant de la route, tandis qu'un Jagdpanther essaie vainement de l'atteindre. Le char 66 et un T.D. réagissent jusqu'au soir où ils reviennent au carrefour de Langenberg.
Le peloton Tailleux a, lui aussi, essayé d'atteindre Worth, il s'est heurté à des armes anti-chars sous casemates ; un char et un T.D. ont été touchés. Sa progression s'arrête et le peloton revient à Langenberg.
Le peloton de Montgrand pousse une reconnaissance sur Buchelberg d'où il revient vers 10 heures. A 13 heures, le peloton Dumouchel accompagne de l'infanterie vers Worth. Accroché sérieusement par des automoteurs et les tirs d'une casemate, il est relevé vers 16 heures par un peloton de chars moyens.
Dans le secteur de l'escadron Eblé (2ème escadron) l'élément Robillard continue sa progression. Le char 62 saute sur une double mine. Hagenbach est atteint à 9 heures. La traversée de la ville étant rendue impossible par une coupure, un chemin de planches, à travers champs, permet au char 41 et au char de l'artillerie d'atteindre la station de Hagenbach vers 12 heures. Ils y passent la nuit.
L'élément Eblé, dans un premier temps, doit se porter sur Jockgrim puis s'installer à la digue aux lisières du bois, pour appuyer de ses feux la progression de l'élément Chevallier qui se porte sur Worth par la lisière des bois, à sa droite. L'élément Eblé se porte sur Jockgrim déjà occupé par un peloton du R.E.C. et aide au nettoyage tout en se gardant au sud. Dans le village, pavoisé de drapeaux blancs, des soldats allemands se rendent d'eux-mêmes ou après avoir été dénoncés par des civils de leur nationalité. Quelques déportés français aident à ce travail de nettoyage.
A 13 heures, en allant prendre sa position de tir, l'élément tombe sur un groupe de soldats ennemis armés de Panzerfaust. Deux coups atteignent le char B.1 qui s'enflamme, l'équipage se réfugie dans un abri. D'après les renseignements fournis par un prisonnier, 55 gradés ennemis commandés par un Lieutenant ont pour mission de tenir en arrêt tout élément cherchant à regagner Worth. L'élément Eblé se porte en avant mais l'ennemi se déportant vers l'est, il appuie la progression d'une compagnie de tirailleurs avançant entre lui-même et l'élément Chevallier.
L'élément Chevallier est chargé de progresser sur Worth en direction du Sud. Il est arrêté sur ordre à 2 km sud de Jockgrim et entre en contact, au cours de l'après·-midi, avec une patrouille ennemie signalée par le Lieutenant Eblé.
Pour la nuit, les deux éléments reviennent cantonner à Jockgrim.

25 MARS
Le détachement du Capitaine Lalo est retardé par des destructions dans sa marche vers Worth et Maximiliansau ; Worth est occupé à 8 heures et le détachement Lalo atteint le Rhin à 13 heures 20. Le pont de Maximiliansau a sauté.
A 15 heures 15, ordre est donné de rejoindre Worth.
Le détachement du capitaine Blacas est également dans Worth face à l'Est. Entre 13 heures et 13 heures 30, le P.C. du sous-groupement A s'est porté à Worth, laissant le 1er escadron à la maison forestière de Langenberg.
Le détachement Robillard (2ème escadron) se rend à Jockgrim, où il arrive vers 18 heures. Au cours d'un déplacement, le char du Brigadier-Chef Hallet est pris sous un tir de minen, le chasseur Garnier est légèrement blessé, le Brigadier-Chef Hallet grièvement accidenté au moment où son char cherche à s'embosser.
L'élément Eblé assure aux mêmes emplacements que la veille, la protection du débouché de l'élément Chevallier vers le sud.
L'élément Chevallier double l'élément Eblé vers 9 heures, se portant au bord du Rhin, au Nord de Maximiliansau. Retardé par des destructions, il arrive à Worth, après avoir emprunté la voie ferrée. Il se heurte à de nouveaux obstacles, s'arrête et rappelé à Jockgrim, rentre.

26 MARS
Le sous-groupement A est dissous, les unités se rassemblent en vue d'un départ. Le 2ème escadron reste au repos à Jockgrim.

27 MARS
Le 6ème R.C.A, regroupé, fait mouvement sur Oberschaeffolsheim, à partir de 9 heures 50 et arrive dans ses anciens cantonnements entre 14 heures et 16 heures.

 

 

OPERATIONS SUR LA RIVE DROITE DU RHIN STUTTGART - LA FORET NOIRE

2 AVRIL
Le Régiment est alerté, prêt à faire mouvement sur préavis d'une heure.

3 AVRIL
Le Régiment part d'Oberschaeffolsheim à 9 heures et se dirige par Achenheim - Ittenheim - Stutzheim - Lempereheim - Haguenau - Surbourg, sur la région de Schwabwiller. A midi, arrêt du mouvement qui reprend à 18 heures 10 par Riedseltz, Wissembourg - ·Bergzabem - Appenhofen - Landau - Hochstadt sur Zeiskam où la tête de colonne arrive à 2 heures 30.

4 AVRIL
Le mouvement se poursuit à 3 heures 45, par Schwegenheim - Spire - Friedensau, sur le pont de bateaux construit par le génie américain à Ludwigshafen.
Le Rhin est franchi par la tête de colonne à 6 heures 15 et le régiment gagne, par Mannheim, Schwetzingen et Hockenheim, Saint·Léon où il arrive à 9 heures 30.

5 AVRIL
Le régiment est réparti entre 3 groupements et des éléments réservés.
1° Groupement A (Colonel Renaudeau d'Arc) : 3ème escadron (Capitaine Huot)
10ème Compagnie du R.M.L.E. (Capitaine de Torquat)
2ème section de la 3/96ème Génie (Lieutenant Jouve)
Peloton Sanitaire (Capitaine Etchecopar).
2° Groupement B (Chef de Bataillon Boulanger, Commandent le III/R.M.L.E.)
2ème escadron (Lieutenant Eblé)
9ème compagnie du R.M.L.E. (Lieutenant Robillard)
1ère section de le 3/96ème Génie.
3° Groupement. C (Chef d'escadrons du Chelas, du 6e R.C.A.):
4ème escadron (Lieutenant Joyau)
11ème Compagnie du R.M.L.E. (Capitaine Lalo)
3ème section de la 3/96ème Génie (Adjudant Heckel).
4° Eléments réservés :
I/6ème R.C.A. - 4/1er R.E.C. - 4/11ème R.C.A.
III/14ème Bataillon Médical - 3/12ème G.E.R.

6 AVRIL
Le régiment est alerté mais seul le 1er escadron à la disposition du Colonel Commandant le C.C. 6 quitte Saint-Léon à 19 heures pour Knittlingen où il arrive à 22 heures.

7 AVRIL
Le 1er escadron a pour mission de reconnaître l'itinéraire Maulbronn - Otisheim - Mühlacker - Illingen. Départ à 8 heures, les lisières nord de Muhlacker sont atteintes à 9 heures. Un barrage est dégagé, le peloton Denolle pénètre dans le village et y soutient l'infanterie amie au contact.
Le peloton Vuillerme, se porte aux lisières Est du village, vers Illingen, où il attend de nouveaux ordres.
Le peloton de Montgrand reste sur place, en surveillance des lisières Nord.
A 11 heures, le village est entièrement nettoyé et occupé, l'ennemi s'est retiré à Dürrmenz, de l'autre côté de l'Enz dont les ponts ont sauté. Le peloton Denolle pousse une reconnaissance sur Lienzingen. Il trouve le village occupé par le sous-groupement A. Le peloton Vuillerme progresse alors en direction d'Illingen ; il est pris à partie par des snippers, des armes automatiques et du 88, à 500 mètres des lisières Ouest d'Illingen ; dès les premiers coups anti-chars, le char de tête est touché et brûle. Le Brigadier·Chef Dordognin est blessé, le tireur Monchalin, l'aide-pilote Martinière sont blessés. Le Chasseur Argenta, pilote, est tué. Le Lieutenant Vuillerme, descendu de son char pour leur porter secours, est grièvement blessé par un tireur d'élite et traîné dans le fossé par le chef Goupil qui est à son chevet. Il succombe le 10.
Pendant ce temps, le peloton de Montgrand reconnaît Mühlhausen où il rentre. A ce moment, il reçoit l'ordre de porter secours au peloton Vuillerme en difficulté.
Apprenant que le Lieutenant Vuillerme, blessé, est resté sur le terrain, le Lieutenant de Montgrand tente d'aller le ramener avec son propre char. Au moment où il sort de sa tourelle, pour relever son camarade, il est touché à la jambe par un tireur d'élite.
Le peloton Denolle arrive à ce moment en renfort, les deux autres chefs de pelotons sont hors de combat.
Les chars légers se sont légèrement repliés pour éviter les coups d'auto·moteurs et gardent le contact de l'infanterie ennemie. Vers 16 heures, les chars moyens du commandent de Viéville relèvent le 1er escadron, attaquent et, après avoir nettoyé la partie Ouest du village, prennent Illingen. Le peloton Denolle pousse une reconnaissance sur Rosswag ; il bouscule les fantassins ennemis puis est arrêté par une coupure avant le village.
A 18 heures, l'escadron s'installe en point d'appui, dans le village. Le Maréchal des Logis Potier avec le 3ème Peloton reçoit mission d'appuyer les légionnaires dans Mühlhausen. Il revient à 21 heures, sa mission accomplie.
A 8 heures, le groupement B part en direction d'Illingen.
Le 3ème peloton (Sous·Lieutenant Maymil) du 2ème escadron, parti en tête, atteint Lienzingen, au sortir duquel il prend le contact. Réactions d'armes d'infanterie, puis de 88 explosifs et perforants. Le peloton neutralise les lisières Sud·Est des bois de Lienzingen et fait 12 prisonniers.
Le 1er peloton (Aspirant Debrinay) double le 3ème peloton qui revient dans le village pour recompléter ses munitions et faire ses pleins. Le Lieutenant Robillard de la 9ème compagnie du R.M.L.E., commande cet élément. Au pont de chemin de fer, des automoteurs ennemis le prennent à partie et 5 légionnaires sont blessés. Le pont à l'entrée d'Illingen étant coupé, une patrouille part chercher un point de passage et ramène 10 prisonniers. Les tirs ennemis se ralentissent. Un élément du groupement C arrive, par Mühlacker, à l'entrée du village. Les deux éléments de B, et C. pénètrent, presque en même temps, dans Illingen. Le soir, à 18 heures, le peloton Debrinay pousse sur Kleinglattbach où le 2ème peloton (Guillard) a pénétré.
Le 2ème peloton (Adjudant Guillard), dès 11 heures, a débordé Illingen par le sud pour appuyer la progression du 1er peloton dans Illingen. Il est, lui aussi soumis à une violente réaction d'automoteurs ennemis. Le Maréchal-des-Logis Desgranges est blessé au visage. Le peloton franchit difficilement la voie ferrée, protégé par 3 T.D. Une vingtaine de soldats allemands se constituent prisonniers. Le peloton pénètre dans Illingen. De là, il fonce sur Kleinglattbach qu'il atteint sans difficulté et à vive allure, détruisant des véhicules ennemis quittant le village. Malgré un violent bombardement et un itinéraire direct coupé, le peloton s'engage, pénètre et s'installe définitivement dans le village pour la nuit.
Le groupement A quitte Saint-Léon à 5 heures 30 et gagne Forst par l'autostrade, traverse Bruchsal - Heidelsheim - Diedelsheim et arrive à 8 heures à Rinklingen. Il repart de ce dernier village à 14 heures 55 et stationne, de 15 heures 15 à 16 heures au hameau d'Elfingerhof où sont formés trois détachements.
Détachement Huot : Peloton Provensal et section Troussard, une équipe du génie.
Détachement Laporte: Peloton Laporte et section Baguères, une équipe du génie.
Détachement de Torquat : Peloton de Gonet et section Grossman, une équipe du génie.
Au début de la matinée, le colonel Renaudeau d'Arc a assuré, en l'absence du Colonel de Lavilléon, le commandement du CC 6, le Chef d'escadrons du Chelas, le commandement du Groupement C et le Chef d'escadrons Humblot, celui du groupement A.
A 11 heures 30, le Groupement A s'est porté sur Lienzingen et a lancé :
1) Le détachement Huot en reconnaissance sur l'Enz, au S.O. de Mühlacker, pour rechercher un passage à gué. Au cours de cette reconnaissance, le Capitaine Huot est blessé à 200 mètres d'un petit poste ennemi.
D'après les renseignements recueillis, il ressort que l'Enz est infranchissable, sur cette partie de son cours.
2) Le détachement Laporte sur la région Nord de Mühlacker, pour reconnaître les itinéraires Illingen - Mühlacker et au besoin les déminer.
3) Le détachement de Torquat sur les bois situés au sud de Lienzingen, pour en assurer le nettoyage.
Des dispositions sont prises, au début de la nuit, pour assurer, dès le retour des trois détachements la défense éventuelle du village, en cas de contre attaque ennemie venant du Sud-Est.
Le Sous-Groupement C quitte St-Léon à 6 heures et arrive à Rinklingen à 7h25. Il repart à 8h45 pour les fermes Elfingerhof (2 km Ouest de Maulbronn) où il arrive à 10 heures.
Le Sous-Groupement reçoit l'ordre de pousser sur Illingen par l'Ouest. Il démarre à 13h45.
A 16 heures le peloton du Sous-Lieutenant Tailleux et ses légionnaires, entrent dans Illingen, déjà occupé par le Sous-Groupement B du Commandant Boulanger.
Le peloton de l'Aspirant Galvez entre à 16 heures dans Illingen, débordant le village par le Sud.
A 16h10, liaison est prise avec le Sous-Groupement B qui se trouve à 500 mètres au Nord du village.
Illingen doit être tenu par le 1er Escadron du 6ème R.C.A. A 18 heures, le Commandant du Chelas vient reprendre son commandement et constitue dans son groupement les détachements :
Lalo (Capitaine commandant la 11/3 R.M.L.E.), qui doit prendre le pont de Mühlhausen.
O'Brien (Capitaine commandant le 1er Escadron du 6e R.C.A.) qui occupera Klein-Glattbach.
Joyau (Lieutenant commandant le 4e Escadron du 6e R.C.A.) qui se placera de façon à appuyer l'entrée du Groupement B, dans Vaihingen.
A 20h45, l'élément du Capitaine Lalo remplit sa mission et démine le pont encore intact. L'élément du Capitaine O'Brien occupe Klein-Glattbach où sont déjà des Goumiers, et l'élément Joyau nettoie les pentes Sud et Sud-Est d'Illingen, puis effectue quelques tirs sur Vaihingen où le Groupement B n'attaque pas. Des reconnaissances faites par le Maréchal-des-Logis Mahé du C.R. et un Lieutenant du Génie, il ressort que le pont de Mühlhausen est praticable aux chars moyens. Tout le C.C.6 passera par là, quelques jours plus tard. Au cours de la journée, le 1er Escadron a eu un char touché par anti-char. Ses pertes s'élèvent à quatre blessés, (Lieutenant de Montgrand, Brigadier-Chef Dordognin, chasseurs Monchalin et Marinière) et deux tués (Lieutenant Vuillerme et chasseur Argento). Le 2ème Escadron a eu un blessé (M.D.L. Desgranges) et le 3ème également (Capitaine Huot).

8 AVRIL
Le 1er Escadron quitte Illingen à 7h30, avec mission de reconnaître Klein-Glattbach. Un peu plus tard, un peloton de chars moyens (Lieutenant Joyau) vient se joindre au 1er Escadron. Jonction est faite au centre de Sersheim, avec un Groupement du 3ème R.S.A.R.
Le 2ème peloton du 2ème Escadron (Adjudant Guillard) a l'ordre de prendre Unterriexingen. Déployé en bataille, il progresse en direction de son objectif. Le terrain est découvert et en pente jusqu'à l'Enz. A 2000 m, de l'autre côté du cours d'eau, 4 ou 5 chars allemands embossés ouvrent le feu sur le peloton qui descend le glacis. Le chef de peloton fait appuyer sur la gauche, où se trouvent des couverts et fait tirer le char 27 (canon long) qui au 3ème coup réussit à mettre en flammes un des chars ennemis. Les autres tirent encore et notre artillerie déclenche un violent bombardement. Néanmoins, 3 half-tracks de la Légion sont touchés et il y a des blessés.
Le peloton inflige de lourdes pertes aux éléments motorisés qu'il aperçoit de l'autre côté de l'Enz, mais ses munitions s'épuisent et il vient se placer dans un verger au sud-est de Gross-Sachsenheim.
A la nuit tombante, le 1er Escadron reçoit l'ordre de passer l'Enz à Mühlhausen. Un char fait une chute de 4 mètres. Les occupants sont contusionnés. L'escadron débouche au milieu d'une contre-attaque. Trois T.D. sont en flammes.
Le peloton Denolle est mis à la disposition du Capitaine de Torquat du R.M.L.E. et passera la nuit en point d'appui prés d'Aurich.
Le reste de l'escadron participe à la défense de Gross-Glattbach.
Le 1er peloton du 2ème Escadron (Aspirant Debrinay) contribue à disperser les éléments ennemis mis en fuite par les feux du peloton Guillard, dont il a pour mission d'appuyer la progression. L'Aspirant Debrinay, avec un char et deux half-tracks arrive à proximité de Gross-Sachsenheim. Six prisonniers, dont un feldwebel sont capturés ; peu après, un Lieutenant de S.S. et son motocycliste sont pris. Ordre est alors donné au peloton Debrinay d'attaquer Unterriexingen. Il neutralise les lisières du village, tandis que les Légionnaires y pénètrent vers l'Ouest. Après une préparation d'artillerie et un violent feu des chars dans la rue principale du village, où refluent en désordre de nombreux ennemis, l'attaque va se déclencher.
Mais arrive l'ordre : "Repli sur Gross-Sachsenheim, occupé par les Goumiers et pousser sur Bissingen''.
Le tout-terrain étant impraticable, l'élément Debrinay reprend la route. Il est pris à partie par un Ferdinand et une arme anti-char. Deux half-tracks de la Légion et le char 25 sont touchés : le Maréchal-des-Logis Walter et le Brigadier Klein sont blessés. Le char ne flambe pas, mais en essayant de s'embosser, il va au fossé et n'en peut sortir.
L'ordre arrive de ne pas récupérer pour le moment le char 25 et les deux half-tracks et de rentrer à Gross-Sachsenheim.
Le 3ème peloton (Sous-Lieutenant Maymil) quitte Illingen à 6h45 et se poste à Klein-Glattbach où il reçoit la mission de couvrir la gauche des éléments qui marchent sur Unterriexingen, ce qu'il assure de la cote 249. Il se porte ensuite aux lisières Est de Gross-Sachsenheim et exécute des tirs d'appui pour le Groupement et les Goumiers. A 19 heures, il rentre à Illingen pour la nuit.
Les premiers éléments du Groupement A (3ème Escadron) quittent Lienzingen à 5h45 et se portent sur Illingen. De ce dernier village, sont envoyés :
1° Le détachement Laporte, sur Vaihingen pour protéger l'établissement d'une tête de pont que tentera de réaliser une compagnie du 3e R.T.A.
2° Le détachement Torquat (ancien détachement Huot), sur Oberriexingen pour assurer la liaison avec le Groupement C.
3° Le détachement Haffner (ancien détachement Torquat), sur Mühlhausen. Ce détachement ayant franchi l'Enz, sur le pont de Mühlhausen, pousse sur le Sud-Est, se heurte à une sérieuse résistance, la réduit, capturant 16 prisonniers, et s'empare, en fin de journée, d'Aurich, où il capture 43 prisonniers.
L'infanterie rejoint ce dernier détachement d'Aurich pour l'aider à assurer la défense de nuit, tandis que le reste du Groupement s'installe à Mühlhausen.
Pendant ce temps, le Colonel Renaudeau d'Arc reçoit le commandement des éléments de la tête de pont de Mühlhausen-Vaihingen. Il se rend, à la tombée de la nuit, à Gross-Glattbach pris par le 4/I R.E.C. pour organiser la défense de ce village avec un Bataillon du 5ème R.T.M., le 4/1 R.E.C, une partie du I/6 R.C.A., et les T.D. du 4/11ème R.C.A. Au début de la nuit a lieu une grosse contre-attaque d'un bataillon ennemi. Le 4/I R.E.C. la bloque et fait de nombreux prisonniers.
A 10h15, l'élément O'Brien du Sous-Groupement C, se trouve aux portes du village, tandis que le Groupement Bonjour occupe Horrheim.
A 11 heures le détachement du Capitaine Lalo est relevé de sa garde au pont de Mühlhausen, par le Sous-Groupement A et gagne Sersheim.
Il est 12h45 quand le détachement du Lieutenant Joyau débouche de Sersheim, en direction de l'Est. Mais les ponts situés à 1 km Sud·Est de ce village sont coupés.
A 18 heures, le Sous-Groupement C rentre à Illingen, laissant le III/3 R.T.A. occuper Sersheim.
Le 1er Escadron fait toujours partie du Groupement C. A 15 heures, une opération de nettoyage dans des bois, au Nord de Gross-Glattbach donne 75 prisonniers. A 18 heures, au cours d'une seconde opération de nettoyage, le Lieutenant Denolle est blessé par minen, ainsi que le chasseur Rodriguez.
Le Sous-Groupement B (2ème Escadron) quitte Illingen au lever du jour en direction de Mühlhausen, Gross-Glattbach et Pinache.
Le peloton Guillard a pour mission d'attaquer n de s'emparer de Pinache. Après avoir nettoyé les bois jusqu'à la route Mülhlhausen-Pinache le peloton s'installe à 50 mètres au Sud des bois de 355, face à Pinache qu'il attaque rapidement : une forte réaction d'armes automatiques se fait sentir, les chars mitraillent et canonnent, mettant en flammes les premières maisons du village et prenant d'enfilade la rue principale. Les Légionnaires nettoient les maisons. Les Allemands sont tués en masse ou se rendent. Le char de tête, à la sortie Nord de Pinache, échappe de peu à un Panzerfaust ; 150 prisonniers sont ramassés et l'élément s'installe défensivement à la sortie Sud du village.
Le peloton Maymil fait partie de l'élément Eblé qui a pour mission de se rendre à Pinache. à travers les bois non nettoyés par l'élément précédent. Le parcours sous bois est très pénible. Les chars atteignent la route Durrmenz-Pinache, rencontrant des feux d'infanterie très mobiles et des abatis qui stoppent sa progression. La mission consiste à couvrir le flanc Nord-Ouest de l'élément Robillard. Les bois sont fouillés et un dépôt de bicyclettes, celles des éléments mobiles ennemis, et découvert.
Deux prisonniers parlent et situent, sur les croupes boisées à l'Ouest de la route Durrmenz-Pinache, l'emplacement où se regroupent les résistances mobiles harcelant nos colonnes. Le Lieutenant Eblé demande l'appui d'une compagnie de Tirailleurs. Le Chef de Bataillon dont dépend cette compagnie hésite, car il a besoin de tous ses hommes, des S.S. s'infiltrant entre Enzberg et Durrmenz menaçant sa droite. L'attaque, trop tardive, ne peut être lancée et le Lieutenant Eblé reçoit l'ordre de rejoindre Pinache. A la nuit, le peloton Maymil s'installe avec son accompagnement de Légionnaire, sur la face Est du village et cantonne là en défensive.
Au matin, le Sous-Groupement A (3ème Escadron) s'est rassemblé en dispositif articulé face au Sud-Est, pour agir en direction d'Enzweihingen, en soutien du R.E.C. Celui-ci ne pouvant prendre le village, c'est le Groupement A qui reçoit vers 16 heures l'ordre de s'en emparer.
Le peloton Laporte a quitté Mühlhausen à 5 heures du matin et s'est porté en position d'attente à Gross-Glattbach. Vers 15 heures, il se trouve sur les crêtes Sud-Est de Vaihingen, prêt à appuyer de ses feux le détachement Haffner qui doit s'emparer d'Enzweihingen.
A 20 heures, il rentre au bivouac, en protection du P.C.
Le peloton Provensal, se dirige vers 6h30 de Mühlhausen vers Aurich, met, en fuite, à 800 m Est d'Aurich une quinzaine d'hommes armés de Panzerfaust qui avaient attaqué les deux derniers chars. Vers 15 heures, il se porte au Nord-Ouest d'Aurich, pour suivre le détachement Haffner qui a pour mission de pénétrer dans Enzweihingen. Pendant la nuit, il occupera le carrefour Sud-Est d'Enzweihingen. Une première barricade, à 7500 m du village, défendue par des panzerfausts, est réduite par les Légionnaires d'accompagnement.
La progression reprend sous un violent tir de 88 et de minen. Les défenseurs se replient au Sud du village, à l'abri des crêtes. Le détachement Laporte, en position de tir, leur cause de lourdes pertes. A 18h30, le village est traversé.
Un minen fait trois blessés, dans le half-track de commandement : les chasseurs Djilali ben Bouazza (1554), Mohamed ben Mohamed (1240) et Rahal ben Abbes (1294). Le Maréchal-des-Logis Gouhier, du char 52, est blessé par éclat de 88. Le char 50, ayant un moteur grippé, est immobilisé à la sortie S.S.E. du village et forme, seul, un môle de résistance.
Les Légionnaires du Capitaine de Torquat s'établissent en point d'appui au carrefour de la route Vaihingen-Stuttgart et le peloton de Gonet s'établit au carrefour Sud-Ouest du village.
Le Sous-Groupement C (4ème Escadron) fait mouvement, à 9 heures du matin sur le pont de Mühlhausen, jusqu'aux lignes de crêtes 333 et 355.
Le Sous-Groupement B attaquant Pinache à 11 heures, le Sous-Groupement C le flanque sur sa droite en nettoyant les bois et fournit des appuis de feux sur la gauche.
Le peloton Tailleux et la section de l'Aspirant Arnaud nettoient les bois au Nord de la route Pinache-Gross·Glattbach.
Le peloton Galvez a pour objectifs le carrefour des pistes, 600 m Ouest du tournant de la route Pinache-Durrmenz. Il atteint son objectif. Le char de l'Aspirant Galvez est "bazooké" sans gravité. Quinze prisonniers sont faits.
A 18h45, les éléments reviennent à leur base de départ face au Sud. La section de l'Aspirant Merel est envoyée en renfort à 2h25, à Enzweihingen, où le Sous-Groupement A subit une très violente contre-attaque.

10 AVRIL
Le 1er Escadron, toujours au Groupement C, se porte, à 14 heures, à 1 km 500, au Sud de Durrmenz pour nettoyer les bois de Schutzenheim et de Schtauf. Le débouché a lieu à 17 heures, mais n'aboutit pas, des abatis obstruant tous les layons utilisables.
Pour la nuit l'escadron reste au bivouac, formé en carré, avec sentinelles fournies par les Tirailleurs. Celles-ci ouvrent le feu sur les ennemis repoussés de Pinache par le Groupement B. Le Marédnal-des-Logis Greder est blessé par minen, une cinquantaine de prisonniers sont faits, au cours de la journée.
Le sous-Groupement B reste en position défensive dans Pinache. L'artillerie exécute des tirs efficaces sur des rassemblements ennemis repérés.
Dans l'après-midi, une attaque d'infanterie échoue. L'artillerie et les chars ennemis tirent à vue sur tous les véhicules cherchant à sortir du village de Pinache.
A la nuit, les pelotons reprennent leurs positions défensives de la veille.
A minuit, les éléments du Groupement A. dont fait partie le 3ème Escadron, sont attaqués dans Enzweihingen. Le village n'est tenu que par 2 pelotons de chars et 3 sections de Légionnaires, le peloton Laporte restant à la cote 318 pour contre-attaquer éventuellement.
La contre-attaque ennemie se dessine au carrefour Sud-Est du village où les assaillants approchent à 50 m du peloton Provensal. Le char 50 immobilisé, se trouve isolé et à court de munitions. Le char C 1 va lui en apporter. Il reçoit un coup de Panzerfaust 10 mètres avant de l'atteindre. Le chasseur Coll est tué, le Maréchal-des-Logis-chef Vicens grièvement blessé, ainsi que le Brigadier-Chef Lespinasse, mort 2 jours après. Les chasseurs Waltz et Sarmeo sont également blessés.
A 4h30, la contre-attaque est repoussée et 67 prisonniers sont dénombrés.
A 11 heures, le peloton Laporte se porte au carrefour Sud d'Enzweihingen. A 14 heures, il va appuyer de ses feux, au Sud de Durrmenz, la progression du Groupement C, de l'autre coté de l'Enz.
Le peloton Provensal passe la journée en attente au carrefour Sud-Est d'Enzweihingen. Au cours d'une reconnaissance à pied, le Maréchal–des-Logis Vincent (char 54), est grièvement blessé. Le chasseur de Bourgoing est tué.
A la nuit, les détachements Haffner et Torquat sont renforcés par des Tirailleurs,
Le Groupement C (4ème Escadron) reçoit l'ordre de départ à 12h15, avec mission de nettoyer les bois de Rotenberg.
Le détachement du Capitaine Lalo comprenant 3 sections de Légionnaires et 2 pelotons de chars, démarre à 18 heures, puis prend à partie un groupe d'observateurs-spectateurs amis se trouvant dans la zone et dont la présence n'avait pas été signalée. Fort heureusement, il n'y a aucun blessé.
A 19 heures, la mission est remplie, 28 prisonniers ont été faits. Le village de Niefern est en vue, mais le C.C. 6 interdit de l'attaquer.
Au cours de la journée, le 3ème Escadron a eu 2 tués et 5 blessés. Le Régiment a fait de nombreux prisonniers.

11 AVRIL
A 6 heures, le 1er Escadron gagne Durrmenz. A la sortie des bois, à 500 m de la route de Pinache, B reçoit une volée de 50 coups d'automoteurs qui passent à fleur de tourelle. L'escadron fonce au plus vite.
Il se fractionne en trois pelotons marchant avec 3 compagnies et a pour mission le nettoyage des bois du Steckhof et du Schutzenheim. Au cours de cette opération 70 prisonniers sont faits.
Après une forte préparation d'artillerie, les chars s'apprêtent à attaquer les bois de Tannenberg. Ils subissent un violent tir de minen qui cause des pertes. Le Brigadier-Chef Rainat est tué, le Maréchal-des-Logis Leroy, les brigadiers Pérez et Claverys et le chasseur Bourion sont blessés. Pérez succombera dans la nuit.
A 19 heures, les chars repartent aux lisières Nord des bois de Tannenberg. A 20h30, l'escadron s'installe en cantonnement d'alerte à Durrmenz. Il ramène 26 prisonniers.
L'élément Eblé (2ème Escadron) et avec lui, le peloton Maymil vont se poster à 6h30, pour appuyer la progression du R.E.C. sur Oschelbronn et couvrir le flanc Est du Groupement C qui marche sur Niefern.
Les chars sont en position sans avoir été décelés et des groupes ennemis sont repérés à 800 m, ainsi qu'un poste d'observation ennemi. Celui-ci est pulvérisé par le tir d'un de nos chars. Les autres chars avancent sur une crête et exécutent, à leur tour, des tirs très meurtriers.
Peu après, une forte réaction de 88 encadre notre position et les chars se replacent à contre-pente.
Deux groupes de Légion et deux chars poussent une pointe sur les carrières Nord d'Oschelbronn ; capturent 20 prisonniers, et décèlent des résistances.
Au moment où se monte une action plus puissante, avec appui d'artillerie, arrive l'ordre de se porter en liaison avec le Sous-Groupement C. Cette manoeuvre déclenche une très violente série de tirs de 88. Liaison est prise avec le 1er Escadron du 6ème R.C.A. Les tirs ennemis se font plus violents. Le Lieutenant Eblé est légèrement blessé au bras. Le 1er Escadron se replie, l'élément Eblé reçoit à son tour l'ordre de gagner Pinache où il passera la nuit, dans le même dispositif que la veille.
Le Sous-Groupement A (3ème Escadron) appuie de ses feux l'attaque du C.C. 6 sur les bois de Tannenberg. Le soir, il se regroupe à Otisheim.
Le Sous-Groupement C (4ème Escadron) a pour mission de nettoyer les bois au Sud·Est de Niefern et de s'emparer des crêtes 399 et 381.
Dix minutes après l'heure H (8 heures), le détachement Lalo précise le contact dans les bois de Tannenberg. Il fait 80 prisonniers mais subit des pertes.
Le peloton Tailleux repère des organisations défensives ennemies très solides ; les prisonniers capturés affirmant, d'autre part, la présence de 300 Allemands sur la position. Un tir d'artillerie est demandé. Il est exécuté à 15h50.
L'attaque part à 16 heures, appuyée par des T.D. et les chars du Groupement A.
Le détachement Lalo reprend le contact à 17h20. Il atteint ses objectifs à 18h35. Les Tirailleurs en font le nettoyage.
Le Colonel commandant le C.C. 6 veut l'encerclement du Tannenberg. L'Aspirant Galvez est accroché par une forte résistance venant du Sud de Niefern. Des coups de 88 touchent sans gravité un char et un half-track.
Le Sous-Lieutenant Tailleux est blessé au visage. A 19h35, le Commandent du Chelas fait rentrer les chars moyens et légers à Durrmenz. Le détachement Lalo tiendra, aidé de Tirailleurs, la corne Sud-Ouest du bois de la cote 228.

12 AVRIL
Le 1er Escadron se porte, à 7h30, à la ferme Schaufhauss, située en lisière du bois de Schutzenheim. Deux pelotons redoivent mission de reconnaître le bois de Tannenberg.
La compagnie de Tirailleurs les accompagnant s'installe aux lisières du village de Niefern. Le dernier peloton a pour mission de déborder le bois par le Sud. Les lisières Ouest sont également débordées. Au moment de donner l'assaut au village de Niefem, le 1er Escadron reçoit l'ordre de rester sur place.
Le 1er Escadron rejoint Durrmenz à 14 heures et cantonne.
Le Sous-Groupement B (2ème Escadron), sauf deux petits éléments quitte Pinache à 9 heures et gagne Mühlhausen.
Les chars du 3ème Escadron ayant repris position sur le Lattenwald, dégagent par le feu les pentes Nord-Ouest de la cote 381.
A 6h50 l'Escadron Joyau (4ème Escadron) vient renforcer les Légionnaires du Capitaine Lalo.
Des tirs d'arrêt sont demandés par l'infanterie une contre-attaque allemande se dessinant avec un effectif d'environ 2 compagnies.
A 11 heures, l'objectif de la veille est de nouveau entre nos mains. A 12h20, les éléments du Sous-Groupement C dont fait partie le 4ème Escadron, sont regroupés dans Durrmenz.
Le 1er Escadron cantonne à Durrmenz : entretien du matériel, recomplétements.
Le 1er peloton du 2ème Escadron reste en surveillance sur ses positions. L'autre élément de surveillance est relevé par le peloton Maymil.
Le Sous-Groupement A (3ème Escadron) se répartit entre Kieselbronn, le Lattenwald et Enzberg. Il n'intervient pas. Mouvement du P.C. de 14h30 à 15 heures sur Kieselbronn.
Au 4ème Escadron, le Capitaine Blacas, rentré de permission, reprend le commandement. Il va, avec le Capitaine Lalo et le Lieutenant Marsauche des T.D., reconnaître des emplacements de tir et des cheminements en cas de d'attaque.

14 AVRIL
Le 1er Escadron fait mouvement de Durrmenz sur Niebelsbach, entre 15 heures et 19 heures, par Otisheim. Durm, Eisingen, Stein, Wilferdingen, Ellmendingen.
Au 2ème Escadron, le peloton Guillard relève le 1er peloton. A 13 heures, les deux pelotons de surveillance rejoignent Mühlhausen. A 15h15 l'escadron gagne Grafenhausen, avec le Sous-Groupement B.
Le 3ème Escadron se porte, entre 17h10 et 20 heures, de Kieselbronn à Eisingen, Stein, Wilferdingen et Auerbach où il passe la nuit.
Le 4ème Escadron part à 16h25 pour Dietlingen où il arrive à 21h30.

15 AVRIL
Le 1er Escadron reste en état d'alerte à Niebelsbach,
le 2ème cantonne à Grafenhausen : entretien du matériel,
le 3ème reste à Auerbach et le 4ème à Dietlingen.

15 AVRIL
Le 1er Escadron fait mouvement de Niebelsbach à Fünfbronn où il s'installe en point d'appui.
Le 2ème Escadron fait mouvement avec le Sous­-Groupemrnt B et gagne par Neuenburg, le village de Gaugenwald où il passe la nuit.
Alerté à 13h50, le Sous-groupement A (3ème Escadron), se porte par Neuenburg, Wildbach, Calmbad, sur Simmersfeld atteint à 19h45. Le Lieutenant-Colonel Renaudeau d'Arc, mis à la disposition de la Direction de la Cavalerie fait ses adieux au Régiment. Dès lors, le commandement du 6ème R.C.A. et du Sous·Groupement A est assuré par le chef d'escadrons de Viéville.
Le 4ème Escadron part à 15h35 de Dietlingen pour Aichhalden atteint à 21 heures. Le Lieutenant Josse parti en précurseur, entre, sans le savoir, le premier dans Aichhalden, non encore occupé. Ce n'est qu'un quart d'heure après que la Légion arrive, mitraillette au poing.

17 AVRIL
Le 1er Escadron quitte Fünfbronn à 13h30 pour Nagold atteint à 14h30 et prend liaison avec le Capitaine Astoul commandant le 4ème escadron du R.E.C.
A 19 heures, une reconnaissance composée du peloton Dumouchel et d'un peloton d'auto-mitrailleuses (Lieutenant Colas) s'avance sur la route de Mötzingen. Deux hôpitaux, situés au bord de la route sont fouillés.
A 1500 m du village, cette reconnaissance en prise à partie par des tirs de snippers et des tireurs de panzerfaust. Le village est débordé par le Nord et des tireurs ennemis sont neutralisés.
Pendant ce temps, un élément avec le Sous·Lieutenant Olié du R.E.C. et des chars légers, pousse jusqu'aux lisières Sud-Ouest d'Oberjettingen. Restent en réserve, au carrefour 800 m. Est de Nagold, un peloton de chars légers et un peloton d'A.M. avec le Capitaine Astoul
A 20h30, les villages de Mötzingen, Oberjettingen et Unterjettigen sont occupés après une vive réaction ennemie. Mais à la nuit, vu le peu d'infanterie d'accompagnement, le C.C.6 donne l'ordre de repli sur Nagold.
Au cours de la journée, 10 prisonniers ont été faits.
A 10 heures, le Lieutenan-Colonel d'Arc vient faire ses adieux au 2ème Escadron.
Une trentaine de tous jeunes Allemands (16 à 18 ans) viennent se constituer prisonniers.
A 14 heures, l'escadron part en direction de Nagold. Le peloton Guillard s'installe aux lisières Est de Mützingen, pour éventuellement appuyer de ses feux une reconnaissance sur ce village. A la nuit, il regagne Nagold sans avoir eu à intervenir.
Dans l'après-midi, les trois détachements du Sous-Groupement A (3ème Escadron) effectuent des reconnaissances et des nettoyages d'itinéraires dans le quadrilatère: Nagold, Waldorf, Egenhausen, Schietingen. Les ponts sur la Nagold sont reconnus. Le 4ème Escadron part d'Aichhalden à 17 heures, sur Oberweiler, Simmersfeld, Altensteig, atteint à 18h30.


18 AVRIL
Le 1er Escadron est mis à la disposition du Colonel commandant le R.E.C.
Un premier détachement, aux ordres du Capitaine Astoul et comprenant 2 pelotons du I/6 R.C.A. et le 4ème Escadron du R.E.C., moins un peloton, a pour mission de reconnaître et éclairer les axes Unterjettingen, Oschelbronn, Tailfingen et Tubingen, d'une part et Mötzingen, Bondorf, Seebronn, Wurmlingen, d'autre part.
Un deuxième détachement, aux ordres du Capitaine O'Brien et comprenant un peloton du 4/R.E.C. et un peloton du 6ème R.C.A., doit reconnaître l'axe Nagold, Oberjettingen, Herrenberg.
Le départ de Nagold a lieu à 5h45. Oberjettingen est occupé et une heure plus tard, la progression du détachement O'Brien sur Herrenberg, se poursuit. Des patrouilles sont lancées sur les lisières Ouest d'Herrenberg. A la voie ferrée, de nombreuses armes automatiques se dévoilent et le village semble fortement tenu. D'autre part, les villages d'Affstatt et Kuppingen sont encore aux mains de l'ennemi
A 12 heures, un détachement de chars moyens et de T.D. vient aux lisières d'Herrenberg.
La mission confiée au détachement O'Brien est alors la suivante: dès qu'Herrenberg sera libre, reconnaître Bebenhausen et Lustnau.
Le détachement du Capitaine Astoul est en train de prendre Bondorf, Tailfingen et Wurmlingen.
A 14 heures, la mission du Capitaine O'Brien change : il nettoiera le centre du village d'Herrenberg. Cette mission est accomplie à 15 heures et l'escadron repasse aux ordres du Colonel commandant le C.C. 6 avec mission de tenir Altingen face au Sud et de détacher un élément à Sindlingen, ce qui est réalisé à 23 heures.
Au cours de l'avance du détachement Astoul, le Brigadier-Chef Martin est tué au Nord de Tailfingen.
Le Sous-Groupement B (2ème Escadron) est divisé en trois éléments :
l'élément de Raymond, avec le peloton Guillard,
l'élément Eblé, avec le peloton Maymil,
l'élément Robillard, avec le peloton Debrinay.
L'éliment de Raymond part à 5 heures en direction de Mötzingen où il pénètre et qu'il nettoie. On lui donne alors Kuppingen comme objectif. Les chars, déployés en bataille, attaquent le village par l'Est et l'Ouest, une centaine d'ennemis le défendent avec des armes automatiques. Un Capitaine de S.S. tient tête farouchement avec quelques hommes. Il est tué. D'autres défenseurs s'enfuient.
Les îlots de résistance sont détruits un par un, une cinquantaine de prisonniers sont faits. Le village est nettoyé, l'élément s'y installe. Durant l'après-midi, une forte réaction de mortiers se fait sentir : le chasseur Verguet, pilote du char 28, est grièvement blessé.
L'élément Eblé part à 5h30 sur Oberjettingen où il entre en liaison avec des éléments du R.E.C. et les chars du I/6 R.C.A. Il s'installe aux lisières Nord du village. Un camion allemand arrive et se présente à l'entrée du village : trois Allemands se rendent et, venant de Stuttgart, affirment que la route est libre d'éléments militaires.
A 9 heures, l'élément appuie la progression sur Herrenberg. A 10 heures, ordre est reçu d'aller à Sulz puis Kuppingen. Sulz est atteint rapidement et occupé sans la moindre réaction de l'ennemi ; des prisonniers français libérés signalent que les troupes allemandes, parties depuis peu formeraient un bouchon entre Sulz et Kuppingen.
En effet, à la sortie du village, des tirs d'anti­chars et de 88 arrivent. Le char 08 est touché, le chasseur Masade est tué, Marion et Roulier sont blessés. Chaque tentative de sortie du village par l'Est ou le Sud est arrêtée par des tirs d'anti-chars très précis. L'élément Eblé se place au Nord d'Oberjettingen, couvrant des éléments de Spahis qui vont occuper Sulz. Mise en place terminée, ordre est donné à l'élément de tenir pour la nuit le village d'Affstatt, entre Kuppingen et Herrenberg.
L'élément Robillard quitte Nagold à 6 heures et se porte à Unterjettingen. Il pousse ensuite sur Sindlingen où il fait 12 prisonniers. Il prend ensuite Affstatt sans difficulté ; liaison est prise dans Herrenberg avec le Groupement C. Patrouille sur Nufringen sans résultat. Retour à Kuppingen.
Dès 7 heures, le Sous-Groupement A (3ème Escadron) reçoit l'ordre d'atteindre la transversale N.S. Unterjettingen, Mötzingen, Volmaringen, ce qui est fait rapidement, malgré quelques résistances légères. Le Sous-Groupement reçoit l'ordre de pousser au Nord-Est vers Herrenberg. Le détachement Haffner se porte par Haslach au Sud-Ouest de cette ville avec mission d'y appuyer l'entrée du Sous-Groupement C. Une patrouille de deux chars et deux half-tracks de la Légion, aux ordres du Sous·Lieutenant de Gonet. fonce à 12 heures sur Herrenberg et prend un quartier de cette ville qu'il nettoie. Le Groupement C y pénètre, à son tour. Le Sous-Lieutenant de Gonet revient à Haslach.
Le détachement du Lieutenant Laporte, occupe Gulstein vers midi et y fait 20 prisonniers.
Le détachement du Lieutenant Dubouchet atteint Nebringen.
Vers 16 heures, ces deux détachements attaquent Altingen. Une préparation d'artillerie de 10 minutes, précède l'attaque qui réussit.
Le Sous-Groupement A, le 18 au soir, est réparti comme suit :
détachement Laporte à Kayh,
détachement Dubouchet (Peloton Provensal) à Monchberg,
détachement Haffner et P.C. à Gulstein.
Le Sous-Groupement C (4ème Escadron) doit progresser derrière les Groupements A et B, avec mission de les appuyer et de protéger leurs flancs.
Il comprend :
l'élément Blacas (Commandant le 4/6 R.C.A.), avec un peloton de chars, une section de Légion et du Génie.
l'élément Lalo de même composition.
l'élément Chauffert (Lieutenant de T.D.)
Vers 11 heures, l'élément Lalo va sur Haslach où il pénètrera à 11h35 après avoir rencontré une assez forte résistance. Le half-track de commandement du Capitaine Lalo, bazooké, flambe.
L'élément Blacas se porte au carrefour 2 km 500 Ouest d'Herrenberg et prend liaison, à midi, avec le Groupement B.
A 13h30, un tir de fumigènes aveugle les cotés Nord-Ouest et Nord-Est d'Herrenberg et les chars démarrent. Les premiers éléments du détachement Lalo sont à l'entrée Sud d'Herrenberg à 13h50 ; une vive fusillade a lieu, une centaine d'Allemands résistent avec des Panzerfaust et des armes d'infanterie. Ces éléments sont refoulés et à 14h05, le détachement Lalo est au centre d'Herrenberg.
Le détachement Blacas progresse plus lentement dans un terrain marécageux fort difficile ; un de ses chars (Brigadier·Chef Watrigant), est tiré par Panzerfaust et brûle. Le pilote Perricaud et l'aide­-pilote Sartor sont blessés.
A 20h45, un renfort d'infanterie est demandé pour permettre, éventuellement, de supporter une contre-attaque ennemie venant de l'Est. La défense du village est solidement organisée.
A 21 heures, une délégation de notables de Nufringen, vient nous supplier d'occuper la ville, évacuée par les troupes allemandes.
Dans la journée, le Régiment a eu un tué et quatre blessés, un char touché par anti-char, un half-track et un char incendiés par Panzerfaust.

19 AVRIL
Le 1er Escadron est réparti en trois pelotons qui font partie des éléments : Sous-Lieutenant Olié, du R.E.C., Capitaine O'Brien, Sous-Lieutenant Anseau du R.E.C. Ces détachements reçoivent des missions de reconnaissance.
Le départ a lieu à 8 heures, sur l'itinéraire Tailfingen-­Gulstein·Mönchberg.
A 11h30, à 1 km 500, au Sud-Ouest de la ferme Schaishof, se trouvent des barrages d'abatis. Une A.M., voulant les déborder s'enlise. A 16 heures le détachement arrive au complet à la ferme, par un itinéraire détourné.
Une demi-heure plus tard, un motocycliste ennemi se présente, il est tué. A 17 heures, un camion ennemi chargé de munitions, tiré par les chars, explose.
L'ennemi, que repousse le 2e R.S.A.R., afflue vers la ferme, de plus en plus nombreux. Il est cloué au sol. A 20h45, liaison est prise avec les éléments du 2e R.S.A.R.
L'escadron reste en point d'appui défensif pour la nuit.
L'élément Eblé, du 2e Escadron part à 10 heures d'Affstatt, avec mission de se porter à Breitenholz. En cours de route, il rencontre le 3ème Escadron du 6e R.C.A., qui a la même mission. En conséquence, l'élément Eblé pousse sur Entringen qu'il atteint à 10h50. Tubingen étant pris, l'élément marche sur Bebenhausen, par un itinéraire difficile.
A 13h55, arrivée au château de Bebenhausen, demeure de la reine de Wurtemberg. L'élément pousse sur Lustnau, atteint à 15h10, puis sur Pfrondorf atteint à 17 heures, sans essuyer un coup de feu.
Kirchentellinsfurt est le nouvel objectif ; un abatis retarde le progression. Le pont situé à l'entrée du village saute devant les éléments de tête. Les chars ouvrent le feu sur les soldats allemands circulant dans le village. Quelques tireurs d'élite ripostent.
Le Sous-Groupement C double l'élément Eblé qui rentre passer la nuit à Pfrondorf.
De Pfrondorf, le peloton Guillard pousse une reconnaissance à 2 km en forêt et ramène 15 prisonniers. Il regagne Pfrondorf pour la nuit.
Le peloton Debrinay qui arrive à son tour à Pfrondorf, va reconnaître Eichenfirst puis rentre avec 20 prisonniers.
Le Groupement A (3ème Escadron) reçoit mission de couvrir au Nord le mouvement du Groupement B sur Tubingen et d'appuyer le débouché de ce Groupement sur Breitenholz.
Les détachements Laporte et Dubouchet progressent difficilement (barrages, abatis) sur l'itinéraire Mönchberg, Nord de Bebenhausen. Ils n'arrivent que vers 18 heures à ce dernier village, après de nombreuses variantes d'itinéraires.
Le détachement Haffner, avec 3 T.D. du 11ème R.C.A. se porte sur Entringen, puis sur Bebenhausen où il arrive vers 16h30. De là, il est poussé face au Nord, sur Dettenhausen pour prendre liaison avec le R.E.C. Il rencontre un barrage que le Génie supprime, puis double le R.E.C. et, appuyé par l'Artillerie, attaque le village à la tombée de la nuit, malgré une forte résistance. Un half-track de la Légion, atteint par panzerfaust flambe : deux blessés. L'ennemi, en fuite, est violemment pris à partie par l'Artillerie, les chars, les A.M. et laisse entre nos mains 31 prisonniers.
Les détachements Laporte et Dubouchet rejoignent Dettenhausen vers 22 heures. Tous assurent pour la nuit la défense du village.
A 10h45, le Groupement C (4ème Escadron) reçoit la mission de tenir le carrefour 573 et de s'installer défensivement à Mönchberg.
Le peloton Joyau est envoyé au carrefour et tout le reste du Groupement part pour Mönchberg. Le peloton Joyau est fortement accroché, par Panzerfausts et armes automatiques. Au moment où l'on envisage de lui envoyer de l'Infanterie, l'ennemi décroche. Il est 12h30.
A 16 heures arrive au sous-Groupement l'ordre de se porter à Tubingen. A 17h50, l'élément comprenant le peloton Galvez, est arrêté sur la route, à hauteur de Kirchentellinsfurt, par un pont sauté et un bagage anti-char fortement défendu. Le village surplombant la route, les mitrailleuses allemandes interdisent le passage. L'élément de tête réussit à le forcer. Suit le P.C. qui, faisant feu de toutes ses armes, réussit également à passer sans mal. Six prisonniers sont faits ; deux de ceux­ci, que l'on essayait d'évacuer sont tués par des balles des leurs.
Les camions d'essence sont, à leur tour, pris à partie par les rafales des mitrailleuses allemandes et deux conducteurs sont blessés.
A 20 heures, le peloton Galvez entre dans Rubgarten. L'élément Lalo a pénétré dans Pliezhausen. Le village de Gniebel attaqué à la fois par ces deux éléments, tombe après un court combat.
Tout le Sous-Groupement fonce sur Walddorf tandis que le peloton Joyau nettoie Gniebel.
Walddorf est occupé défensivement pour la nuit.

20 AVRIL
A 13 heures, le détachement O'Brien du 1er Escadron reçoit pour mission de reconnaître les villages de Plattenhardt, Bonlanden, Bernhausen, Plieningen. A l'Ouest du premier village, une vive fusillade crépite, néanmoins, le village est occupé une heure après par les chars moyens.
Bonlanden, puis Bernhausen à 19h15 et Plieningen à 20h40, sont atteints. Liaison est prise avec le Commandant de Viéville, commandant le Sous-Groupement A.
L'élément Eblé du 2ème Escadron a pour mission de se porter sur Aich. Au cours de la progression, une quarantaine d'Allemands, surpris au repos, au bord de la route, sont faits prisonniers.
Des tirs sont effectués sur Aich ; l'attaque du village est menée à bien. A midi, le nettoyage est terminé. A 14 heures, le Lieutenant Eblé a pour mission de prendre Grotzingen. L'attaque menée à partir des hauteurs Sud est couronnée de succès. De nombreux prisonniers de la Flak sont capturés, ainsi que leurs canons anti-aériens. L'élément rejoint le Sous-Groupement à Wolfschlugen.
L'élément de Raymond (peloton Guillard) a pour première mission de prendre intact le pont de Neckartailfingen, ce dont il s'acquitte rapidement.
Au cours du nettoyage du village, une soixantaine de prisonniers sont capturés. Plus loin, à environ 1500 m se trouvent des pièces de D.C.A. (renseignement donné par des prisonniers), l'Adjudant Guillard détruit de ses feux 9 mitrailleuses de 20. L'élément regagne Wolfschlugen.
L'élément Robillard (peloton Debrinay) a marché dans les traces du Lieutenant Eblé jusqu'à Aich puis s'est porté sur Wolfschlugen.
Le Sous-Groupement B regroupé à Wolfschlugen, reçoit l'ordre de pousser, de jour et de nuit, sans répit, sur Stuttgart.
A la nuit, les villages de Neuhausen et Scharnhausen sont atteints par l'élément de Raymond, suivi d'Eblé et de Robillard qui pousse sur Ruit. Ils rencontrent aux lisières Sud de ce village, une forte résistance. L'attaque de nuit étant jugée très difficile, l'opération est remise au lendemain et le peloton s'installe en point d'appui fermé, à 400 m au Sud du village, dont l'artillerie neutralise les abords.
A 8 heures, le Sous-Groupement A (3ème Escadron) reçoit l'ordre de s'emparer de Waldenbuch. Les détachements Dubouchet (Provensal) et Laporte mènent l'attaque sur le même axe, celui du détachement Dubouchet étant impraticable. Le village est pris à 11 heures.
A midi, les deux détachements et le P.C. avant sont dans la localité. Le détachement Haffner qui les couvre, est pris à partie par l'artillerie ennemie quand il quitte sa position (2 tués et 7 blessés à la Légion).
A 13 heures, le détachement Dubouchet effectue une reconnaissance sur Aich et nettoie Glashütte et Neuenhaus.
A 14 heures, le détachement Laporte reçoit l'ordre de s'emparer de Plattenhardt, puis de Neuenhaus, ce qui est fait, après avoir décimé une colonne ennemie à la mitrailleuse et au canon. Le détachement Dubouchet (Peloton Provensal) attaque Plieningen et l'enlève. Les 3 détachements se regroupent à Plieningen.
A 17 heures, ordre est reçu de pousser sans désemparer sur Esslingen par Neuhausen. A peine lancés sur Neuhausen qu'occupe le détachement Dubouchet arrive l'ordre de foncer sur Stuttgart, de jour et de nuit.
Les détachements sont axés sur Bernhausen et Plieningen qui est atteint à 21 heures, et occupé par tout le Sous-Groupement. Un violent tir de 88 s'abat sur Bernhausen, 19 prisonniers sont faits.
Le C.C. 6 ordonne au Groupement C (4ème Escadron), d'occuper Häslach, Altenriet et le Neckar, jusqu'à Pliezhausen.
A 8h30, l'élément Calvez occupe Häslach. L'élément Joyau occupe Altenriet et surveille le Nord et l'Est de la vallée du Neckar. L'élément Chauffert (11ème R.C.A.) part pour Pliezhausen, revient par Dörnach et doit reconnaître le pont de Mittelstadt.
A 9h30, le deuxième élément ne peut empècher le pont d'Altenriet de sauter.
A 13 heures, ordre est donné de relever le Groupement B à Neckartailfingen. Les éléments Joyau et Simian marchent sur ce village. Le char de tête est tiré par un automoteur ennemi. La résistance ennemie se raidit.
A 18h45, le détachement du Capitaine Blacas entre dans Neckarhausen, en subissant à la crête dominent le village, une réaction d'automoteurs ennemis placés sur l'autre rive du Neckar. A 22 heures, tout le Groupement démarre vers Neuhausen. De là, les deux éléments, aux ordres du Capitaine Blacas, essaient de pousser sur Denkendorf. Tandis que la tête est arrêtée par des obstacles battus, un half-track d'accompagnement est détruit par panzerfaust.
A 23h30, le Groupement reçoit l'ordre de pousser directement sur Nellingen. Une barricade obstruant le passage par le pont de Körsch, la colonne est déroutée encore plus à gauche par Scharnhausen. Le half-track du Capitaine s'embourbe.



STUTTGART

21 AVRIL
Le 1er Escadron se portant à Stuttgart par Plieningen, Kemnat, Sillenbuch, prend à partie des éléments ennemis se défilant vers le Sud et détruit un command-car, un canon anti-aérien, et un antichar. Plieningen est organisé défensivement, face au Nord et face au Sud.
L'après-midi, l'escadron reçoit l'ordre de nettoyer les bois de Nalsbach, à l'ouest de Plieningen.
A 15 heures l'ordre arrive de se porter à Kemnat. Une batterie de D.C.A. avec ses servants, est faite prisonnière.
La progression sur Stuttgart, se poursuit ensuite par Sillenbuch. Dans Stuttgart, l'Escadron prend liaison avec le Chef de Bataillon Boulanger, commandant le Groupement B.
Pour la nuit, défense du P.C. du C.C. 6. Au cours de la Journée, l'Escadron a fait 160 prisonniers.
2ème Escadron (Sous-Groupement B)
Action de l'élément de Raymond.
Dans le cadre de cet élément, le peloton Guillard attaque au lever du jour, le village de Ruit, de front et par débordement. Il fait de nombreux prisonniers et s'installe en défensive aux sorties Nord et Nord-Est.
Action de l'élément Robillard
Le peloton Debrinay faisant partie de cet élément, est envoyé en arrière de Scharnhausen, reprendre liaison avec le Sous-Groupement C, coupé par le repli d'une colonne allemande. 20 prisonniers sont faits, le peloton et son accompagnement regagnent Ruit.
Action de l'élément Eblé
Le peloton Maymil, de cet élément, se poste à l'abri de tirs d'automoteurs, en protection de l'élément Robillard qui se porte sur Scharnhausen. Le Brigadier Albert de l'échelon est blessé par éclat d'obus. L'élément rejoint Ruit à 11 heures.
A 11h30, il doit se porter sur Kemnat où des automoteurs gênent le Sous-Groupement A pour débouler de Plieningen. Un contre-ordre prescrit au Lieutenant Eblé de foncer sur Stuttgart par le village de Sillenbuch et de s'emparer du pont entre Stuttgart et Cannstatt.
A 12h10, l'élément du Lieutenant Eblé quitte Ruit et se dirige vert Sillenbuch. Les feux de neutralisation des chars forcent une compagnie allemande à se rendre. Dans Sillenbuch, occupé sans difficulté, des prisonniers se rendent ; le char 08 incendie une voiture légère où deux officiers allemands sont tués. L'élément de Raymond relève l'élément Eblé qui repart en avant, capturant deux officiers allemands et des ennemis isolés.
L'élément s'apprête à foncer sur la route de Stuttgart quand arrive l'ordre de s'établir solidement au carrefour de Dagebroch.
Après liaison avec le chef de Bataillon Boulanger, commandant le Sous-Groupement B, l'élément obtient la permission de foncer jusqu'aux lisières du bois Sud de Stuttgart et d'y attendre les deux autres éléments du Sous-Groupement B. En s'y rendant, le char de tête détruit une voiture légère.
A 14h55, les trois éléments sont groupés et reçoivent à 15h40, l'ordre de pousser en avant.
Le Sous-Groupement fonce à vive allure, sous une pluie battante, pour éviter panzerfausts et tireurs isolés, et pénètre à 16 heures dans Stuttgart. Le pont situé entre Stuttgart et Cannstatt, objectif final, est atteint sans désemparer. Ce pont étant coupé les chars s'établissent en bouchon. L'ennemi, surpris par la rapidité de la pénétration française dans la ville, fuit en désordre devant le déboulé des chars. Un point d'appui fermé, aux alentours du pont, est établi par l'ensemble du Sous-Groupe­ment B. Des centaines de prisonniers sont capturés.
Le 3ème Escadron (Sous-Groupement A) a reçu ordre de foncer sur Stuttgart, de traverser la ville et de s'installer sur les hauteurs, au Nord.
Le détachement du Lieutenant Dubouchet (peloton Provensal), qui se porte de Plieningen sur Degerloch, faubourg Sud de Stuttgart est accroché à la sortie Nord-Est de Plieningen, par une résistance opiniâtre et qui se maintient en place, malgré un violent bombardement du III/62.
Le détachement du Lieutenant Laporte, débloque le Groupement C, (4ème Escadron) attaqué dans Scharnhausen, puis prend la résistance à revers, en passant par Echterdingen et la fait tomber, ramassant 58 prisonniers.
Pendant ce temps, le Capitaine Bachelot, adjoint au Commandant de Viéville, réussit à persuader le Médecin-Chef de l'hôpital d'Hobenheim, des dangers courus par l'hôpital si la résistance installée à proximité ne cesse pas. Cette action et le débordement du détachement Laporte, amènent la reddition de 171 combattants, sans compter les 940 blessés de l'hôpital.
Le détachement Dubouchet atteint Degerloch à 15 heures. Le Lieutenant Laporte doit revenir sur ses pas pour rattraper les autres éléments dans ce village, son premier itinéraire étant coupé d'abatis.
16h30, attaque de Stuttgart.
17h10, la pancarte "Stuttgart" est dépassée par le Lieutenant Dubouchet qui entre dans la ville à 17h30, après avoir doublé une colonne du C.C. 4 arrêtée dans la descente vers la ville. Celle­ci est traversée vivement, par la Place du Théâtre, la Place Hindenburg, la Place de la Gare Centrale, jusqu'à la Tour Bismarck, sortie Nord·Est de Stuttgart, atteinte vers 19h30. Les tireurs isolés et au panzerfaust sont réduits par les chars, appuyés par la Légion.
Le détachement Haffner suit et stoppe à 19h30, à Weisserhof, tandis que le Lieutenant Laporte arrête son élément au quartier de la Gare Nord.
Les trois détachements cantonnent sur place. Le P.C. avancé du Groupement, qui a progressé pendant toute l'opération, avec le détachement Dubouchet, s'installe dans le point d'appui de ce dernier, dans la villa de l'ancien Général allemand commandant la ville de Stuttgart.
Les ravitaillements et les liaisons sont pris à partie, à la tombée de la nuit, par des snipers et des tireurs de panzerfaust. Un camion d'essence brûle, faisant plusieurs blessés.
Au cours de la journée du 21, 190 prisonniers ont été faits par le Sous-Groupement A, plus 340 blessés, à Hohenheim.
4ème Escadron.
A 3h30, le détachement du Capitaine Blacas quitte Scharnhausen, sans avoir rencontré l'ennemi.
L'élément de l'Aspirant Galvez, ainsi que le P.C. du Sous-Groupement, partent le rejoindre à 5 heures.
Brusquement, à l'entrée Sud du village, à 6h20, les coups de canon fusent de partout, ainsi que tirs de Panzerfausts et rafales de mitrailleuses. Le hall-track qui précède le V.T.T. radio du Commandant du Chelas, touché par 3 coups de Pak, explose. Un T.D, est également touché. C'est une colonne ennemie qui essaie de se frayer un passage à travers les éléments du Groupement C.
Les prisonniers faits signalent la présence de 300 Allemands. Le peloton Galvez est momentanément coupé de sa section et du Groupement. Les éléments se ressoudent, après une riposte très vive et entreprennent le nettoyage des maisons de Scharnhausen, tandis que l'Artillerie (3/62) tire à vue sur les ennemis affluant du Nord et de l'Ouest.
La section de Légion Robillard est envoyée à l'aide et nettoie le secteur.
A 8 heures, l'élément du Capitaine Blacas est également fortement accroché à Nellingen, par une colonne ennemie qui essaie de percer vers l'Est. Notre artillerie et nos chars lui causent de lourdes pertes, une batterie ennemie de 105 est détruite.
Le détachement du Lieutenant Joyau s'est porté à 6 heures à l'entrée d'Esslingen. Il mitraille 50 porteurs de panzerfaust qui descendaient tranquillement vers lui. Ses prisonniers déminent un sérieux barrage. A 8 heures, un élément à pied nettoie le pâté de maisons au Sud·Ouest d'Esslingen, tandis que les chars prennent à partie une colonne cherchant à descendre vers l'Est par la route Bruhl-Esslingen.
A 10 heures, la situation, un moment confuse, est complètement rétablie. Les éléments du Groupement C se réunissent à Nellingen, l'élément Joyau continuant son nettoyage à Esslingen. A Nellingen, 150 prisonniers sont faits, un important matériel est capturé.
Dés 14 heures, commence le nettoyage de la région située entre la route Stuttgart - Esslingen et le Neckar.
Le détachement du Lieutenant Joyau, suivi du P.C du Sous-Groupement, attaque Heumaden par le Sud. A l'entrée du village, un half-track est touché sans gravité par Panzerfaust. La colonne essuie quelques coups de feu de snipers. Le village est nettoyé et occupé, 40 prisonniers sont faits. Il est 17h30.
Les mêmes éléments continuent de pousser sur Hedelfingen où ils entrent à 19h30.
L'élément du Lieutenant Simian doit passer par Ruit, aller au carrefour de Bruhl, puis occuper le carrefour Nord-Ouest d'Hedelfingen. Il est accroché après Bruhl : un char est atteint par Panzerfaust ; le chasseur Jacques est tué, les autres membres de l'équipage, plus ou moins blessés. Des Allemands se rendent, mais les barricades empêchent la continuation de la progression.
A 20 heures, l'élément du Lieutenant Joyau,lancé dans la nuit vers Stuttgart, prend liaison avec le Sous­-Groupement B, au pont entre Stuttgart et Cannstatt.
Pour la nuit, cet élément défend Hedelfingen, l'élément du Lieutenant Simian est à hauteur du carrefour 800 m. Nord de Bruhl, en point d'appui cerclé, et l'élément Chauffert-Galvez en position défensive également. La nuit est calme.

22 AVRIL
Le 1er Escadron reste de garde au P.C. du C.C. 6. Il nettoie les bois Est et Sud·Est de Degerloch et Stuttgart et fait 40 prisonniers.
Le 2ème Escadron, stationné à Stuttgart, continue à nettoyer les quartiers confiés au Sous·Groupement B.
A 9 heures, le Chef d'Escadrons de Viéville (3ème Escadron), convoque et reçoit les notabilités de la ville de Stuttgart : Bourguemestre, Chef de la police locale, Chef de la police du Wurtemberg, Chef du Service d'Hygiène, Chef du Ravitaillement.
Des ordres leur sont donnés au sujet du maintien de l'ordre dans la ville et des mesures sont arrêtées pour permettre le fonctionnement de la Police et des Services Médicaux.
Le 3ème Escadron, avec le concours des Goums, continue le nettoyage de la ville et capture 216 prisonniers.
Le 4ème Escadron poursuit le nettoyage d'Hedelfingen et l'E.M. du Sous·Groupement, dont fait partie l'Escadron, capture 50 prisonniers pendant la nuit.
Dans la matinée, les détachements constitués la veille, nettoient la région d'Hedelfingen.
Vers 14h15, tout le Sous-Groupement C se porte à Wangen dont il achève le nettoyage. Liaison est reprise avec le Groupement B, en vue du nettoyage de l'usine par le Groupement. A 19 heures, il cantonne pour la nuit, sur les hauteurs Sud de Stuttgart.

23 AVRIL
Le 1er Escadron rallie le Régiment et fait mouvement dés 18 heures jusqu'à Tuttlingen, sur le Danube, atteint à 16 heures, le lendemain.
Le 2ème Escadron reçoit à 18 heures, l'ordre de faire mouvement sur Tuttlingen, le 3ème, à 17 heures, celui de rejoindre le Régiment, pour la même destination.
Grand' halte de nuit, aux environs de Horb.
Le 4ème Escadron part de Stuttgart à 18h50, vers Tuttlingen.

24 AVRIL
Le 1er Escadron, à la disposition du C.C. 6, fait mouvement avec lui, sur Liptingen qu'il défend de nuit. Un peloton va soutenir des Fusiliers-­Marins à Stockach. Alerte à 0h15 ; deux prisonniers sont faits.
Le 2ème Escadron traverse le Danube à 6 heures. 6 chars sont en panne, deux seulement sont aptes à combattre. Le Groupement Boulanger cantonne finalement à Honstetten.
Arrivé à Tuttlingen, à 15 heures, le 3ème Escadron se porte dans la soirée à Reithaslach, 20 km Sud­-Est de Tuttlingen, 10 prisonniers sont faits en cours de route.
Le 4ème Escadron est à Tuttlingen à 16h50 et rejoint le 3ème à Reithaslach, où ils s'organisent en point d'appui fermé.

25 AVRIL
A 7 heures du matin, le 1er Escadron va occuper les ponts de Tuttlingen jusqu'à l'arrivée du Sous­-Groupement B. A 14h50, il rejoint R P.C. du C.C. 6, à Liptingen.
Les Sous-Groupements sont reconstitués, mais le nombre de chars du Régiment, étant insuffisant, il est décidé de former un escadron de chars moyens et un escadron de légers, qui seront sous les ordres du Commandant du Chelas.
A 7h30, ordre de départ pour Tuttlingen ; les pelotons de chars sont commandés par les Lieutenants Joyau, de Gonet, Provensal, les T.D. par le Lieutenant de Broissiat, la 11ème Compagnie du 3/R.M.L.E., qu'on prend au passage, par le Capitaine Lalo.
Le 2ème Escadron va avec le Sous-Groupement B, à Tuttlingen, se placer en bouchon face au Nord et au Nord-Ouest, avec mission de couper la retraite à tous les éléments ennemis de la Forêt Noire, qui cherchent à gagner le réduit autrichien.
Les chars du 3ème Escadron partent pour le C.C. 6 à Liptingen, formant un peloton de marche, commandé par le Sous-Lieutenant Provensal et aux ordres du Sous-Groupement C.
L'Artillerie (8ème Batterie), la section de l'Aspirant Arnaud, le Lieutenant de Broissiat, se portent sur Emmingen, pour en assurer la défense.
A 18 heures, la mission a changé. Il faut prendre Hattingen puis pousser sur Immendingen, pour tenir le pont sur le chemin de fer, à 7 km Sud-Est de ce village, pont auquel le Commandement attache une grosse importance.
A 19h30, la section de l'Aspirant Arnaud et un T.D. s'installent défensivement au pont-objectif, atteint sans incident. Les Allemands devancés font demi-tour.
A 19h45, Mauenheim est occupé après un léger accrochage (deux prisonniers, dont un officier).
Un élément mixte est envoyé sur Immendingen, aux ordres du Sous-Lieutenant Provensal. A 500 m, au Nord de Mavenheim, un combat s'engage, au cours duquel le char 42 du Maréchal-des-Logis Merlin est atteint par anti-char et brûle. Les chasseurs Ribot et Mohamed ben Bouchaib sont tués, le chasseur Bouguet blessé. La résistance semble très forte et le Commandant du Chelas replie ses faibles moyens dans Mauenheim. Il rend compte au C.C. 6 de sa situation précaire, et organise à base de mitrailleuses placées dans les maisons et croisant leurs feux avec ceux des half-tracks, une défense utilisant tout le personnel disponible, y compris les secrétaires du P.C.
A 21h35, il est décidé de replier le bouchon formé au pont du chemin de fer, par l'Aspirant Arnaud.
A 22 heures, ce dernier demande des tirs d'arrêt pour stopper l'attaque d'une forte vague d'infanterie. Il est impossible de lui envoyer un renfort. L'Artillerie, alertée par la radio du char du Sous­-Lieutenant Provensal, raccourcit de plus en plus ses tirs autour du bouchon et trois quarts d'heure après, l'attaque allemande est définitivement enrayée. Seize prisonniers sont faits, de nombreux cadavres jonchent le terrain.
Il est 23 heures, le Commandent du Chelas décide le repli de l'Aspirant Arnaud dont il peut avoir besoin et envoie une jeep avec le Lieutenant de Broissiat, le chercher. A minuit, il arrive avec ses prisonniers.

26 AVRIL
A 6h30, le 1er Escadron va renforcer le Sous­-Groupement C accroché à Mauenheim. Le village est atteint à 7h30. Une patrouille gagne Engen, prend contact avec le 2ème R.S.A.R. et rallie Mauenheim à 9h30.
L'Escadron est réparti alors en deux éléments de reconnaissance, dont l'un, avec 2 pelotons de chars légers, une section de Légionnaires et un T.D., est confié au Capitaine O'Brien. Il devra suivre les hauteurs au Sud et au Nord·Ouest d'Hatringen et atteindre le village d'Immendingen, dont les ponts seront gardés. Des armes automatiques se révèlent, des prisonniers sont faits.
Vers 16 heures, au carrefour à 1 km Sud d'Immendingen, les chars de tête et le T.D. prennent à revers l'ennemi qui empêchait le débouché du Groupement C et détruisent 3 armes anti-chars. L'ennemi, totalement désorganisé part en débandade.
L'attaque d'Immendingen a lieu à 17h30. A 19h15, le village est occupé, 200 prisonniers sont faits. Les ponts sur le Danube sont pris intacts.
Les autres escadrons tiennent toujours Mauenheim.
A 4 heures du matin, brusquement, tout le village est illuminé par les tirs de minen et de mitrailleuses. Chacun saute sur son arme et rejoint son poste.
Dix minutes plus tard, le Sous-Lieutenant Provensal qui était allé demander un tir d'artillerie, arrive en chancelant. Il est blessé d'une balle à la cuisse et rend compte de la situation dans le secteur Nord.
De nombreux Allemands descendent, par vagues, de la crête à 150 m et, malgré le barrage de nos armes automatiques, réussissent à progresser.
A 4h15, un tir d'arrêt très précis, déclenché sur la crête stoppe, pour un temps, l'attaque ennemie.
On apprend par les prisonniers, que les Allemands, partis la veille à 23 heures, d'Immendingen, sont encore des milliers et qu'ils ont trois petits chars avec eux. A proximité immédiate, 600 à 800 hommes ont pour mission de rompre l'encerclement qui coupe leur retraite vers le Sud-Est.
A 4h45, le Sous-Lieutenant Lecleach réclame des tirs d'arrêt, les Allemands débordant par l'Ouest le village ; les tirs d'arrêt sont exécutés, mais le Sous-Lieutenant de la Légion les veut encore plus près. La 8ème batterie du 3/62 tire des "pozit" à 50 m devant nos hommes. Les éclats cassent les tuiles des maisons.
L'ennemi ne peut plus reculer et essaie de s'infiltrer dans les maisons. On se bat à la grenade. Tout le peloton de renseignements et les gens du P.C. tirent.
Le Commandant du Chelas fait foncer, dans nuit, un char qui écrase tout sur son passage, mitraille et a la vie sauve, grâce à la précision des mitraillettes des Légionnaires qu'il porte.
A 5h15, l'Adjudant-Chef Heckel, du Génie, revient du C.C.6 avec un camion d'essence. Ce n'est pas de l'essence qu'il nous faut, mais plutôt des munitions. Les mitrailleuses consomment les dernières réserves avec une rapidité inquiétante. Pourra-t-on tenir le coup ? On retéléphone au 4ème Bureau : nos camions sont à Tuttlingen, il leur faut le temps d'arriver.
A 6h15, les Allemands font donner leur Artillerie dont les obus tombent au Sud du village. Ils tentent de passer par l'Est, mais les Sections Duter et Merel tirent de tous côtés.
Le jour venu, le Commandant du Chelas lance une deuxième contre-attaque, menée par le Lieutenant de Broissiat, avec un T.D., un char (Chef Merlin), 2 half-tracks de la Légion et le half-track de l'Artillerie (Sous-Lieutenant Schaal). Chars et half-tracks balaient la route et la crête ; les Allemands s'enfuient et se précipitent dans le moulin situé à 800 m. Là, des tirs d'artillerie les mettent en poussière. Le détachement de Broissiat s'installe au Nord de Mauenheim. Les prisonniers affluent de toutes parts.
A 7 heures, tout s'est à peu près calmé. Des maisons brûlent. Le 1er Escadron arrive en renfort, dans la soirée.
A 12h30, le Capitaine Blacas vient avec son escadron remplacer les chars du 3ème Escadron remis à la disposition du Sous-Groupement A. Le Sous-Groupement C a reçu pour mission d'attaquer Immendingen tenu par 500 ennemis avec un Pak et 2 mitrailleuses à chaque entrée.
Dès le débouché de Mauenheim, l'artillerie ennemie entre en action.
Le détachement Ouest commandé par le Lieutenant de Broissiat et comprenant le peloton Joyau et la section de Légion Lecleach, trouve le contact au carrefour Est de Gundelhof. Un char est tiré par panzerfaust
Le détachement Est (Capitaine O'Brien), qui a progressé par le pont, rejoint la route Mauenheim-­Immendingen à 1 km Nord de Gundelhof.
Le détachement de Broissiat est attaqué sur ses flancs par de nombreux fantassins. Le Commandant du Chelas lui envoie l'élément réservé (Aspirant Galvez) tandis que l'artillerie hache les bois environnant la route. Le détachement O'Brien se couvrant au Nord, revient dégager le détachement de Broissiat.
A 18 heures, les Allemands s'enfuient en désordre et les deux détachements reprennent leur progression. Ils prennent intact le pont d'Immendingen et pénètrent dans le village où ils font des centaines de prisonniers.
Il est 20 heures, le 3ème Bataillon du 152ème R.I. est affecté au Groupement C et occupe Mauenheim. Le 2ème Spahis est lancé dans les bois à la gauche du Groupement, pour couvrir ce dernier.
Tout le Sous-Groupement C se rassemble d Immendingen, et s'y installe défensivement après avoir achevé de nettoyer le village.
Le Sous-Groupement A, de son côté, s'est installé défensivement pour la nuit à Engen.



27 AVRIL
Le 1er Escadron reste à Immendingen, aux ordres du 152ème R.I. En fin de journée, il participe au nettoyage des bois situés au Sud-Ouest du village : 15 prisonniers.
Le 2ème Escadron reste à Tuttlingen,
A 4h30, arrivent dans Engen, occupé par le 3ème Escadron, les premiers éléments du 152ème R.I. Le détachement du Lieutenant Laporte est poussé à Weischingen avec une compagnie du même R.I. Une reconnaissance est ensuite poussée jusqu'à Husslingen, frontière suisse.
A 6h15, le char 01 tombe sur un détachement de 5 camions allemands que les occupants viennent d'abandonner, on les voit fuir à 400 ou 500 mètres. Le Capitaine Bachelot, aidé par les hommes du peloton mortiers, ramène les véhicules, deux mitrailleuses quadruples, deux canons F.T.A., plusieurs prisonniers.
Toute la journée, des prisonniers sont ramassés par nos patrouilles ; au total 130, dont un Lieutenant­-Colonel et un Capitaine.
A 18h10, le détachement du Lieutenant Haffner va reconnaître l'itinéraire Beuren, Blumenfeld, Weil, Watterdingen. Il rentre à Bergen, nouveau P.C., dans la nuit, à 0h30 avec 67 prisonniers, dont 6 officiers.
Dans l'après-midi, le Capitaine Bachelot prend contact avec des hauts fonctionnaires allemands du Ministère de l'Intérieur, du duché de Bade, réfugiés à Tengenstadt, pour essayer de faire remettre au Général allemand Kepler, une lettre personnelle du Général Béthouard, demandant la reddition des éléments allemands encerclés. Cette manœuvre échoue, les rapports entre le Ministre de l'Intérieur du Duché de Bade, Mr. Staub et les S.S. du Général étant moins qu'amicaux.
A 19 heures le Sous-Groupement se porte dans la région de Mauenheim - Bargen. Mauenheim étant plein de troupes, l'installation à Bergen est réalisée à 22 heures.
Dans le secteur tenu par le 4ème Escadron, une Compagnie du 3/152 nettoie au petit jour la zone comprise entre le pont-route sur le chemin de fer (7 km Ouest d'Hattingen) et Immendingen.
Vers 9h30, partent trois reconnaissances, pour reconnaître l'état des ponts. La première, sur Hintschingen, ramène 6 prisonniers, le pont est en mauvais état, mais utilisable. La deuxième, partie vers Bachzimmern, signale 40 prisonniers allemands dans l'hôpital, le pont du chemin de fer est intact ; le pont de Hausen, à demi-démoli, sera aménagé pour V.L., le jour-même. Cette reconnaissance ramène 40 prisonniers et signale que la route est libre. La 3ème reconnaissance va en direction d'Amtenhausen.
A 12h30, 380 prisonniers sont emmenés vers le C.C. 6. L'après·midi, le Sous-Groupement C a pour mission d'interdire le franchissement du Danube.
Le Sous-Lieutenant Schaal, au cours d'une reconnaissance, ramène 46 prisonniers.
Le pont d'Immendingen s'écroule au passage d'un char. La section Heckel du Génie aménage aussitôt un passage par le pont du chemin de fer.

28, 29, 30 AVRIL
Mouvements du Régiment.


LA FIN DES HOSTILITÉS

1er, 2, 3 MAI
Les 1er et 2ème Escadrons cantonnent à Tettnang et entretiennent le matériel.
Les 3ème et 4ème Escadrons sont à Meckenbeuren.

4 MAI
Le Lieutenant-Colonel Dudognon arrive au Régiment rentrant de permission. Il prend les fonctions de Chef de Corps, que remplissait, depuis le départ du Lieutenant-Colonel d'Arc, le 17 Avril, le Chef d'Escadrons de Viéville.

5 MAI
Prise d'Armes, place de la gare, à Meckenbeuren, présentation du Régiment au Lieutenant-Colonel Dudognon.

7 MAI
Le 2ème Escadron, cantonné à Bregenz est présenté au Lieutenant-Colonel Dudognon.
A 13 heures 45, parvient le message :
Cessation des hostilités à partir de 1 heure 45

9 MAI
Le 2ème Escadron fait mouvement sur l'Allemagne et va cantonner à Geberthausen.

10 MAI
Regroupement du Régiment à Weingarten.

 

6ème REGIMENT DE CHASSEURS D'AFRIQUE
ETAT-MAJOR : Lt Col RENAUDEAU d’ARC    
M 4 A2 01     Adj KLEIN †
MdL de LANGALERIE †
détruit à Vieux-Thann le 12 12 1944
M 4 A2
01        
M 4 A2 02   JEAN DE METZ    
M 4 A2
08   CHASSEUR BRACHET   détruit à Küppingen (D) le 18 04 1945
M 4 A 08        
1er ESCADRON   Cne MIRABEAU  
1er Peloton     SLt VUILLERME  
M 5 A1       BC DORDOGNIN
Tireur MONCHALIN
Pilote ARGENTO †
Aide-pilote MARTINIERE
détruit à Illingen (D) le 07 04 1945
M 5 A1          
M 5 A1          
M 5 A1          
M 5 A1          
2ème Peloton     AdjC LAFOUGE  
M 5 A1          
M 5 A1          
M 5 A1          
M 5 A1          
M 5 A1          
3ème Peloton     Lt de MONGRAND  
M 5 A1       SLt LHOSTE †
FUNEL †
JEZEQUEL †
L'HERBETTE
détruit à Lauterbourg le 18 03 1945
M 5 A1          
M 5 A1          
M 5 A1          
M 5 A1          
2ème ESCADRON   Cne BES de MERC  
Peloton échelon     Lt HODIN  
M 4 A2 B1       détruit à Bourbach le 30 11 1944
M 4 A2 B1       Détruit à Hagenbach (D) le 24 03 1945 
M 4 A2     LA HIRE    
M 4 A2          
1er Peloton     Lt EBLE 2 chars détruits à Champey le 17 11 1944
M 4 A2 21        
M 4 A2 22        
M 4 A2 23     MdL WALTER  
M 4 A2 24        
M 4 A2 25        
2ème Peloton     Lt BOUVET 2 chars détruits à Champey le 17 11 1944
M 4 A2 26     Lt BOUVET
Tireur B-C VALOT
Chargeur GACON
 
M 4 A2 27 420414 BUGEAUD  Chargeur ZMAÏLI détruit à Belfort le 20 11 1944
m 4 12 76mm 27     MdL GOZZI  
M 4 A2 28   BAYARD Mdl DESGRANGES
Pilote POLET †
détruit à Jebsheim le 28 01 1945 
M 4 A2 29        
M 4 A2 30        
3ème Peloton     Lt CHEVALLIER  
M 4 A2 31       détruit à Bourbach le bas le 30 11 1944
M 4 A2 32     MdLC SICRE
BC ANOUILH
Bier LAMBERT
Aide-pilote AUBRY
détruit au camp d’Oberhoffen le 15 03 1945
M 4 A2 33     MdLc KAUFFER †
Tireur : REIGNER †
Pilote : LERNOULD
détruit à Bourbach le 30 11 1944
M 4 A2 34     MdLc AUTRAN détruit à Jebsheim le 28 01 1945
M 4 A2 35   BERRY Lt HODIN †
Tireur : CARRIERE †
détruit à Bourbach le 30 11 1944
3ème ESCADRON   Cne NODET  
M 4 A2 C1     Cne NODET détruit à Artzenheim le 30 01 1945
M 4 A2 C1     MdLc VICENS  
1er Peloton     SLt DEROULEDE  
M 4 A2       SLt DEROULEDE †
Tireur BC POULAIN †
détruit à Artzenheim le 30 01 1945
M 4 A2       BC PARMENTIER †
Tireur : LIGNEL †
Chargeur GALTIER
LEGENDRE
GALINIER
détruit à Pont d’Aspach le 30 11 1944
M 4 A2       MdLc BACQ  
M 4 A2 41     BC GALVEZ  
M 4 A2 42     MdL MERLIN détruit à Mauenheim (D) le 25 04 1945
2e Peloton     Lt TOURNEUX
puis Lt LAPORTE
 
M 4 A2 45      Lt LAPORTE  
M 4 A2  46   CONDE Lt TOURNEUX † ->
MdLC SOUTIERE †
Pilote PRIGERMAIN
Tireur GUILLE
Aide-pilote Bier de BLIC
Chargeur DEVOS
détruit à Artzenheim le 30 01 1945
M 4 A2 47     MdL PERRON détruit à Thann le 09 12 1944
M 4 A2 48       détruit au moulin de Jebsheim le 25 01 1945
M 4 A2 48     MdL DESCHAMPS †
IZZO †
ALBERIC
détruit à Lauterbourg le 19 03 1945
M 4 A2 49   CAMBRONNE MdLC SOUTIERE
Tireur BC VIAUD
Pilote GOURCEAU †
Aide-pilote Bier LEMAIRE †
Chargeur MARTIN
détruit au Moulin de Jebsheim le 25 01 1945
M 4 A2 50     MdL GOUHIER détruit à Artzenheim le 30 01 1945
3ème Peloton     Lt MARTIN     puis  MdLc CHANNET  
M 4 A2 51   CORNOUAILLES Lt MARTIN †
Tireur GAFFARET
Pilote PIVOT
Aide-pilote MONAC  
Chargeur GIRARDOT
détruit à Belfort le 21 11 1944
M 4 A2 52     MdLC CHANNET  
M 4 A2 53     BC CAFFAREL
CORBELLA
GUILLERMIN
HOFMANN
ROSSEL
Détruit
M 4 A2 53     BC CAFFAREL
CANUT
PETIT
GABORY
 
M 4 A2 54     MdL VINCENT  
  55     SLt PROVENSAL
Pilote MdL WEISER
 
4ème ESCADRON   Cne BLACAS  
Peloton échelon     SLt DORR  
  D1     MdL CLAQUE  
1er Peloton     Lt AUBRY de MARAUMONT  
M 4 A2 61 420829 DIXMUDE Lt JOYAU  
M 4 A2 62     MdLC COMBIER
Pilote Bier FABRE †
détruit à Artzenheim le 30 01 1945
M 4 A2 62       endommagé à Hagenbach (D) le 24 03 1945 
M 4 A2 63     MdL PERCEAU
Pilote MARTIN
Tireur Bier DUCROS
Chargeur GONTIER †
détruit à Büchelberg (D) le 21 03 1945
M 4 A2 64        
M 4 A2 65     MdL LEDANTE †
détruit à Buc le 20 11 1944
2ème Peloton        
M 4 A2 66   DOUAUMONT Lt BOISSEAUNNEAUX de CHEVIGNY
Tireur FEBVREL
 
M 4 A2 67   BRETAGNE MdL LABORDE  
M 4 A2 67   BRETAGNE II 
MdL MERCIER
   
M 4 A2 68   NORMANDIE BC WATRIGNANT
MANCINI
BRAC de la PERRIERE
PENICAUD
SARTO
détruit à Herrenberg (D) le 18 04 1945
M 4 A2 76mm 69     MdLC SAUZEAU
Aide-pilote BELMUDES
 
M 4 A2 69     MdLC MATTERA
Chargeur DEFESE
détruit à Büchelberg (D) le 21 03 1945
M 4 A2 70     BC LAUGIER détruit à Hagenbach (D) le 20 03 1945
3ème Peloton     AdjC GUERIAU    puis SLt DORR 
M 4 A2 71   DAUPHINE SLt DORR †
 
M 4 A2 72        
M 4 A2 73   DIJONNAIS MdL PETITJEAN
Tireur Bier FAVRIOU
Pilote CROS †
Aide-pilote BOYER
Chargeur AMSILLI †
détruit à Buc le 20 11 1944
M 4 A2 74   DORDOGNE MdL MITARD
Tireur ROMAN
Chargeur CANO
détruit à Hagenbach (D) le 24 03 1945
M 4 A2 75   DOUBS MdL COQUET
Bier KLEIN †
Bier NATAF
endommagé à Hagenbach (D) le 24 03 1945