JOURNAL DE MARCHE DU


 32e BATAILLON DE CHARS DE COMBAT
 

                                                                   

      

Chef de bataillon Degisors

Le 32e BCC est créé le 02 septembre 1939 à partir du Centre Mobilisateur 502 d'Angoulême  
Initialement équipé de 63 chars FT, il perçoit des R 35 fin 1939 et  est rattaché administrativement au 518e Groupe de Bataillons de Chars de Combat (GBCC) et affecté à la IXe armée en janvier 1940.

10 mai 1940
Ordre d’alerte vers 7 heures (le Bataillon est à Montaigu – Aisne)
16 heures. Revue du Bataillon en tenue de campagne par le chef de corps.

11 mai 1940
Attente. Liaisons prises par le chef de corps.

12 mai 1940
Vers 23 heures, ordre de départ.

13 mai 1940
Départ de la 2e Cie vers 0h30. Moyen de transport : Compagnie de Transport 79.
Départ des autres unités prêtes à partir de 11 heures. Léger retard.
Les derniers éléments quittent Montaigu vers 20 heures sous la conduite du Capitaine Adjoint.
Points de destination :
a) chars : Bois des Potés S-O de Rocroi. Emplacements et itinéraires permettant l’intervention rapide dans deux directions prévues, soit vers Charleville, soit vers le Nord.
b) CE : Bois de Haut Tailles (N-O de Maubert Fontaine).
c) PC : à proximité.
Itinéraire imposé.

14 mai 1940
Pendant la nuit les chars ont fait mouvement sur Couvin (Belgique – Bois au Sud du Pont du Roi).
P.C. à l’hôtel de ville avec celui du G.B.C.
Vers midi, ordre de départ pour Rosée (Route de Philippeville à Dinant) où se trouve le P.C. de la IVe D.I.N.A.
Le chef de Bataillon part en liaison dès que les ordres sont donnés.
Le capitaine Adjoint ramène le Bataillon.
P.C. Rosée
Chars : Bois Ouest de Rosée
C.E. : Bois Ouest de Marienbourg
Bombardement par avions du bois de Rosée : quelques blessés.
Vers 20 heures, la 2e Compagnie est engagée contre des chars ennemis.
Elle atteint Morville. Opération réussie. Plusieurs véhicules ennemis sont détruit dont 2 chars. Un officier blessé (Sous-lieutenant Laborde).
Les autres unités sont en D.C.B.
Vers 6 ou 7 heures : Retraite.
PC : à Neuville (Sud de Philippeville)
Chars : Dans les bois Sud de Neuville
C.E. Dans les bois Sud de Couvin.

15 mai 1940
Vers 11 heures, bombardement. Quelques tués et blessés (1 sous-officier tué, 1 officier légèrement blessé : Capitaine Ponsolle)
Vers midi : Ordre de retraite, repli dans les bois au Sud de Neuville.
Chars : Sud de Couvin (même emplacement que la veille)
C.E. : Maubert (Bois de Haut-Taillis).
Coups de feu reçus pendant la traversée de Couvin.
Vers le soir : Retraite jusqu’au carrefour de la patte d’Oie (près d’Eteignières)
On apprend que les allemands occupent Maubert-Fontaine, qu’ils ont mitraillé les véhicules de la C.E. au fur et à mesure de leur arrivée. Toute la C.E. est capturée (quelques tués et blessés connus).
Un ou deux véhicules seulement parmi les derniers peuvent rétrograder et prévenir.
Retraite jusqu’au bois de Saint Michel (près d’Hirson). L’itinéraire passe par Eteignières tenu par quelques éléments ennemis qui prennent les isolés. Le Capitaine Tourneux commandant la 3e Compagnie y est fait prisonnier.

16 mai 1940
Les chars arrivent à l’aube dans la forêt de Saint-Michel en ordre parfait. Repos des équipages.
Le chef de Bataillon se met à la disposition d’une autorité : le Général Beziers-Lafosse commandant la 22e D.I. Ordre est donné de renforcer le défense statique de la forêt avec quelques éléments d’infanterie tenant les blockhaus. Malgré les objections du Commandant Degisors, l’ordre est confirmé.
Une section en flanc-garde à l’Est.
Les autres chars dans les layons, face au Nord.
Deux sections sont fournies vers 13 heures au delà d’Hirson, à la disposition du Général Darras.
Elles sont commandées par le Capitaine Bertrand commandant la 1ère Compagnie.
Les chars se positionnent au bois du Grand Catelet vers 17heures. Vers 19 heures n’ayant reçu aucun ordre et ne pouvant établir de liaison avec le P.C. du Général Darras, le Capitaine Bertrand cherche à obtenir des renseignements et décide une reconnaissance en direction de Saint-Michel. Cette localité s’avérant occupée par l’ennemi, le Capitaine Bertrand ordonne le repli. Deux chars sont perdus au cours de ce mouvement qui traverse Hirson sous un bombardement.
Un officier blessé au cours d’une ronde : Capitaine Ponsolle.

17 mai 1940
Attaque allemande.
La colonne du Capitaine Bertrand est immobilisée à court d’essence à quelques kilomètres de Guise. Ne trouvant aucun ravitaillement le Capitaine décide d’abonner les chars qui sont sabordés et se replie à pied vers Saint-Quentin.
La section en flanc-garde a pu détruire des automitrailleuses ennemies avant de succomber (renseignements fournis par le sergent Billand qui a été tué au cours d’une liaison).
Le P.C. est pris vers 10 ( ?) heures.
Le Capitaine Bruguière le commande (dès l’encerclement commencé, le Commandant a essayé d’obtenir de l’infanterie pour le dégager) et le Capitaine adjoint est blessé. 1 officier est tué : Lieutenant Couturier.
Officiers pris au P.C. : Capitaine Bruguière, Capitaine Ponsolle, Lieutenant Galatoire officier de renseignements.
A 13 heures, le chef de Bataillon tombe dans une embuscade près de Mondrepuis et est fait prisonnier.  
Au soir du 17 mai le 32e BCC n’existe plus comme unité combattante.

Le journal de marche est rédigé sur la base des souvenirs du Capitaine Ponsolle, Officier adjoint qui a du détruire toutes ses notes en captivité. Très affecté par la maladie, le Capitaine Ponsolle a restitué de son mieux mais beaucoup d’évènements resteront définitivement dans l’ombre.